roi
PAT. P A V.
comme pâtés, tartes, tourtes, gâteaux, biscuits, macarons ,&c. II y ades Déclarations exprestés des Rois de France, dès l'an r s 66, Hui por-tent confirmation des Statuts &Réglemens concernant le métier de Pâ-tissier & Oublayer de la Ville de Paris. II y en a une fous Henri IV. auz. vol. des Ordonnances de ce Prince, portant confirmation des privilè-ges des mêmes Maîtres Pâtissiers de Paris, qui fut donnée au mois deJuin iy94. §ons Louis XIII. en l’an i6n,il y eut’uneDéclaration duRoi, portant confirmation plus ample des mêmes privilèges : elle futdonnée à Paris au mois d’Octobre i6ra. Voyez le i. vol. des Ordon-nances de Louis XIII. fol. z-8. La derniere Déclaration est de 1691 :elle porte réunion à la Communauté des Maîtres Pâtissiers, des Officesde Jurés de leur Communauté créés par l’Édit du mois de Mars pré-cédent , moyennant 10000 livres de finance : elle fut donnée le 1 yMai 1691 .registréc le 11 dudit mois. On peut ajoflter à ce que nousvenons de dire , ce qui fe trouve dans le DiBionnaire de Commerce deSavary.
PATRON, chez les Romains, étoit celui qui avoir donné la liber-té à un Esclave. II s entend assez souvent parmi nous du Seigneur, le-quel est appelle patronus feudalis. Les Avocats font aussi appelles fuiro-nt, comme gens qui prennent fous leur protection les Cliens donc ilsdéfendent les intérêts. Vairon vient du Latin pttironus , qui dérive depater , pere, nom qui convient à tous ceux qui portent celui de pa-tron. II convient particulièrement à tous ceux qui donnoient la li-berté , fans laquelle la vie est une mort > ou une servitude mortelle.Les Avocats font aussi partieipans à l’attribut des peres, puisque, à lafaçon des peres, ils protègent l’innocence & les intérêts légitimes deleurs Cliens, qui, comme des pupilles, font fous ia tutéle& la défensedes Avocats.
Patron a encore d’autres significations ; comme , Vairon à la Courd’un Prince, d’un Ministre, ou d’un grand Seigneur, auquel on Ratta-che, St fous la protection duquel on fe mec pour avancer fa fortune,& pour avoir & de l’appui. On dit aussi Patronne.
Patron , en termes de Jurisprudence Canonique , est celui qui afondé ou doté une Église ou un Bénéfice, & qui s est réservé le droitqu’on appelle patronage. Le Patron a les droits honorifiques , c’est-à-dire , le premier rang à la Procession , à l’Églifc , à l’encens, à l’eaubénite, au pain-bénit ; & s’il tombe en pauvreté , l'Église doit le se-courir ; car on présume que les biens acquis à l’Égiiíc par la charitéde ses ancêtres , lui font dûs préférablement, en guise de fruit desbonnes & pieuses oeuvres de ses peres. La sépulture dans le Chœur,la litre ou la ceinture funebre , appartiennent au Patron. Par uneOrdonnance de ssìi. le Châtelain Sc le Haut-Justicier ne peuventjouît des droits honorifiques au préjudice du Patron. On ne peutconférer ni résigner un Bénéfice , fans le consentement ou la nomi-nation du Patron Laïque. Ce droit appartient aux femmes aussi-bienqu’aux hommes , à rufufruitier , au mari comme administrateurdes biens de la femme , au Tuteur Sc au Proeureur de tous ceux àqui ce droit est échu. Voyez le Traité des Droits honorifiques, pat Ma-réchal.
PATRONAGE, en France, est le droit de présenter à TQr-dinaire des personnes capables pour le gouvernement de l'Église : cequi n’a été accordé aux Laïcs du consentement des Évcques avec lesautres honneurs & prérogatives , qu'en considération de ce qu’ils ontfondé ou fait bâtir l'Église, ou bien de ce qu’ils en ont augmentéles revenus. Voyez Fevret , Maréchal , & le nouveau Traité du Pa-tronage.
Les Patrons Laïcs ont de grands privilèges : ils ne peuvent ctre pré-venus ni par l’Ordinaire , ni même pat le Pape : ils ont quatre moispour prcscntet, & peuvent varier dans leurs nominations. Les PatronsEcclésiastiques ont six mois , ils ne peuvent varier , mais ils peuventêtre prévenus, &c.
