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J A C. J A L.
ACEÌMT. Terme dePalais.Com-me dans cet exemple successionjacente, c’est-à-díre, abandon-née , & pour laquelle personne11 a voulu prendre la cjualité d’hé-riuer. Les Romains faiíòiencplusieurs héritiers, depeurqueleur succession ne sut jacente ,comme íi pat cette dispositionils vouloicnr faire entendre, querhomrne est non,seulement tu-teur & curateur des personnes»nuis encore des choses ; car fansun succèdent aux biens vacans,ces biens dépérissent 8c iont envain ; pont éviter donc cette exi-stence ou état vain & fans fruit, il fat t que les biens tombent incessam-ment 8c fans délai encre les mains ou sous le foin de l'homme. On faitcréer aussi un Curateur à une hérédité jacente, afin que les intéressés cré-diteurs ou aunes aient lieu de pouvoir diriger contre lui les actions qu’onpeut avoir, c'elì par ce Curateur qu’on a commerce avéc une chose inani-mée. Lc Curateur iuifett d'ame > &íl agit conformément à la nature dela choie, don r il prend ie loin 8c curatelle; le bien réel L succession jacenteest comme un corps mort, dont le curateur est lame dans la vie civile.La succession fans occupant est un être incomplet, comme la matière, fé-lon Aristote, est une substance incomplctte» vorlace qu'on appelle fic-tion dc Droit ou elpecedc fiction de Dr oit, par lesquelles les Jurisconsul-tes raisonnant selon la haine desebosss, & l’cxigence descas 8c conjonc-tures , forment des siippoírrions plausibles & justes, lur lesquelles ilsagissent & prennent des mesures conséquemment. Ce sont ccs fictions &suppositions raisonnables, qui font !a partie du Droit la plus subtile, &lapsus digne de la sagesse des Loix, des Magistrats Sc des Législateurs,fans cette fine & subtile connoitfance, l’excrcice du Droit n'est qu’uneaveugle pratiquede routine, quiadtsobscuri és impénétrables au com-mun de Praticiens. Au lieu de biens jacens on dit aujourd'hui des biens va-cans. Lc mot jacentjaeem signifie couché par terre comme un mort, cequi n’a point d’action , ce qui convient for: bien aux biens vacans, quifont appcllé par une semblable raison, pareequ'ils font vacui vuides &privés depostclïeur; ce-, biens font comme veufs Sc privés de ce qui faitleur gloire & leur bien étie, à (avoir de l’homme.
JACHERE. Terre labourable qu’on lailíecn friche > qu’on laisse re-polèrune on plusieurs années, fins V rien semer pour la rendre plus fer-tile. Il y a des terres qu’on laisse en jach-. re de deux années l’ime, d’aurresde trois en trois ans , & qui après cette cessation de produire ont plus deforce, pour faire végéter L s plantes ou semences qu'on met dans ces ter-res. La terre esteomme un animal végétant, quicovmnc les autres ani-maux proprement dits, s'épuise dans de tro . fréquentés productions &générations. De là vient que les Narrons aui ont moins de pente à la lu-bricité Lc a la débauche de Venus, font des productions Sc générationsplus louables , cYst à-dite, mieux conditionnées ; fur ['étymologie, jed’iaique laisser une terre en jachère , c’cst coirtirje si on d r soir in tp jacerela laisser d ms son repos ou dans son reposer. Ménage pense que jachèrevient de tiacca quajìtnra vaccaria terre aux vaches, où Ton mette paîtreles vaches dans les tems qu’on ne feme point ces terres. La premièreqnoiqu'ellesoitdema façon, paroitra peut-être plus directe > 8c la secon-de est plausible. Lc Laboureur dit jacherer, pour dire donner le premierlabour à un champ qui est en jachère, c’est-a-d re, colere & traclareagrumjacentumfiìlentem , remuer un champ dormant, & qui est oisif, quine dit rien, c'est-à-dire, qui ne fait rien.
J A Ç OI T. Vieux terme de Palais. 'Jafoit que > c’est-à-dire, quoique ,parexcmble parlanrd’un homme allez bien fondé, qui a pourtant perdu.Ion procès, on dit il a été condamné jaçoit qu’il cûr d'allcz bonnes def-fenles. Ménage dit que c’cst comme si on dtloit jamfit ; je troíuvc cetteétymologie tíès-bonne& rrès-significarive, car alors jamfit dans l’excm-plc ci-dcllus signifie très bien, la surprise marquée par jaçoit 8c par quoiquejam fit , c’est-a-dire > il a été condamné même dans le cas &c suppositiond’avoir de bonnes deffenfes. Ce qui est surprenant, quoique qui est. d’ufa-ge, est fort obscur pour fa destination & signification, pendant que levieux mot est trés-exprès & significatif, 8c remplit bien le devoir & usaged’unc conjonction de cet ordre & de cette nature,
J A L.
JALAP. Voyez, cet Article dans le Dictionnaire (Economique»
& y ajoutez ce qui fuit.
[On peut purger parfaitement bien, & à peu d* frais les pituiteux&
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, les hidropiques, avec un demi gros de jalap en poudre, ou un gros infuséi pendant douze heures, dans le vin blanc. On peut le faire infuser aulï1 dans l’eau de vie, avec égale quantité de racine d’iris réduire aussi en pou-dre. L’infusion doit durer cinq ou íix jours au soleil, ou aubain de labié.La dose est depuis une once jufqu’à deux, suivant la force du tempéra-ment. C’est cette composition qu’on appelle eau de vie Allemande, Sc quipasse pour spécifique dans Tenfíure.
