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A Z-

L E G. 505

L A V» L A U. L A Y.

Ce lavement sc réitéré nuit & jour, de quatre heures en quarte heu-les. II faut tous ks matins donner au malade un lavement rafraîchis-sant & purgatif, pout lui faite vuider les matières fécales, & faireensorte qu'il garde long-tems les lavemens nutitifs.

Mejure trimait t des lavemens.

La mesure ordinaire des lavemens est d’une chopine de décoction *qu’on donne à proportion de 1 âge, ou de la disposition du malade.Ainsi on n’en doit donner que la moitié . le tiers, ou le quart auxc n tan s .suivant qu’ils sont plus ou moins âgés. ou plus ou moinssorts.

Pour faire garder long-tems un lavement à un mâlade, il faut dansle moment même qu'il la pris, lui appliquer fur le fondement de lafilasse, ou une serviette pliée en plusieurs doubles » & appuyer avecles doigts autant de tems qu’il est nécessaire qu’il le garde , ]

LAVER & LAVIS. Termes de Peinture. Laver c’est fut undessein passé à l’encre, coucher avec un pinceau une couleur d’encrede la Chine ou de Bistre à l’eau, pour le faire paroìtre le plus au na-turel qu’il est possible par les ombres de* faillies, & des bayes, &par Limitation des matières dont l’ouvrage doit ctre construit. Ainsi,on lave d’un rouge tendre , pour contrefaire la brique Sc la tuile jd’un bleu d’inde clair, pour l’eau & l’ardoifc î de verd > poilr les ar-bres & les gazons ; de safran ou de graine d'Avignon, pour l'or &le bronze ; Sc de diverses couleurs, pour feindre les marbres. Ces la-vis se font par teintes égales ou adoucies fur les jours avec de l’eaudare > & fortifiées de couleurs plus chargées dans les ombres. Onmet de l’eau de gomme dans quelques couleurs , comme dans lerouge Sc le bleu, & on lave aussi fur se trait au crayon. Voyez, Piancn Ion lieu. Laver en Charpenterie, c’est ôter avec la befaigne tousles traits de scie & rencontres d’une piéce de bois de sciage, pour ladresser & l’aviver. Le lavis fe dit de toute forte de couleurs simplesdélayées avec de Peau, comme Pencre de la Chine, le Bistre, l’Inde.

[ Pour faire un beau bleu pur le lavis , à la place de VOutremer.

Épluchez une grande quantité de fleurs d’aubifoin, eu bluet, demaniéré qu’il n’y ait rien autre chose que les feuilles bleues de lafleur; mertez-les dans un mortier de marbre, & j errez destùs un peud’eau tiède , dans laquelle vous autez fait dissoudre auparavant de lapoudre d’alun bien subtile ; pilez vos fleurs avec cette eau, en vousservant d’un pilon de bois ou de marbre, juíqu’a ce quelles soientréduites de maniéré qu’on cn puisse exprimer aisément tout le suc.Passez ensuite ce suc à travers un morceau de toile neuve, & faites-le couler dans un gobelet, ou autre vaisseau de verre, où vous aurezmis auparavant un peu d’eau gommée, faite avec de la gomme ara-bique , la plus blanche qu’on aura pu trouver. ]

[LAURIER. Voyez cet Article dans le Dictionnaire (Economi-que , & y ajoutez ce qui fuit.

Propriétés. L’huile qu’on tire des bayes de laurier , soit par expref-fion, soit pat distillation, ou par coction dans Peau bouillante , esttrès propre pour les maladies ci-dcffus, aussi-bien que pour la para-lysie , les convulsions . la colique . & la foiblesse d’estomac ; on ladonne intérieurement à dix ou douze goûtes. On en tire aussi parla fermentation un esprit qui a les mêmes vertus On cn fait enco-re un électuaire pour la colique , & pour les maux de la matrice.La meilleure huile de laurier vient de Languedoc. Celle qui a été so-phistiquée, ou mal préparée, est unie, trop liquide, & tirant fur leverd ; au lieu que la véritable est grenue » d’une consistence solide ,& tirant fur le jaune. Les Teinturiers Sc les Maréchaux cn sont unegrande consommation. ]

Huile de laurier.

