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exemplaire, c’est celle qui par sa gravité ou giicveté peut faire voirpar un emplc rigoureux que les médians n’ont point d’impunité àattendre & espérer ; on n’txprime point aucun substantif quand ondit , cette Dame est un exemplaire de vertu > on sousentend est unepersonne,&c. qui.peut scrvrr d'exempie. L'origine de ce mot c’estexemple, qui sera expìiqué d ms f article suivant. Après cette réflexionétymologique il s’ensuit qu'exemplaire ne signifie autre chose quemodèle, qu on doit se propoier ou qu'on peut se proposer, pour imi-ter en agislant, en parlant, en écrivant ; on fait un usage fort parti-culier du mot exemplaire ch.z !es Libraires & Imprimeurs ; cat ilsappellent exemplaires les livre, qu’its impriment fut le manuscrit deiAuteurs, qui font les véritables originaux, pendant que les feuilles im-primées n'en font réellement que des copies ; cependant dans un senstout opposé ils appellent ces feuilles imprimées & ramaíîées en un li-vre, ils appellent > dis-je , exemplaire un tel livie imprimé ; enforicqu’ils donnent aa terme d'exemplairc une signification toute contrairea celle qu’il a dans l’uíàge commun , appellant le manuscrit la copie& nommant le livre imprimé exemplaire , bien qu’il ne soit propre-ment qu'une copie du manuscrit. Lc mot d'exemplairc est de meineen usage chez les Graveurs, qui appellent exemplaire les livres des ffi-gures d’estampes, de porciairs, de cartes Géographiques & autres ou-vrages de taille douce qui son: faits pour être reliez ensemble, & pourla gravure & impression defqutls ils ont obtenu un privilège en Chan-celerie, en la méme maniéré que les Libraires pour leurs livres im-

Î irimez. Remarquez que chaque exemplaire coulisse en autant de foise nombre des volumes . qu’en contient un ouvrage complet ; ainsitirer mille cxempla res d’un ouvrage en dix volumes , c’est en tirermilic fois dix volumes, chaque dix volumes ne faisant qu’un tcul ou-vrage complet; on appelle un cxcmpla.re en blanc celui qui n'est pasrelié. Les Edits, Déclarations & Arrêts du Conseil du Roi, on: réglé& ordonné que les Libraires ,Lvnt meurs & Graveurs délivertont auxSy ndic Lc Ajoints de la Librairie certain nombre d’cxcmplaires. On .nepeut mettre cn vente-aucun livre qu’il n’apparoisse que ces exemplai-res ordonnez & réglez,, comme nous venons de dire , ont été portezà la Chambre Syndicale ; & c’est de là qe’est venu cette efpete de for-mule qui fc met au commencement ou à la fin des livres après le pri-vilège, les Exemplaires ont été fournis. Ce nombre d’exemplaires a aug-menté peu a peu, car il n’y a guéres plus d’nn ficelé que les Auteurs,Libraires & Imprimeurs qui impriment ou réimpriment des livresavec privilège, font tenus d’cn fournit un certain nombre à la Cham-bre Royale des Libraires. D’abord on ne fournilloit que deux exem-plaires fous Louis XIII. qui a été le premier qui ait ordonné qu’il sc-ro:t fourni des exemplaires à fa publique bibliothèque Royale; ce futçn 1617. que parut la Déclarât on dudic Louis XIII. qui fixa u’abotdà deux exemplaires. Qn cn érablit un troisième en 1618. par un Ré-

