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Tome 1.
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7 r p C A S X.

les vents. Je ne sai pas encore quelle est la plantequi fournit cette racine. Cassummuniar est un motinventé qui lui a été donné par quelque MédecinAnglois, pour cacher cette plante.

CASTAGNETTE. Etoffe de soie, de laine, &de iil, qui se fait par les Haute-listeurs de la Sayet-terie d’Amiens. Este est croisée des deux côtés , &doit se faire suivant l’article 173 des Réglemens deïó66. de 41 buhots, 32! portées ; & avoir de lar-geur entre les deux gardes, un pied & demi deRoi , fur 2x5 aunes hors de l’estille, pour revenirapprêtée a 20 aunes &|, ou 20 aunes &§.

CASTALOGNE, ou CASTELOGNE. Couver-ture de lit, faite fur le métier des Tifferans avec dela laine très fine. Mr. Furètiére , & âpres lui Mr.Corneille , prétendent que ce nom vient de Cafta-lana,qui signifie la toison des agneaux, dont ces sortesde couvertures, a ce cp.fi ls disent , ont coutumed'être fabriquées. Mais les Maîtres Couverturiers,fans chercher tant de rafinement dans l’étymologiedu mot de Castalogne, croyent que ces couvertu-res , qui fe font prélentement presque toutes enFrance , ( les meilleures viennent de Montpellier )y ont esté imitées de celles qui fe fabriquoient autre-fois a.Barcelone, & dans plusieurs autres Villes de laCatalogne; & il fe trouve encore quantité de ces Ar-tisans , qui leur conservent leur ancien nom de Cata-logues. T oyez Couverture de Lit.

7 Les Caftalognes payent en France les drits dsenvuréefur le pied de 6 liv. la douzaine ; Úf ■ ceux de sortie ,comme mercerie, F es-d-dire , 3 siv. du cent pesatit ; amoins qu elles nayent été déclarées , pour être envoyéesà t Etranger ; auquel cas, suivant L Arrêt du Z Juil-let 1Ó92. elles ne payent que 2 liv.

* CASTILLAN. Monnoie d’or, qui a cours enEspagne. Le Castillan vaut 14 réales & 16 deniersou quartos ; ou 3. liv. 10 sols , monnoie de France,fur fancien pied. Aujourd’hui 14 réales valentenviron 5. liv. ij f. de France,,sor le pied de 40réaux la pistole.

Castillan."C’ est aussi un poids dont on fe serten Espagne , pour peser l’or. C est la centième par-tie d’une livre , poids d’Efpagne, qui est environd’un 7 e par cent plus foible que la livre poids demarc de Paris, dont 100 en font 106 § d’Efpagne.

II faut jo Castillans pour le marc, 6 Castillans &

2 tomins pour fonce ; 8 tomins font le Castillan :chaque tomin est de 12 grains, & le carat de 4grains.

Le Castillan est pareillement en usage à Buenos-Ayres , dans les mines du Chily & duPotosi, &dans tout le reste de f Amérique Espagnole.

Ce qu’on appelle ordinairement un poids d’or enEspagne, s’entend toujours du Castillan. Ainsi quandon dit, Dix mille poids d’or , c’est comme si l’ondisoit, Le poids de dix mille Castillans d’or.

CASTINE. C’est un minéral, ou plutôt une espè-ce de terre particulière, qui fe rencontre mêlée avecla mine de fer.

II fe trouve beaucoup de Castine dans les minesdu Nivernois, où l’on prétend qu’elle est d’une trèsgrande utilité pour la fonte du fer. Quelques-unslui donnent aussi le nom de Terre-pierre. Voyez Fer,■à Vendroit oh il est parlé de la maniéré de le fondre.

CASTOTGNÊAU , ou CASLOIGNEAU. Petitpanier dans lequel on met quelques espèces demarchandises.

CASTONADE. Voyez Cassonnade.

* CASTOR, ou BIEVRE. Animal amphibie ,a quatre pieds , qui vit tantôt fur terre , & tantôtdans l’eau. II y en a néanmoins qui ne viventpoint du tout dans l’eau, & qui n’y vont que pourboire , comme le reste des animaux terrestres ; fe fai-sant des trous & des tanières, comme les lapins &les renards : ceux-ci Rappellent Castors paresseux ,ou Castors de terré.