Prenez une bonne quantité de bayes de laurier bien mûres, & nou-vellement cueillies, faites-lcs bouillir pendant une heure au moins ,dans une chaudière, ensorte que Peau que vous y mettrez , fumageau-dessus des bayes à la hauteur d’un pied. Passez Peau encore toutebouillante, & quand elle sera résioidic , vous trouverez fur la super-ficie une huile verte Sc figée , qu’il faut recueillir avec foin, & lagarder dans une bouteille, ou dans une phiolc bien bouchée.

Cette huile est émolliente , atténuante , & fortifiante. Elle résoutles tumeurs, dissipe les catarrhes, calme ses douleurs de la goûte, Scde la feiatique, fortifie ses nerfs , & appaife les tranchées de la coli-que venteuse. II faut l’appliquer chaudement fur les parties malades.On peut en prendre quelques goûtes intérieurement par la bouche.On l'employe dans ses lavemens depuis demi-oncc, jufqu’à une onceBc demie.

II y a des personnes qui concassent ses bayes de laurier avant deles faire bouillir, & qui après une premierc expression du marc, lefont encore bouillir, pour en exprimer Phuiseune seconde fois; maiscette huile est tres-inférieure en vertu, à celle qu’on tire fans concas-ser ses bayes. ]

[Laurier-rose. II ne croît pas si haut que le laurier com-mun : ses feuilles font plus pointues, plus épaisses & plus étroites ,& ses fleurs sont des efpeces dc calices longs. II y a deux efpeces delauriers-roses; les uns portent des fleurs rouges, & ses auttes des blan-ches.

Cet arbuste est un poison également dangereux aux hommes ícauxanimaux. Ses feuilles prises cn poudre font un sternutatoírelent, maisqui opère violemment. II faut en user avec beaucoup de précaution. ]

L A Y.

L AYE. C’est une petite route qu’on fait dans un bois pour y for-mée une allée, ou pour arpenter Sc en lever le plan quand on en veutfaire la vente.

LAYER une pierre, c’est la tailler avec la laye, qui est un marteausiretellé ou refendu à dents pat fa hache. c’est-à-dire , par fa partietranchante.

Tome I.

L E C

L A Z.

LAZARET. On appelle ainsi dans quelques Villes maritimesde la Méditerranée possédées par les Chrétiens , une grande maisonhors de la Ville* dont les logemens font séparés & isolés , & ou seséquipages des vaisseaux qui viennent du Levant, suspects de peste ,font quarantaine. On nomme aussi Lazaret, un Hôpital pour tetirecceux qui sont attaqués de la maladie contagieuse , comme celui daMilan.

L E C.

LECTEUR en Droit Canon, eh Théologie , en Eloquence , enHébreu. Lecteur est un titre que prennent les Professeurs Royaux Scles Docteurs qui enseignent publiquement dans les chaires les Sciences »les beaux Arts, & ks Langues. Le Collège Royal fut fonde par Fran-çois I. qui établit des Lecteurs Royaux pour 1 e Grec, pour l’Hébreu »pour la Médecine, pour la Philosophie & pour les Mathématiques.Us font fur l’État comme Commensaux de .la Maison du Roi. Ils pré-tenc serment entre ses mâins du Grand-Aumònier , & ne sont pointfous la direction du Recteur de 1 Université ; mais dépendent d’unSecretaire dlstar. Il y a présentement 19, Lecteurs Royaux au Col cgeRoyal. Lecteur est aussi chez le Roi, un titre dc Charge, dont'lafonction est de lire devant 1 e Roi. La Charge du Lecteur du Roi estmaintenant cn grande considération. Le Roi a des Lecteurs pour dif-férentes choies , pour la Pieté, pour ses Mathématiques , &c. 11 y adeux Lecteurs ordinaires de la Chambre & du Cabinet du Roi.

Dans l’Église Romaine, Lecteur est un des quatre Ôrdrcs qu’on ap-pelle Mineurs, qui Ion 1 e Portier, le Lecteur , ['Exorciste Sc VAcolythe .Le Lecteur avoir aussi le soin & !a garde des Livres sacrés. Du temsde S. Cyprien, cette charge ne se donnoit qu’à des gens âgés, & quis’écoient rendus recommandables par leur vertu Si par leur doctrine.Ce mot est tout Latin, kctor,d legendo, sire.

LEG.

