LIVRE PREMIER. 7vier , jour de feinte Agnes qu’un ventgrec s’etant élevé vers le minuit aprés lecoucher de la Lune, dont la rougeur ex-traordinaire ne nous prefegeoit rien quede funeste, nous donna bien de l’exerci-ce, aussi bien qu’à tout l’equipage de no-tre Vaislcau durant prés de vingt-quatreheures. Comme il le fortifia toujours àmelùre que le jour approchoit, il agitaíì fort la Mer que nous n’y decouvrimesbientost plus que des montagnes & desabystnes. Notre Vailleau cependant quine pouvoit qu’à peine porter la voile duBeaupré , presque entierement pliée ,etoit li terriblement ébranlé par les flotsqui venoient le battre à tout moment, &qui l’inondoientlàns relâche, que nousnous croyions incelfemment engloutis.
Ces effroyables fecouíîes jointes aumugiílcment horrible de la mer & à lafurie outrée du vent qui empechoientqu’on ne peut faire aucune manœuvre retonnerent si fort notre monde , quechacun fe laissant aller au defelpoir, fansfe mettre en peine des ordres qu’on pou-voit donner, on ne vit plus dans la fuiteque trouble , qu’allarme & que confu-sion : de forte que le Capitaine qui nesçavoit plus quelles mesures prendre, nycomment íè faire obéir de ses gens quife tenoient presque tous collez à quelquepiece du Navire, de peur d’etre froissezou lancez dans la Mer, fut obligé de s’a-bandonner quelque tems à lamercy desflots , fans. autre cfper-ance que d’allerA 4 echouer