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Tome 1.
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Pour annuller un article, qui a été mal porté,soit sur le journal, soit sur le grand livre, il fautmettre a la marge, à côté de i’article, un ou piu-íìeurs Q; ou bien, comme font quelques-uns, lemot de Fanas-, terme corrompu du Latin, qui si-gnifie Vain, ou Nul.

ANONIME. Qui n’a point de nom. On appelleSociétés Anonimes, celles qui fe font fous aucunnom, & dans lesquelles chacun des Associés tra-vaille de son côté, & fous son nom particulier ; ferendant compte ensuite les uns aux autres des pro-fits & pertes qu’ils ont fait dans leur commerce.Ces espèces de sociétés font fecrettes, & ne font con-nues que des Associés. Voyez Société’.ANSEATIQUE, Voyez HANSEATIQUE.

* ANTALE' Voyez. Dentale’.

- ANTHORA. Efpéce d’Aconit. Voyez. Aconit &Thora.

ANTICIPER UN PAYEMENT. C’est le pré-maturer, le faire avant son échéance.

ANTIDATE. Date falsifiée, & antérieure a la vé-ritable date. Dans les affaires de négoce, les antida-tes font dangereuses.

ANTIDATE’. Daté faussement, & antérieure-ment. L’ordre qui est au dos de cette Lettre de chan-ge a été antidaté : Cette promesse, ce compte est an-tidaté, il y a de la fausseté.

ANTIDATER. Mettre une date antérieure ; da-ter d’un jour qui précédé celui qu’ón devroit natu-rellement mettre.

• Autrefois qu’on étoit dans le mauvais usage delaisser les ordres en blanc au dos des Lettres dechange, c’est-a-dire, qu’on ne mettoit simplementque fa signature, il étoit facile de les antidater; cequi pouvoit produire de très grands abus , particu-lièrement de la part de ceux qui faifoient des fail-lites.

En effet , ceux qui lomboient dans ce malheur,& qui avoient des Lettres tirées a double ufance,ou payables en payement de Lion, dont l’ordreétoit en blanc, pouvoient les antidater , & ainsi lesfaire recevoir fous des noms empruntés, ou les don-ner en payement a des créanciers qu ils vouloient fa-voriser au préjudice des autres , fans qu’on pût endemander le rapport a la masse ; parce que la date deleurs ordres parodiant fort antérieure a l’ouverturede leurs faillites, l’on ne pouvoit alléguer qu’ils les -eussent négociées dans le tems qui avoisinoit leurfaillite.

Le Règlement pour le Commerce, qui fut faiten 1673. a pourvu a ce que Ton ne pût antidater sifacilement les ordres, en ordonnant par l’ArticleXXIII. du Titre V, Que les signatures au dos desLettres de change ne serviront que dé endossement , & nond’ordre , s’il ne fl daté, & ne contient le nom de celuiqui aura payé lavaleur en argent, ou en marchandises ,ou autrement. Et par l’Article XXVI du môme Ti-tre, Que ton ne pourra antidater les ordres-,, à.-peinede faux.

ANTIGORIUM. On appelle ainsi l’azur, ou grosémail, dont fe fervent les Fayanciers pour peindreleur fayance. Voyez. Azur, ou Email.

* ANTIMOINE. L’Antimoine a différons noms ;les mots Latins Stibium & Antimonìum font les plususités & les mieux connus dans tous les pais ; lesmots Grecs font Stimmi , Stïbi, Larbason, Omma-tographon, Alabafiron ; on l’appelle aussi en cettelangue Gynœcion, parce que les femmes l’employoientpour paroître plus belles , & platuophthalmon-, parcequ’il fervoit à dilater leurs yeux : peut-être c’est letetragonon d’Hippocrate. Les Arabes rappellent Ait-mad ou Atemed-, & l’on croit que par altération ona formé le mot déAntimonium ; d’autres au contrai-re disent que le Moine Valentin ayant observé qu’onen engraissoit les cochons voulut aussi en donnerU íes Confrères, & voyant qu’ils en mouroient,