LÉGALISATION. Certificat donné par autôrité de Justice ,ou par une personne publique, & confirmé par l’atteílation, la signa-ture & le sceau du Magistrat , afin qu’on y ajoute foi par-tout. Unacte sans légalisation ne fait point de foi dans un Pais étranger. Cesubstantif verbal vient du verbe légaliser, terme de Pratique , qui si-gnifie rendre un acte authentique, afin que pat tout Pays on y ajou-te foi. Un Magistrat légalise un acte , en certifiant que le Notairequi l’a reçu est un Notaire publie du lieu ou il a été passé, qu’on yajoute foi, tant en jugement, que dehors; & ensuite il fa.t apposer lesceau public de la Ville ou dc la Justice. Ainsi on doit faire , ou onpeut faire légaliser un extiait baptistaire , un extrait mortuaire. Lé-galiser signifie rendre légal. faire apparoir de la réalité Sc légitimitcd’un acte passé ailleurs. Lc mot adjectif légal veut dire, conforme àla Loi, conformé & fait selon 1 e Droit, en bonne & duë forme.On dit au Palais, qu’il y a des peines légales , c’est-à-dire, qui (ont im-posées par les Loix ; d autre s arbitraires , qui dépendent de l’opiniondes Juges. Le mot légal est tout Latin, legalis, Sc vient de Lex , Loi.Voyez l'article L o 1, Sc son étymologie. Du mot légal vient l’adver-be légalement , terme de Droit, d'usage dans ces expressions : on afait ce partage fort légalement , & chacun a eu justement ce qui luiappartenoit : d’une maniéré légale , selon ses Loix & la raison. Légalse dit par rapport à la Loi de Moise , ce qui est selon la Loi, qui con-cerne la Loi de Moïse, qui regarde la Loi Mosaïque ; ce qui se ditparticulièrement par opposition a l’Évangile.. On dit CommandementLégal, cérémonie Légale, œconomie Légale,

LÉGAT. Officier du Pape, considéré par rapport à la Juris-prudence Françoise. Un Légat à lattre rn France a la préséance de-vant les Princes du Sang , quand le Roi tient son Lit dc Justice enParlement. Selon Chopin, un Légat à Intere peut conférer les Béné-fices fans Mandat ; il peur légitimer des bâtards pour tenir des Béné-fices ; mais non pour tenir des Bénéfices Royaux. II ne peut faireporter la Croix devant lui dans le Royaume de France, avant!a véri-fication dc son pouvoir; mais lorsque son pouvoir est vérifié, il peurla faire porter devant lui par son Porte croix, à la réserve du lieu oùle Roi est en personne. Lc pouvoir du Légat doit avant toutes cho-ses ctre présenté au Parlement . qui l’examine , qui l’enrégistre, Sile fait publier fous les modifications que la Cour trouve à propospour le bien du Royaume, & la conservation des libertés de l’ÉgliseGallicane. Le Légat ( selon Rochefiavin ) jure au Roi qu’il ne seservira du pouvoir de fa Légation qu’autant de tems qu'il plaira à SaMajesté. Les Légats à latere ont des Officiers de la Chancelerie Scde la Dateric de Rome, pour expédier ses provisions des Bénéfices .ils ne peuvent commettre ni fubdéléguer personne pour faire leursfonctions : on ne leur accorde pas non plus la prévention fur ses Or-dinaires, elle n’appastient qu’au Pape. En un mot, comme se pou-voir des Légats d latere est extraordinaire & passe cn France pour t,npeu irrégulier > l’on y apporte routes les restrictions possibles. Wic-quesort nous apprend que se Cardinal Barberin , qui vint Légat à la-tere en France en 161 f. eut besoin dc Lettres de jussion pour faireenregistrer ses Bulles > Sc sc retira de la Cour assez brusquement. Ce-pendant on lui fit, comme Neveu da Pape Urbain VIII. & com-me Légat à latere , toute forte d’honneur : le Prince de Condé luicéda le pas, Sc il ne donna pas même la main au Prince Iorfqu’il luivint rendre visite : il prit aussi le pas fut le Duc d’Anjou frété duRoi : it ne voulut pas souffrir que les Evêques fussent admis à l’Au-diencc cn rocher Sc en camail découverts, prétendant que toutes lesmarques extérieures de l’autôrité Épiscopale doivent disparoicre enprésence d’un Légat du Pape. Il prit aussi le pas fur 1 e Chancelier,qui l’alla voir à la tête du Conseil ; & à l’égard des Évêques, on con-vint iqu’ils seroient reçus du Légat çn couvrant leur rocher & leutcamail d’une efpece de mantelet. En 1665. on fit beaucoup moinsd’hoiyieur au Cardinal Chigi, Neveu du Pape Alexandre V. lorlouïl

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