On distille la racine de jalap avec Tefprit dc vin, ou Peau de vie.
Re(tne , ou Magijìer de jalap.
Prenez du jalap réduit en poudre grpffcre; mettez-le dans un marrasqui soit assez grand, versez par dellùs de Tefprit devin alkoolifé, à la hau-teur de quatre doigts au-dellùs de la matière ; puis aïanc bouché le marras,en inférant son cou dans celui d’un autre, Sc lutté exactement la jointureavec de la vessie mouillée , faites digérer la matière au feu dc fable pen-dant trois jours. Après ce tems là, délutez les marras, Sc versez par incli-nation Tefprit de vin, qui par la dissolution qu’il aura faite des partiesrésineuses du jalap, paroitra chargé d’une couleur jaunâtre. Versez encoredeTeípritde vin fur le jalap, 1 tirez les marnas, & proctdez jufqu'á troisfois comme ci devant. Après trois dissolutions que vous mêlerez ensem-ble , vous filtrerez par le papier gris, 8c distillerez au bain de vapeur ccqui passera, emploïant pour cela unalembic de verre. Quand vous aurezdistillé environ les deux tiers de l'espricdc vin, vous verserez ce qui estresté au fond dc Talembic dans une terrine, que vous remplirez d'eau,afin que cette eau qui devient aussi tôt laiteuse, affaiblissant Tefprit de vinqui tient les parties de la résiné séparées, elles puissent íè rapprocher, sereprendre, Sc former un poids assez pesant pour lc précipiter au fond, cequi arrive après un jour de repos. Versez ensuite par inclination l’eau quiest devenue claire, de blan.he quelle étoitavancla précipitation du ma-gistere, lequel vous trouverez enferme dc térébentine, & qu’il faudralaver dans plusieurs eaux. Sc faire sechtrau soleil. II s’y durcira, Sc vousle réduirez ensuite en poudre subtile, laquelle sera blanche, Sc vous lagarderez dans u ne bocte, ou dans un vaisseau bien net.
La résine de jalap a la même vertu que la racine, ou plíìtôc c’cst dans !aseule refîne que consiste toute la vertu du ja'ap. On la prend mêlée enopiacé; la doseen est depuis six grains, jufqu’a dix ou douze.
L’esprit dc vin qu’on distille après les différentes dissolutions, peutservit comme au paravant, pourvu néanmoins qu'il soit distillé a un feulent; car aucremencilenlcveroir avec lui une partie de la résine, ce quidiminueroic beaucoup de fa vertu.
On pcutiirer un sel alkali du marc qui reste. I! ne faut jamais donner lapoudre de jalap seule,- mais il faut !a mêler avec quelque chose qui enétende les parties, de peur qu’dles ne s’attachenc contre la membrane desintestins. Sc qu’elles n’y causent une inflammation, ou un ulcéré qui peur -roit avoir des fuites très dangereuses. Cependant Monsieur Bolduc aílureque 1e jalap cil unremedequcla natureapicparcelle-méme, qu’iln’a ja-mais remarqué que ce purgatif eut besoin de correctif, pour réprimer (àtrop grande action > non plus que de véhiculé pour ['accélérer, comme laplupart des purgatifs ordinaires, Sc qu’il est étonné que Tufage n’en soiepas plus général, puifqu'il coure si peu, 8c qu’il produit de si bons effets, ]JALONS. Terme d’Archicecturc , sont des perches blanchies parlesbouts, pour boino'rer 8c donner des alignemenspour les bátimens, lesjardins 8c avenues, jalonner c’est planter des jalons d’efpace en espace ,pour faire Topération de l'aílignemcnr. Ce piquet, perche ou grand bâ-ton est le plus souvent armé de papier blanc, terminé en bas par une poin-te, qu’on plante en terre de distance en distance. Les alignemens qu’onfait 8c forme par les jalons fervt nt pour planter, pour bâtir;ceux qui fontpour niveller font d’un pouce de diamètre, & jusques à six ou cinq pou-ces de hauteur > on s’cn sert utilement pour mesurer les lieux ou le certainest rempli de concavités. L’étymologic de ce mot donc Ics étymologistesne font point mention, me paraît plausible, qu’il vient du mot jaculumtrait ou fléché, à cause que le jalon est long comme un dard ou fléché;on peut même dire que Torigine de jaculum à jacere jeteer, convient aujalon qu’on pouffe Sc fiche cn terre, même jalon pourroir venir de jacereerre stable, car le jalon est fixe.
JALOUSIE. Terme d’Architecture, fermeture de fenêtre, faite depetites tringles de bois croisées diagonalenient, qui lardent des vuides enlozange, par lesquels on peut voie fans être apperçu, ce qui donne occa-sion au nom de jalousie, parcc que Ton y est à couvert dela vûë d’autrnicomme un jalou se tient caché cn espion > pour examiner les actions despersonnes, á l'égard desquelles il a de la jalousie. Les plus belles jalou-sies sefoncdes panneaux, d’ornemens de sculpture. évuidés Sc serventdans les Églises, aux jubés > tribunes 8c confeflìonaux ; en Latin on appel-le ces jalousies trnnjenna, quiafiunt bacult oblongz , transverfi & fie tnvicemdecujfiantes.
JALOUSIE, Paslìon & souvent vice domestique & «conomique.
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