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planches de bois font d*un grand usage & beaucoup plus Commodesque ks autres dans une infinité de rencontres , principalement quandil faut mettre dans ies livres d'histoire ou d’autres traités des figures,pour l’intdligence du discours > car comme elles s'imprimcnt en mê-tne-tems que la lettre, elles épargnent bien du tems Sc de la dépense,qu'on cífc obligé de faire quand il les faut graver sur le cuivre au bu-rin ou à l’eau forte, Lt les tirer ensuite. Ces deux maniérés néan-Cioins font aujourd’hui les plus en usage , & c’est dont nous voyonsune infinité d’excdsens travaux : celle qui se fait a 1 eau forte sembleplus commode pour les grandes ordonnances, Sc pour les pièces oul’on veut faire paroitre plus d’art & de dessein que de délicatesse Scde douceur. A i’occasion de la gravure fur le bois, il y a eû un cer-tain Hugo de Carpt , qui inventa une maniéré de graver en bois,pariemoyen de laquelle les estampes paraissent comme lavées de clair obs-cur j il faisoit pour cet effet trois sortes de planches d’un même des-sein, lesquelles se tiraient lune après l’autresous la presse pour impri-mer une même estampe; elles étoient gravées de telle façon que i’uneservoit pour les jours Sc ses grandes lumières , l’autre pour les demi-teintes, & la rroiíiéme pour les contours Sc ies ombres fortes.
A f égard de la gravure fur le cuivre avec le burin, il n’estpas né-cessaire de grands apprêts, quand la planche, qui doit être de cuivrerouge est bien polie > & que l’on a destiné deílus avec la pierre demine, ou avec une pointe ou autrement , ce que l’on veut représen-ter, il n’est plusbeíòin que de burins bien acérés & de bonne trempe,pour graver & donner plus ou moins de force, selon le travail quel’on fait, & les figures que l’on représente.
Les Peintres qui font graver eux-mêmes leurs ouvrages, travaillentsouvent à former les premiers traits des figures , pour conserver laforce, Sc la beauté d u destein. Aussi daris les pièces faites à l’eau for-te, on y voir plus d’art que dans les autres qui font gravées au burin,ou quelquefois on se sert ausli de l’eau forte pour former légèrementks contours des figures, afin de les avoir plus correctes.
Ce qu’iî y a d’avantageux dans la gravure à l’eau forte , est quenon seulement la maniéré en est beaucoup plus expéditive qu’au bu-rin ; mais le travail en est ordinairement plus beau dans les passages,dont les arbres Sc les terrasses étant touchées avec plus de facilité, pa-rodient plus naturelles. II est vrai aussi qu’il est besoin quelquefois deretoucher au burin certaines parties, qui n’ont pas allez de force, oubien que l’eau forte n’a pas allez mangées ; car il est mal aisé que dansune grande planche toutes les patries viennent a ctre pénétrées avecUne íi grande égalité, qu’ií n’y ait quelque chose a redire.
II ne suffit pas que le Graveur travaille avec la pointe de son écho-pe ou de Ion aiguille dans tous les endroits de son ouvrage, avec la for-ce & la tendresse nécessaire a faire paraître les parties éloignées &les plus proches > il faut encore qu’il prenne garde quand il vient àmettre l’eau forte fut la planche > qu’elle ne morde pas également pattout, ce qui sc fait en employant une mixtion d’huile Sc de fuis dechandelle. Pour cet esset il a une forte de quaiísc de bois poistée, con-tre laquelle il attache fa planche un peu inclinée, & jette l’eau fortedessus, enserre qu’elle n’y fait que couler Sc retomber auffi-tôt dansan vase de terre qui est dessous. II prend garde lorsque les parties, quine doivent pas c*tie si mangées, ont allez reçu de cette eau , & ôtantla planche, il la lave avec de l’eau clafie qu’il jette dessus , la fait sé-cher doucement auprès du feu, puis il couvre les parties les plus éloi-gnées , & les hachcures qu’on veut laisser ses plus fossiles avec de cet-te mixtion d’huile & de fuis dont j’ai parlé, afin que l’eau íorre n’ypénétre pas davantage ; & ainsi couvrant a diverses fois, & autantqu’il veut les endroits qui doivent être ses moins forts, il fait queks figures qui font devant sonr toujours lavées dc l’cau íorre qui lespénétre, julqu’àce qu’il voye qu’elles font astez gravées suivant la for-ce qu’il désire leur donner.
