E X P. EXT.
avec celui dc passion, ils diffcrcnr néanmoins, dit-il, cnce qu’expres-sioncst un mot ou terme général, qui signifie la représentation d’unobjet, selon le caractère de sa nature, & selon le tour que le Peintre adeilem de lui donner pour la convenance de Ion ouvrage ; mais lapassion en peinture est un mouvement de corps accompagné de cer-tains traits fur le viíàge . qui marquent une agitation de Paine ; ainsi(;iconclut, )que toute passion elt une expression; mais toute expres-sion n’eltpas une passion. La plus belle école pour un Peintre quiveut atteindre du moins à cette partie de l’expression la plus impor-tante > qui regarde les différentes agitations de lame que la naturepemt íur le vliage , doit étudier ,&íé nourrir l’imaginaúon de lavuëdes figures de le Brun, & lire attentivement les explications qu’il enadonnées dans le mémo ouvrage, & qu’ii a tirées du Traité des pal-lions de Monsieur Deícarces, 6c il (e rendra très-liabile dans cette par-tie très-noble & très-spirituelle du devoir d’un Peintre distingué.
L'étymologie & origine de ce mot vient de txprejjìo , exprimtre ,qui signifie au propte > tirer dehors en prellanc , exprimer l’huile desolives , le suc du raisin ou d’une plante. Et dans le sens figuré il si-gnifie exprimer ses idées & les pensées, pour les faire coulur au dehors.Áinti ^expression en éloquence ou dans l'Att de parler scroit cet heu-reux effort, ou Pâme attentive met dehors par la parole ce qu’il ya de plus subtil & essentiel dans ion esprit Sc dans Ion coeur. Le fé-cond usage de PexprelTion ssigurée Sc tropique après Pcxpression dePéloquence, a étéPexprcflìon en peinture, qu’onpourroic définir com-me en parallèle avec le trope précédent , cet heureux talent, ac-quis par P effort de P attentive imitation , qui produit au dehors , à lafiveur des traits, couleurs & belle ordonnance, toutes les plus bellesfonn.s de Pimagination la plus riche; formes,dis-je, empruntées Scimitées de tout ce qui est le plus beau Sc le plus exquis dans le sen-sible. On peut dire que dans cette description il y intervient deux lot-tes d expressions, la premiete , par laquelle Pimagination exprime horsdu sensible & du réel, tous les plus excellens objets; voilà la pre-mière expression hors des objets , & en méme-tems impression dansla faculté Imaginative du Peintre. La seconde expression est celle parlaquelle le Peintre exprime hois de cette riche 6c fidèle imagination ,tentes les belles formes qui y lont, & il air.ve ensuite (deux impres-sions, l’une furie tableau ou toile d'attente, & de lá par une réflexionto :te naturelle, l'impression optique dans les* yeux des curieux Sc<Ls contemplateurs. II me souvient que le P. Lamy de l’Oratoirc aécrit fort agréablement en prose Sc en vers. lut le sujet que je touche.I! trouve dans Part de parler toutes les circonstances de la peinture,les couleurs de cette peinture vocale font les mots. Le pinceau c’eíth langue. Le tableau font l'esprit & l ame qu’on modifie par les idées,lesmocs, Sc les objets qu’on peint pat la parole, font aussi nom-breux que cet univers est vaste : le tour qu’on donne à ces cbj. ts ,en les peignant dans l’esprit, consiste dans la variété des figures del’Att oratoire. C’cft au commencement de son arc de parler St depersuader. A l’égatd de la peinture, Voycx. Mr. de Piles, car il est aussihabPe Maître Jans la peinture ou arc de parler aux jeux, que le P.Lamy est Maine dans l’ast dc parier aux oreilles 6c a Pintelligence deshommes.
[EXPRIMER, EXPRESSION. Terme de Chymie. Ex-primer , ou tirer par expression, c’cst praílcr une matière pour enfaire sortir le suc , ou celui de quclqu’autre matière , dont-elle estempreinte ]
EXPULSION. Terme de Droit. C’cst faction d’expulscr, patlaquelle on chaise avec violence «n homme d’une Ville , d’un Pays,d’unc Compagnie, de son héritage ; expulser est le mime que le Latinexpellere, effiler; car ce mot Latin fait au lupin expuìsum , d’ou estvenu expulser » challer; le mot expellere ne pâlie point dans, Ic François,mais expuUurt, qui n’ost pas en mage en Latin, quoiqu’il soit la for-me fréquentative de expellere , produit expulser , qui est d’ufage fur toutdans le Dioit. Les occasions où l’on dit ce mot en font conjecturer,& même connoitre la lignification, on dit d’un Chanoine qui a étéprivé par fi mauvaise conduite dc Ion bénéfice, qu’il a été expulsédu Chapitre pour les indignités. Les créanciers d’un tel GentilhommePont expulsé de son bien par Arrêt. On dit de Jules II. qu’il souha t-toít de pouvoir joindre le bras des Suilles à la tète des Ita iens - pouren compoíer i;nc puissance capable d’expulser tous les Barûares de['Italie.
