LIVRE QUATRIEME. 213j’avois fuit à Moskou , ou il arriva quel-que-tems âpres nous, je crus pouvoircompter d’autant plus fur lui pour lere-tabli.stèment de nos affaires, qu’il m’a-voit toujours paru extremement attachéà notre Compagnie , & qu’il íòuhaitoitpassionnément de le faire connoitre ànotre grend Monarque, dont il publioitpartout les Vertus, avec autant d’ardeur,que s’ilen avoir été le plus fidel Sujet oule plus zélé Ministre.
Dans l’eíperance de trouver auprès de Le Tra - ftluy quelque forte de refource , je partis de Diniziede Dantzic au commencement de Fe-à Konings-vrier, & aprés huit heures de marche fur r CrR 1 . s ' w 1 'le Hassi ou Golfe , que forme la Mer 'Baltique qui etoit alors glacée , je merendis à KoningsbergCapitale de la Prus-se Ducale, éloignée de Dantzic de vingt-quatre lieues d’Állemagne.
Si j’avoisr été dans des conjonctures Multitudemoins trilles que celles où m’avoitjetté prodigieusele funeste fort de mon Compagnon,j’aurois peutetre cté sensible au plailìr q U ’on voieque peut causer à un étranger peu ac- en hyvercoutumé à voyager fur la glace, lamul- Vl ‘titude prodigieuse de traîneaux ssiperbes& magnifiques au de-là de ce qu’on peutdire , dont la Vistule alors solide pa-roislòit entieretnent couverte : mais quel-que peu de réflexion que l’abatement ouj’etois me permit d’y faire, je ne laiíîàipas d’etrc frappé de ce spectacle, qui estaussi agréable à voir, que divertislànt pourceux qui le donnent.
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