Réjflexions Ó" remarques fur ce qui a été dit de la gravure,
i. Le vernis dont on a fait mention est de deux sortes, l’un mou,&î’autre dur. Il y a auffi deux sortes d’eau forte, l’uned’affincur > qu’onappelle eau blanche , & l’autre que l’on nomme de Veau verte , cclle-ci le couse fur les planches. comme il a cté dit, Sc l’on peut s’cn ser-vir avec ses deux vernis. L’autreau contraire n’est bonne que pour levernis mol>& ne se jette pas comme l’autre, on met la planche sornr,e table tout a plat, & après lavoir bordée de cite, on la couvre decette eau blanche, que l’on tempere plus ou moins avec de l’cau com-mune.
z. A l’égard des pointes ou échoppes dont on travaille dans la gra-vure, on prend des grosses ou moyennes aiguilles, faites les unes enpointe, & les autres plus grosses, coupées par la pointe d’une maniéréqui forme une ovale , comme sont Ies échoppes des Orfèvres. Cessortes d’outils que l’on a de plusieurs façons & de différentes grosseurs,font les seuls nécessaires pour cette maniéré de travail ; l’on a une pier-re pour les aiguiser, & un gros pinceau de poil gris, ou une plumepour servir d epouslette , ahn d’ôter de deílus la planche les orduresou le vernis qui s’enleve, à mesure qu’on grave.
5. On ajoute ici un avis, que si l’on veut s’instruire davantage dctoutee qui regarde la gravure fur le cuivre., & dc la composition des ver-nis pour l’eau forte . il faut lite ce qu’en a écrit Abraham Bojfe , quijoignant à la théorie une excellente pratique , n’a rien oublié de toutce qu’on peut savoir de cet art.
GRAVEUR Sc Graveure. On ne peut rien ajouter à cequ’en a ditl’illuílre Savary.on y voit aussi quelques Déclarations duRoi > ausquelles on peut encore y ajouter les suivantes. Déclarationdu Roi, en portant confirmation des statuts des Maîtres Graveurs deParis, donnée à Paris au mois de Juin 1660. régistrée le y. Mars 1662..Voyez leg.volume des Ordonnances de Louis XIV. sel. 7 z. En l’an 1685.fut donné un Arrêt du Conseil d’État, portant que les Graveurs qui ontobienu des privilèges du Roi depuis l’annee i6yz. pour graver ses es-tampes , Sc qui n’ont pas fourni des exemplaires desdices estampes pour J
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ìa Bibliothèque de Sa Majesté, seront tenus de fourbît àù Garde de la*dite Bibliothèque lesdits exemplaires, quinze jours après la significa-tion du présent Arrêt, faite au Syndic de leur Communauté, sous pei-ne de confiscationdefditcsestampes,& del’amendede iyoo.livres, faitau Conseil le 51. Janvier 168 f. Déclaration du Roi ; po tant union auCorps des Graveurs, des Offices de Jurez Syndics créés par Édit dumois de Mars i6?i. donnée au mois de Juillet 169t. En 1710, futdonne un Arrêt du Parlement, qui a homologué lacté en forme derésultat de la Communauté des Graveurs fur tous métaux, du 18. Mai1710, portant Règlement général pour les Apprentifs&Compagnon»de ladite Communauté,donné àPontoiscle 1. Septembre 1710.
GRAVEURES en bois, Voyez, l’Article précéd n c Graveu-Rbs de relief. Ce que l’on a à dire ici regarde les minières de gi.->ver & sor les métaux, & fur Ies pierres ptéeseuscs. Sur les uns & sorles autres on y fait des ouvrages de relief, Sc des ouvrages en creux;le relief s’avance vers le spectateur, quoiqu’il tienne à ià matière Scsujet, & le creux scloigne de l’oeil du spectateur, Sc recule Sc tenddans l’épaisseur de la matière. Quand on veut giaver fur l’acier pourfaire des médailles > on commence par dessiner le su et, soit effigie tsoit devise, qu’on ébeauche sur de la cire en bas relie;, fu.vaut lahauteur & la profondeur que la médaille doit avoir ; eníuitel’on faitun poinçon, & sor un des bouts qui doit être acéré, c’est-à-dire > d’aciermis sor le fer , on cisèle en relief la même chose qu’on a faite e»c re; quand le poinçon est dans fa perfection , on le fait tiemperpour ie durcir, après quoi par machines telles que ks sonnettes( quifervent à battre les pilotis ) ou avec le marteau, on frappe sor ce mê-me poinçon, pour le faire imprimer dans un carré, en forme de déqui est aussi d’aricr ; avant cela on recuit le carré, Sc on le rougit aufeu pour ladoucir, Sc le rendre plus facile à recevoir l’em l reinte dupoinçon ; car étant frappé il reçoit en creux ce qui est de relief sor lebout du poinçon. Comme ce carré ne reçoit pas tous les traits déli-cats du même poinçon, qui ne fait le plus souvent que la hauteur durelief, il reste beaucoup à faire Sc à réparer pour finir le creux ; cequi se soir avec des outils d'acier, comme font cijelets, burins, &c. & di-vers autres, dont les uns font ttanchans, &lesaurres hachés, les unsdroits & Ies autres coudés, que l’Ouvrier soit faire selon son concept& son dessein, A mesure qu’on travaille, on nerroye aussi quelque-fois le carré avec une forte de brosse faite avec du fil de léton : quandon a fini ks figures, l’on achevé de graver le reste de la médaille tcomme font les moulures de la broderie, les grenetis & les lettres ;pour cela on se sert de poinçons bien acérés, appropriés à ce rravail ;quand on frappe les lettres Sc moulures, il faut les imprimer dans 1 ccarré avec la masse avec des petits poinçons ; car le burin, l’échoppeni Je ciseler ne peuvent graver ces lettres dans certe mcine perfection,
II y a quantité d’autres petits ouvrages nécessaires à faite fur ses mé-dailles félon la rencontre & selon le dessin , qu’il faut frapper de Jamême maniéré que les lettres. On fait les coins, & on travaille futles carrés en même maniéré > pour voir le travail que l’on fait, Iorsequ’on grave ks carrés des médailles, l’on se sert de deux moyens. Lepremier est une empreinte de cire composée avec cire ordinaire, thé-rcbcnuuc & noir de fumée mêles ensemble. Le second moyen estpar le plomb, ce qui se soit ainsi, ayant fondu du plomb, on le versofur un "morceau de papier. puis renversant le carré dessus. Sc appli*quant la figure sot le plomb, on frappe avec la main sur le carré, le-qu.l imprime la figure dans le plomb, ainsi on voit une empreinte detout le creux > ce qui ne fe soir pas de même avec la cire , qui n’endécouvre qu’une parties lorsque lc carré de la médaille est fini , il lefaut tremper comme on a soit le poinçon. Lorsqu’on veut monnayerles médailles, on fe f rt de tenailles, dans lesquelles on emboîte uncarré d’un côté , & un autre de l’autre , pour faire les deux côtés dcla médaille ses .artés doivent ctre ajustés l’un sor l’autre directementavec une égalité de circonférence & de contour ; l’on se sert aussi anlieu des tenailles, hune boète d’acier, dans laquelle l’on met les carrésque ; on y fait tenir fermes, par le moyen des vis qui les ferrent.Quand la téna.lle ou la boète (ont bien ajustées, l’on prend du plombou de l’étain, qu’on jette en fable pour y mouse-r les médailles, detel métal qu’on les veut, &parce qu’elles ne viennent pas borsdu la-bié allèz nettes, afin de les perfectionner on les rengaine, c’est-s-dire.qu'on les remet dans les carrés, & avec une machine, soir presse, soirbalancier, que l’on soie agir par la force des hommes , on presse lamatière entre les deux carrés : ce que l’on soit jufqu’à ce que l’onvoye qu’elles soient finies ; cela sc connoît lorsqu’on sent à la mainquelles ne remuent plus dans les carrés , & qu’elles les remplissentétalement par tout; ainsi les médailles ne sc perfectionnent qu’en lesrevisent & les repassant dahs les mêmes carrés par plusieu s fois , sui-vant leur relief: y ayant telle médaille qu’ossrepaísera ainsi jusqu’avingt fois; mais à chaque fois qu’on la recuit, il faut nettoyer la cras-se qui vient dessus : & comme la médaille s’écend par la force dc lamachine, il faut limer la matière qui déborde au de-là de fa circonfé-rence , & cela routes les fois qu’on recuit la médaille , jufqu’à cequ’elle soit en fond , & qu’elle ait pris toute l’etnpreinte, comme onvienc de dire. Lorsqu’on voit qu’il n’y manque plus rien pour êtredans se derniere perfection, on la recuit une derniere fois. pour lamettre en couleur si elle est d’or , ce qui sc fait en la mettant fur lefeu dans une poêle avec du sel, du salpêtre , de l’alun, & la jettancensuite dans de l’urine. Les insttumens pour presser ses carrés, sontou des presses ou des balanciers > dcfquels derniers on sc sert ordinai-rement aux monnayes. La différence qu’il y a entre le balancier Scla presse, est que le balancier a fa force aux deux bouts d une barre defer, où il y a deux grosses boules de plomb tirées par de ix hommesavec des cordages , qui font agir Ja vis du balancier, qui presse Iescarrés Sc soir fesser de l’ouvrage. La presse est une méme vis oú il ya auffi une barre, qui n’est tirée que par un bout , Sc qui n’a ni bou-les ni cordages > lorsque les flancs de la monnaye sont coupés, on lesporte dans les ajustons qui sont de petites balances , pour voir ceuxqui font forts oq fossiles, & les séparer; car les laminoirs par où l’on
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