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point à celiii de Speltnan, c’est l’étymologie de ceuX qui disent qaele mot de forêt vient à feris , de sorte que force seroit comme qui di-roit ferarum fiatio. Dans ce sens il faudroit concevoir la surface de laterre naturellement toute hérissée de forêts par fa propre féconditévague Sc indéterminée , comme partagée en deux habitations, L’ha-bitation humaine & civile, dans ces lieux préparez & défrichez, qu’onappelle enceintes des Villes Urbes , & le reste de la surface de la terreraboteuse, inculte & sauvage qui reste hors de ces enceintes & Villes.Et ce font les forêts & lieux sauvages où est l’habitation des bêtes sau-vages 8c bêtes farouches. Pour achever d exprimer cette agréable ima-gination il sera bon de prendre garde à ces mots. Les bêtes sauvageshors des Villes font appellées sauvages à jylvts forêt, & les premierespetites enceintes des Villes ont été appellées urbes , comme qui ditoicorbes , cercles polis & privez des bois pour éclairer & donner du jouraux Villes.
FORFAITURE. Terme de Droit, est une faute commise par«n Officier , pour raison dequoi il doit être privé de fa charge quasiforts ou foras faclum , un fait ou conduite hors des régies du devoir Xdu Droit, comme si l'on disoit qu’il a fait ce qui est hors de fa charge.Forfaiture s’entend aulïi du crime du Valsai contre le Seigneur du nef& qui donne lieu à la commise. Ce mot vient de sorfaire, qui cn gé-néral signifie pécher , manquer à son devoir en quelque manière quece soit ; mais il sc dit plus particulièrement eh parlant seulement de«ertains crimes , comme d’un Magistrat quand il prévarique , c'est-à-dire, qu’il ne se comporte point fidèlement & justement dans I exhi-bition de la justice; d’un Vaflal quand il fait quelque chose contre cequ’il doit à ion Seigneur, contre Ce qu’il lui a promis par son sermentde fidélité,& dans la prestation de foi & d’hommage qu’il lui a faite.Dune fille quand elle n’a pas conservé son honneur, Sc est sortie avecscandale hors des bornes de l’honnétccé & de la pudeur.
L’étymologie de ce mot est ambiguë , car quoique visiblement for-faiture soit comme feris factura de forts facere ( Latin fort plat, maisqui a été d’usage. ) Cependant on ne peut pas toujours bien clairementdesigner le nominatif de ce verbe , c’est-à-dire, celui qui forfait fortsfacit. Quand on dit sorfaire son fief. Ce n’est pas directement dans lesens de faire hors de ion devoir ; mai c’est faire 2c mettre son fief horsde son pouvoir, le -perdre Sc jetter dehors par quelque crime > Sc je re-marque que ce second sens de perdre & mettre hors de (à poílefiìon,n’est que lorsque le verbe sorfaire , de neutre qu’il est ordinairement,devient actif, c’est-à-dire, est suivi d’un substantif ; comme quand ondit sorfaire le donaire, sorfaire son fief ou autre chose. On dit dansce dernier sens sorfaire sa marchandise, c’est en mériter la confiscation& donner sujet aux Magistrats de la confisquer,comme sont ceux quiveulent frauder les droits du Souverain. II y a un autre usage de for-fait , qui demande une origination & étymologie différente des deuxprécédentes : Le voici. Ce traitant a pris les droits des Franc-fiefs àforfait. Ce bâtiment a été entrepris à forfait : dans ces deux exemplescette façon de parler à forfait, est la même que à prix fair. For vientnon de foras , mais dc fur mot François qui est sinonime au motprix. De sorte que prendre à forfait, c’esl le trafic ou marché par le-quel ou un traitant ou un entrepreneur s’oblige de faire une chosepour un certain prix. à perte ou à gain. Bord imagine dans le motsorfaire une autre étymologie ; savoir, faire force Sc violence. Forcer& violer ce qui n’est pas contraire dans le sens ; car celui qui forfaitfacit foras & contra rationem. Et en mcrne ceins force & viole la rai-son. ‘
FORGE. C’est un grand bâtiment avec moulins, fourneaux, an-gats , situez ordinaire ment prés dune forêt Sc d’une rivière , où l’onfor d Sc fabrique le fer;on appelle aussi forge chez les Serruriers Sc ail-leurs autant l’âtrc élevé pour tenir le feu que le lieu mcrne où ils for-gent le fer , en Latin fabrica serrana ; on y fond le fer qui fort desmines Sc on les y réduit en gueuse. C’est un grand revenu qu’unefor^e quand elle est bien entretenue. Le feu de ces forges ne se faitqu’avec du charbon. Forge signifie aussi le fourneau où tous les ou-vriers qui travaillent avec le feu font chauffer Sc rougir leur fer pourle mettre en œuvre. La forge d’un Serrurier > la forge d’un Orfèvre,la forge d’un Fondeur. pat où l'on voit que le mot de forge qui scdir proprement du fer , métal , sc dit aussi de tout autre métal, or ,argent , cuivre , bronze. Je dis que forge lignifie proprement