EXT.
EXT A N T. Terme de Pratique. Ce qui est Sc existe encore, quiest en nature Sc en droit , cc qui est sensible, assignable . Sc est ac-tuellement poísidé ou peuc-érre potìedé ; on le dit en parlant, parexemple, d’une occasion de saisie. On a saisi,dit-on, tous les meu-bles extans, c’est-à-dire, apparoiflans & manifestes de cette succession,sauf à se pourvoir pour ceux qu’on a dissipés & détournés. Extantvient du mot Latin fi are Sc exfiare, être dehors, être existant, n’étvepas dans le néant ; une chose en effet passe en droit pour nette rien,qui ne peut-êcrc rendue présente , qui ne peur se trouver & représen-ter : des biens & effets extans, sont ceux qui sont opposés aux bienscachés, détournés, recélés ou dissipés.
EXTENSION. Terme dc Droit,qui se dit ( mais figurément)dans plusieurs occasions > par exemple , le droit souffre extensiondans les cas favorables , c’est ce que l’on dit aussi dans le mêmesens,quand on dit ( quoiqu’en d’autres termes, savores sttnt amplian-di , il faut étendre un droit favorable autant qu’on peut ; car lesLois ne font pas directement faites pour contraindre de gayeté decoeur la liberté de l’homme > mais pour le contenir dans le plus utileétat pour 1c bien public & pour le sien propre : n’ayés point demauvaiíès intentions, ne faites point d’action à 1 égard des autresque vous n’approuveiiés pas lì on la falloir a votre égard, tout lereste vous est permis. Vous ères libres, Sc cela damant plus sûre-ment, que vous avez toujours affermi par votre bon exemple d’équité
EXT.
Ia rranqiiiliré commune > vous [êtes alors non sous la contrainte Sityrannie des Loix; mais sous la protection Sc des Loix & dc la Ma-jesté & puiíiance publique, laquelle n’avant été établie des le com-mencement que par un consentement & conspiration uni/eríeilc aubien de chacun, ne peut palier pour violente > mais favoraulc ; voilale fondement de cette maxime , savores junt ampltandi. C est furcela qu’est fondé ce que nous disons dans cet Article de l’cxttn-íïun du droit favorable. Rien ne borne la saveur des Loix que l’in-justice volontaire des médians Citoyens, ce sont eux (culs qui sontennemis d’eux-mêmes & de la société humaine , ce sont eux seulsqui se contredisent Sc dérogent à ce Règlement íi salutaire , donteux ou leurs peres avoient convenu , même pour leur propre bien& de leur postérité. Les criminels ne renoncent pas feulement à lasaveur des Loix vagues, dont on ne connoìt point Potigmc, ils re-noncent a la faveur de leurs peres & de leurs ancêtres , qui avoientainsi pourvu à la fureté & félicité de leurs enfans Sc postérité. Par-lant des nouveaux Réglemens que font les Princes Sc Souverains ,tanc pour le bien de leurs sujets, que pour leur plus grande puillàn-ce , je veux dire que pour Paggrandissitment de leur force & de leursrevenus, on dit, les Rois lont dc teins en teins des extensions dcprivilèges : un Avocat consultant en soi-meme dc quelle maniéré ilpeut servit son client ; ou délibérant avec d’autres personnes quisont dans le mêine intérêt, de quelle maniéré on peur tourner àson avantage Sc á ('avantage de fa cause, une Loi favorable, dit n’cnpouvant venir à bouc : on ne sautoir appliques cette Loi à notrecspece, sans.une une trop violente extension. Les habiles Juriscon-sultes jugent dc ces violentes extensions par les inconveniens ma-nifestes qui en «Jécouleroicnt > c'est-à-dire, que la où en couvrant unparticulier , on découvre ou expose le public, là est une extensionviolente , ç’eít déchirer les Loix que de leur donner nne paiedlcextension ; quand on étend une étoffe > on ne doit point la déchi-rer, mais mettre tome son étendue en évidence, qui étoit cachéesous des certains plis Sc profondeurs, de même ('extension du droit,se doit en quelque maniéré faire fur ce pied , Sc cette comparaisonsensible tirée de la juste Sc propre étendue des corps naturels Startificiels, nous doit porter à distinguer l’étcnduc