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Mr. Descartcs attribue la principale cause dc l’eíïronterìe aux affrontsque l’on a reçus cn plusieurs rencontres, & il a raison ; mais la plusdangereuse est celle que je viens de rapporter'ci-dessus, savoir, lacorruption du cœur & de l’esprit tout ensemble ; car dès qu'une per-sonne n’est plus sensible aux choses qui peuvent causer de [‘infamie,elle ne connoit ni respect, ni honnêteté, ni pudeur, ni bienséance.Nous n'oublirons pas de joindre ici quelques pensées du meme Au-teur, touchant la honte Sc la gloire. A la vérité elles font un peuC8urtes,mais cn récompense elles renferment un grand sens. Le bien,dit-il,qui eji ou qm a été en noue, étant rapporté k lopinion que les au-tres en peuvent avoir , nous procure de la gloire : au. lieu que le msd quitjl ou qui a été en nous, ne nous procure que de la honte. Nous ne poui-lcrons pas davantage ce raisonnement qui nous m en c toit trop loin,us u s nous contenterons de finir cet article par un trait d’Histoire quine déplaira pas. Les Payens qui divinisèrent les Vertus & les Vices, ren-dirent des hommages à l’Impudence. Elle avòit un Temple dans Athè-nes ou elle étoir adorée comme une Décile , en même-tems que lapudeur y étoir révérée dans un autre comme un Dieu. Sur quoion peut remarquer qu’il y auroit eu beaucoup moins d’absurdité àfaire un Dieu de [ Impudence & une Déesse de la Pudeur , puisquecette derniere est plus ordinaire aux filles q t,'aux garçons ; au lieuue [‘Impudence le trouve plutôt parmi les garçons que parmi lesIles. La IL rd' ix étoir consacrée à l’Impudcnce > Sc en étoir le Sym-bole á cause de sa lubricité.
IM P UIS S A N C E. Ce mot signifie un manque de force, de pou-voir, ou dc moyens pour faire quelque chose; comme quand on ditqu’un homme est dans l'impuiflance de servir ses amis , de payer lèsdettes, 6cc. Mais il se prend plus particulièrement pour exprimer unvice de conformation , ou quelque accident qui rend incapable d’a-voit des cníans. Les Décrétais marquent trois causes d'impuillancc,la frigidité , îe maléfice, 5c rjmpuiíiàncc à l acté. Sous le terme defrigidité on entend l'impuislance intérieure , & que i’on ne peut re-connoittc lorsque la conformation extérieure n’est point défectueuse.Sous celui de maléfice on comprend les drogues, les breuvages, lespoisons, les sortilèges, les ligatures, les enchantantrs & toutes sor-tes dc paroles & de cérémonies magiques, qui peuvent rendre l'hom-me le plus vigoureux, impuissant. Et sous celui d'impuillancc à Pac-te, on entend un manque de constitution propre au principal but dumariage,qui est la propagation de 1 especc. L’Histoire est toute plei-ne d’cxempìes de charmes qui ont empêché la consommation du ma-riage; mais bien des gens arribuenr cette impuissance accidentelle àla force & à vivacité de l’imagination, qui dissipe Sc transporte les el-prits. C’est, dit Montagne, Imagination qui cause la défaillance for-tuite qui surprend les Amans si hors de sailon,& pat la violence d'u-ne ardeur extrême les glace au milieu des plaisirs. Mr. Bayle prétendaussi que l’impuiísance q-.i’on regarde comme un effet de sorcellerie,ne vient que d’une imagination prévenue, qui se décourage, s’amor-tit , & ne peut se remettre dans la tranquilité qui lui est néceflàiiepour s’aquiter des fonctions matrimoniales. Le Parlement dc Parispar ion Ariêt de 1677. abrogea sillage du Congres > parce que certepratique c toit infâme , & qu’elle cn rvoic les principes de la honte,la source la plus précieuse dc la chasteté. On ne suit plus même cnFrance la disposition de la Jurisprudence Canonique, qui veut que lesParties habitent trois années ensemble avant que de les séparer, com-me si la frigidité naturelle s’éteignoit par le tems, ou que les forcespuissent s’acquerir par [‘espace de trois années , pendant lesquelleson épuiseroit plutôt Ie peu que l’on cn pourroit avoir , que l’on netetireroic la nature d’un si long assoupissement. D'ailleurs , que dequerelles , que d’injures pendant ce tcms-Iá entre deux personnes quiseroiehi obligées de se haïr , parce quelles ne pourroienr pas s’ai-mer ! Ceux qui veulent rendre odieuses les accusations d’impuistknce,disent qu’on n’en trouve aucun vestige dans les douze premiers sié-cles de rÉg!i s e;mais les hommes de ce tcms-!à ne n aiIsolent pas fousdes constellations plus heureuses & plus vives que celles qui ont ré-gné depuis ; & si l’on ne trouve point d’exemplcs dc plainte forméeá cause de [impuissance d’un mari.