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BAS 7 qu’on appelloit anciennement CHAUSSE.C’est cette partie de fhabiiiement du pied ôc de lajambe, qui sert a couvrir leur nudité , ou a les ga-rantir de la rigueur du froid.
Autrefois on ne fe fervoit communément ehFrance, que de Bas, ou chausses de drap, ou dequelque autre étoffe de laine drapée, dont le traficfe faifoit a Paris par des espèces d’Artisans, qui dela fe nommoient Drapiers-Chaussetiers, & qui for-rnoient alors une Communauté particulière , qu’onréunit ensuite au corps de la Draperie.
Depuis qu’on s’est attaché a faire des Bas au tri-cot , & qu’on a trouvé la manière d’en fabriquerfur le métier avec la foie , le fleuret, la laine, le co-ton, le poil, le chanvre, ou le lin filé, la mode desBas d’étoffe s’est presque entièrement perdue j en~sorte que présentement on ne parle quasi plus quede Bas au tricot , ou de Bas au métier.
Ces sortes de Bas, soit au métier, soit au tricot,font des espèces de tissus formés d’un nombre infinide petits nœuds, ou manières de bouclettes entrelaf-fées les unes dans les autres , qu’on nomme desMailles ; & ce font ces ouvrages, qui font la prin-cipale partie du négoce de la Bonnéterie. '
Bas au Tricot.
Les Bas au tricot, qu’on nomme auffi Bas k Pai-guille, ou Bas brochés, fe font avec de longues& menues aiguilles, ou petites broches de fil de fer,ou de leton poli, qui en fe croisant les unes furles autres, entrelassent les fils, & forment les mail-les dont les Bas font composés j ce qui s’appelleTricoter, ou Brocher les Bas, ou les travailler al’aiguiile.
11 feroit difficile de pouvoir précisément dire, aqui l’on doit l’invention du tricot : cependant quel-ques-uns prétendent que ce soit aux Ecossois, fon-dés fur ce que les premiers ouvrages au tricot, quife font vus en France, venoient d’Ecosse j & l’onveut même ,,que c’est ce qui a donné lieu au Corpsde la Bonnéterie de Paris, & a la Communauté desMaîtres Bonnetiers au tricot des Fauxbourgs, deprendre pour Patron S. Fiacre ; parceque, selonquelques-uns, il étoit fils d’un Roi d’Ecosse.
Encore qu’il soit permis a tout le monde de fairedes Bas au tricot, il ne laisse pas d’y avoir a Parisune Communauté assez considérable d’Ouvriers dece métier, établis dans les Fauxbourgs, dont lesStatuts font du 16 Août 1527.
Ce font ces Ouvriers, qu’on nomme MaîtresOuvriers en Bas, & autres ouvrages au tricot, oùMaîtres Bonnetiers au tricot, pour les distinguer desBonnetiers de la Ville, qu’on appelle MarchandsBonnetiers-Aulmulciers-Mitonniers-; & des MaîtresFaiseurs de Bas, & autres ouvrages de Bonnéterieau métier. Cette Communauté des Fauxbourgsayant été réunie au Corps de la Bonnéterie, depuisla mort de l’Auteur de ce Dictionnaire, on faitmention de cette réunion aux deux Articles qui trai-tent des Marchands Bonnetiers de la Ville. Voyez.Bonneterie , és Bonnetier.
L’Article 19 des Statuts ou Corps de la Bonnéteriedu mois de Juillet 1608. défend de faire des Bas autricot en moins de trois fils.
Bas au Métier.
Les Bas au métier, font des Bas ordinairementtrès fins , qui fe manufacturent par le moyen d’unemachine de fer poli, très ingénieuse, dont il n estpas possible de bien décrire la construction, a causede la diversité , & du nombre de ses parties ; &qu’on ne comprend même que très difficilement,quand on l’a devant les yeux.
