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Tome 1.
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i 7 l ARAIGNEE.

que lui a mérité sa nouvelle découverte ; & c’èstavec grand plaisir qu on en enrichit ce Diction-naire.

Après que le fçavant Auteur a raporté différen-tes espèces d’Araignées, qu’il distingue d’abord parla couleur , y en ayant de noires , de brunes, dejaunes, de vertes, de blanches, & de.toutes cescouleurs ensemble ; 6c ensuite par le nombre & l’ar-rangement de leurs yeux ; les unes en ayant six - ,d’autres huit, d’autres dix: il les réduit toutes adeux espèces-, qui font les Araignées a longues jam-bes , & celles qui les ont courtes. Ce font ces der-nières qui fourniffent la nouvelle, foie.

Les Araignées fileuse's de foie se servent de sa-nus poiir cette méchanique j 6c son remarque qu’el-les en filent de deux sortes ; sune, qui est foible,& qui ne leur sert qu’a faire cette espèce de toile ,où les mouches, qùi leur servent de proie 6c denourriture, vont s’embarraifer; 6c l’autre, qui estplus forte, dont elles entourent leurs œufs, pour lesgarantir du froid, 6c des autres insectes qui lespourroient gâter; & c’est la proprement le coconou la coque de la foie d’Araignée. Cette espècede cocon est assez semblable a un vrai cocon, qu’onapplatit, 6c ramollit par la lessive, pour tes filer aufuseau. Ils font d’une couleur grise, lorsqu ais fontrécens ; mais ils deviennent noirâtres , lorsqu’ils ontété exposés a l’air.

Maniéré de préparer la soie des Araignées.

Pour préparer cette foie , il faut ramasser quan-tité de ces coques, les battre légèrement pour enôter la poussière ; les laver ensuite dans seau com-mune , jusqu à ce qu’elle en sorte claire ; puisles faire tremper 6c bouillir quelques heures dansune lessive composée de savon, de salpêtre, 6c dequelques pincées de gomme Arabique; les laver uneseconde fois a seau, claire, les faire sécher, puiscarder avec des cardes très fines; enfin les filer,pour être employées a toutes les fabriques d’étoffes,de rubannerie , 6c de bas où la foie ordinaire a coû-tume d’entrer.

L’on ne peut douter de la réussit* de la nouvel-*le découverte ; puisque l’Auteur présenta à la Socié-té Royale des bas 6c des mitaines faits de cettefoie d 1 Araignée , 6c qu’on en a vû depuis plusieursa Paris , dont il avoir fait présent a des Prin'ces, 6ch des Ministres d’Etat.

II ne faut pas oublier que cette foie peut soute-nir tous les apprêts des autres foies, les fils en étantmême plus forts, & plus propres par conséquent ane pas craindre les secousses des métiers, outre qu’el-le prend une teinture aussi belle que les autres.

On ne dira rien des autres observations curieu-ses , dont cette sçavante Dissertation est pleine, 6cqui ont moins de raport aux matières de ce Diction-naire. On ajoutera seulement qu’il seroit a souhai-ter que cette soie pût devenir d’un usage aussi com-mode, d’une culture aussi aisée, que celle des véri-tables foies ; mais qu’il y a bien de sapparence quefutilité qu’en pourra retirer le Public ne sera pasaussi grande que la gloire que l’illustre Auteur ena méritée 6c remportée.

-f- M. Savary a fans doute oublié de donner aussile précis d’une très sçavante Dissertation de M. deReaumur , de s A cadémie Royale des Sciences de Pa-ris, fur ce sujet, que l’on peut voir dans les Mé-moires de l'Académie de 1710. Nous n’en parleronsici qu’afin que le Lecteur puisse mieux juger de ladifférence 6c de la justesse des faits rapportés par lesdeux Observateurs. M. de Reaumur soutient qu’iln’est pas possible de nourrir, avec des mouches seu-les , autant d’Araignées qu’il en faudroit pour four-nir dé foie les Manufactures établies. II a obser-vé, à la vérité, qu’elles s’áccommodent fort biendes vers, mais que tout ce qui est du genre des plan-tes ne leur convient point. Elles, s’accommodent

