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Tome 1.
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K 79 CHAT. CHAH.

jninuer, en ôtant quelques-uns des morceaux debois qui les composent. Les Ordonnances de laVille défendent de châtrer les fagots & cotterets.Voyez. Fagot, & Cotteret.

On dit aussi, en terme de commerce de foin ,On A T Rt. R des bottes, de foin.

Châtrer.. Se dit encore des ruches des mou-ches a miel ; pour dire , en tirer une partie desgauffres, ou rayons de miel .Voyez. Miel, & A-

BEJT.LE.

CHAUDE. Voyez. Battre la Chaude , ouMonnoyage.

Chaude. On dit en terme d’Orfèvre : Donnerune Chaude a la besogne ; pour dire, Mettre lemétail au feu a chaque fois qu'o n le veut travail-ler fur l’enciume.

Chaude-suante. On appelle , en terme de Ser-rurier , Donner une Chaude suante à un morceau defer, le chauffer si fort, qu’il commence à fondre ,én sorte qu’il dégoûte en le tirant du feu.

Chaude. Est encore un terme en usage dansles Verreries, peur signifier une certaine quantitéde matière propre a faire des verres, que les Ver-riers mettent tout k la fois en fusion, & qu’ils con-somment aussi tout de suite. Ainsi l’on dit : On a faitun millier de verre d'une telle Chaude, pour dire,d’une telle quantité de matière cuite. Voyez. Ver-RER'E.

CHAUD ERET. Les Batteurs d’or nomment ainsiJe troisième moule de ceux qui leur fervent à éten-dre l’or & l’argent, fin ou faux. U est composéde 700 feuilles ou morceaux de boyaux de bœufbien dégraissés & préparés, qu’en terme de l’art onappelle Baudruche. Voyez Batteur .d’or.

CHAUDERON. Utencile de cuisine, ordinaire-ment de cuivre, avec une anse de fer mobile , parlaquelle on le suspend fur le feu a une crémaillère,fi y a k Paris une Communauté considérable desArts & Métiers, qui en a pris son nom. Voyez ci-àprès Chauderonnier.

Les Chauderons de cuivre , ou ct airain , payent enFrance f es droits de sortie fur le pied de batterie d’ai-fain pf de cuivre, c’est-à- dire, 40 fols du cent pesant.

Chauderon. C’est aussi une grande mesure donton fe sert-en Angleterre dans le commerce du char-bon de terre ; elle contient 36 boisseaux. VoyezCharbon de terre.

CHAUDERONNERIE. Marchandise de chau-dières, chauderons, & autres utenciles de cuivre,qu’on nomme aussi Dinanderie. La Chauderonneriefait une partie du commerce de la Mercerie. Voyezt Article suivant. Voyez aussi Mercerie, C^Dinan-derîe.

CHAUDERONNIER. Celui qui fait & qui venddes chauderons, & autres utenciles, & batteriesde cuisine.

La Communauté des Maîtres Marchands du mé-tier de Chauderonnerie , batterie, & dinanderie dela Ville de Paris, est ancienne, & avoit des Sta-tuts bien avant íe Régne de Charles VI.

Sous ce Régne , ils en demandèrent la revision ,reformations & augmentation, au Prévôt de Paris,& aux Ossiciers du Châtelet, qui leur furent accor-dées par une Ordonnance du 12 Octobre 1420.

Ces Statuts furent depuis confirmés , & aug-mentés d’un nouvel article par Lettres patentes deCharles VIII du mois de Septembre 1484. Et en-fin trois articles y furent encore ajoutés par autresLettres patentes de confirmation du Roi Louis XIIdu mois d’Aout 1614. lues, publiées, & enrégistréesau Châtelet le 16 Acut suivant.

Tous ces articles, tant anciens , que nouveaux,font au nombre de 34, dont les prinemaux règlentce qui concerne les Jurés, les Aprentífs , les Cour-tiers , & les Marchands forains.

Des quatre Jurés qui ont foin des affaires de la

CHAUDERONNIER. 882

Communauté , & qui font chargés des visites chezles Maîtres, deux font élus par chaque année ; enforte que chacun reste deux ans en Charge.