Les Anglois fe vantent d’en être les inventeurs ;mais c’est en vain’qu’ils en veulent ravir la gloire k
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la France ; & tout lè monde fçait présentement 4qu’un - François ayant inventé une fi lurprenantêSc si utile machine, & trouvant quelques difficintésa obtenir un Privilège exc.uiif , qu’il demandoitpour s’établir k Paris, passa en Angleterre,' où famachine fut admirée , & l’Ouvrier magnifiquementrécompensé.
Les Anglois devinrent si jaloux de cette nouvel-le invention , qu’il fut long-tems défendu fous pei-ne de la vi,e, de transporter hors de leur Isse au-cune machine, ni d’en donner aucun modèle auxétrangers : mais comme un François les avoir en-richis de ce présent, un François le rendit k fa pa-trie ; & par un effort de mémoire, & d’imagina-tion , fit k Paris, au retour d’un voyage de Lon-dres, le premier métier , fur lequel ont été faits tousles autres, qui font en France, en Hollande, .&presque par-tout ailleurs.
La première Manufacture de Bas au métier, quife soit vue en France, fut établie en 16jó. dans léChâteau de Madrid, au Bois de Boulogne, prèsde Paris, fous la direction du Sr. Jean Hindret.
Ce premier établissement ayant eu un succès con-sidérable, le Sr. Hindret forma en 166Ó. une Com-pagnie , qui , fous la protection Royale, porta laManufacture des Bas au métier a un si haut degré daperfection, que six ans après ( en 1672. ) on érigeaen faveur des Ouvriers qui y travailloient, une Com-munauté de Maîtres Ouvriers en Bas au métier. Onleur donna alors des Statuts, non feulement pourles régler entr’eux, mais encore _ pour empêcherqu’ils ne portassent préjudice a la fabrique des Basau tricot, qu’on regarde toujours comme très né-cessaire pour l’entretien d’une partie considérable dumenu peuplé.
Les Articles de ces Statuts règlent la préparation& la qualité des foies, qui doivent être employéesdans les ouvages de la Bonnéterie au métier, lénombre des brins dont ces foies doivent être com-posées, la quantité de maillés vuides qu’ii doit yavoir aux lisières, la quantité de mailles fur quoi fsdoivent faire les entures, & le poids des Bas defoie pour hommes & pour femmes.
Par ces mêmes Statuts, aucun ne peut être ad-mis a la Maîtrise, qu’il n ait fait apprentissage detrois ans, & servi les Maîtres deux autres annéesen qualité de Compagnon ; qu’il ne sache monterson métier de toutes ses pièces, & le bien entrete-nir ; enforte qu’il n’y ait aucunes coupures, ferru-res , ouvertures, arrachemens, coups de presse, por-tes, & autre travail imparfait, & qu’il n’ait fait lechef d’œuvre.
Ce chef-d’œuvre, qui consiste a faire un Bas defoie façonné aux coins, & par derrière, 6c en tel-le autre piéce ordonnée par les Jurés, fe fait dansla Chambre de la Communauté , & en présence desdits Jurés, & de quatre Maîtres, tant anciens quenouveaux.
Les Fils de Maîtres font exemts du chef-d’œu-vre , & seulement tenus de la simple expérience.
Les Jurés, au nombre de quatre, dont deux s’éli-fent chaque année, veillent a l’obfervation des Ré-glemens, font les visites, & font chargés des de-niers , titres & papiers.
Enfin, la Fête de S. Louis, est celle de la Com-munauté, dont la Confrérie, gouvernée par des Ad->ministrateurs, est établie dans l’Eglife de S. Denisdu Pas. Voyez. Bonneterie, & Bonnetier.
Avant Tannée 1684. les Ouvriers en Basau mé-tier, ne pouvoient travailler qu’enfoie; mais parArrêt du Conseil du 12 Janvier de ladite année,il leur fut permis de faire des Bas, & autres ouvra-ges de Bonnéterie, de plusieurs autres matières, tel-les que font, la laine , le fil, le poil, & le coton j ala charge cependant, que chaque Maître feroit te-nu d’oceuper au moins la moitié de ses métiers aux
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