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Tome 1.
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2vz ARMURE.

ARMURE. Armes défensives, ordinairement defer ou d'acier, dont les Gens de guerre se servoientautrefois. L’Armure complette étoit composée d’uncasque ou haume , d’un haussecol ou gorgerin, d’uncorps de cuirasse, des taisettes, des brassarts, desgantelets, des cuissarts, & des siamois de jambes,qui couvroient aussi les pieds, & où étoient attachésles éperons. C’est la ce qu’on appelloit Armure depied en cap, qui étoit celle des Chevaliers & deshommes d’armes.

L’Infanterie n avoir qu’une partie de cette Armu-re. Le morion, qui se nommoit auííi Bassin & Bour-guignotte , lui tenoit lieu de casque. Elle avoir ou-tre cela un corps de cuirasse & des tassettes ; maistout cela fort leger, & tel qu’on en voyoit encorefur la fin du XVII e . siécle aux piquiers du Régimentdes Gardes, & de quelques autres anciens Régi-mens de France.

Enfin, les chevaux mêmes avoient leur Armure,qui leur couvroit la tête & le poitrail.

De tous ces siamois de guerre , on n’a conservée'n France que le corps de cuirasse ; le haufie-col,que les Officiers portent, frétant présentement qu’u-ne marque d’honneur, qui les fait reconnoître parles soldats, & qui n’est d’aucune défense.

A la place du casque, ou du morion, on se sertquelquefois d’un bonnet, ou calotte de fer, qu’onmet fous le chapeau ; & il n’y a plus que les Régi-mens, qu’on appelle de Cuirassiers , qui portent en-core le simple casque, ou bourguignotte.

La manie, ou, si l’on veut, la bravoure d’aller aucombat en pourpoint, & sans aucune arme défen-sive, étoit tellement passée en mode parmi la Nobles-sè Françoise , qu’il a falu la modérer par des Or-donnances : & dans les dernières guerres, qui ontpresque été continuelles fous le long Régne de LouisXIV. les Officiers Généraux, & ceux de Cavalerie ,ont été obligés de reprendre la cuirasse ; ce cjui ,quoiqu’encore très mal observé, a conserve enFrance la fabrique de cette partie de l’Armure an-cienne , dont on va parler dans l’Article suivant.

ARMURIER. Celui qui fait des armes.

Les Armuriers-Heaumiers composoient autrefoisà Paris une nombreuse Communauté. On les appel-loit Armuriers, des armures qu’ils fabriquoient ; &Heaumiers, du heaume ou casque, qui est la princi-pale & la plus honorable pièce de l’armure.

Quelques Vocabulaires les confondent avec lesArquebusiers, qu’ils nomment aussi Armuriers, quoi-que ce nom n’ait jamais été donné a ceux-ci dansleurs Statuts, & qu’il n’ait jamais appartenu qu’auxHeaumiers , qui sent un corps tout différent de ce-lui des Arquebusiers, dont il fera parlé à leur articleparticulier. Voyez Arquebusier.

Les premiers Statuts des Armuriers-Heaumiersleur surent donnés par Charles VI. qui en 1409.les érigea en corps de Jurande.

Ces anciens Statuts ayant été négligés, & pres-que abolis, il leur en fut dressé de nouveaux en1562. qui ayant été vùs & approuvés par le Maré-chal de Brissac, Gouverneur de Paris, & ensuite parles Lieutenant Civil & Procureur du Roi au Châte-let, qui en donnèrent leur avis le 23 Juillet, surentenfin approuvés, confirmés, homologés par LettresPatentes de Charles IX. données a Houdan au moisde Septembre de la même année , & enregistrées enParlement au mois de Mars ensuivant.

Ces derniers Statuts contiennent en vingt-deux ar-ticles toute la discipline du corps.

Quatre Jurés, dont deux font élus chaque année,veillent k la conservation des Privilèges, & a l’exé-cution des Régletíiens.

Chaque Maître ne peut avoir qu’un seul Appren-tis a la fois, qui doit être obligé par devant Notaire,& reçu par les Jurés.

