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généralement prise, se trouvera toujours dans les diverses sortes detoutes.
On appelle Routes, de grandes allées qu’on coupe! dans un parc,dans une ferêt, tant pour l'ornemcnc, que pour la commodité de laciiaiìf > & ìe paílágc des voyageurs.
Route lé diten parlant du chemin que des so’dats & gens de guerredoivent tenir pour se rendre aulieu ordonné. Dans ce sens, l'on dit :ìl est défendu aux soldats de sortir de leur rouie. C’est le Généra! qui do-a-nt la. route , c’efl-à-dïrc , qui prescrit la route.
On dit ausíi route, (ur mer. La route, en termes de Marine, c’est:le sillage ou le rumb dc vent, fur lequel il faut naviger pour arriverá un certain lieu, Sc que lc Pilote !uit en observant toujours la bous-sole. Si les vents & les courans font dériver quelquefpis !e vaisseau,un lavant Pilote cil obligé cn ces occasions dc corriger fa toute, Scd'y avoir égard quand íl fait l’estime. On appelle porter à route,& faire droite route, ioifqu’on navige droit, Sc fans obstacle, aulieuou l’on vent aller, lins dériver, ou louvoyer, ou relâcher. Faireroi,-le, c’est cingler où l’on veut. Aller k la route, signifie la mcmc cho-se. Faire plusieurs routes, c’eít lorlque l’on a le vent contraire, qu’onest obhgé de louvoyer, d’aller tantôt d’un côté, tantôt dc faune. Fai-re fausse route, c’ell lorsqu on feint daller cn un endroit, & qu’on re-lâche a faune.
Route, cn termes de Chaise, se dit des sentiers qui traversent, paropposition a voyes, qui le dic des grands chemins.
Enfin le mot de route , après ranr de significations dans le genre sen-sible & corporel-, se prend dans un sens figuré, en une infini é d’occz-sions très spirituelles Sc dune grande instruction, que nous omettons,Sc qu’on peut voir ailleurs dans ces Ouvrages qui étalent les richessesde la Langue Françoise.
ROUTIER, c’est celui qui fait bien les routes Scies chemins, foiefur mer ou fur terre. Mais il se dit seulement a présent au propre, cnMarine, d’un Pilote expérimenté, qui lait bien conduire un vaisseau,qui fait bien tenir, observer, reconnoitre fa route.
C’est auílì un l ivre de Cartes marines, ou lotir marquées les cô-tes , les ports & les rades , les bancs Sc rochers , les aspects , sesballes, Sc aunes observations nécellaires pour conduire sûrement unvaisseau.
ROUTINE, mot opposé à Ait,Science & Méthode. C’tsturehabileté Sc facilité acquise dans quelque métier Sc profession que cesoir, plutôt par pratique Sc pat un exercice continuel Sc particuicr,que pat le secours des règles, des principes, Sc de l’étude méthodi-que Sc raisonnée. Tous ses Artisans seconduísenrpar routines Sc peus’en saur que des gens d’un rang Sc d’un ordtc supérieur , ne soientredevables de leur savoir & de leur mérite à la routine. J'appelle rou-tine, quand on faic ce qu’on a vil faire , fans savoir ce que la raisonSc la nature de nos emplois exige dc nous pour remplir ces postesraisonnablement. II y a routine dans la Prédication, dans la Proic-dure, dans la Médecine, dans les Arts Sc Sciences. La routine se trou-ve dans la vie Morale, Monastique, (Economique, Sc dans la Police-.C’est un métier de routine > que de devenir grand Capitaine .■ il ne fautpour cela, a ce qu’on croît > aucune thco:ie, il n’y a qu’à suivre dèsîa jeunesse de Vons Maîtres, les imiter. Sc avoir bonne mémoire,tour «online un homme de métier. I.'CEconome doit agir par prépa-ration , par science Sc connoiílánce de son devoir Sc de sa lin. On éle-vé ! es enfans dans une (impie routine, Sc par cette seule routine ilsfoiic comme ils ont vu faire, ils parlent, ils raisonnent ensuite & agis-sent comme ils ont entendu parler, rationner îc agir. L'habilcté dela plupart n’est que le fruit & fesser de limitation, de la fréquentationSc de f habitude a agir. Cest ainsi que la plupart des hommes appren-nent leur Langue maternelle. Cependant la Raison est ii féconde Sc siétendue’, qu’eile a des régies pour faite raisonnablement tour ce qui1c faic dans la vie morale, civile Sc politique.