d’uneforge de fer , car l’usage 8c l'érymoiogie le veulent , venant du motforger , qui vient de ferrum agere , vcl ferrum regere ou gerere , manierk fer-, traiter le fer, le régir Sc gouverner tout embrase, Sc k figuréeavcc le marteau sur l’enclume. Ainsi forger c’est battre le scr sur l’en-' clume. après savoir fait chauffer Sc rougir pour le travailler Sc réduireen telle forme qu’on veut. II y a ici occasion de satisfaire la curiosi-té de ceux qui demandent,pourquoi pour forger Sc figurer le fer, ille faut embraser Sc le rendre étincellant ; La raison en est,parce queles parties du feu qu’on a introduit dans les pores du fer s’y agitantavec violence , ôtent dans le tems de leur grande agitation la conti-nuité des arômes du fer , séparent ces arômes en les ébranlant , &dans ce trémoussement 8c concussion ce'driétil cesse d’être dur , ( ladureté consistant dans le repos respectif des parties les unes près desautres ) cette raison paroît suffisante pour répondre à la question pro-posée , Sc pour assurer que le fer doit être embrase ou fort échauffépour céder au marteau qui en comprime les parties plus qu’elles n’é-toíent auparavant. Cette raison théorique, dis-je , paroît suffisante imais l’expérience fait voir qu’cn quelques occasions on préféré la for-ge à froid à la forge à chaud , car les arcs de carrosse forgez à froidsont les meilleurs ; mais certe pratique a l'égard des ouvrages de ferqui doivent porter des fardeaux fort pésans > peut être fort bien fon-dée , parce que dans l’embrafement du fer il arrive deux choies. Pre-inierement, une rupture de surdon qu’avoit les arômes ensemble , la-quelle désunion ne peut ctre réparée par la compression des marteaux;car les marteaux tic rapprochent que des atomes rompus, qui ne peu-
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vent plus erre ratrocH'ez mutuellement, comme ils l’étoienr dans leurconstitution naturelle. Ainsi quoiqu’il soir vrai que le feu rend lesarômes du fer plus molles ; parce qu’il les rend plus mobiles par l’é-branlcment Sc trémoussement qu’il leut cause ; Sc quoique les mar-teaux rapprochent ces atomes plus près qu’auparavant , c’est roíìjoursavec ce désavantagé que leur tissu Sc accrochemenc naturel est déjàcorrompu par le feu , au lieu que dans la forge à froid . la contexw-re Sc concaténation des atomes du fer reste incorruptible , je veuxdire, n’est point brisée Sc corrompue : ainsi faction des thatteaux ap-proche les arômes crochus Sc annulaires encore plus près , les fiche SCengage plus avant que jamais l’un dans faune. La seconde chose quiarrive au fer échauffe dans les forges du feu , c’est une raréfaction Scécart des atomes du fer les unes loih des autres , ce qui confirme ceque l’on vient de dire. II résulte de toutes ces vêtirez de théorie &d’cxpérience , que pour figurer le fer il faut l’amollir , ce qui ne scpeut faire que par le feu , ou par le marteau , ou par les deux con-jointement dans les occasions où l’on ne peut employer une nés gran-de force Sc impétuosité des marteaux , il faut employer le feu qui fa-cilitera la mobilité des atomes de la matière travaillée. Mais il estcertain que si l’on pouvoir employer l’impécnosité Sc violence des seulsmarteaux , on devroic préférer la forge a froid à toute autre manié-ré > mais comme un ouvrier seul en travaillant , fur tout à la main.ne peut avoir qu’une force insuffisante , il s’eîifuit que les ouvragesqu’un seul ouvrier peut travailler doivent ctre forgez avec le secoursdu feu. II saur aussi remarquer qu’il y a plusieurs fortes de métaux ,les uns malléables simplement fans être capables d’une grande extension,comme l'étaim Sc le plomb. Les autres son r malléables, extensibles8c extrémeident ductiles, cornme for Sc l’argent. -D’autres qui ne íoneni facilement ductiles , ni facilement malléables , comme ie fer , Scc’est à l’égard de ce métal fier Sc très-dur , qu’il faut employer toutela violence du fer Sc du feu. On dir aussi forger de la vaisselle d’étaimou d’aige n t. De forger vient forgent & forgeron; forgent se dir d’unouvrier qui forge le fer ou l’étaim ou l’argent pour en faire des petitsouvrages , comme épées , ciseaux, rasoirs, vaisselle, Scc. Oii dit foí-geur au propre , comme on vient de voir, Sc on peut le dire aussi aufiguré , comme quand on dit forgent de nouvelles, quand il les in-vente Sc suppose. Forgent de calomnies , en parlant dc celui qui sesinvente pat méchanceté Sc par plaisir à mal faire. Mais le mot de for-geron ne peut ctre dit dans un sens figuré, car on ne peut point direforgeron de nouvelles ou de calomnies. Le mor forgeron qui ne sepeut dire qu'au propre signifie celui qui travaille aux forges , Sc quibat le fer chaud ou froid fur l’enclume.
