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MUR ou Muraille. C’cst un corps de massònnerle de cerrài-fie épaislèur & hauteur proportionnée , pour renfermer Sc séparer deslieux servant à divers usages dans les bâtimens. II y a diverses fortesde murs , qu’on nomme diversement. Ainsi il y a :

Mur de face , ce qui s’entend de tous les murs extérieurs d’unêmaison sur les rues , cours & jardins. Les murs de face de devant &de derriete fane nommez antérieurs & postérieurs , & ceux des cotezfont nommez latéraux. 11 s’en fait de pierre de taille, de motion , debrique 8 c de caillou. Les gros murs font ceux de face & de refend, le-quel cil celui qui partage les appartemens. On appelle aussi murs derefend, ceux qui séparent deux ou plusieurs maisons à un racine pro-priétaire , Sc des Chapelles dans des Églises. On le nomme en Latinfortes intergerinfts ,

M u r de pignon , est celui qui finit en pointe , & où le comble vaterm ner.

Mur orbe , du Latin orbus , privé de lumière , fc dit d’un mur demaison où il n’est percé aucune porte ni fenêtre , & où l’on en feintpar des enfoncemens, ou par des naissances d’enduit & de crépi, pourfaire symmétrie avec d'autres qui leur font respectives, ou seulementpour la décoration.

Mur en ailes , est celui qui s’éleve depuis le dessus d’un mur declôture , Sc va en diminuant jusques fous l’entablement plus bas > pourarc-bouter le mur de face & le pignon d’un corps de logis qui il’estpas appuyé d’un autre.

Le Mur en allée, doit, selon la Coutume, avoir au moins un piedde saillie au milieu de sa hauteur.

Mur mitoyen ou métoyen , qu’on appelle aussi mur commun , c’estcelui qui est également situé fur les limites de deux héritages qu’il sé-pare , & est construit aux fraix communs de deux propriétaires, &contre lequel on peut bâtir , & même le hausser s’il a suffisammentdépassent , en payant les charges à son voisin , c’est-à-dire > de sixtoises l’une. Les marques du mur mitoyen font des filets de masson-nerie de deux cotez, & le chaperon à deux égoûts. Voyez ta Coutu-me de 'Paris , art. 194. Etienne P a fauter , dans une lettre qu’il écrit àRamus » dit que le mot mitoyen vient de mien & tien : mais il est plusraisonnable de dire que mitoyen vient de medianus, de médius , murusmedi anus.

Mur fans moyen , selon la Coutume de Paris, est un mur de mai-son Seigneuriale ou de Monastère, qui par un privilège spécial ne peutjamais devenir commun , enferre que les propriétaires des héritagesqui lui font contigus ne peuvent bâtir qu’à une certaine distance.

Mur de clôture, celui qui renferme une cour, un jardin , un parc,&c. Quand il sépare deux héritages & qu’il vient à tomber , l’ulr despropriétaires peut ( suivant la Coutume de Parts , art . 209. ) contrain-dre l’autre à contribuer pour l’édisiet ou réparer jusqu’à la hauteur dedix pieds depuis le rez de chaussée âu-desiùs de l’empatement de lafondation , compris le chaperon.

Mur crénelé , celui dont le chaperon est coupé par créneaux Scnierions en maniéré de dents, comme on en voit aux vieux murs ,plutôt pout ornement ou marque d’une maison Seigneuriale , quepour servir de deffense. En Latin , paries pinnatus.

Mur de terrasse , c’cst touc mur de massonnerie qui soutient lesterres d’une terrasse, & qui est d’une épaisseur proportionnée à fa hau-teur, avec talus au-dchors,& contreforts ou recoupemcns au-dedans.

Mur planté » celui qui est fondé fur un pilotage, ou fur une gril-le de charpente.

M u R de douve , le mur de dedans d’un réservoir , qui est séparédu vrai mur par un enurroi de glaise de certaine largeur , & fondé surdes racinaux & des plate-formes,

M u R de parpuin , celui dont les assises de pierre en traversent l’é-passeur , & qui sert pour les échifres & pour porter les cloisons &pans de bois. En Latin , paries frontatus.

Mur circulaire , est celui dont le plan est en rond , comme lechevet d’une Église, la tour d’un dôme , un puits.