Ce mo troutine vient àzroutiner, ctre coujôurs dans une même tou-te , aller toujours le même cheminqueles autres nous onr frayé, al-ler par-tout 8c pat les mêmes voyes que les autres vont, fans user dela liberté Sc des facultés dc son elprit.
ROUVERAIN, est une épithete qu’on donne au fer qui est dif-ficile à forger, Sc qui est callanr, même lorsqu’il est chaud Sc qu’on1e bat sur f enclume. C’est une marque de fimperfection du fer. Sc unepreuve qu’il a plus de terre indigeste, que de métal.
Ce moc peut-être vient de ce que le fer ressemble en cette mauvai-se qualité à un autre métal qui est le bronze ou l'airain, qui est aussicassent: comme qui diroit ruderain, ou rude airain. Peut-être qu’ilseroic mieux de ne considérer dans c,c mot que les premiercs lettres,& de supposer qu’il vient du Hollandois ruu>, rude, grossier ; 3c quese reste du mot est pure terminaison convenable à un adjectif, com-me le m or de Souverain vienrde super èc de la simple terminaison ad-jective, comme si l’on disoit superain, qui iigniíieroit la même choseque lc mot Latin sttpnmus.
ROUX, couleur jaune un peu ardente. Ce m ot, dit Ménage, vienrdc ruffus : mats comme ce Latin est barbare , il est mieux dc penserque rusas, mot vraiment Latin, est l’originc de roux.
ROUX-VENTS, nom que les Jardiniers donnent aux vents dumois d'Avril , qui font froids & secs, Sc gâtent les jets tendres desadirés fruitiers. C’est pourquoi le peuple appelle la Lune d’Avril, laLune rousse. On dit proverbialement, De barherousseéa noirs cheveux,garde-tei, fi tu le peux. Cependant on estimoit autrefois les chcve-xroux. Quoique les roux Sc ses toastes soient sujets à la mai vaiíeodeur qu’on appelle gousset, cependant 1e goût Italien est pour les roux,
Sc ils eítimenc un poil blond doré.
R O Y.
ROY, Souverain dans la Justice, Police , Finance Sc Gouverne-ment. Cet Article est important par rapport a ces quatre égards.
ROY.
C'est 1e premier Magistrat, preniiere source de la force Sc puiílàncePolitique Sc Civile: c’est le plus respectable instrument de la DivinePuiílànce , Sc il devroit être également finstrument le plus brillantde 1a Sagesse Divine Si de fa Bonté. Nous parcourrons cet art.de avecquelque loin, pour les raisons susdites. Qj oiqu’d ne semble pas que1 (Economie & la Royauté puillent avoir rien de commun, crpcnd.uitléss Chinois y trouvent un grand rapport : car ils disent que les Roisdoivent avoir dans FEnipírc toute la tendresse d’un Pere, A les lsetesdans se ut Famille toute l’autorité des Rois. Ces deux noms ex u, deuxdignités ont du rapport, Sc peuvent palier pour ctre précisément dcla nicme idée. Car ses Rois Sc les Pcrcs font des Gouvernails, suad’unc petite Famille, Sc f autre d’nne grande, savoir dc la Ville, duRoyaume, de toute une Nation. Audi Arij^te dans son Traité de Po-litique, avant de parler de S Rois & des Royaumes, commence parla considération première & originale, qui est déparier de la Maisonou Famille, St de celui qui en est le Roi, i savoir lc Chef dc la Fa-mille, qui est f abrégé de l’Étar. La Science du Gouvernement, SciaScience (Economique, ne fane qu’une seule Science, a savoir celle dcgouverner Sc régir une petite ou grande multitude. Si,un homme sa-ge veut comparer ces deux objers, une Famille Sc un État, il y trou-vera en tout Sc par-tout la même fin, Sc les mêmes moyens pour ar-river à la sin. La fin des deux Gouvernemens c’est certain bien com-mun, certaine félicité fie fureté commune , une abondance suffisance sune prudence égaie à acquérir ou a conserver, á préserver, à défen-dre, prémunirc, étendre Sc perfectionner. Cette science & prudencetient ses mêmes routes, Sc il n’y a qu'une seule méthode pour allerpar les mêmes voyes á des fins toutes semblables par leur nature &leur forme. Cependant quoique f (Economie Royale soit la plus il-lustre , la plus magnifique Sc la plus pompeuse Sc brillance, elle n'apas la primauté d’orrgine, ni le caractère d'ctre modelé: car la Royau-té n’est pas Je modele du Chef de famille , mais f (Economie est lemodèle de la prudence Royale. II ne faut qu'un seul compas, plus oumoins ouvert Sc étendu r pour former d’abord un petit cercle, Sc en-suite avec lc même instrument plus étendu plusieurs cercles concen-triques, fur le modelé Sc selon toutes les propriétés du périt & pre-mier cercle. II n’y a pas moins de layons dans 1c petit cercle, quedans lc grand i c'est a-dire, qu’il y a ses mêmes tenans & aboucitsensá tous ses deux cercles concentriques.