DiŒon. de Commerce. Tom. L

» À R À. À R B. ct/H,

áússi de la substance qui ramollit les plumés desjeunes Oiseaux, qui est tendre & garnie de vaisseauxqui laissent échaper du sang ìorsqu’on coupe letuyau. Mais quand on trouvèreit une nourriturede leur goût 6c en abondance , il faudroit. trop d’a-partemens pour les loger ; car étant ensemble , ellesfe mangent les unes les autres, fur tout les petites;on pourroit cependant avoir des boètes divisées enplusieurs petits compartiniens, qui formeroient plu-sieurs cellules ; mais cela engageroit a des dépen-ses peu proportionnées áu profit qu’on en tire-roit: on pourroit en venir la si nous n’avions la foiedés vers d’une maniéré infiniment plus commode.D’áilleurs il est éprouvé que celle des Vers est plusforte que celle des Araignées, comme un est a cinq,& qûe la foie en seroit moins lustrée. Tous ces in-corivéniens diminuent de beaucoup les espérancesqu’on avoit conçues du travail de M. Bon fur lafoie de ces insectes ; autrement nous nous serionsau moins autant étendus fur cet article que M.Lemery dans son Dictionnaire dès Drogués ; mais n’yayant plus lieu de penser a Rétablissement dés Ma-nufactures de foies ou de toiles d’Araignées, tou-tes les autres belles Observations de M. de Reau-mur ne conviennent point id, & n'e font bonnesque pour la curiosité.

-p II y a en Amerique une Araignée monstrueuse,dont le P. Labat sait la Description en son Voyaged’Italie Tom.V. p. 2zi. Nous y renvoyons les curieux.

Araigne'e de vers a soie. C’est la premièretoile que les vers filent & préparent, pour soutenirles cocons qu’ils doivent ensuite* travailler. Cettetoile ne ressemble pas mal a celle des Araignées ,d’où elle a emprunté son nom, a la réserve qu’ellen’est jamais si grande ; la pesanteur des vers a foieles empêchant de se lancer avec la légéreté & lavitesse des Araignées , a qui la nature, a fourni desparties propres a cette méchanique. C’est dë cetteAraignée qu’on fait une partie des bourres de foie ,dont se filent les fleurets les plus grossiers. Voyez.Vers a soie, & Soie. .

ÀRAINS. Voyez ArMoisjn DES Indes.

ARAMBER. Terme de Marine. C’est accrocherun bâtiment avec des grapins & des amarres, pourvenir k l’abordage. Voyez Abordage.

ARANNEA. Minerai d’argent, qui ne se trouveque dans les mines du Potosi, & encore dans laseule mine de Catarnito. Son nom lui vient de quel-que ressemblance qu’il a avec la toile, d’Araignée ,étant composé dé fils d’argent pur, qui paroissent ala vue comme un galon d’argent, qu’on auroit brû-lé pour en ôter la foie. C’est le plus riche de tousles minerais. Voyez Argent. .

AR ARES. Nom que les Indiens donnent a cetteforte de fruits, qu’on appelle en Europe MyrobalàmCitrins. Voyez MyrobolANS.

ARATÈ. Poids de Pórtugal. Voyez Arobe.

ARBALESTRES , qu’on nomme autrementFOURCHES. Ce font des ficelles qui servent amonter le. métier des Ferandiníers-Faiseurs de gazede foie. Chaque Arbalestre tient ; lissettes ; en-sorté qu’il y a ; fois moins d’Arbalestres que delissettes. Voyez Gáze.

ARBITRAGE. Jurisdiction qu’on choisit volon-tairement , & qui s’exerce en vertu d’un pouvoir quiest donné par les Parties. II se dit aussi de la discus-sion. d’une affaire, & du jugement qui est porté parles Arbitres. Ces Marchands se font mis en Arbi- _trage : Ce Négociant est fort occupé aux Arbitra-ges : Ce Procès a été jugé par Arbitrage.

Arbitrage , en matière de Changé , veut direune combinaison, ou assemblage, que l’on fait deplusieurs changes, pour eonnoître quelle place.estplus avantageuse pour tirer & remettre. De la Por-te , Science des Négocìans .

Samuel Ricard, dans son Traité général de Com -

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