LIVRE TROISIEME. 1S7dans les Royaumes etrangers une trou-pe des Marchands fous la conduite d’unAmbassadeur, qui outrequ’il les défrayédans tous les Païs où il va , les affran-chit encore de toutes les Douanes, quileur enleveroicnt une bonne partie deleur gain , s’ils etoient obligez de lespayer à la rigueur.
Celuy dont je parle, qui est un Prin-*ce des ptys considérables de la Mosco-vie, & une des meilleures Tetes del’E-tat, n’auroit peutetre pas été marri desc voir debaraílë de tout cet attirail deMarchandises , qu’il prevoyoit assez luydevoir nuire dans la fuite ; & comme ilaimoít l’honneur plus que ne fait le com-mun des Moscovites , il auroit été fortaise de se voir en état de bien soutenirson caractère: Mais l’interêt de la (fourauquel il ne put s’empecher de sacrifierle sien propre, ne luy permit pas de fai-re autre chose dans cette occasion que cequi s’etoit toujours pratiqué jufqu’alors :de forte qu’il se vit obligé de se mettreà la tete de plusieurs Marchands, à quion donna la qualité de Gentilshommes:qualité qu’ils n’avoient pourtant pas depeine à quitter dans toutes les rencon-tres où ils s’agiílòit de vendre les mar-chandises , dont ils avoient été char-gez.
Le fut deux ou trois jours aprés cettevisite nocturne , que nous parti mes deMoskou en compagnie d’un Boyar Mos-covite , qui retournoit à fa maison, fur
les
Nous pir-tons deMoskouavec unBoyar Mçí»covice.