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comme les luth ; d’autrcs qui ne rendent leur son que par le moyendes touches d’un clavier , qu on hausse ou qu’on baille comme le cla-vecin Se l’épinette.

A l’égaid des instrumens a vent ils sont de deux sortes , les uns oùî’on se lert des soufflets pour donner du vent & du son , les autres quiE’embouchent , c’est-à dire , dont on joue en soufflant dedans avec laLouche.

Les instrumens k soufflet sont les orgues., la cornemuse & la muset-te ; ceux de la derniere sorte sont la flûte , le haut-bois , le flageolet,

Je serpent, le ballon > Sc c.

Les cors de chaise , les trompes & les trompettes sont auffl durombre des instrumens ae mulique a vent, qui ne sonnent qu'en lesembouchant ; mais ce sont les Qríevres qui les font s’ils sont d’argent,

K les Chauderonniers s’ils sont de cuivre.

La troisième eípece d’inlirumens sont ceux de percussion , c’est-à-dire , qui se frappent pour en tirer du son , tels font les tambours,les tymbales, les cloches. les castagnettes ; de ces instrumens de per-cussion il n’y a que les tambours de basque , les castagnettes & lesorgues à la turque , que fabriquent les Maîtres Faiseurs d'instrumensde musique ; les autres íe font ou par les Chauderonniers, comme lestymbales & les cymbales , ou par les Fondeurs , comme les clo hes >ou par les Boissclicrs , comme les tambours ou cailles militaires ; oubien ils viennent en France d’Allemagne, comme les trompes d acier ,appellées par mépris trompes à laquais.

FAISEURS d’instrumens de Mathématique. II y avoir à Parisdeux Communautez d’atts & métiers dont les Maîtres prenoient laqualité de Maîtres Faiseurs d’instrumens de Mathématique. L’uneétoit la Communauté des Couteliers, l’autre la Communauté des Mar-tres Fondeurs ; mais comme il n’y a que cette derniere a qui il appar-tienne de fondre en cuivre , & que présentement ,1a plupart de cesnslrumens sont de ce métal , de là cít venue 1 union allez extraordi-naire entre les Maîtres Faiseurs d’instiiimeiis de Mathématique Sc lesMaîtres Fondeurs. Ces deux arts paroi lient assez mal assortis r aussi est-ce moins une société d’arts, qu’une société de police Sc de dilcipline,

Sc l’on n’a garde de confondre les Buttersields & les Sevins , & autreshabiles gens avec des simples artisans, qui ne savent que placer quel-ques modèles dans k terre dont ils remplissent leurs moules , Sc ycouler le métal qu’ils y ont mis en su lion , pendant que ceux qm léfervent des instrumens des premiers , admirent la précision dans lesdivisions de leurs ouvrages > la beauté de leurs fabriques & Futilitéde leurs nouvelles inventions.

Les principaux instrumens qui sortent des mains de ces haïsses oli-viers ,font des cercles, des demi-ceicles. des quarts de cercle, les uns& les autres divisez avec une grande précision & exactitude par dé-grez & par minutes; des planchettes qua.réts & rondes, des équerresd’Arpemeurs divisez ou non divisez > des quatrez géométriques , descompas de proportion avec pinules ou fans , des toises & des piedsde Roi brisez & non brisez,des piquets Sc des chaînes d’Ingénicurs Scd’Arpenteurs, toutes sortes de quadtans universels, équinoxiaux, astro-nomiques, horisontaux, des boussoles de toute eípece , des feiatétes,des niveaux d’eau, d’air Sc des compas à plusieurs pointes tranchantes,à trois pointes, à verge, à ressort. Sc des porte-crayon,dcs rite lignesde plusieurs sortes, des régies avèc division & fans division, des réci-piangles , des alhidades, rapporteurs, des microscopes de leton , despédométres, des globes , des sphères , des planisphères , des astrola-bes ; enfin un grand nombre d’autres d’instrumens inventez depuismoins de cinquante ans, Sc qui s’inventent chaque jour encore pour lesopérations & découveites astronomiques Sc de géométrie , aussi bienque pour la commodité Sc l’avancement de quantité d’autres sciences& de plusieurs arts & métiers. II y a eu toujours de tout tems deuxsources des instrumens & machines. L’esprit, ou plutôt le génie mé-chanique & géométrique de certains hommes nez avec un tel instinctdeux mêmes, avec une grande force d’imagination ils combinent leschoses déja trivialement connues, en tant de maniérés qu’ils trouvent cequ’il y a de plus propre pour soulager leurs mains & toutes les opérationsmanuelles. Ce sont des artisans héroïques, qui font comme inspirez ;car il semble qu’il faut admettre en eux quelque chose d’équivalent àce que.l’on dit communément des Poètes, qu'iis sont comme inspirezdans leur vocation à la poésie. II y a de même de certains artisans quiagissent comme inspirez dans leur profession. II donnent íi heureuse-ment dans Tobjet de leur prétention & recherche , quoique confusé-ment connu Sc conjecturé > que les plus habiles ne pourroient quasipoint trouver avec des recherches régulières & scientifiques. L’Écriturcmême , parlant de ces artisans qui avoient conrribué a Forcement duTabernacle dans F Ancien Testament , leur attribué une assistance del’esprit divin. La seconde source des instrumens Sc des machines , c’cstla science réglée de la Géométrie , des Mathématiques , fur tout dela Mécnanique , par laquelle on compose Sc combine , de forte quel’on trouve pat des conséquences des principes de cette science , tousJes nouveaux moyens pour multiplier les forces mouvantes. VoyezBion , qui est F Auteur le plus moderne qui ait traité dc la fabrique &composition dc tous les -instrumens qui sont en usage & entre lesmains des Savans dans les Mathématiques ,& entre les mains des Arti-sans. Tous ces instrumens sont la plupart fondus pat les MaîtresFondeurs , ou forgez par les Maîtres dont nous parlons, qui sont lesfaiseurs d instrumens de Mathématique, & sont faits avec d’autres ins-trumens Sc outils préalables, qui sont du nombre de ceux que la pres-sante nécessité a d’abord fait inventer , tel que le marteau , tenaillesou rudimens grossiers de ceux-ci.