ANTIMOINE, 158

4 ’avoit appelle Anti-'moine , qu’on avoit latinisé enAntimonium ; mais cette origine a l’air d’uue fable :d’autres enfin font venir ce mot du Grec antimo-non, comme si ce métal ne fe trouvoit jamais seul,ou sans être mêlé avec quelque autre, ce qui arrivele plus souvent. ,

Les Alchymistes lui ont donné plusieurs nomspompeux & hiéroglyphiques j ils l’appelient Protée-,k cause de la diversité des couleurs qu’il prend aufeu : le loup dévorant , ou Saturne qui dévore ses en-fans , à cause qu’il dévore tous les métaux avec les-quels on le fond, a la réserve de For ; & par la mê-me raison le Plomb des Sages, ou la Magnésié deSaturne. On l’appelle aussi le bain du Soleil-, parce-qu’il purifie For; le dernier Juge , parcequ’il sépareFor d’avec les autres métaux : Plomb noir, & Mar-cajsite de Saturne , a cause de sa couleur ; enfin ilsl’appellent la Racine des Métaux, Omnia in omni-bus , le Lion rouge de Paracelse , & le Lion Orien-tal de Basile Valentin. Les Ailemans l’appellent Spies-glas, qui veut dire verre en piques, apparemmentparce qu’il est cassant, fe vitrifie, & est en formede piques ou longues é guides.

L’Antimoine est une substance métallique, solide,pesante , fragile , de couleur de plomb, composéede filets longs & brillans, qui fe fond au feu & quin’est pas malléable.

II y a différentes espèces dé Antimoine naturel. Onen retire de la terre qui est semblable au fer poliou au plomb, mais qui est friable & mêlé ou decaillou, ou de pierre blanche, ou de crystal. D’au-tre est composé de lignes brillantes & minces , sem-blables a des aiguilles, tantôt disposées en ordre,tantôt fans aucun arrangement ; & c’est ce qu’onappelle Antimoine mâle. Un autre est composé depetites lames plus larges &-brillantes, que Pline ap-pelle Antimoine femelle. Un autre est formé d’un as-semblage de petites branches de couleur de plomb.,qui naissent d’une pierre tendre & blanche; il fondtrès aisément au feu comme fait le souphre , & il encontient une très grande quantité ; tel est celui quel’on tire du Comté de Sainte Flore, auprès de Massa& Selvena, villes de la campagne de Rome. Un au-tre est parsemé de côté & d’autre de taches tirantfur le jaune & fur le rouge ; tel est celui que l’ontire dans les mines d’or de Hongrie & de Tran-silvanie ; les Chymistes font grand cas de ce dernier,& le préfèrent, a cause d’un certain souphre d’or qu’ilss’imaginent que cet Antimoine contient : on en trou-ve chez les Droguistes & les Apoticaires en Alle-magne.

On trouve F Antimoine ou dans des mines pro-pres & particulières, ou, ce qui arrive le plus sou-vent , mêlé avec d’autres métaux, particulièrementavec Far gent & le plomb. On trouve par-tout desmines d’Antimoine , en Bohême, Saxe , Transilva-nie, Hongrie ; il y en a surtout beaucoup en Fran-ce & de très abondantes en Auvergne , Poitou &Bretagne.

On retire de la terre les mottes d’Antimoine , mê-lées avec une matière pierreuse, dont on sépare lemétal ou le minéral de cette maniéré. On réduit cesmottes en des morceaux médiocres, on les met dansune marmite percée au fond de quelques trous, onen ferme exactement l’ouverture avec son couvercleque l’on lute. On met au dessous de ce vaisseau unautre vaisseau de terre qui a la figure d’un cône : onmet le feu autour du vaisseau où est l’Antimoine ,on le fond, il coule par les trous dans le vaisseauinférieur, & les scories restent dans celui qui estau destìis.

La distinction que l’on fait de F Antimoine enmâle & femelle est vaine & frivole, puifqu’on nedistingue aucun sexe dans les métaux. On le diviseavec bien plus de raison en fojsle ou naturel, &fondu , ou, comme disent les Droguistes, cru. Le

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