4§>b
4S9 BOA. BOB.’
ou autres, font souvent des équivoques fur lesnoms, ou mots étrangers , en ne les prononçantpas comme eux. II convient d’autant mieux de sa-voir ceci, qu'on aprendra a prononcer les nomsqui fe trouvent répandus en quelques endroits decet Ouvrage, & que les Holiandois ont donné adiverses Marchandises qui viennent des Indes cha-que année , avec la flotte de leur Compagnie, donteile fait diilribuer des Listes imprimées par toutel’Europe. Quoi qu'il en soit, le fruit de cet'ArbreSoeUmoe , ou Soulamou , des Molucques, est en gran-de estime pour la Médecine dans toute la partieOrientale des Indes, c’est-a-dire , dans la Presqu’îledel'a le Gange, jusques dans la Chine , & dans tou-tes les lies de la Sonde & des Molucques, où l’ony en fait un Commerce, a cause de ses excellentesVertus contre la fièvre, les maux d’estomac, lescoliques, &c. Quantité de gens de ces Païs-la re-gardent ce remède comme utile a bien des maux.
II est étonnant que les Hollandois, qui s’en ferventsi souvent dans ces Iles, ne l’ayent pas fait passeren Europe. Ses vertus font bien au dessus, a cequ’on prétend, de celles de la Fève de St. Ignace ,
5 [iii vient dans les mêmes endroits , & que les Jé-uites Espagnols des Manilles, nous ont fait con-noitre. Voyez, son Article.
Le Boa - Ati est un fruit aplati dès deux côtés,presque rond & marginé sur ses bords, un peu épaisdans son milieu 5 & de la grandeur de l’ongle dupouce, ou quelquefois davantage, échancré d’uncôté & un peu pointu de i’autre ; ce qui le faitressembler à un cœur; auífi c’est ce qui lui .a faitdonner son nom en Malaye ; car Boa veut direfruit, & Ati cœur. Sa couleur est feuille morte ; kle regarder de bien près, quoique sec, on recon-fioit que c’est proprement une capsule a deux cavi-tés , chacune desquelles renferme une semence trèspetite. Enfin son goût est extrêmement amer, sansetre pourtant dégoûtant. La dose est ordinairementune capsule entière ; mais dans des cas graves, onén donne jusqu’a 3 ou 4. Mr. Rumphius , qui a pu-blié en 1*740. a Amsterdam l ’Histoire des Plantes desMolucques , l’áppelle Rex Amaroris, c’est a dire , kRoi des Amers. Les Indiens des Molucques & de laSonde font un grand usage des amers dans la Mé-decine. Cet usage prend assez de cours depuis untin certain teins en Europe , par le conseil des meil-leurs Médecins; mais il y a des amers plus effica-ces les uns que les autres, comme on le voit parle Quinquina. Si le Boa-Ati étoit unè fois connuen Europe, la Compagnie Hollandoife des IndesOrientales retireroit fans doute de cette Drogue dél’avaritagé dans son Commerce , pùisqu’elie possèdeseule le Pais où elle croît , comme de celui des Epi-ceries. II ne convenoit pas mal de la fairé connoi-t're ici, rour faire naître l’occasion d’en avoir unjour en Europe. II y a mille remèdes dans les Paischauds que la nature y produit, qu’on découvretoûjours trop tard. Souvent l’ignorance d’en fairéusage aporté des obstacles au cours qu’ils dévroientavoir.
BOBELIN. Ànciénné chaussure , dont fe fer-voit lé commun du peuplé. Les Savetiers de Pa-ris , qui ont conservé parmi leurs titres la qualitéde Bobelineurs, avoient, exlusivement áux Cor-donniers , ìa permission de faire des Bobelins.
BOBELINEURS, Faiseurs de Bobelins. Ce fontfceux qu’on appelle présentement Savetiers, ainsinommés dans leurs anciens Statuts, du nom d’uneespèce dé souliers, de forme antique, qu’il leurétoit permis de faire. Voyez. Savetier,
BOBINE. Petit morceau de bois tourné en for-mé de cylindre , qui a un rebord a chaque bout,percé pour être traversé d’une menue broche, oupivot de fer; qui sert a filer au rouet, ou a dévi-der du fil, de la laine, du poil, du coton, de laDidion. dé Commercé. Torh. I.
