4oz B ATT. BATZ.
des épiceries ; pour signifier, les pulvériser.
Battre le beurre. C’est agiter tellement dela crème dans une baratte avec la batte, qu’elle s’é-paiffisse , & fe réduise en cette matière grasse & on-ctueuse , qu’on appelle Beurre. Voyez Beurre , &Baratte.
Battre du tan. C’est le concasser, & le ré-duire en poudre, propre a taner les cuirs , en lepilant dans un mortier, ou en le mettant dans unmoulin a tan. Voyez Tan.
Battre en grange. C’est battre des gerbes degrain dans une grange, pour en séparer le graind'avec la paille.
Battre des pieux. Terme de Maçonnerie &de Charpente. C’est les faire entrer en terre avecla machine a sonnettes, qu’on nomme autrementMouton. Voyez Sonnettes, & Mouton.
Battre l’or et l’argent. Terme de Tireurd’or. C’est les réduire en lames. Voyez Ecacherl’or et l’argent:
Battre l’or et l’argent. Terme de Batteurd’or. C’est le mettre en feuille. Voyez Or en feuille.
Battre. En termes de Tisseurs, Drapiers , Tis-serans, Ferandiniers, Gaziers, Rubaniers, & autresOuvriers, qui travaillent de la navette , c’est rabat-tre la chasse, ou battant, auquel est attaché le pei-gne , a fin de serrer les fils de lia tréme, après quela navette a été lancée à travers de ceux de lachaîne.
Battre l’etain. Voyez Batteur d’etain en
FEUILLE.
Battre la chaude. Terme de monnoie aumarteau. C’est étendre fur Penclume avec le mar-teau , qu’on appelle une Masse, les lames d’or, d’ar-gent, ou de cuivre, après qu’au sortir des moules,on les a fait recuire au fourneau. Voyez Monnoya-
GE AU MARTEAU.
Battre du papier. Terme de Papetier. C’estle battre fur la pierre avec un marteau pesant, dontla tête est large & unie, & le manche court, pourle rendre plus égal, plus uni, & plus propre a ré-criture. Voyez Papetier.
Battre un livre. Terme de Relieur. On batles Livres en blanc, quand ils ont été pliés, avantque de les-coudre. Voyez Relieur.
BATTU. Terme de Manufacture. 11 fe dit desdraps , • & étoffes d’or & d’argent, où l’Ouvrier abeaucoup employé de ces métaux, soit traits , soitfilés fur foie. On le dit auífi des tapisseries, quifont relevées d’or & d’argent. Ce brocard est toutbattu d’or. Les tapisseries des Gobelins font battuesd’or & d’argent, mais c’est leur moindre beauté.
Battu , en terme de Tireur d’or. Se dit d’untrait d’or, ou d’argent doré , qui est écache. VoyezTireur d’or.
Du papier Battu , lavé, coupé & doré. Est celuiqui, a reçu du Papetier ces quatre façons. VoyezPapier, & Papetier.
Battu. Argent battu, ou simplement du Bat-tu : c’est en terme de Tireur d’or , ce qu’on appel-le autrement des Lames , c’est-a-dire, du fil d’ar-gent écrasé & applati entre deux roues d’acier po-li. Le Battu est du nombre des marchandises qu’ilest défendu par la Déclaration de 1689. & l’Arrêtdu Conseil de 1691. de faire entrer & apporteren France des pais étrangers. Voyez Argent finfume'.
BATZ, ou BATS. Petite monnoie de billon, c’est-à-dire, d’argent & de cuivre, quia cours dans plu-sieurs Villes d’Allemagne , particulièrement k Nu-remberg. Le Batz vaut 4 creutzers, a raison de 4deniers, ou 8 phenings le creutzer.
Batz. II y a auífi des Batz en Suisse, qui fontdes monnoies aussi de billon, qui y ont cours furdifférons pieds, suivant le plus ou le moins d’allia-ge dont ils font composés. A Zurich , le ' Reich-
BAT. BAU.
