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Tome 1.
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encore de trois sortes; la taillette, la cartelîette ouc ariette, & le fendis.

L’Ardoise cofine, qui sert a couvrir les dômesdes Eglises, est très rare : elle se fabrique avec desCahots de pierre, un peu courbés en voûte ; ce quiîa rend plus commode pour ces sortes d’ouvrages :à son défaut on se sert de la carlette, qui est la pluspetite de toutes les espèces d’Ardoise.

Les Ardoises les plus fines & les meilleures s’en-voyent a Paris & a Rouen : la grosse noire, & d’au-tres dé moindre qualité , se débitent ordinairementpour le Pays du Maine, & depuis Sàumur jusqu’hOrléans. Les poil noir & poil gros noir , font pro-pres pour Nantes, & vers le bas de la rivière de Loire.

Pour les Pays étrangers, les envois se font pluscommunément de la quarrée fine,6c de la quarróe for-te ; parce qu’étant d’un plus petit volume que lesautres, elles s’embarquent 6c se chargent plus aisé-ment dans les vaisseaux.

Les Ardoises se vendent au cent, au millier, 6c ala fourniture, qui est de 21 milliers , fournis de qua-tre au cent. Quand elles font prises fur la perrière,On en met dix au cent pour dédommager les Ache-teurs des risques de la voiture, étant une marchan-. dise fort facile a se casser. On estime qu’année com-mune-il se fabrique jusqu’k un million de milliersd’Ardoises par mois, de toutes les espèces différen-tes , qui se tirent des Ardoisières d’Anjou.

On trouve dans le Chapitre 2.) de lOrdonnance'■de la Ville de Paris de \6~J2. trois articles , qui fontle 4 e , le 5 ^ 6c le 6 e , servant de Règlement pour lamoison, qualité 6c visite des ardoises qui y arriventpour la provision de cette Capitale.

Par le i. de ces 3. articles, il est enjoint aux Mar-chands trafiquans d’Ardoises pour Paris, de n’en fai-re venir que de deux qualités ; sçavoir, de la quarréeforte de 10 a n pouces de longueur fur 6 k 7 delargeur, 6cde 2 lignes d’épaisseur, fans être traver-sine , ni mêlée de fine : & de la quarrée fine de 12à 13 pouces de largeur , 6c une ligne d’épaisseur :ces deux sortes d’Ardoises de quartiers forts 6c fon-nans, 6c tirées de la troisième foncière de chaqueperrière.

Par le 2 e de ces articles , il est défendu de mé-langer les qualités d’Ardoise; & pour cela ordonnéaux Marchands 6c Voituriers d’en faire différentespiles dans leurs Magasins 6c bateaux.

Enfin, le dernier de ces 3 articles régie la visite 6cl’arrivage des Ardoises , 6c ordonne aux Jurés Cou-vreurs de venir faire au Bureau de la Ville leur ra-port des quantités 6c qualités qui font arrivées a cha-que Marchand, 6c en représenter les échantillons ,pour le prix en être taxé ; avec défenses aux Mar-chands de les exposer en vente, ou enlever du Port,que les échantillons n’ayent été apportés au Bureau.

Les droits de sortie que l’on paye en France pourles Ardoises font de 15 fols, & ceux d’entrée de 10fols pour le millier en’nombre.

La toise quarrée de couverture d’Ardoises aveclattes 6c coritrelattes de chêne de 3 pouces 8 lignesde pureau , vaut a Paris 9 liv. 10 f. 6c celle descartel'ettes pour les dômes, depuis 2 pouces aussi depureau jufqu’a 3 liv. 16 fols.

( Cet article est reformé fur celui de Lemery , Dic-tion. des Drogues. )

ARDOISIÈRE. Lieu d’où l’on tire l’Ardoise. Onnomme Perrière en Anjou , les carrières où se for-ment ces sortes de pierres. Lorfqu’on en a décou-vert quelque veine qu’on croit abondante, 6c debonne qualité , on fe sert d’abord d’une machine as-sez simple, en forme d’une espèce de tourniquet,que peu d’hommes font capables de faire agir. Quandla perrière s’apnrofondit, ce font les chevaux quifont mouvoir les roues d’une seconde machine pluscomposée, 6c plus forte, qui fait monter alternati-vement 6c descendre des bassicots, 6c des seaux ;les premiers, pour monter l’Ardoise en masse ; 6c

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les autres, pour vuider l’eau dont les Ardoisièresfont toujours pleines.