BOB. BOE.
soie, de l’or, de l’argent.
II y a des Bobines de différentes grosseurs & lon-gueurs , suivant les matières qu’on veut filer, oúdévider.
A Amiens, on fe sert ordinairement du termede Buhot, au lieu de Bobine. 11 y a aussi des espè-ces de Bobinés , qu’on appelle Hochets, ou Ro-quets. Voyez. Buhot, & Rochet.
BOBINER. Signifie devider fur la bobine, dufil, de la laine, du poil, du coton, de la foie,de l’or, de l’argent, après qu’ils ont été filés.
BOBINEUSES. Nom que l’on donne, dans lesManufactures , particulièrement dans celles de lai-nages , a certaines femmes, dont l’emploi ordinaire estde dévider fur des bobines, ou rochets, le fil destinépour ourdir les chaînes des étoffés.
BOBORI. Voyez. Coulilavan.
BOCAGE. Nom qu’on donne en général a fou-tes les espèces de linge ouvré, qui fe font en basséNormandie,particulièrement aux environs de Caen.Voyez. Linge.
BOCAL , eh Italien BOCCALE. Mesure desliquides, en usage k Rome. Le Bocal est propre-ment ce qu’on appelle en France une bouteille. IIcontient un peu plus que la pinte de Paris. 11 faut7 J Bocals pour la rubbe, ou rubbia ; & 13Ì rubbeSpour la brente, qui ainsi contient 96 Bocals.
j- A Turin un Boccal fait 2 quartini, 2 Boccali unèpinte , & *736 pintes une brente.
BOCKTNG, ou Bokhing. On nomme en HollandeBokkel-Haring, ce qu’on appelle én France Harengfumé ou foré. La nouvelle Liste ou Tarif de Hollandede 1*727. en distingué de trois sortes , sçavoir lesBockings en général, ceux pêchés les 13 jours aprèsla Chandeleur, & ceux de May, qu’on nomme aussiMeybokking. Ces trois fortes de harengs font francsd’entrée ; a l’égard de la sortie ils en, payent les droitsdiversement, sçavoir :
La première sorte , k raison d’un florin dix sols lélast de 10000 ou 20 pailiis. La seconde sorte 17 s.du même last. Et la dernière sorte, seulement 3 fols.Voyez, cette liste ou tarif k i’Article Liste.
BODINE. On nomme ainsi dans quelques en-droits la quille d’un vaisseau.
BODINERIE, ou BOMERIE. Espèce de Contratqui est en usage sur les côtes de Normandie. C’estune forte de prêt k la Grosse Avanture, qui est affi-né fur la Quille ou Bodine du vaisseau, & où l’onypotéque non seulement le corps du vaisseau, maisencoré les marchandises qui y font chargées. Voyez.Crosse Avanture.
Là Bòdinerié diffère du Contrat d’Ássurance , ehce qu’on ne paye point déprimé , & qu’il n’estrieridû en cas de naufrage , prise d’Armateurs, Pirates ;Corsaires, mais seulement quand il arrive heureuse-ment k bon port; on paye la somme principale avedl’intérêt ou profit maritime stipulé dans ledit Contrat.
II est encore différent du Contrat d’Aíîûrancépour la négative où contestation, en ce que c’est auCréancier de prouver devant les Juges de l’Amiraù-té , que le Navire est arrivé a bon port, pour décla-rer l’obligation de Bodinerie exécutoire, & établirson droit de Créance ; ce qui n’est pas dans les Po-lices d’Assurance, où c’est a l’Assuré de justifier làperte , prise ou naufrage dudit Navire pour son rem-boursement de la chose assûrée.
BODRUCHE. Voyez. Baudruche.
BOESSE , qu’on nomme aussi GRATE-BOES-SE. Instrument de plusieurs fils dé leton , joints en-semble en forme de brosse ronde , avec lequel onébarbe , dans les Hôtels des Monnoies, les lamesd’or, d’argent , & de cuivre, au sortir des moules ;pour les mettre en état d’être passées aù dégrossi &au laminoir. Voyez Monnoyage au Moulin.
Les Sculpteurs ont aussi des Boesses, ou Gratte-boesses, pour adoucir leurs ouvrages lorsqu’ils tra-
X 3 ’ Vaillent