Mais pour cesser notre comparaison géométrique, 8cparler mora-lement de la prudence morale, ccconomiquc Sc politique: il paroîtque l'CEeonomie a des avantages considérables , 5c convenables a fasin , que la Royauté Sc le Gouvernement civil Sc politique n’a pastoujours le bonheur d’avoir. Dans un Pere de famille raisonnable, laNature, Sc le sînccre amour du bien, lc conduit, lc guide, lc sou-tient en tousses devoirs. La qualité naturelle dc Pere le mer hors d’oe-caiton d’uler mal u’aucune de les facultés; & comme, sens vertu ré-fléchie, i! aime ses Sujets d’nn amour parfait, puisqu’il les aime parl’amour donc il s’aime lui-meme, il n’est pas capable dc tyrannie nid’injustice. L’instinct de Pere lui inspire tout ce qu’il doit faite; Scs’ilréfléchir fur cc que la Nature lui fait faire par ce doux instinct pré-venant, ce n’est que pour approuver ces louables impressions. Sciessuivre avec une complaisance Sc un plaisir ineffable. Le bonheur deses Su ets ne disterc point de son propre bonheur. La joye 8c la féli-cité de ses enfans, est pour lui 1e redoublement de la joye Sc dc lafélicité propre & directe. Mais i l'cgard des Rois compaiés à leuisSujets, c’est une chose bien differente. Les Rois ne font pas un ouvra-ge de la Nature; ses Rois Sc la Royauté font des ouvrages ou du bl-aard , ou de l’Arc: la Nature Sc son instinct sle font pas les Rois, &ne les dirigent pas. Quelquefois ils aiment; mais l’amour qu’i:s oncpour leurs Sujetsn’estpas lc même que l’amour-propre, il est ordon-né impérieusement par l’amour-propre ; je veux dire , qu’ils aimentleurs Sujets d’un amour de concupuilcence, comme ils aiment lcutsrichesses, leurs domaines, sems patrimoines; Scinéme ils n’aimmtpasces Sujets comme des personnes, bien loin de les aimer comme leursenfans Sc d’autrescux-mésncs, mais ils ses considèrent comme un pos-sesseur considéré ses biens meubles Sc immeubles qui se trouvent enIon pouvoir, & quelquefois comme on possède 1e corps des esclaves;sens respect pou t les âmes qui habitent dans ces corps, fut lesquellesjls nc font point d’attcntion.
Rov. Outre ce qu’on a vu ci dessus , i! faut aussi remarquer quel’on employé ce mot Roi, cn plusieurs phrases qui regardent la person-ne ou le service du Roi.
On appelle Maison du Roi, non pas seulement son Palais, mais tousses Officiers qui fervent à se Cour îc qui ionr couchés fur l’Étar. Ala guerre , on appelle la Maison du Roi, tous les gens de guerre quiservent à se garde, ranr Cavalerie qu’Infanteric.
On appelle Bouche du Roi , les Officiers qui apprêtent à manger pourle Roi, Sc les Offices où ils travaillent.
On appelle les Ordres du Roi j Ordres de la Chevalerie dc St. Michel8c du St. Esprit.
La Justice s'exerce fous le nom & ïautorité du Rot, fous les ordres duRoi, de par le Roi.
Tous les Officiers Royaux de Judícature s’appcllcnt Conseillers du Roi,même les Notaires Sc les Secretaircs.
On dit que les choies saisies sont mises fous la main du Roi ér dtsustice.
Denier du Roi, est l’inrerct qu’il est permis par l’Ordonnance duRoi,de tirer d’une somme prêtée par contrat dc constitution.
Taux du Roi, c’est lc prix d’unc chose > réglé par l’aiitorité duRo>.
Poids du Roi, Sc ordinairement poids de Roi , est le lieu où l’on pèsele grolíes marchandises.
• Roy 8c Reine, par rapport aux Ordonnances. II nc sera poserinutile dc remonter dans les ttoisou quatre siècles pi cccdens, pour jr
con-