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Tome 1.
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B A L A.

Il est défendu,par l’Edit d’établissement du Balan-cier , & Monnoies des Médailles, & par plusieursLettres Patentes, Arrêts du Conseil, & de, la Courdes Monnoies, entr’autres par celui du Conseil duiy Janvier 1685. & par ceux de ladite Cour des18 Janvier & 10 Mars 1672. & du 14 Juillet 1685.a tous Ouvriers, Graveurs & Monnoyeurs , & atoutes autres personnes, de quelque condition qu’el-les soient, a l'exception des Commis & Gardes desBalanciers du Roi, établis aux Galeries du L ou-vre a Paris, & des Hôtels des Monnoies, d’avoirni tenir aucuns moulins, coupoirs, laminoirs, pres-ses , balanciers , & autres semblables machines, apeine d’être punis comme faux Monnoyeurs ; ni defabriquer , ou faire fabriquer ailleurs, qu’aux ditsBalanciers des Galeries du Louvre, & des Hôtelsdes Monnoies, des médailles & pièces de plaisirs,d’or, d’argent, ni d’autres métaux, a peine contreles Ouvriers & Fabricateurs de confiscation des ou-tils & machines, & de 1000 livres d’amende con-tre chacun des contrevenans, & de plus grandepeine, s’il y échet.

BALANÇONS. Sorte de bois de sapin débitésen petit, dont on fait grand commerce en Languedoc.

Les balançons , la douzaine estimés 3 livres, pay-ent les droits forains dans les Bureaux de cette Pro-vince , a raison de 5 sols, & pour la réapréciationautant.

BALASSOR. Voyez BELLÀSOR.

BALAST, ou QUINTELAGE. Terme de.com-merce de mer. II signifie la même chose que Lest.Voyez Lest.

BALASTRI. On nomme ainsi a Smyrne les plusbeaux draps d’or qui se fabriquent a Venise , & queles vaisseaux Vénitiens portent dans les Echelles duLevant. Ils payent a la Douane de Smyrne les droitsd’entrée, a raison de y piastres la piéce.

BALAUSTES. Ce font les fleurs du Grenadiersauvage. Il y en a de deux sortes, de fines, & decommunes.

Les communes ont peu de vertu, & doivent êtrerejettéesde la Médecine, où les fines peuvent êtrede quelque usage, étant estimées astringentes. El-les viennent les unes & les autres du Levant, &font proprement la même drogue ; mais les Balau-stes fines font garnies de leurs fleurs, & les com-munes n’ont que leur pecou ; c’est-a-dire, cette espè-ce de gaine ou bouton en forme d’écorce assez épais-se , qui enferme les. fleurs avant qu’elles soient éclo-ses , & qui les soutient quand elles le font.

II faut choisir les Balaustes , fines , nouvelles,larges , hautes en couleur, c’est-a-dire , d’un beaurouge velouté, &, s’il fe peut, fans pecou, nimenu.

Les Balaujìes communes payent en France les droitsd’entrée fur le pied de 2 livres le 100 pesant '■> & lesfines y livres.

BALAY. Instrument de ménage, qui sert a amas-ser & a ôter les ordures, & a tenir les maisons pro-pres & nettes. II est composé d’un long manche debois, a un des bouts duquel est un faisceau de me-nues branches ou verges de bouleau, lié par le hautpar trois liens ou hars d’osier ou de châtaigner.

On fait auífi des Balays de genêt, & de jonc :les premiers, liés comme ceux de bouleau, a troisliens ; & les autres , scellés d’une médiocre ficelle ,& attachés au manche avec un clou. Ceux de cettedernière forte , qui fervent aux cochers pour néto-yer les pieds de leurs chevaux & les roues de leurscarosses , font poissés fur la ficelle, afin que l’eauoù ils les trempent, ne les pourrisse pas si aisément.

On sait encore des Balays de poil, d’autres deplumes , & d’autres de barbe ou frange de roseaux ,qui fervent pour nétoyer les narquets, les meubles,les tableaux, les livres des Bibliothèques, & autreschoses qui demandent d’être ménagées. Ces der-

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niers Balays , particulièrement ceux de poil, se fontpar les Broffiers Vergetiers. La fabrique & lecommerce des autres, dont il se fait une grandeconsommation a Paris, sont permis a tous ceux quiveulent s’en mêler.

