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Caisse. Se dit encore de tout Targent qu’un Mar-chand, Négociant, ou Banquier, peut avoir a sa dis-position pour négocier. Ainsi l’on dit : La Caissede ce Banquier est de iooooo livres, de 200000écus, &c.
Mr. Savary , dans son Parfait Négociant , Liv. 1 .Chap. IV. de"U seconde Partie , fait connoitre que legouvernement de la C alise d une société , est toutce qu’il y a de plus de conséquence pour la fairebien réussir. Comme il donne sur cette matière d’ex-cellentes maximes, on a juge' a propos de les rap-porter ici, telles qu’elles se trouvent en ce chapi-tre , étant très difficile d’en pouvoir donner de plusjudicieuses. Voici comme il s’explique.
D Les Associés doivent partager entr’eux les cho-» ses a quoi ils doivent être employés, tant en l’a-,3 chat, qu’en la vente des marchandises ; à tenir5> la Caisse, & le livre de raison ; & regarder a quoi» su n & Tautre seront plus propres. Celui qui est» d’une humeur active, est plus propre a l’achat &
,3 a la vente , & non pas celui qui î’est moins , &
33 qui aime le repos. C’est pourquoi le plus actif des33 deux Associés doit être employé a l’achat & a la•» vente des marchandises ; & Tautre a tenir le grand» livre de raison, & 1 a Caisse ; parce qu’ayant moins33 de feu, il est plus sage & modéré en la condui-33 te des affaires sédentaires , que s’il avoit plus d’ac-33 tivité.
33 Et en effet, c’est de la conduite & du bon or-3 ) dre de celui qui tient la Caisse & les livres, que33 dépend tout le bonheur de la société ; & cet or-33 dre consiste a tenir des livres fans confusion , de» sçavoir en un moment ce qui est dû, ôt ce qu’on33 doit, & a faire bien solliciter ses dettes.
33 Le plus important de tout , est le gouvernementD de la Caisse, parce que tout dépend de la. Cet33 ordre ne consiste pas seulement.a recevoir , &33 payer ; cela est bien aisé : mais celui qui la gou-33 verne , doit avoir bien d’autres foins j d’ou réíùl-» te tout le bonheur ou le malheur de la société.» C’est pourquoi il doit veiller particulièrement a33 deux choses. La première , qu’il y ait toujours» suffisamment d’argent en Caisse pour payer les let-n tres de Change que leurs Correspondants & Ma-» nusacturiers tirent fur eux , & les billets qu’ils au-33 ront faits pour les lettres qu’on aura fournies ; ou» s’ils tiennent des Manufactures, pour argent prê-33 té , afin d’acheter les matières qui y font propres,33 pour ne pas faire cesser le travail des Ouvriers ,» òù Targent ne doit jamais manquer.
33 Secondement , de faire solliciter les débiteurs,« parce que si Targent de la Caisse s’est écoulé par« les payemens qui ont été faits pour Tâchât des mar-.» chandiíes, il faut qu’il revienne, & qu’elle se rem-A plisse par le moyen de la vente qui s’en fait ; Tar-» gent étant un mouvement perpétuel d’écoulement» & de retour.
33 Enfin, celui qui tient la Caisse, est comme un» bon Pilote, qui doit prévoir tous les orages qui33 peuvent survenir pendant le cours de la société ;33 particulièrement quand Ton tient des Manufactu-33 res de marchandises sujettes a la mode, comme33 des étoffes façonnées, qui font au caprice du mon-33 de, dont le débit ne íe fait pas toujours en tout33 tems. Par exemple, ceux qui font commerce de33 draps d’or, d’argent & foie, façonnés, & des33 points de France, s’il survient des deuils causés33 par la mort des Princes & des Rois , éprouvent33 que la vente cesse ; il ne faut pas laisser de payer33 ce qu’on doit, & d’entretenir les Manufactures,33 qui ne doivent pas cesser pour cela.
3) C’est un tems bien fâcheux pour ces fortes de33 Négocians , car les marchandises demeurent fans33 mouvement dans le magasin ; les Débiteurs , qui33 font Marchands en détail , ne peuvent payer ces qu’ils leur doivent, parce que leur commerce a
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3 ) auffi cessé ; leurs Créanciers veulent être satisfaits ,
33 ainsi la Caisse demeure stérile & fans fonds.