naturelle de laLoi & son extension violente. II y a donc des cas où la Loidoit être fidellement appliquée , ces cas enferment les choses & lesobjets ou sujets qui ne peuvent recevoir d’cxtension. Mr. Bayle afait un fort bel triage de ce mot, lotfqu’il a dit que dans toutes leslangues l’ufagc a autorisé ('extension des termes; mais il remarqueque de là il arrive souvent des inconveniens que ces termes vien-nent enhn á signifier des choses rrès-éloignées, & même trop éloi-gnées les unes des autres. Je crois que cette violente extension ncvi.nt pas de la pauvreté des langues, comme l’on pourroit d'abordpenser, sur tout dans la langue Françoise Sc Latine, Sedans la dou-ble langue Germanique, puisqu’on y peur trouver au propre toucautant de mors qu’on peut avoir d’idées , mais de ('ignorance de cesesprits figurés Sc tropiques, qui ne connoillànt pas toute l’abondan-ce d’une langue , ne so fervent que du peu de mots qu’il s lavent,
Sc dont ils font les violentes extensions, donc parle cet habile hom-me. Ils font comme feroic un pauvre artisan Cuisinier , Cordon-nier , qui n’ayant pas chez foi des armes pour sc défendre, se fer.voient d’une broche, &c. pour une épée; voilà l’idéc de la plûparcdes métaphores de nos Orateurs. Lrvts armntura. C’cst ce que fonrencore les barbouilleurs, qui voulant imiter nonobstant leur disettede toutes les couleurs nécelîaires , donnent à trois ou quarte cou-leurs communes des extensions violentes, & en faisant de* mélan-ges d’ou n aillent des couleurs sales & sordides, qui déshonorerontie pauvre Pc.ntre & son ouvrage. L’étymologie de ce mot est clai-re ; extension est tout Latin extenfio , qui vient de extendert éten-dre , ri et routes les parties d’un tout , qui a de la soupplelleílesur.es hors d. s autres , afin que 1 s patries dc ce tout occupant cha-cune ie:;r place . le coût en acquitte sous les yeux de ceux qui re-gardent cet oujet , toute fa véritable étendue Sc substance, & en soitplus eltimé.
EXTINCTION. Terme de Jurisprudence civile & criminelle ,dont voici quelques usages. On d t extinction d’une pension lorsquele terme de ík durée est fini. Extinction d’une rente loisqu’elles sontamorties ou radiâtes, ou qu’elles celknt d'elles-mêmc, Sc viennenta rien. On dit au:d l’extinction d’une charge, d’un droit, d’une im-position, lorsque le Prince, par exemple, ou autre Supérieur vient àlts révoquer , supprimer ou éteindre. En matière criminelle on dicl’extinction d’un crime, pour dire la rémission > l’abolition, la prescrip-tion d'un crime , tous ces exemples Sc usages sont très consonnes àl’étymologie de ce mot, qui vient du Latin ex t incite , du mot txtin-guere éteindre, qui au propre se dic du feu qu’on dcciuit par son con-traire , Sc qui au figuré signifie route destruction morale Sc civile,pat laquelle on amortie le crime & son action ou propriété, qui estd’être soumis à la peine & châtiment. Extinction dans le Droit, signi-fie donc touc ce par quoi un acte bon ou mauvais, un droit actif oupassif est anéanti. & doit palier comme non existant & non avenu.Le mot d’extinction se dit encore dans bien d'autres occasions, com-me quand on dit extinction d’une race, d’unc maison, d’une ligny;,d’une branche, pour dire la fin d’une race , d’une maison, dune li-gue , d’une branche.
EXTIRPER. Se dit en jardinage de mauvaises herbes , c’est dé-raciner, arracher les mauvaises plantes , eu sorte qu’elles ne puislèntplus revenir. II y en a que ques-unes, comme le chiendent, qui sontfort difficiles à extirper. Ce mot vient du Latin exttrpare , ôter detene la racine d’une plante , fiirps, signifiant racine & plante:ce motest énergique, entant qu’il signifie non simplement nettoyer un champde mauvaises plantes , mais les en arracher, de sorte que rien ne resteaprès l’extitpation, d’où la plante puille répulluler & renaître. On ditaussi extirper, quand on parle de détruire totalement des choses per-nicieuse g