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Tome 1.
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77 ALCANNA.

de 18000 Ducats. Afín que cette couleur , dit—il, puisse mieux tenir & penetrer, on 1 aplique ordi-nairement au sortir du bain, qui est fort en usagechez les Turcs. La plupart de leurs femmes re-. gardent cette couleur tiree de cette poudre , com-me un ornement dont elles font beaucoup de cas.

Cette pratique de colorer pour embellir le corps,a passe'jusquaux chevaux. On y teint leur criniè-re , leur queue, & leurs pies. On met souventde f alun dans la teinture pour en rehausser la cou-leur. Cette poudre est recherchée jusqu’en Tarta-rie , 6c en Russie. Voila tout ce que nous en aprendle fameux Bellon , qui a écrit il y a passe 200 ans.Son usage 6c son commerce est encore le mêmeaujourd’hui, comme sont observé deux nouveauxVoyageurs, Mrs. Shaw , D. M. 6c de la Condami-ne. Voyez les Mémoires de /’ Acad. Royale des Scien-ces année i-j^.'page 3 10. Edit. de Paris , & page42 6. Edit. d Amferdam.

II est a propos que je fasse connoître ici l’Arbrequi.donne cette Drogue en poudre, beaucoup mieuxque 11’ontsait nos Auteurs modernes, aussi bien queles anciens, qui en ont parié fous le nom de Cy-prus. J’ai observe amplement cette Plante en Per-se, en faisant mon voyage des Indes. C’est d’a-près mes Mémoires que j’en ai envoyé une His-toire complette cette année ( 1748. ) a la SociétéRoyale de Londres, pour être inférée dans ses•Transactions Philosophiques , & en instruire le

''public.

Théophrasie, Dioscoride , & Pline en ont parlé a-vec une grande estime , & ont marqué le casqu’en faisoit l’Antiquité avant leur tems. L’Histo-nen Joseph & St. Jérôme en ont fait mention com-me d'une Píante précieuse 6c rare , la mettant aunombre des Aromates les plus recherchées. Labonne odeur que ses fleurs exhalent dans les Payschauds, où 011 la cultive naturellement, savoir enEgypte, Syrie , Arabie, Perse , 6cc. est cause queson usage y est des plus anciens , 6c y continue en-core aujourd’hui.

Les Cantiques de Salomon , qui en font deux foismention ( chap. 1. ty. 14. & ch. 4. if. 13.) fous lenom de Copher en Hebreu, ou de Cypros en Grec,est la première preuve de l’estime qir on en faisoitdans les anciens tems. On y voit qu’on cultivoitcet Arbre, ou Arbrisseau , jusques dans les Vignes.Les Parfumeurs d’autrefois faisoient de ses fleursune huile ou un onguent précieux pour plusieursusages , mais principalement pour donner, par desonctions, de la bonne odeur 6c de la souplesseaux membres du Corps.

Les Auteurs modernes se font donné beaucoupde peine pour la connoître a fond, après ce qu’enont dit les anciens Ecrivains , fans pourtant y a-voir pu réussir. II y a eu entr’eux beaucoup decontroverses fur fa nature 6c ses caractères. Laplupart Pont prise, comme on le voit dans leursouvrages, pour le Ligufirum , nommé en FrançoisTroesne. C’est un genre cependant très différent. C.Bauhin l’a pris pour un Ligufirum particulier d’E-gypteun peu différent du nôtre, qui est si commun enEurope. La description briéve de Dioscoride , quiaproche du Troesne ou Ligufirum , est cause qu’ona cru que c’étoit ce même genre , 6c cela d’au-tant plus que Pline l’a crû aussi lui-même. D’au-tres Botanistes Pont regardée fans raison pour uneefpece de Phillyrea.

Les Arabes & les Persans Pont toûjours nomméeHenna , ou Alhenna , d'où par corruption l’on a faitAlcanna. Les Grecs, qui n’ontpas connu vraisem-blablement notre Ligustrum , ou Troesne, Pont nom-mée Cypros , parce qu’il leur en venoit beaucoup de1 líle de Chypre, ou on le cultivoit sans doute abon-damment ; c est d où les Latins Pont appellé Cyprus.