33 Quand ces tems la arrivent, c’est a celui qui33 tient la Caisse d’avoir des ressources pour trouver33 de l’argent.
v II y en a de trois fortes. La première, ceux33 qui doivent a la société ; la seconde, la place ; Óe33 la troisième , les amis particuliers.
33 II ne faut pas faire beaucoup d’état des Débi-33 teurs, parce qu’ils ne peuvent payer, par la même33 raison de cessation de leur commerce; c’est un tems33 où ils doivent .être traités doucement, pour ne les33 pas réduire à faire faillite.
33 Le crédit de la place est incertain , parce qu’il33 dépend du caprice des hommes ; ainsi jl ne faut33 pas tout a fait s’y attendre.
33 La plus grande ressource est celle des amis33 particuliers , qui font puissans en argent, qui n’en33 refusent pas quand ils y trouvent leur íûreté.
33 Toutes les considérations ci-dessus représentées,33 que doit avoir un Caissier pouf la manutention du33 commerce, l’obligent de pourvoir de bonne heure33 a toutes choses, pour n’être pas surpris ; & pour33 cela, Tordre qu’il doit tenir, est d’avoir toujours33 devant les yeux un carnet, ou bilan des Débiteurs33 & Créditeurs de la société, k l’effet de connoitre33 Tétât des affaires, soit pour solliciter les dettes ac-33 tives, ou renouveller les billets des passives, lors-33 que le tems du payement est échû. Et en cas que33 le fonds manque, il faut être diligent dans Tun &33 dans Tautre, & prendre soigneusement garde, si33 ceux a qui Ton prête les marchandises, font ponc-33 tuels au payement; & s’ils font sages & prudens33 dans leur négoce, pour ne pas s’engager impru-33 demment a ieur trop prêter; car il est important» de connoitre le sujet sur lequel on agit.
33 Celui des Associés qui a la Caisse, doit savoir,33 que s’il est négligent en la sollicitation des dettes33 actives, il fait deux notables préjudices a la société,33 qui ne se peuvent réparer : Le premier, qu’un33 Marchand est bon aujourdui , & ne le sera peut-33 être pas demain, & qu’il peut faire faillite par quel-33 que disgrâce imprévue, qui emporte une partie du33 profit que peut avoir sait la Compagnie -. Le se-33 cond, que n’ayant point d’argent en Caisse, s’il en33 faut emprunter, les gros intérêts que la Compa-33 gnie paye, achèvent d’absorber tout le profit, &33 bien souvent le fonds capital.
33 Je me fuis un peu étendu ( c’est toujours T Au-teur du Parfait Négociant ) fur les foins & Tordre33 que doit avoir un Caissier ; mais comme c’est là33 boussole & le gouvernail d’une société , pour la33 manutention du commerce, j’ai cru qu’il étoit très33 important d’en donner les préceptes que j’ai mar-33 qués ci-dessus, afin que les jeunes gens puissent33 apprendre a se bien conduire dans le, gouverne-33 ment de la Caisse.
Caisse de Crédit. C’est une Caisse établie enfaveur des Marchands Forains qui amènent a Pa-ris des Vins & autres boissons.
Le premier établissement de cette Caisse est dumois. de Septembre 1719. L’Edit porte que les Mar-chands Forains & autres, pourront y recevoir fur lechamp le prix de leurs vins & boissons, & y pren-dre crédit, moyennant six deniers pour livre de re-mise , sans néanmoins que ceux qui n’y prendroientpoint de crédit, pussent être tenus de payer aucunechose de ladite remise.
La nouvelle Caisse trouvant peu de faveur parmiles Marchands de vins, dans l’espérance de ranimerson crédit, il fut donné un Arrêt du Conseil le 4Avril 1722. & ensuite des Lettres Patentes fur ice-lui le 28 Juin , enrégistrées a la Cour des Aydes le14 Aout de la même année ; mais tout cela n’étantpas encore suffisant, il parut enfin un second Arrêtdu Conseil du 27 Septembre 1723. qui explique
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