PATTE D'OVE. Ce mot sc dit du concours dc trois allées ouavenues, pour arriver à un même endroit, comme la patte d’oye deVersailles.
En charpenterie. patte d’oye est une enrayutc formée de l’assembla-ge des demi-tirans qui retiennent le chevet d’unc vieille Église - commecelles des Églises des Peres Chartreux, Cordeliers, &c. à Paris. Ce motfe dit aussi d’une maniéré de marquer par trois hoches les pieces debois avec le traceret.
Patte doye de pavé, c’est l'extrémité d’une chaussée de pavé qui s’é-send en glacis rond,pour sc raccorder aux vaisseaux d'cn-bas.
P A V.
PAVÉ. Ce mot se dit autant de l’aíre pavée fur laquelle on mar-che ou Ton voiture des fardeaux , que dc la matière qui Tasscrmit,comme est le caillou ou le grarois , avec mortier de chaux & fable,ou le grais, la pierre dure, Scc.
Pavé. C’est un grais ou pierre quatrcc, faite par les carriers. Voyezle Dictionnaire de Savary . Sc ajoutez-y TÉdit duRoi de 164/. & dc1681.
L’Édit du Roi porte création d’un Maître général des ouvriers dupavé, des bâtimens, ponts & chaussées de France, de trois Contrôleursdesdìts ouvriers du pavé , de trois Greffiers de Técritoire, pour rece-voir & rédiger les adjudications , marchés, toises Sc réception defdits«uvtages ; Sc de trois Huissiers pour les proclamations & appositionsd’affiches defdits ouvrages. Cet Édit fut donné en 1645 , registréau Parlement le 7 , Sc en la Chambre des Comptes le 11 Septem-bre suivant. Voyez le 1. volume des Ordonnances do Louis XIV. fol.joy. .
II y a un Bail curieux, qui fut fait au Conseil cn 1681. à Charles deBourgeois de Paris, pour Tentretient d u pavé de la Ville, faux-boutgs Sc banlieue de ladite Ville , pendant 9 années, commençant aut Janvier 1681. Sc finiilànt au dernier Décembre 1690. moyennant
P A V. PAU.
cent trente mille livres par chacun an : ce Bail fut fait au Conseil le 6Mai 168i.
P a v i de grais , celui qui est fait de quartiers dc grais de 8 à 9 pou-ces, presque de figure cubique, dont on fe sert en F rance pour paverles grands chemins, rues, cours, Scc. Or, appelle pavé fendu , celui quiest de la demi-épaiíseur du précédent, & dont on pave les petites cours,les cuisines, écuries > &c. & pavé d'échantillon, ceux qui font des gran-deurs ordinaires, selon la coutume. Le grais, qui est la meilleur pierrepour paver, & donc l’ufage a été introduit a Paris & aux environs parle Roi Philippe-Auguste Tan 1184. est appelle des Latins silex , d’où lesItaliens font dériver le mot de Jekiata, qui signifie chez eux tout che-min pavé.
Pavé de pierre , est celui qui est fait de dales de pierre dure , àjoints quatres , posées d’équetre ou en lozange , á carreaux égaux,avec plattebandcs , comme le pavé de TÉglise du dedans des Invali-des i ou de quartiers tracés à la sauterelle , & posés à joints incer-tains, comme les pavés antiques desVoyes Planeinie, JPmilienue, Scc.à Rome. Les pavés de pierre font appellés des Latins pavimentttm ,lithofiroton.
Pavé de marbre, est celui qui est fait de grands carreaux de mar-bre en compartimens, qui répondent au corps d’Architecture & auxvoûtes des bâtimens , comme le pavé des belles Églises nouvelles. Ily a aussi de ce pavé qui est fait de petites pieces de rapport de mar-bre précieux, en maniéré de mosaïque, comme il s’cn voit dans TÉ-glise de S. Marc dc Venise, Sc que les Latins appellent pavimentum seg-ment atum.
Pavé de brique, celui qui est fait de brique posée de champ-, & enépi , semblable au pavé d’Hongrie , comme les bornes de verre ados-sées; ainsi qu'étoic pavé TancienTibur. Cette forte de pavé est appe!-lée des Latins spicata teftacea ;celui des grands carreaux quatres pavi-menta tejsellata ; Sc généralement tous les pavés de brique, pavimentalateritia.