Plusieurs ouvriers, entr’autres ceux qui travail-lent fur le fer, comme les Serruriers , Maréchaux,Taillandiers & quelques autres, se servent de Ba-lays de bouleau ; mais ils les appellent plus ordinai-rement Eseouvettes. Voyez Escotjvette.

Ce font les .Chandéliers & Regratiers, qui fontle plus grand-.débit des Balays de bouleau, soit deceux qui se font a la ville, soit de ceux qui y vien-nent en quantité de la campagne.

BALAZE'ES, ou SAUVA GÙZE'ES de Suratte.Toiles blanches de coton, qui se fabriquent danscette Ville du grand Mogol & aux environs. Ellesont 13 aunes à de long fur | de large.

BALEINE, en Latin Bahzna, Ce te , Ce t us. C'estle plus gros des poissons.

Les plus grandes Baleines font celles qui se pê-chent dans la mer du Nord vers le Spitsberg. Ony en prend de 200 pieds de long, & de grosseurproportionnée a la longueur. Les médiocres sent de13o ou 160 pieds3 & un voyageur assure, qu’ontira plus de 3 y o livres pelant de"barbes ou fanonsd’une seule Baleine , qui fut prise en fa présence.

Celles de la mer de l’Amerique font aussi fortgrandes j & il y en a de 90 ou de 100 pieds, en-tre la tête & la queue. Les moindres font cellesqui atteriffent fur les côtes de Guyenne , & fur cellesde la Méditerranée.

* II y a deux espèces de Baleine ; l’une qui retientson nom , & l’autre qu’on appelle Cachalot. Leurdifférence consiste, en ce que le Cachalot a desdents longues, suivant le Bruyn , d’environ cinqpouces, & dont on se sert dans les ouvrages de tour& de tableterie ; & que la Baleine, au lieu de dents,à feulement des fanons ou barbes dans la gueule ,qui font larges d’un empan, & longues de 1 y pieds ,plus ou moins, suivant la grandeur de l’animai ;& qui finissent en une espèce de frange, assez sem-blable aux soies de pourceau.

La pêche de la Baleine est d’un grand profit ; &il y va tous les ans quantité de vaisseaux de diffé-rentes nations.

Ces énormes poissons se harponnent par les plusrobustes & les plus adroits des Pêcheurs , qu’on ap-pelle pour cela Harponneurs , du nom du harpondont ils se servent , qui est une espèce de dard ou ja-velot long de y ou 6 pieds, dont la pointe fort acé-rée & tranchante, est triangulaire, en forme du ferd’une flèche.

Le Harponneur, du bout de la Pinasse où il com-mande a tout l’équipage, lance rudement le harponfur la tête de la Baleine ; & s’il est assez heureuxpour le faire entrer a travers du cuir & du lardjusques dans la chair, il laisse filer une corde atta-chée au harpon , au bout de laquelle est une courgesèche, qui nageant sur l’eau, sert d’indice pour dé-couvrir où se trouve la Baleine, qui auffi-tôt qu’el-le se sent blessée, se tapit & cale a fond.

Si la Baleine revient sur l’eau pour respirer, leHarponneur prend occasion de la blesser de nouveau;& lorsqu’enfin a force de perdre du sang, elle estaux abois, les autres Pêcheurs Rapprochent par lescôtés, & lui poussent fous les bras ou nageoires,une longue lance serrée dans la poitrine a travers lesintestins , pour l’achever ; & quand le cadavre flot-te for son lard, ils le touent & le pousient a terre,où ils le dépècent, & le bonifient; c’est-à-dire, ilsen font fondre le lard.

La pêche de la Baleine occupoit autrefois ungrand nombre de vaisseaux & de matelots Basques,& vers le milieu du XVII e . siécle les habitans de 8.Jean de Luz, de Bayonne & de Ciboure, y en-

voyoient