FAISTE. Terme de Charpcnterie & Architecture. Cest le som-met , le comble le plus haut d’ene maison , comme aussi de toutegrandeur é'evée. C’cst un mot équivoque dans la prononciation avecïeste ou Fête, un jour de Fête , mais lccriture les distingue suffisam-ment aussi bien que leur étymologe > comme nous montrerons. Faistese dit auífi de k plus haute piece de charpente , qui forme le toit &

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qui s’étend depuis une ferme jusqu’à une autre, Sc qui est assembléedans le poinçon où les chevrons s’arrêtent par en haut , & qu’on for-tifie par une autre piece de bois qui est polée en même sens, mais plusqu’on appelle sousfaiste. Les faites doivent être, selon Savot,dc six ousept pouces en quarté. Ce mot ainsi écrit faiste ou faite vient du La-tin fastigium dont l’ctymologic ultérieure scroit de supposer qu’ilvient àc fastus faste , hauteur Sc par métaphore orgueil, de sorte quefastigium signifieroit tour ce qui fait Sc forme une hauteur, une poin-te élevée en haut ; pour le mot de fête , qui dans la feule prononcia-tion est équivoque > il vient d c f estas Sc fejtivus, qui signifie ce qui estaccompagné de joie & de réjouïliance, fur touc publique, ( fous la pro-tection des Dieux selon les Anciens, ) & fous la protection des Rsis,des grands Princes dans tous les tems & cbez tous les Peuples. Quel-ques Étymologistes feront venir peut-être ces mots du Grec ou déplusloin ; mais ce n’est pas ce qu’on cherche qu’une érudition inutile ,mais on aime mieux ces efforts ingénieux qui soulagent la mémoire& impriment en elle 1e souvenir de la signification du mot.

FAIT. Terme de Jurisprudence est tout ce qui est arrivé. Ausside savoir si une choie a étc faite ou non , c’est une question de fait.Au lieu que la cliosc étant constante entre les parties, il ne s’agit plusque de connoitre par les Ordonnances , par les Loix , par les Coutu-mes ce qui en résulte, c’cst alors une question de Droit. J’ai emprun-té une somme dont j’ai payé l'intérét au dénier douze , mon créan-cier en convient, le fait est certain & il ne reste plus que la questionde Droit , qui est de juger si ces intérêts ont pû légitimement êtreexigez. Tout au contraire : j’ai emprunté une somme au dénier vingt,sot laquelle j’ai fait plusieurs payemens ; mon créancier prétend quejc lui dois de reste zooo livres > je soutiens au contraire ne lui endevoir que svo , c’est une simple question de fait qui s'éclaircit parun compte ; car k droit est certain puisque les intérêts font à raisonde FOtdonnance.