L’apprentissage, fans lequel on ne peut êtfe admis

ARMURIER. 204

a la Maîtrise, est de cinq ans. Les fils de Maîtresn en font pas même exemts j mais ils peuvent lefaire, ou chez leur Père , ou chez les étrangers ; a-vec cette différence néanmoins , qu’aux étrangers ilstiennent lieu d’aprentifs, & non k leur Père, k quiil est permis d’en avoir un autre avec ses enfans,en quelque nombre qu’ils soient.

Le chef-d’œuvre est donné par les Jurés , a quiil n’est dû que huit livres parisis pour droit d’assistan-ce. Les fils de Maîtres n’en font pas tenus, non pasmême de la simple expérience.

Les veuves restant en état de viduité, jouissentdes Privilèges de leurs maris ne pouvant néanmoinsfaire d’aprentifs , mais seulement continuer celui quiest commencé.

Les ouvrages & marchandises des Forains fontsujets a visite , qui doit être faite fans retardementpar les Jurés, auffi-tôt qu’ils en font requis, a peinecontr’eux de 20 livres parisis d’amende , & de Pin—térêt du séjour du Marchand.

Les étoffes propres a la fabrique des armures,c’est-a-dire , le fer, l’acier , &c. qui arrivent de de-hors , font aussi sujettes a visitation, & doivent êtreloties entre les Maîtres qui en demandent.

Chaque Maître n’a droit de tenir qu’un seul ou-vroir ou boutique.

Toute pièce de siamois doit être marquée d’unpoinçon, qui est donné par les Jurés , & dont Pem-preinte en plomb doit rester en la Chambre du Pro-cureur du Roi.

Les Compagnons, qui font Apprentifs de Paris ,doivent être préférés pour l’ouvrage aux Compa-gnons étrangers, en se contentant du même salaire.

Les ouvrages qui peuvent être faits par les Maî-tres du métier de Heaumerie, font tous siamois pourarmer hommes, comme il est porté par les Statuts,& spécialement les corcelets, corps de cuirasses,hausse-cols, tassettes, brassarts , gantelets , siamoisde jambes, habiilemens de tête, bourguignottes fer-vans a hommes d’armes , bourguignottes & morionsfervans a gens de pied , tant a l’épreuve qu’k la lé-gére; siamois de jouxte , & tonellets a courir en lice;enfin, siamois, tonellets, & bassins fervans pourcombattre a la barrière.

Le Patron de la Communauté des Armuriers-Heaumiers, est S.George, dont la Confrérie est érigéedans la Paroisse de S. Jacques de la Boucherie , où ceSaint est représenté de hauteur naturelle, armé depied en cap d’armure d’acier poli, & monté fur uncheval caparaçonné a l’antique, & avec son har-nois aussi d’acier.

Cette Communauté , autrefois une des plus nom-breuses de Paris , étoit déja réduite fur la fin duXVI e . siécle, seulement a 60 Maîtres : présentementelle n’y subsiste plus que dans deux seuls Maîtres ,qui font frères & fils du célébré Drouart , le dernierJuré de Ce Corps, dont les Ancêtres depuis plus dedeux cens ans étoient en réputation de fabriquer lesmeilleures & les plus riches armures de l’Europe,fans même en excepter celles de Milan, qui onttoujours été fort estimées.

C’est présentement a Besançon qu’est établie lafabrique des corps de cuirasse, dont on fe sert dansla Cavalerie Françoise. On en fait néanmoins ve-nir quelques-uns de Suisse.

A l’égard des deux Maîtres Heaumiers, qui res-tent encore a Paris, ils prennent toûjours la qualitéde seuls Armuriers-Heaumiers du Roi & des Prin-ces ; & ce font eux en effet qui fournissant de corpsde cuirasse, le Roi, les Princes, & Grands Sei-gneurs; soùtenant avec honneur la réputation deleur père : mais il y a bien de l’apparence que cefera peut-être bien-tôt une Communauté de moinsdans Paris, frétant pas mariés, & frayant pas mê-me d’Âpprentifs. Us tiennent leurs boutiques dansune petite rue qui aboutit au haut de la rue S. ï)e-

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