Cette machine se nomme Engin de pierre -. elle ades roues de rencontre qui s’engrainent dans unelanterne comme celle des moulins a farine, 6c quifont tourner la fusée autour de laquelle se dévide lecable ou fuseau.

L’échafaud, qui soudent la machine, est portésur plusieurs grosses pièces de bois, que l’on nommeSaillies , qui font elles-mêmes étayées par d’autrespièces appellées Sous-bardiers ; enforte que cela com-pose une platte-forme, qui paroît comme ert l’air,6c qui avance environ de 10 pieds fur Touverturede la perrière. Enfin, toute la machine est couverted’un appentis , en forme de grange, qui la con-serve elle-même, 6c où les hommes 6c les animauxfont a l’abri du mauvais tems.

On distingue les Ouvriers, qui travaillent auxArdoisières, en Ouvriers d’abas, & Ouvriers duhaut. Ceux d’abas fe servent de pointes, de coins ,de gros marteaux, 6c de barres de fer, pour faireleurs foncées, qu’ils creusent d’environ 9 pieds, 6cd’où ils tirent les pierres en état d’être envoyées enhaut, 6c d’y être travaillées. Les Ouvriers du hautfendent les pierres avec des cizeaux plats de diver-ses grosseurs, mais tous d’un pied 6c demi de long,6c même davantage , qu’ils frapent avec un assezpetit maillet de bois ; ils les appellent des Fiâmes .

Quand la pierre est en fendis, on la taille fur unbillot avec le doleau, ou hassereau d’acier, qui estune espèce de grand couteau en forme de petitehache, 6c chaque Ouvrier en élève autour de foidiverses piramides, suivant les diverses espèces ouqualités d’Ardoises qu’ils peuvent tirer des cahotsou raportons de pierre.

Pour plus grande commodité, chaque Ouvrier,,.Fendeur a un couvert leger 6c mobile, qu’ils nom-ment Tue-vent , 6c qu’ils tournent a leur gré , oucontre les vents, ou contre le soleil, ou la pluie.

Les fraix pour exploiter les Ardoisières, font trèsconsidérables ; mais les risques que courent les Ou-vriers qui les exploitent font encore plus grands,6c il -n’arrive que trop souvent que les fondis 6c ca-bremens entraînent hommes, chevaux 6c engins aufond de la perrière, 6c y accablent 6c ensevelissentles malheureux Ouvriers d’abas : outre que les voies6c sources d’eau y causent quelquefois de subitesinondations, qu’il est très difficile de prévoir, 6cencore plus d’éviter dans des souterrains si profonds.Voyez, t Article précédent.

AREB. Monnoie de compte dont on fe sert dansles Etats du grand Mogol, particulièrement à Ama-dabath : Quatre Arebs font un couron ; un couronvaut cent ladres; 6c un ladre 100000 roupies.

Jss ARECA, ou AREQUE. Ce dernier nom estle meilleur. Fruit fameux dans les Indes, où ÌIs’en fait un commerce 6c une consommation in-croyable , n’y ayant personne qui n’en use, 6c é-tant également de mode parmi les plus grands 6cles plus riches, comme parmi les plus petits 6c lesplus pauvres. A

L’Arbre qui porte l’Aroque, est grand, droit,délié , 6c rond. C’est un genre de Palmacée, quin’apoint de branches, mais dont le feuillage est char-mant a voir ; il forme une touffe ronde au sommetdu tronc, qui est aussi droit qu’une pique. II croita la hauteur de 2? a 35 pieds, 6c fait l’ornementdes Jardins. Le brou, qui en envelope le fruit, estuni par dehors, mais raboteux 6c velu par dedans,assez fémblable en cela qu brou^ du Cocos. Sa gros-seur est celle d’une noixVraifonhàblé : son noyau,gros environ comme une muscade, k qui il ressem-ble assez par “dehors, en a aussi .lès peines blanchâ-tres, quand on le coupe en deiìx. Au cèntre dufruit , quand il est encore tendre, est renier*]ce'une substance grisâtre, molle, & presque liquide,qui íe durcit k mesure que le fruit approche de sa

matu-