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éïé mis, suivant l’Ordonnance de 1687.
Toutes Les Provinces du Royaume ne font pasn 'anmoins également propres pour y élever desChevaux, ou pour y en élever de la même espèce ;les unes, par leur fol trop aride, & fans pâtura-*'ges, n’y en pouvant nourrir preí'qu’aueun ; & lesautres, suivant Leur différent degré d’abondanced’herbages ; ne produisant, celles-ci, que des Che-vaux de portage ; & celies-la, que des Chevauxde tirage.
En général, les Provinces de France, qui s’éten-dent le long des cotes de la mer Occane, depuis lafrontière de Bretagne jusques fur la Garonne, fontplus propres pour Les Chevaux de tirage ; 6c au con-traire , le Haut-Poitou , la Xaintonge, l’Auvergne ,la Franche-Comté, & quelques autres, le font da-vantage , pour les Chevaux de portage.
On va entrer dans un plus grand détail fur cette/ matière ; & l'on espère qu'il paroîtra également utile& curieux.
Toutes les Provinces de France, où l’on peut éle-ver des Chevaux, & où les haras du Roi ont étéétablis en conséquence de i’Arrêt du Conseil d’Etatdu 17 Octobre 1665. qu’on a cité ci-devant, & qu’onpeut voir ci-après, a l’Article des Haras , font detrois sortes.
Les unes ont un terroir fort gras, & par consé-quent très abondant en herbages & en pâturages ;comme la Balse-Normandie, la Bretagne, le Bas-Poitou, le Pays d’Aunis, & i’Alface.
Les autres font d’un terroir maigre 6c sec ; com-me la Généralité d Alençon, & les Provinces deTouraine, d'Anjou, du Maine, du Limousin, & deXaintonge.
Quelques autres tiennent lemilieu ; comme les Gé-néralités de Paris & de Soissons, les Duché 6c Com-té de Bourgogne, le Gouvernement de Calais, laGénéralité de Rouen , l’Auvergne , le Haut-Poitou ,la Bresse, le Morvand, le Bourbonnois , 6c le Berry.
Les Provinces dont le terroir est gras, produisentdes Chevaux propres aux carrosses, au tirage, 6caux voitures.
Celles où le terroir est maigre, fournissent desChevaux fins , pour les écuries du Roi, pour lesGens de qualité, 6c pour le manège.
Enfin , les Provinces qui tiennent le milieu, don-nent des Chevaux propres pour la Gendarmerie, lesChevaux-légers, les Gardes du Corps, & autre Ca-valerie de la Maison du Roi, auffi-bien que pour laCavalerie légére , 6c les Dragons.
Dans toutes ces Provinces, on compte plus de200000 Cavales marquées a la marque Royale ; 6cpar conséquent estimées propres k porter de beauxpoulains, des différentes espèces dont on vient deparler.
A l'égard du produit annuel 6c total des poulains,qui naissent de la monte d’un si grand nombre de ju-mens, il n’est pas certain ; dépendant du plus ou dumoins qu'il y a eu de ces Cavales présentées pourêtre saillies par les Etalons. On croit néanmoins,par estimation , qu’il peut aller depuis 70000 jusqu’a70000, desquelles faisant une année commune, onpeut les réduire a 60000 par an ; ce qui pourtantne doit s’entendre que des poulains qui sortent desCavales marquées, 6c qui ont été saillies par les Eta-lons du Roi, 6c par les Chevaux approuvés ; .y -ayantbeaucoup d'autres jumens & Etalons, de la racedefquels on fait peu de cas, 6c qui n’entrent pasdans les états que les Commissaires départis dans lesProvinces, pour veiller aux haras, font tenus d’endresser, 6c de remettre tous les ans a l’InspecteurGénéral, lorsqu’il fait sa tournée 6c ses visites.
Pour donner une idée du nombre des poulainsqui naissent par année dans chaque Généralité duRoyaume , 6c faciliter en même tems aux Marchands■de Cheyaux, les achats qu’ils veulent aller faire
CHEVAL. cjoB
dans les Provinces, on va ajoûter ici un extrait dol’état général qui en fut dressé en 1690. qu’on peutregarder comme le plus exact, qui eût été fait jus-ques alors, 6c qui apparemment aura servi de mo-dèle a ceux qui auront été faits depuis, si la situa-tion des affaires de la France l’a pû permettre.
II faut seulement remarquer, que dans cet Etaton 11’a point employé la Généralité de Paris, niles Départemens d’Alsace, de Toulouse, 6c du Lyon-nois, parce que les Gardes - étalons du Roi n’yavoient tenu aucun Régistre, 6c que les Commis-saires n’y avoient pas fait de visite ; ce qui néan-moins pour la monte des Cavales de 1690. pouvoitaller a plus de 10000, 6c pour le produit des pou-lains de la monte de 1689. environ a 7000: ce quiétoit auffi arrivé aux Gardes des Chevaux approu-vés , c’est-a-dire, des Etalons qui n’appartenoientpoint au Roi, mais que les Commissaires avoientmarqués ; ce qui montoit encore k près de 4000pour les Cavales saillies, & de 2000 pour les Pou-lains ; ensorte que le total de la monte de 1690.approchoit de 67000 Cavales; 6c le produit desPoulains nés de la monte de 1689. a plus de 44000.
Une autre remarque qu’on doit faire, est, quepour ne point tronquer cet Etat, on y a laissé cequi concerne le nombre des Etalons du Roi, 6cdes Chevaux approuvés, qui se trouvoient alors dansles haras de France ; quoique cette matière sembleplus regarder l’article des haras en particulier, quecelui des Chevaux en général.
ETAT DE LA VISITE GENERALEfaite en 1690. dans les Provinces ok font établisles Haras du Roi.
Généralités , ou
Etalons
Chevaux
Cavales
Poulains
Départemens.
du Roi.
approu-
couver-
nés en
vés.
tes en
i6?o. de
1690.
la monte
de 1689.
Gêner, de Paris,
70
Dép. d’Alsace,
42
Toulouse ,
12
Lyon,
20
Duché de Bour-
-
gogne ,
278
6074
3675
Franche-Comté,
30
93
8600
ÓOOO
Soissons,
95
25
3477
2796
Gouvern. de Ca-
lais 6td’Ardres,
23
4
1617
1122
de Rouen ,
43
10x3
474
d’Alençon,
68
870
945
de T ours
7 2
938
764
de Poitiers,
IOI
3879
2267
Départ.d’Aunis,
107
920
781
Evêché de St.
Paul de Léon,
40
115
7200
6700
deTréguier,
40
IXO
1897
1666
Génér. de Caen,
58 ,
1.087
800
Bas Poitou,
122
3986
3295
Comté Nantois,
29
780
466
Départent, de
Xaintonge ,
26
343
172
Gén. de Limo-
ges,
56
1094
877
Baffe Auvergne, '
1791
631
Haute Auver- 5
. 147
gne, J
1237
826
Gén. de Bour-
bonnois ,
47
1230
778
deNivernois
ôi Morvant,
40
784
636
Gén. de Berry ,
66
860
74a
de Bresse,Bu-
gey 6c Gex,
26
29
1600
1386
1636 376 51071 37377
On