f lemcnt pour la Communauté des Libraires & Imprimeurs de la Villee Paris , pour le prix en provenant être employé aux affaires de la-dite Communauté. Un quatáéme exemplaire fut ordonné en i6;8.par Arrêt du Conseil pour la Bibliothèque des Chanceliers de Fra ce.Vjn cinquième fut ordonné pour la Bibliothèque du Château du Lou-vre, vulgairement anpellé lc Cabinet des livres;ce fut par Lettres Pa-tentes de Louis XIV. du mois d’Août 1658. il fut inséré dans l’Éditde itífso. un article pour la fourniture de ces cinq exemplaires servantde Règlement pour I s Libraires & Imprimeurs de Paris, & un autre arti-cle dans la Déclaration de 1695. donnée pont les Libraires & Impri-meurs de Lyon. Apres plulienrs semblables augmentations les exem-plaires qui doivent être fournis aux Chambres byndíca'cs des Librairesde Paris Sc de Lyon > Sc des autres Villes de France où il y en a d'éta-blies, font restez fixez au nombre de huit , qui doivent être distribuezpat les Syndic Sc Ajoints ; lavoir deux au Garde de la BibliothèqueRoyale & publique de Sa Majesté , un au Garde du Cabinet deslivres gu Château du Louvre , un à la Bibliothèque du Chancclior deFrance , un au Censeur des livres qui a été choisi pour l’exatnen dumanu crit defdirs livres. Les trois autres exemplaires restent à la Cham-bre Syndicale p ut y être vendus , & la valeur employée aux affaites& besoins de la Communauté. La rai on de l’augmentation des exem-plaires au profit des Chambres Syndicales de la. Librairie, tant de Parisque de Lyon . est fondée fur ce que ks besoins de l’État ayant obligéle Corps de la Librairie, aussi bien que tous les autres Corps des Mar-chands , Si Communautez des Arts St Métiers de Paris , & de quel-qu’autrcs principales Villes du Royaume, dc porter aux coffres du Roides grandes sommes, & ces Corps ayant fait pour cela des empruntsconsidérables, Sa Majesté a voulu par cette augmentation facilliter leremboursement de ces sommes emprutées pour lc service du Roi , &pour facilliter auffr le payement des arrérages. La Déclaration par la-quelle cette augmentation fut ordonnée , est du 6 Octobre 1703. de-depuis confirmée pour les Libraires dc Paris pat Arrêt du Conseil du17 Octobre 1704. pour ceux dc Lyon par un autre Arrêt du 9 Mai1707. & pour les Maîtres Graveurs & Marchands des tailles douces ,par une Déclaration de 1713. donnée cn interprétation du Règlementde 1686.

E X E M P L E est un substantif, ou pastè pour tel ; il signifie autantque choie exemplaire ; ainsi on peut dire également bien cette Dameest un exemplaire ou un. exemple de vertu. Avec cette différenceque le mot exemplaire a besoin d’un substantif sousentendu , commel’on a víi dans l’article pré< édent, & que lc mot exemple n’a pointqu’on fâche aucun substantif souscrit: ndu, car exemple tire son ori-gine de exemplum lubstan.if Latin. II y a encore une autre f.bt.L- &fine différence entre exemplaire & exemple > qu’ex-emplairc enfetmeen soi eilénriellcmcnt Ridée d’miitation , au lieu. que le mor dexem-ple n’est pas reítraint aux feules occasions d'imitation , ainsi dans cesphrases les bons exemples sont voir touc c o f mbtc que la vertu estpossible Sc qu’e'le est; approuvée; l’idée d'irnitation n'est point exclu'-fi»ais el|e n’y est pas tliiccicment incluse , ipíntionnéc Sc enfermée. Le