Mur d'appui , périr mur d’environ trois pieds de haut 9 qui sertd’appui ou de gafdesou à un pont » quai , terrasse , balcon , Scc. oude clôture â un jardin : on le nomme aussi mur dé parapet.

Mu R en talut, est celui qui a une inclination sensible pour arc-bouter contre des terres , ou résister au courant des eaux.

Mur recoupé , celui qui étant bâti fur le penchant d’une colline , ases assises pat retraites & empatemens, pout mieux résister à la pous-sée des terres.

MU R crépi'-, est celui qui étant de moilon ou de brique , est re-couvert dé n crépi. En Latin » paries arenatus.

Mur enduit , est un mut de massonnerie , ravalé de mortier ou deplâtre dressé avec la truelle. II est dit mur hourde , lorsque les mêl-ions ou les plairas sont grossièrement maisonnez. En Latin, paries ru-deratus.

Mur blanchi, celui qui ctant de pierre, est regratté avec lesoutils > ou qui étant de massonnerie , est imprimé d’un lait de chaux& d’une ou de plusieurs couches de blanc.

Mur de pierres feches ,espece de contremur qui se fait à sec fit salismortier , contre les terres , pour empêcher que l'humidité ne pour-risse le vrai mur, comme il a été pratiqué derrière l'orangerie de Ver-sailles. Les pierrées Sc puisards font ordinairement construits de cessortes de murs , qui se pratiquent aussi dans le fond des puits pourfaciliter le passage de l’eau. Èn Latin , maceria.p Mur en décharge , est celui dont le poids est soulagé par des arca-des bandées d’espace en espace dans la malsennerie, comme le murcirculaire de brique du Panthéon à Rome. II s’appelle en Latin, partesfornicatus.

Mur en l’air , est le mur qui ne porte pas de fond, mais à faux,comme fur un arc ou poutre en décharge > & qui est érige fur unTome II,

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vuide pfàtîqùé pour quelque sujétion en bâtissant, ou percé aptes couj»Mur «2 l'air se dit aussi d’un mur porté sur des étayfes pour ( une réfec-tion pat fous œuvre. II se dit en Latin murus penstlis.

Mur dégradé , est celui dont quelques motions forte arracher. Siles petits blocages & le crépi tombez en tout ou en partie.

M Ú R déchaussé , celui qui est dépéri ou ruiné à son rcz-dc-chaus-fée j ou celui dom il paroìt dti fondement, le rez de-chauíléc étarttplus bas qu’il nfe deVroit être.

Mur bouclé , celui qui fan ventre avec crevasse.

M u r en surplomb j ou deverfé , celui qui penche en dehors jon lenomme aussi mut f or jet té.

Mur pendant , ou corrompu , celui qui est en péril éminent. Si!est mitoyen , on peut (suivant la Coutume de Paris , art. 20s. ) con-traindre son voisin en Justice pour le faire rédifier , en payant chacunfa paît selon son héberge.

Mur coupé, celui dans lequel on a fait une tranchée pour y logerles bouts des solives ou poteaux de cloison de leur épaisseur , en bâ-tissant , ou après coup : ce que lâ Coutume de Paris , art. 206. per-met s’il est mitoyen ; & ce qu’un meilleur usage défend en se ser-vant de sablières portées fur des corbeaux de fer.

Remarques générales & importantes fur la construction des murs.

On fait communément de trois maniérés de construction de murs,tant à l’égard de la pierre > que du mortier ou du plâtre. La meilleureconstruction est , fans difficulté , celle de pierre de taille , avec mor-tier de chaux & de fable. La ffioyenne construction est celle qui estfaite en partie de pierre dc taille , & le reste de moilon , avec mor-tier de chaux & fable. La moindre est celle qui est faite simplementde moilon,avec mortier ou plâtre. 11 y en a encore une que l’on faitavec moilon & terre grasse , pour les murs de clôture. Les murs faitstout de pierre de taille, sont pour les faces des grands bâtimens ; fiel’on doit mettre celle qui est dure. par bas aux premières assises, aumoins jufqu’à la hauteur de six pieds : on en met aux appuis , auxchaînes sous poutres . aux jambes-boutisses . St le teste est de pierrede Saint Leu pour la meilleure ; ceux qui ne peuVent pas en avoiremployent de la pierre de Lambourde , qui fe trouve aux environs dcParis ; mais cette pierre n’approche ni en beauté, ni en bonté cellede Saint Leu. Ces murs doivent être construits avec bon mortier , &point du tout de plâtre > par la raison qui sera dire ci-aptès. Ce mor-tier doit être fait d’un tiers de bonne chaux , Sc les deux tiers de fa-ble de rivière ou de fable équivalent, comme il s’en trouve au Faux-bourg Saint Germain & en d’autres endroits , où il est presque aussibon que celui de rivière. Après la chaux éteinte , ce mortier doit êtrefait avec le moins d’eau qu’on pourra. L'on fait les joints de la pier-re dure avec mortier dc chaux & grais , St ceux de la pierre tendreavec mortier de badigeon, qui est de la même pierre calice avec unpeu de plâtre.