Ce mot dc fait a plusieurs usages au singulier, entant que c’est uneaction ou mot substantif. On d.t un fait positif, une chose ou actionou événement réel & qui subsiste. Voici quelques maximes à ce sujer,

II saur s’aslùrer du fait avant que de travailler à Fexpliquer Sc en re-chercher le droit, c’cst-á-dire , s'il est juste ou injuste. C’est un fait ápart , c’est à-d ire , ce font des affaires de diverses especes Sc qui de-mandent une diseutïion particulière. La bonne ou mauvaise volonténe doit point toujours être réputée pour le fait ; dans le fore externeon dit prendre quelqu’un fur le fait, pour dite le surprendre dans lerems même d une action qu’il veut cacher. On dit au Palais prendrese fait & cause de quelqu’un , c’est intervenir en cause pòur lui. I.esvoies de fait font deffenducs , c’est-à-dire , qu’il ne faut pas se fairejustice à soi-même , ni par violence Sc de son autorité privée. LesConsuls ne jugent que du. fait des marchandises , les autres matièrespurement civiles ne sont pas de leur jurisdiction. Un Avocat qui narrebien un fait,c’est celui qui expose clairement l’affaùe dont il est ques-tion entre les parties devant le Juge , Sc après avoir assez insisté dansle fait il vient ensuite aux moyens , qu’il déduit & démontre avec kmême clarté ; si les Avocats sortent du fait, alors ceux qui présidentont accoutumé de dire ces paroles , nu fait Avocat , au fait, quand ilsvoyent qu’un Avocat qui plaide devant eux se promène trop au tourde la cause fans y entrer, Sc qu’il employé trop de tems à des préam-bules , à des figures de rhétorique Sc des comparaisons.

Fait adjectif s’applique dans la Pratique diversement, c’est-à-dire ,à divers mots substantifs. On dit prix fait, ce qui est une taxe faitepar la police dune marchandise à un prix certain Sc raisonnable, oupar les ^larchands même. II se dit aussi d’un marché qu’on soit dequelques choses à de certaines conditions & moyennant un certainprix; ainsi un (Econome dira à son ami, je n’ai point voulu faire monbâtiment à la journée , j’ai un prix fait avec un habile Masson; on dicle même d’un traitant.

F AITS au plurier en Jurisprudence , a lieu en disant faits Sc arti-cles , Sc lorfqu'on parle des faits justificatifs. Faits & articles, sont ceuxsor lesquels une patrie fait en matière civile interroger Faune quandon craint que la partie n'étudie des réponses pour se dipenser de djfcla vérité , on ne lui fait signifier que des faits vagues , & on met en-tre les mains du juge commis ou Commissaire qui doit procéder àl’intetrogatoire dès "faits secrets sor lesquels il interroge la partie doí-fice , c’est-à dire , de même que s’il propoíòit ces faits de son propre

mouvement. .

Faits justificatifs, font les preuves que l’accuse appore de son inno-cence II est íi naturel de deffendie lïnnocence , qu’on permet auJuge d’en faire la preuve d’ossice , aussi bien que ees lairs justificatifsqui font pertinent;. C’est pourquoi comme il n'y a point de présomp-tion ni d’indtce qui ne puisse trouver son contraire , il faut sur Fal é-gation Faite preuve avant que d’ordonner la question. Si par exem-pie on reptéscntoit à l’accusé que f épée ou le .outeau dont le coupauroit été fait lui appartient, il soreit recevable à prouver qu’i!l’auroit prêté ou perdu quelques jours auparavant. Si l’on a vû unepersonne parler en secret à une fille trouvée depuis enceinte , onpourroic prouver quelle étoit grosse auparavant, à moins qu’on ne l’cut-épousée , car en ce cas on nè feroit pas reçu à soutenir que ce seroicdu fait d’un autre; si l’on dépose avoir vû l’accusé la nuit allant Ave-nant par les rués avec ses armes, on peut répondre qu’il ne faisoicpoint clair de lune cette nuit-là , & par conséquent il a été impossiblede discerner celui qui a commis l’homicide , ou bien qu’on étoit ail-leurs , & en ce cas il est nécessaire de remarquer le tems , le lieu > lespersonnes Sc les circonstances ; car ce ne seroít pas aflèz de dire pourdeffenses, qu’en ce tcms-Ià, ni en ce lieu là on n’a commis aucune mau-vaise action, il saur répondre catégoriquement & proposer son alibi ,avec toutes les circonstances qui servent à le prouver. Si un larcinest trouvé en la maison d’un particulier, il peut prouver avoir ach ré lachoie volée, pourvu que ce ne soit pas d’un passant, mais bien de 1 au-teur njême du larcin. Si l’acaffation cít dc fracture de portes en quel-que