Les Étymologistes s’égaycnt fur cet article , mais par provision jem’arrêrerois fort volontiers à celle qui a été ci-dcssus mentionnée , ilaquelle nous ajourerons les suivantes ; forge & forger, disent quelques-uns , viennent de fabrica & fabricare. Pour imaginer forge dans 1e motfabrica, il faut faire dégénérer le mot de fabrica enfabnga ifarga , forge.Tous ces changemens & dégradations sont possibles, c’elt-à-diic,peu-vent absolument arriver dans les langues ; ainsi cette étymologie toutfféloignée qu’elle est , est régulière d’ailleurs , elle est utile Sc raisonna-ble ; car fabricare vient de faber , qui signifie en Latin forgeron Sctout ouvrier qui travaille de grand force. Au reste 1e mot dc fabervient de facerí , mot général qui signifie fatre dans le méme sens duHollandois maaken , faire quelqu’ouvrage que ce soit , lequel mot d*maaken lui-méme peut venir de macbinari forget. d’où est né le motItalien la mangona. Cette circulation de mots 8c de sons sont permis »pourvû que futile en soit le but,que l’analogie s’y trouve, 8c que lesrégies du jeu étymologique y soient observées alsez exactement, Silins user de trop de licences dans ses permutations des lettres. Cesrégies font établies dans ses ouvrages de Vossius Sc de Ménagé. Ltìpremier traite ses régies de cette permutation analogique des lettresdans son Dictionnaire étymologique de la langue L,tine : Sc le seconddans son Traité des étymologies de la langue Françoise Que dira-t-on de cette derniere étymologie qui fait venir forge du mot figure tforger de figurer? Quoiqu’on en puisse dire elle est utile Sc parlante,car forger c’est figurer & façonner. En étymologifant on s’échauffe Utête Sc I’imagination , laquelle devient très-pro;re à forger Sc quel-quefois à forcer les mots Sc sujets qu’on traite ; mais pour finir tousces efforts d’imagination, il me sera permis de faire cette double allu-sion , que forger c’est forcer une matière dure , ou bien forger vien-dra de fort 'tter agere > faite quelqu’ouvrage de force que ce puisse être-
FORLIGNER. Terme de Droit , se dit des personnes Sc desbiens , des personnes , & ce mot signifie alors sortir de fa ligne, rang& condition en se mésalliant, comme, par exemple, quand on se ma-rie aune personne qui n’est d’une condition fortable. Dls biens,com-me quand ces biens sortent d’une ligne faute d’hériticrs de cette mé-me ligne. L’origine de ce mot François est claire ; savoir dc forahnea-re , c'est-à-dire, foras feu extra lineam ire. Dit des personnes , c’est dé-générer , ne pas suivre la vertu Sc les bons exemples de ses ancêtres,de ceux dont on est issu > faire quelque chose indigne de kur race oulignée. Dans ce sens on relève la noblesse d’une famille 8c maison ,lorlque l'on dit !a noblesse de cette maison est fort pure ;. il n’y en apas un de cette famille qui ait souligné. On trouve ce mot écrit à l’or-dínaire , f or ligner , mais aussi on trouve écmforltner ; ce dernier , s’Uécoit du bel ulàge , exprimeroic mieux 1e sens ordinaire extra lineas,que celui d’usage qui doit être rapporté à lignée, race.
FORMALITE Z. Terme de Droit. Sont ses choses qu’on obser-ve pour sordre de la procédure. II y en a qui sont essentielles, fansquoi l’acte ne peut être parfait, comme font celles qui sont prescri-tes par ses Ordonnances , par ses Courûmes 8c par les Arrêts. Tormafubflantialis acitts dat effe aclui in txntnm, quod illa déficiente aBus no»dtettur , nec actus nomen ajfumit cap fin de sentent & re judtc trt JeXto.Frisotte que les jugemens qui font rendus courre ce s réales font abso-lument nids, si ce n’est en Cour Souveraine, où fans s’aìréter à la for-me