Les murs des faces des maisons que l’on veut faire solides, doiventavoir au moins deux pieds d’épaisseur par bas, fur la retraite des pre-mières assises; on leur donne quelquefois moins d’épaisseur pour épar-gner la dépense , mais ils n’en font pas si bons > il faut qu’un murait une épaisseur proportionnée à la portée qu’il a. II est nécessaire dcdonner un peu de talus par dehors, en élevant les murs ; ce talus doitêtre au moins de trois lignes par toise. Il faut outre cela faire uneretraite par dehors fur chaque plince, d’un pouce pout chaque étage ,enserre qu’un mur qui aura dix pieds par bas fur la retraite, s’il a troisétages qui fassent ensemble , pat exemple , sept toises, il 1 c trouveraà peu prés vingt pouces sous l'cntablemcnf > car il faut que les mursde face soient élevez à plomb pat dedans œuvre.

Les murs de moyenne construction dont on se sert pour les facesdes maisons bourgeoises, & pour les murs de refend & mitoyens desbâtimens considérables , sont faits patrie de pierre de taille , & partiede rntjilon. Les meilleurs sont construits avec mortier dc chaux & dcfable ; ceux qui sont construits avec plâtre ne valent pas grand chose,parce que le plâtre reçoit I’impression de l’air , & qu’il s’enfle ou di-minue à proportion que l’air est humide ou sec ; ce qui fait corrom-pre les murs qui en sent construits.

Aux murs de refend de cette construction , l’on met tine assise depierre dure au rez-de-chauslëe, & l’on fait les pieds-droits Sc plattes-bandes des portes Si autres ouvertures , de pierre de taille , & le resteest de moilon arraisonné de mortier . comme ci-dev*nt. L’on enduitlefdirs murs des deux cotez avec plâtre , & on donne vingt pouces aumoins d’épaisseur aux murs de refend dans les grands bâtimens, Scdix-huit pouces dans les moindres. Je fai bien qu’il s’en fait beaucoupausquels on ne donne qu’un pied d’épaisseur ; mais ils ne peuvent pasêtre approuvez par gens qui sc connoilsent en solidité , à moins qu’rlsne soient faits de parpins de pierre de taille ; car c’est une mauvaiseconstruction, que de faire ces murs de peu dcpaiíseur avec du plâtre,& c’est ce qui cause presque toujours la ruine des maisons,

On élève d’ordittaire les murs de refend à plomb fur chaque étage,mais on peut laíílêr un demi-poucc dc retraite de chaque côté fur cha-cun des planchers > cela diminuera un pouce d’épaisseur à chaque éta-ge , Sc l’ouvrage en sera meilleur. L’on ne peut point encore approu-ver , pour quelque prétexte que ce soit, les linteaux de bois que l’onmet au dessus des portes Sc des croisées au-lieu de platte-bandes depierre , car l’expéricnce fait assez connoîtrc que la perte des maisonsvient de cette erreur , parce que le bois pourrit Sc ce qui est dcílusdoit tomber. Si l’on examinoit bien la différence qu’il y a du coût del’un à l’autre, on ne balanceroít pas à prendre je parti le plus fur.

Outre ce qui a été dit dans les articles précédens , on doit obser-ver que les fondemens des murs de face de refend , doivent être assisSc posez fur la terre feme : il faut prendre garde qu’clle n’ait pointété remuée. L’aire fur laquelle les murs seront assis - doit être biendressée de niveau , & l'on met les premières assises à sec : ces assisesseront de libage , ou des plus gros mojlons. Pour faire dc bon ou-ïs vrage,