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daller, d’environ 5 liv. ou 100 fols de Fran-ce , vaut Batz 28 | , lesquels font plus hautsque les Batz de Suisse ; ( c’est ainsi qu’on nommeceux de Berne, Lucerne & Fribourg ) de forte qu’unBatz de Zurich vaut 3 \ fols de France environ.
Les Batz de Baie, de Schaffouse, de Constance &de St. Gai, sont les meilleurs de tous ; & ceux deBerne , Lucerne & Fribourg., les moins bons ; 9des premiers en valent 10 des autres, & font unelivre. On ne donne que 27 Batz des premiers pourle reichsdaller , ou écu ; & il en faut 30 des der-niers , qui pour cela font nommés communémentdes Batz courts.
Les bons Batz valent id râpes à Baie. Les mau-vais Batz, ou Batz courts, valent une râpe demoins que les bons.
BAU. Le Bau ou Barrot est une des pièces debois , qui étant mises par le travers d’un vaisseaud’un flanc à l’autre, affermit le bordage , & sou-tient le tillac, comme une poutre soutient le plan-cher d’une maison, & qui par sa longueur détermi-ne la largeur du vaisseau, & par sa figure arquéedonne la tonture du pont. Le Bau, qui est dans lemilieu a la plus grande largeur du vaisseau, Rappel-le Maître-Bau, & celui qui est posé fur l’extré-mité de la quille, se nomme Bau-de-cof. Voy. Ancre.
BAUDET. Terme de Scieurs de long. II fé ditdes tréteaux fur lesquels les Compagnons Charpen-tiers mettent leurs bois , pour les scier. VoyezScieur.
BAUDROYER. Ancien terme, qui signifie, Cour-royer, ou préparer les cuirs. Us ne fe disoit quedes cuirs courroyés en couleur.
BAUDROYEÚR. Artisan qui courroye les cuirsde couleur.
Les Baudroyeurs faisoient autrefois a Paris unedes quatre Communautés d’Artisans, qui travail-loient & préparoient les cuirs au sortir de la tan-nerie, & leur donnoient la dernière façon. Ils fontprésentement unis k celle des Courre y eurs, qui acause de cela se qualifient aussi Maîtres Baudro-yeurs. Voyez Courroyeur.
BAUDRUCHE. Boyau de bœuf bien dégraissé& préparé , dont les Batteurs d’or forment les deuxderniers moules, dans lesquels ils battent l’or & l’ar-gent , pour les étendre, & les réduire en feuillestrès minces, propres a la dorure.
Chaque moule de Baudruche est composé de ?oofeuilles. Le premier , qui est le plus petit, s’apelleChaudret. On nomme le second, Grand moule aachever. Voyez Batteur d’or.
^ BAVETTE. Terme de plomberie. C’est une es-pèce de platebande de plomb qui couvre les bords& les devans des chêneaux. Voyez Chesneau. Lesbourfeaux qu’on met au faîte des grands bâtimenscouverts d’ardoifes , pour leur servir d’ornemens,ont aussi leurs Bavettes. Voyez Enfaitement. Voyezaujjt l’Article de la Plomberie ; on y donne le prixde ces ouvrages.
BAUGE. Droguet qui fe fabrique en Bourgogne,avec du fil filé gros, & de la laine grossière.
Cette étoffe doit avoir une demi-aune de largeurau sortir du foulon, & être montée sur des rbts detrois quarts. Voyez Droguet, où il est parlé du Rè-glement de 1718.
* BAUME. Le mot de Baume étoit autrefois lenom d’un arbre qui produit la liqueur balsamique;mais présentement c’est un mot générique , que l’onattribue a plusieurs choses différentes, soit naturel-les , soit préparées par l’art. Dans les Boutiques ondonne le nom de Baume, nonfeulement k la larme duBàumier, que les Grecs appelloient autrefois Opobalsa-mum , mais encore aux sucs résineux, soit liquides, soitdesséchés, qui par leur odeur agréable & par leurvertu approchent un peu de VOpobalfatrium : tels sontles Baumes du Pérou , de Toi u , de Copahu & d’au-
tres.