ç’a cté peut-être, parce que le di-vorce étoir familier parmi les Payens L parmi les premiers Chrétiens,qui aimoient mieux prendre cette voye que de faire un éclat inutile.D’ailleurs la Justice Ecclésiastique n'ctoit pas réglée comme elle l’estaujourd’hui ; i! n’y avoir ni Juge ni Tribunal dont on ait pu garder lesRegistres. Mais quoiqu’il y ait à présent des Juges Sc desLoix Cano-niques & Civiles sor cette matière, on est très embarrasse dans le Ju-gement que l’on en doit faire , lorsque le défaut n’est pas apparent;& quand la conformation est régulière , l'embarras est encore plusgrand, parce que le mal est caché, & que la conformation extérieurene conclut rien pour la capacité intérieure. Touc ce que l’on peut fai-re en ce cas , c’est d’ordonner une visite , ou de la personne du ma-ri , ou de celle de la femme ; car pour rompre le mariage , il fautprouver l’impuissancc d’une des deux Parties , fur la plainte qui enest portée en Justice , autrement le Juge n’en sautoir prendre con-roissance. L’action d’impuiflance intentée par une femme est une ac-tion personnelle, qui ne passe point á son héritier. Voyez le journaldu Valais. Un Impuissant ayant épousé une fille, & ayant vécu quatreans avec elle fans consommer le mariage, fut condamné en six milleécus, tant pour la restitution des meubles qu’elle lui avoir apportés,que pour les dommages & intérêts. Voyez Chenu 2. Cent u. Queft. 43.Au reste les procez de cette nature ne font jamais d’honneur a cellesqui les intentent ; car soit quelles parviennent á obtenir un autre ma-ri, soix qu’clles n’y parviennent pas,elles lont pour ['ordinaire un ob-jet de raillerie & de mépris tout le reste de leur vie. L est avec quel-que raison ; car les démarches qu’il faut qu’ellcs faíîenc, Sc les Inter-rogatoires qu’il faut qu’elles sobiílènt devant les Juges, font si contrai-res à la puaeur, cette vertu qui est [ ornement Sc la couronne de leursexe,qu’on nepeue avoir d’estime pour une personne qui est capabledq franchir cette barrière & de répondre sur de tels faits.
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IMPUNITÉ. Elie consiste à ne pas châtier, & à pardonner desfautes qui devroient être punies. Le véritable but des peines étanten général, de prévenir les maux & les injures que les hommes ontá craindre les uns des autres : on doit avoir cn vuë dans la punition,ou le bien du coupable même , ou l’avantage de celui qui avoir in-térêt que le crime ne fût pas commis , ou futilité de la Société pu-blique. Les peines qui se rapportent à la premicre de ces vues, re-gardent principalement les peres & les meres qui doivent avoir grandloin de corriger leurs en fans , pour ne pas laíller former cn eux demauvaises habitudes, d’où, lorsqu’ils font hommes faits, il naît sou-vent des crimes dignes d’une vétitable punirion. II n’y a point deNation qui n’aic donné beaucoup d’autorité aux peres Sc aux meressor leurs enfans > afin de les contenir dans le respect & dans I obéis-sance qu’ils leur doivent. Les Grecs , les Romains , les Gaulois , lesScythes Sc quelques autres Peuples avoienc poussé autrefois cette au-torité , jusqu’à leur permettre par une Loi batbare . de conserver oud’ôter la vie à ceux qu’ils avoient mis au monde. Plntarq. in VìtaSolon, Dion. Halicarn. I. s. Ces. dcBell.Gall. I. 6. Les Sacrés InterprètesdesLoix divines ont donné a cette autorité les justes & sages bornesquelle doit avoir ; les peres & les meres y sont excitez dans les ter-mes les plus forts & avec menaces, s'ils manquoient de veiller sor lesmœurs dc leurs enfans ,dc ne leur point épargner la verge de la cor-rection; mais de prendre garde néanmoins en Tes corrigeant de ne lespas estropier, ou d’intéresser leur vie en aucune maniéré ; il leur estméme ordonné d’y agir avec assez de modération & de prudence,pour que le trop de rigueur ne jette pas leurs enfans dans le désespoirou le découragement. Cependant comme une correction trop douce& exercée avec crop de ménagement, pourroit trouver des esprits firebelles, si indociles & si vicieux, que les peres Sc les meres les plusattentifs Sc les plus vertueux, ne poarroient pas vaincre ce pernicieuxtempérament Sc les mauvaises habitudes de quelques-uns de leutsenfans > il est alors de l’intsrét du pere & de la merc , & meme enq -elque façon de leur devoir,pour Phoaneur, le repos de leur famil-le, & la tranquilité de la Société civile , qu’un enfant de ce mauvaiscaractère, soit enfermé par ['Ordonnance du Juge dans une Maisonde force Sc dc correction , jusqu’à ce qu’il parroisse avoir change dçmœurs.