Les Maîtres peuvent avoir jufqu’k deux Apren-tifs, qu’ils ne peuvent obliger a moins de six ans ;& les Aprentífs ne peuvent être reçus a la Maîtrise ,qu’ils n’ayent fait Chef-d’œuvre.

Les deux Courtiers de la Communauté font élûsa la pluralité des voix, & font tenus d’avertir lesMaîtres, de la venue des Marchands forains : ils nepeuvent être Marchands & Courtiers ensemble ; c’est-a-dire, rien acheter pour eux desdites marchandi-ses : leurs salaires font réglés par les 24 & 25 e Ar-ticles.

Enfin, il est défendu a tous Marchands forains .& autres , s’ils ne font Maîtres de la Communauté ,de vendre, débiter, ni distribuer en la ville & faux-bourgs de Paris, aucune marchandise du métier deChauderonnerie & Batterie, si ce n’est en gros , &au dessus de la somme de 40 livres.

Chauderonnier au siflet. On nomme ainsien France, les Chauderonniers des Provinces, par-ticulièrement d’Auvergne , d’où il en vient la plusgrande quantité, qui courant la campagne, leurpetite boutique, & leur bagage fur le dos, fe fer-vent d’un lìriet a l’antique , pour avertir les Habi-tans des petites Villes & des Villages où ils cassent,de leur apporter aracommoder ies utenciles & bat-teries de cuisine, de cuivre, ou de fer, qui en ontbesoin.

La plupart de ces Chauderonniers ne font que levieux j il y en a pourtant quelques-uns qui ven-dent du neuf ; mais ceux-ci, pour l’ordinaire, ontdes chevaux de somme chargés de grands paniersd’osier, où ils mettent leurs Marchandises, & leursoutils.

II est défendu a tous ces Chauderonniers coureurs,de siffler, & de raccommoder les ouvrages de Chau-deronnerie k Paris, & dans les autres Villes du Roy-aume où les Chauderonniers sont en Corps de Ju-rande. A l’égard de ceux qui vendent du neuf, ilsy sont traités comme Marchands forains. Voyezl’Article précédent.

Le Sillet des Chauderonniers est la Fijlula desAnciens , c’est-a-dire, un instrument composé deplusieurs tuyaux inégaux, ordinairement de sept;tel que les Poètes, les Peintres, & les Sculpteursont coutume de représenter la flûte du Dieu Pan.

Les outils, instrumens, & machines des Chaude-ronniers, sont, la Forge, où ils n’employent quedu charbon de bois, celui de terre n’étant pas pro-pre k chauffer le cuivre ; le Soufflet, avec fa chaîne6c fa poignée; un Fourgon pour la forge ; un Crois-sant , pour retirer la braise ; des Pinces, pour chauf-fer le cuivre ; une Enclume, un Enclumeau , unegrande Bigorne, une Boule, ou enclume ronde ;une Bigorne d’établi; divers Marteaux, entr’autres, leMarteau rond, le Marteau a panne, le Marteau pourplaner, le Marteau k river , & d’autres pour percer,& pour mettre des oreilles aux chauderons , & desqueues aux calíerolles ; une grande Poêle de fonte,une Cuillier a fondre, une Corde a étamer , gar-nie de ses poids ; trois sortes de Grattoirs ; le Gou-pillon , ou Etoupe a étamer ; le Bouchon , pourrendre les pièces nettes ; des Cisailles, grosses, pe-tites , & moyennes ; des Poinçons de plusieurs for-tes , une Cloutiére , un Maillet de bonis , plusieursfers a souder, les uns de cuivre, pour le cuivre, &les autres de fer, pour l’étain ; la Planche a souder,le Poêlon k poix-résine, la Boète au borax, l’E-cuelle au zinc, & au sel ammoniac; enfin le Toura tourner les Chauderons.

Les Chauderonniers qui courent la campagne jne travaillant point en neuf, n’ont besoin cfue d’unepartie de ces outils,& encore des moins considérables;mais comme, outre le raccommodage des vieux

utenci-