CASTOR. y6o

-j- Comme les Castors ne vivent que de poissons ,ils fe tiennent ordinairement fur les bords des riviè-res qui en abondent, dans des endroits peu fréquen-tés , & où les barques ne peuvent pas passer. Dansle printems, tous ceux d’un même quartier fe ramas-sent , fe joignent par couples, & vont en corps a lachasse de leurs semblables ; ceux qu’ils peuventprendre , ils les conduisent dans leurs cavernes , ouils les font servir comme des esclaves. Us coupentavec leurs dents des arbres entiers, qu’ils taillent en-suite en petites pièces, chacune d une certaine lon-gueur , portent ces matériaux dans leurs habitations,où ils en composent des apartemens pour eux-mê-mes , & des loges pour contenir les provisions qu’ilsfont en Eté. C’est ce que nous aprenons du Voyagede Moscou à la Chine de Mr. Ever. Ishrants Ides ,Ambassadeur de Moscovie en 1692. inféré dans leTom. 8. du Recueil des Voyages au Nord.

■f Les Russes & les Ostiakes, ajoute ce Voya-geur , qui vont a la chasse de ces animaux, n’enlé-vent jamais tous ceux d’une même caverne, mais ilsy laissent toujours un mâle & une femelle, áfin depouvoir en retrouver d’autres au même endroit sati-née suivante.

Depuis que les François fe sont établis en Cana-da , on est bieft revenu de tout ce que l’Antiquitéavoit cru & débité de fabuleux du Castor : & l’on aappris par un nombre infini d’expériences, non feule-ment que cet animal s’apprivoife, comme la plupartdes autres animaux, contre f opinion de plusieursModernes; mais aussi qu’il n’est rien de cet instinct,de fe mutiler d’une partie de lui-même, pour fe sau-ver des Chasseurs , (que presque tous les Anciens luiont attribué , ) 'a la réserve toutefois de Pline , quidit tout le contraire , quoique M. Furetiére l’ait cité,comme s’il avoit été de Cette opinion.

f Les plus gros Castors ont 3 ou 4pieds de long,fur 12 ou pouces de large , au milieu de la poitri-ne , & depuis une hanche jufqu’a l’autre. Ils pèsentordinairement depuis 40 jufqu’k 60 livres. La tête decet animal a la figure de celle d’un rat de montagne;son museau est long ; ses mâchoires sont presque éga-les, très fortes, garnies chacune de dix dents, gran-des & tranchantes , deux incisives, & huit molaires;elles sont bien enracinées, & elles fuiventl a courburedes mâchoires, ce qui leur donne une force prodi-gieuse ; aussi le Castor abat-il avec ses dents de grandsarbres; il est a remarquer que ces dents ne sont pasdirectement opposées, mais qu’elles passent les unespar dessus les autres, étant disposées à agir à la ma-nière des ciseaux. Ses yeux sont fort petits ; sesoreilles sont courtes, rondes, velues par dehors &fans poil par dedans; son corps est court & massif,couvert de deux fortes de poil, ordinairement brun,luisant, quelquefois noir, rarement blanc ; le poilde dessus est long d’un pouce & demi, jufqu’a 2 pou-ces , & il diminue en longueur en approchant de latête & de la queue ; c’est le moins doux au toucher ,& le plus luisant : il est délié comme des cheveux;le poil de dessous est une espèce de duvet très fin ,& très serré , long d’environ un pouce; il garantitl’animal du froid, & sert a faire des chapeaux & au-tres ouvrages ; les ouvriers le nomment impropre-ment laine de Moscovie. Sa queue n’à point de rap-port avec celle d’un animal terrestre, elle approchebién plus de lâ nature du poisson ; elle est longued’environ un pied, fans poil, étant couverte d’unepeau écailleuse, fous laquelle on trouve une graisseferme, qui ressemble assez k la chair du Marsouin;ses écailles sont épaisses comme un parchemin.

Le Castor se sert de fa queue, non feulement pournager ávec l’aide de ses pattes de derrière , mais en-core elle lui sert de batoir, de truelle, & d’auge kpréparer & potier le mortier quand il veut maçon-ner & bâtir son logement, qui a quelquefois deuxou trois étages. Ses jambes font courtes, & cou-vertes

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