Pour en venir a ses usages, j’ai observé, queDiíhon. de Comment. Tom. I.

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lès Arabes 6c les Persans chez qui j’ai voyagé,ont toûjours estimé ses feuilles bonnes en déco-ction pour toutes les Maladies de la Peau, commela Galle, le feu volage, la Gratelle , la Lèpre, 6cc.qui font des maux qui régneroient fortement dansces Régions k cause de la chaleur 6c de la grandesécheresse de leur Climat, si l’on n’y usoit pasfréquemment des bains , 6c du Henna , pour s’engarantir , 6c même encore des onctions propresa cela. Or comme les feuilles du Cyprus , ou Hen-na , font une décoction rouge ou jaunâtre , selonla cuite 6c les ingrédiens qu’on y mêle, 6c qu el-les teignent la peau , lorsqu’on s’en sert pour gué-rir ses maladies, il y a apparence que les Turcss’étant accoutumés aux teintes que cette partie ducorps prend par les lotions faites avec cetteDrogue, ils les ont fait passer comme une espè-ce d’embellissement , pour empêcher par la de lesregarder comme un remède exprès pour se pré-server de ces maux de la peau du corps.

Les Orientaux, qui pratiquent toûjours cettelotion , se servent aussi beaucoup de ses fleurs, quifont douées d’une odeur des plus agréables, en lesmettant parmi leur linge 6c leurs habillemens, enguise de parfum. Ils en parsèment quelquefois furleurs tables, ou fur leurs tapis étendus fous lespies.

Enfin la différence des caractères des genres deCyprus , 6c du Ligufirum, ou Troesne, consiste dansles fleurs 6c dans les fruits. Les fleurs du pre-mier font chacune de quatre pétales en croix ,accompagnées de huit étamines ; 6c chacune de cel-les du second, qui est commun chez nous , esttoute d’une pièce, c’est-a-dire, monopétale , diviséeen 4. lobes , ne renfermant que deux étamines.Le fruit du premier, qui a la forme d’une baye é-tant verd, devient dans fa maturité capsule sèche 6cmembraneuse , qui renferme quantité de petitesgraines triangulaires 6c pyramidales. Celui duTroesne, on du second genre , est une véritablebaye noire , qui conserve son suc , 6c qui est bleueétant meure. Ce que ces deux Arbustes ont decommun, c’est d’avoir leurs feuilles de figure apro-chante k celles de l’Olivier, 6c leurs fleurs 6cleurs fruits ronds 6c de même grosseur, dispo-sés en grapes. C’est ce qui en a imposé auxBotanistes, d’après la description de Dioscoride.

La véritable origine du Cyprus , ou Henna , donton fait la poudre d’Alcanna, c’est la Zone Torridedu côté des Indes Orientales. Les Malabares lenomment Mail-Anschi, les Malayes Daun-Lacca , 6cles Indous Inné. Sa grandeur varie fort selon lesClimats. Rauw'olf en a donné une bonne figure,qui se trouve dans Clufius , 6c dans Dalechamp.Elle est même meilleure que celle de 1 ’Hortus Ma-labar icus , qui est un ouvrage où les Plantes desIndes font ordinairement très bien représentées.

* Manufcr. de Mr. Garcin.

ALCAVALA. Droit de Douane que l’on payeen Espagne, 6c dans l’Amerique Espagnole. C’estun droit d’entrée a raison de J pour cent du prixdes marchandises.

ALDERMAN. On nomme ainsi en Angleterrece qu’011 apelle a Paris, Garde ou Juré. ChaqueCorps de métier a son Alderman , qui est chargéde veiller a la police du Corps, 6c a l’exécution deses Statuts.

ALEGEAS. Voyez Allégeas.

ALESNE. Outil d’acier emmanché de bois, le-plus ordinairement de bonis, qui sert comme d’aiguil-le a plusieurs Artisans, qui travaillent en cuir épais,6c qui le cousent.

UAlefhe a une pointe très acerée 6c très fine ,d’où elle va toûjours en grossissant jusqu’a l’endroitoù elle tient au manche. Elle est courbée en arc ;ce qui est plus commode pour l’ouvrage, 6c moins

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