P a v É de moilon , celui qui est fait dc motions de meulierc posesde champ , pour affermir le fond de quelque grand rond ou pieccd’eau.
Pavé de terrasse , celui qui sert de couverture en plateforme, foiefur une voûte ou lut un plancher de bois. Ceux qui font fur les voû-tes , font ordinairement de dales de pierre â joints quartés, qui doiventêtre coulés en plomb ; & ceux fur le bois, que les Latins nomment pa-vimenta contignata ,, sont des grais avec couchis pour les ponts, de car-reaux pour les planchers des chambres, & enfin d’aires ou couches dcmortier fait de ciment & de chaux avec cailloux , ou de briques po-sées de plat, comme les Orientaux & les Méridionaux le pratiquentfur leurs maisons. Tous ces pavés à découvert sont appellés des Latinspavimenta subdialia.
Pavé poli , c’est tout pavé bien assis Sc bien dressé de niveau, cimen-té ou mastiqué, Sc poli avec le grais.
PAVEMENT. Ce mot sc dit aussi bien de faction de paver, qued’un espace pavé en compartiment de carreaux de terre cuite, de p.citeou de marbre. En Latin stratura.
PAVER, c’est asseoir le pavé, le dresser avec le marteau , & le bat-tre avec la demoiselle. On dit paver à sec , Iorsqu’on alleoit le pavésur une forme de sabla de rivíere , comme dans les rues ou sor lesgrands chemins: paver à bain de mortier, lorfqu’on fe sert dc mortier,de chaux & de fable, ou de chaux Sc de ciment, pour aíseoir Sc ma-çonner le pavé , & en mettre dc nouveau á la place dc celui qui estcassé. Ce mot vient du Latin pav'we, battre la terre pour la condenser& l'affermir.
P A V E U R .celui qui taille Sc aíseoit le pavé. Ce nom est communpour le Maître & les Compagnons. En Latin firator, du mot sternere ,étendre fur quelque chose.
PAVILLON, de I’Italíen padiglione , une tente. C’est une bâti-ment, le plus souvent isolé Sc de figure quairée.sous un seul comble.C’est aussi dans une façade un avant-corps, qui cn marque le mi ieu ;Sc lotfqu’il en flanque une encoignure , on le nomme pavillon angu-laire.
Pavillon de jardin , c’est dans un jardin un petit bâtiment séparé,pout y jouir du repos Sc de la belle vue > comme lc Pavillon de l’Au-rore à Seaux , qui est un des plus agréables.
PAU.
PAULETTE.cst un droit annuel,une rente annuelle, que cer-tains Officiers payent au Roi, pour conserver leurs Offices â leurs suc-cesseurs. Faute de payement dc ce droit, POfficc vaque aux Patries ca-fuelles pat le décès de TOfficier. Il est donc établi pour Thérédité desOffices, c’est-à-dire, pout jouir de la dispense des quarante jours. C’estun Partisan nommé Paule t , qui a donné sous le régne d’Henri IV. la-vis pour Tccablislcmenc dc l’annuel. II y avoir auparavant moins dcsûreté dans les Charges , à cause que la résignation n’a lieu , suivantTÉdit dc Pranpots I. que lorsque le résignant survit quarante jouis aprèsqu’il a résigne. Ce dtoit est ordinairement la soixantième partie duprix de la Charge, ou telle autre somme qui est arrêtée au Conseil. Laquittance porc*: ditpense des 40 jours, & faculté aux héritiers dc TOffi-cier de nommer qui ils voudront au Roi, pout être pourvu de TOffi-ce. Pour entendre ce que c’est que ce droit, il faut savoir que les Of-fices vénaux qui onc été vendus Sc aliénés pat le Roi moyennant fi-nance qui tombent aux Parties caluelles, vaquent pat mort au pro-fit du Roi, íi ceux qui en font pourvus décèdent fans les avoir résignasquarante jours auparavant ; Sc qu’en ióoy. Henri IV. fit un Édit par le-lequel tous Officiers , tant de Judicature que de Finance , payant auRoi au commencement de chaque année la soixantième partie de Utaxe de leur Office , c’est-a-dirc , quarte deniers pour livre , sontpendant Tannée dispenses des quarante jours > & obtiennent la survi-vance , avec modération de la moitié de la finance dc leut résigna-
tiojj.