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PREFACE HISTORIQUE.
nerale des Manufactures de Draperie & de Lainerie à la Douane de Paris, & des ordres sé-créts qu’il reçut pour Pexécution d’un projet digne du vaste génie du grand Ministre quil’avoit formé; & l’on vit avec quelque espèce de surprise, qu’après avoir surmonté par íàprudence & par íà fermeté les difficultés qui sembloient naître à chaque instant, & avoirpar íà patience ramené peu à peu les esprits les plus échauffes, & les plus opposes aux vuesdu Ministère, Monsieur des L rusions eut l’avantage de íàtisfàire le Public, & en même temsd’aslfurer à la Cour la réussite d’un des plus importans desseins qu’on eût juíques-là entreprispour futilité des Manufactures de France, & que Monsieur Colbert lui-même avoir crû tropdifficile pour oser le tenter.
Ce fut pour se mettre en état de se mieux acquîtes de son emploi, & pour être plus fa-cilement au fait de tout ce qui regarde les Manufàctures, & les diverses fortes d’étoftès,& de marchandises qui se fabriquent en France, & qui passent par la Douane de Paris,qu’il conçut la première Idée de son Dictionnaire ; mais alors feulement pour son propreusage, & pour se familiariser, pour ainsi dire, avec une profession, où tout, julqu’auxtermes les plus communs, lui étoit inconnu, & lui paroisloit nouveau.
II mit donc en ordre Alphabétique les mots qui avoient rapport au Commerce & auxManufactures, à mesure qu’il les apprenois, ou par les Factures, les Acquits, les Déclarations,les Lettres de voiture, & tousses autres Papiers qu’on lui présentoir íàns cesse; ou dans lesconveríàtions qu’il étoit obligé d’avoir avec les Mafchands & ses Manufacturiers.'
Devenu peu à peu plus habile ou plus hardi, il ajouta à ces mots d’abord simplementrecueillis, quelques explications, ou si l’on veut, quelques définitions. Excité ensuite parFutilité qu’il en retiroit prefqu’à chaque moment, il se fit une espèce de Bibliothèque detous ses Livres de Commerce imprimés en France & dans ses Pais étrangers qu’il put ra-masser, & qui lui fournirent de quoi augmenter considérablement son Manuel Mercan-tile, comme il avoit coutume de se nommer. Et enfin il crut lui avoir donné toute la)i perfection dont un Ouvrage de cette nature & entrepris pour lui seul, pouvoit être capa-
ble ; en ajoûtant aux articles qui sembloient en avoir besoin ses Edits, Ordonnances, Ar-rêts , Jugemens, & Réglemens qui y avoient rapport, particulièrement pour les Portées,les Aunages, & ses qualités de toutes les sortes d’étosses de Lainage, tant Françoises qu’é-( trangéres, qui étoit l’eísentiel & le principal objet de íà Commission.
Le Dictionnaire pouffé jufques-là, l’Auteur, un peu fans doute par cet amour qu’on aordinairement pour ce qu’on a fait, en montra à ses amis quelques endroits , & l’on jugebien, que ce ne fut pas ses moins travaillés. Tous, soit complaisance, soit vérité, T’affuré-rent qu’avec quelques soins on pourroit se mettre en état d’être donné au public ; & quedans un tems, que les Dictionnaires fur toutes fortes de matières étoient si forjt à la mo-de , un Dictionnaire de Commerce scroit un présent qui probablement ne scroit pas désa-gréablement reçû.
Monsieur Savary ne se fit point trop prier: il consentit de bonne grâce à la proposition,qu’il n’étoit peut-être pas fâché qu’on lui eût faite, &il commença dès-lors à faire son pos-sible , pour que son Ouvrage fût moins indigne de paroître & plus utile à ceux qui ne croi-,roient pas perdre leur tems à le lire.
Son premier soin fut de rassembler de nouveaux matériaux. II fit part de son dessein auxInspecteurs établis dans les Provinces, & leur demanda du secours : Tous s’empreslerentO de lui envoyer des Mémoires; & l’on se feroit un devoir de ses nommer ici, pour partageravec eux l’honneur qui pourroit revenir de la publication de cet Ouvrage, s’il n’étoit pluscourt d’avouer qu’il ne fut refusé d’aucun de ses trente-cinq Confrères; & qu’ils lui en-voyèrent comme à l’envi des états si circonstanciés des Manufàctures de leurs Départemens,& des détails si curieux de la maniéré dont les étoffes & autres Ouvrages s’y fabriquent,qu’il n’eut presque qu’à ses copier, pour en composer les principaux & ses plus utiles articlesde son Dictionnaire, concernant le Commerce intérieur du Royaume, & ses Fabriques quilui sont particulières.
]ufques-là le projet du Dictionnaire avoit des bornes assez étroites, & ne contenant guéresque les termes qui en sont en usage parmi les Ouvriers qui travaillent dans les Manufactures»ou les Marchands qui en font se débit, il ne pouvoit encore mériter le nom de DictionnaireUniversel sous lequel il paroît présentement.
Diverses occasions engagèrent dans la fuite Monsieur Savary des Bruílons, & après famort celui de ses Frères, à qui il confia la continuation de son Dictionnaire & qui a eu soinde cette Edition, de lui donner plus d’éteqduë , & de se porter à quelque perfection ;si pourtant il est possible de rendre jamais parfaits des Ouvrages où il est si facile d’ajoû-ter,& où le plus souvent, comme l’expérience en convainc assez, on fait entrer des ma-tières, ou qui y ont peu de rapport, ou qui font bien éloignées du projet des Auteurs.
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