Davantage dc la personne lezée, qui est la seconde chose que l’ondoit se proposer dans la punition des crimes , consiste á n’étre plusexposé désormais à de pareilles insultes , ni de la part de celui quel'on puni, ni de la part d’aucun. On pourvoir à la fureté au premierégard, ou en faisant mourir le coupable,ou en ie métrant dans l’kn-puiflànce d’exécuter ses mauvais dcllèins, comme, par exemple, fi onrenferme dans une prison, si on f envoyé dans quelque lieu éloigné,ou fi enfin on lui apprend à devenir sage par l’expcrience du malqu’on lui ait fait souffrir.
Enfin la sûreté & futilité publique, qui est le troisième & dernierbut des peines que l’on inflige , demandent, ou que le Coupable lui-même soit puni d’une maniéré qu’il ne fasse plus de mal à personne,on que les autres soient détournés de se porter à de pareilles actionsenvers qui que ce soit, par f espérance de l 'impunité'-, St á cela serventles puni'ions exemplaires que l’on fait à la vuë de tout Ie monde.Par le mot impunité , on entend l’état où est le vicieux qui ose faire Iemal íàns crainte du châtiment.
IMPUTATION. Ce terme qui vient du Latin imputare, Sc quiconsiste à attribuer quelque chose de mal à une pet sonne ,a plusieurssignifications. Les Gens d’affaírcs & de pratique s’en fervent,en par-!ans d’une somme qu’on déduit sur une autre. C’est proprement Iecompte que le Créancier tient au Débiteur d» l’argent qu’il a reçu surune certaine partie de la dette. Par exemple , un homme me doitmille livres en principal, Sc quatre cens livres d’intcrctij’ai reçu de cethomme ou d’un autre à son acquit & à sa charge, trois cens livres,que j’impute sor l’une de ces deux sommes. Ce font les termes de laquittance qui règlent ['imputation ; car si le Créancier reconnoît avoitreçu fur les intérêts , le principal reste en son entier ; au lieu que s’ila reçu sor le principal, l’imputation cn doit être faite suivant son in-tention ; même sïl a reçu á compte sens spécifier fur quelle partie,ou en usent de ces termes , tant fur le principal que fur les intérêts,la somme doit être imputée fur le principal, parce que c’est celle quiest plus onéreuse au Débiteur, Sc qu’il y a tout lieu de croire qu’il a cuintention de se libérer d’une patrie de ce qu’il devoir. Debitor ex plu-ribrn caufìs indiflmcle sohiens in gravìorem caufam felviffè cenjiatttr. L .in ïu vero in princip. j if. de joint. Bosquet deS Droits de justice , nomb.301. L’imputation Sc le rapport ont beaucoup de ressemblance; maisils diffèrent cn ce que dans le cas d’imputation, le Créancier conser-ve Sc tient compte de ce qu’il a reçu , St que dans celui du rapport,les enfans qui demandent le rapport de laur légitime, sont obligésde rapporter dans la masse ce qu’ils ont reçu , afin, de pouvoir fixercette légitime, imputation Sc imputer , sc dilent au/Iì dans un sens pro-pre en d’autres occasions , telles sont les suivante*. Imputer, c’est at-tribuer à quelqu’un une faute dont il est innocent, ou quelqu’aurrechose de mal. Néron imputa aux Chrétiens l’incendie de Rome, qu’ilavoit fait faire lui-mcme. Les Payens imputoient aux Chrétiens les ca-lamités publiques. Imputer, Ce prend encore en mauvaise part,quândon dit que le péché d’Adam bous est imputé; Sc en bonne patt, cnparlant de ['imputation de la Justice de J. Ç. parce que ses souffran-ces nous tiennent lieu de satisfaction , Sc que Dieu accepte fa mort,comme si nous l’avions soufferre. Imputation , en ce sens est un ter*,me Dogmatique fort usité chez les Théologiens.
I N C.
INCAPABLE, sc dit d’uncpersonne qui n*a pas la capacité ré-quiíè pour faire, ou soutenir j ou embrasser certaines choses; maiscomme on confond souvent ce terme avec celui d’indignc, il est
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