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chemin est long d’instruire par les paroles , mais il est plus court raslts exemples. Le mot d’exempie n enferme point nécessairement 5 :directement imitation , mais désigne comparaison , qui aide à conce-voir Sc imaginer quelque chose qu’on a dessein d’éclaircir & faitscomprendre. C’est une maniéré de preuve assez foiblc , mais que lesOrateurs employent bien souvent . Rexemple passé chez eux poutéquivalent à un raisonnement par lequel ils prétendent prouver ouéclaircir un fait particulier par un autre fait particulier qui lui estsemblable. Voila des usages tout à-fait ptopres Sc particuliers au motexemple , ou l'on ne pourroit point substituer exemplaire, par toutailleurs exemple peut signifier exemplaire. C’est cn terme d'écrituicune ligne ou deux qu’écric un Maître Éc.iva n au haut d une page pourdonner a imiter à ses écoliers ; mais fur tout Rexemeple est un termed’un grand usage dans la vie œconomique , á l'occasion de quoi par-ticulièrement nous avons voulu ici fa te mention dc ce mot exem-ple . fur lequel on peut ajouter quelques vêtirez fort avantageuses.Le bon ou mauvais exemple ne doit jamais servir de loi ni de rai-son , mais cependant il est avantageux Sc néccslàire que faute de rai-son on tâche d’édifkr pat provision les jeunes gens & les enfans parlc bon exemple , en attendant la maturité dc Rage. Patru a dit unexemple destitué de droit n’est pas une raison , ce n'est qu’un fait quipeut être bon ou mauvais. Ce n’est avoir que l’image de !a vertu qued être vertueux par imitation & pat la feule impression de l'exemple ;cat cette pente naturelle à imiter en général n’est qu’un effet d'unpur mécanisme , & la vertu solide doit ctre produite cn nous par laconnoissance du vrai bien , Sc par Rameur dominant & habituel deRotdic Sc du juste. Les petits exemples ne touchent point, les grandspaioislent inimitables ; celui donc qui veut employ.r la voyc dc1 exemple dans Ré d u cation des jeunes personnes, en doit choisir dansles choies Sc les especcs dc choses & de personnes qui so ent sembla-bles. Un des bons moyens pour inspirer de l'horreur du vice aux en-fans , c’est de leur rindie cet horreur du vice sensible par des exem-ples , les mettre en víiê d'un homme qui est dans la fureur de la co-lère, dans le désordre brutal de l’yvielle, c’est les préoccup.r , préve-nir & prémunir contre ces sottes de vices & semblables. Les yeuxa'ors vovent beaucoup plus que les paroles ne pour; oient dire a l’o-reille ; de plus les hommes croyant plus la déposition réelle de leur*yeux que ce qu’on dit à leurs oreilles, c’est-à-dire , que le chemin despréceptes est plus long que celui des exemples. Bossuet a dit qui! estdifficile dc diminuer l’iniprcssìon que fait la force de Rexemple. Laraison de cette difficulté vient dc ce que les hommes , prévenus d> 1 ,fausse douceur des actions vicieuses, ne peuvent résister au pencha-1pour le plaisir que par quelque autre plaisir d’un ordre supérieur quiíbit conforme à la raison ; or ces jennes gens n’écant pas forts en r i-son n’ont point de sentiment pour les plaisirs véritables Sc spirituels,ainsi ils restent esclaves de ces premiers plaisirs sensuels Sc sensible nepouvant rester absolument sans aucun pla sir. Pascal a dit que quoiqueles txem ks ne soient pas des raisons, les hommes croyent pourtantpouvoir faire avec justice ce qui n’est pas fans exemple , la raison dccette triste expérience est une erreur naturelle , mais pleine d’un venin& impiété cachée , que tout ce qui arrive doit arriver & peut arriver:car s’ I ne pouvoir & ne devoir arriver, il n’arriveroit pas ; comme sil'ordte de5 choses sensibles, faites pour ks biutes Sc les hommes bru-taux , diíjpcnsoient les hommes sages Sc raisonnables de se conforme*à un ordre plus digne & qui n’est pas moins naturel, qui est de pré-férer ks lumières Sc ordres de la Loi & de la raison, aux simples im-pressions des sens. Cependant M. Etprit a bien remarqué que ou lotempéramment ou Rexemple nous conduit,au lieu que la raison nousdevtoit conduire ; nous faisons (dit cet Auteur ) ce qu'on fait , Sc conpas ce que nous devons faire. Toutes ces maximes nous sont connoî-tie & ce que c’est que Rexemple Sc ses effets, fur quoi celui dont l'o-bligarion regarde {'éducation d autrui doit prendre fes mesures. I.'éty-mologie de ce mot est bien aisée, si on sc contente de lc réduire aumot Latin exemplutrr. une recherche ultérieure dota vient lc mot exem-plum ne paroír pas néccslàire , puifqu’on a déja un idée claire Sc nett*de ce qu’on appelle exemple. Cependant on ne trouvera point mau-vais que je fafíc ici deux allusions de ce mot à deux verbes Latins, l’unà tirer, co mine si Rexemple étoit un trait tiré de l'histoire ou

dc l’expéiience pour nous instruire, L’aurrc a explere Sc.eximplere ,rem-plir, rendie complet, comme si par les exemples on exprimoit devantks yeux des images & des miroirs dans lesquels les vêtirez spéculati-ves de morale fc trouvent brievement exprimées Sc aceoin.hes. Poutle moins peut on dire que les explications que l'on donne à ces deuxmots,ne disoit rien qui ne soit biin conforme à la natuie de Rexem-ple , & n’en faste connoitre d’afî'z belles Sc subtiles proprietez. LesÉtymologistes gardant le silence , on peut us r de ces adulions Sc uti-les jeux des mots,

EXEMPTION. Terme de Droir, c’est le même qu’exceprion ,cat eximere c’est excìpere, avec cette différen'-e, que l’exempdon est unespece de rachat, extmprn quasi redemptio , une dcl vrance d un. choieonéreuse & incommode, une sujétion contre l’ordre ou contre labienséance , ou une sujétion contraire à la dignité des perfonn.sou Corp & Communale ez exemptes. Au lieu que Rex.eption nefc dit que parlant des régtfcs & non des soumissions , corvées & au-tres choses onéreuses. Ceux qui jouissent de ces exemptions Rap-pellent exempts , tels sont , pat exemple > les Éccléíìastiques sécu-liers ou réguliers qui ne font point soumis à la Jurisdiction.de ROr-din iire , & dans cette acception exempt est substantif, signifiant ce-lui qui jouit de cette exemption par quelque cause que cc soit ,soit pat droit ou grâce, par dispense , par privilège, presjuc tousks Chefs d’Ordres , au moins les anciens ou les plus considérables ,sont exempts dc la Jurisdiction des Ordinaires , il semble que cesOrdres soumis à un Chef Général approuvé du Pape est bien suffi-sant à enactenir le bon ordre Sc discipline dans un ordre dispersé

en