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Tome 1.
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chers , qui n’y trouvent des Criquets, ou comme «1»les appelle , des Portechoux, pour le commerce desherbages qu’ils viennent vendre tous les matins auMarché aux poirées de Paris ; n’y ayant point deforte de Chevaux dont ces deux Marchés du Mécre-di & du Samedi ne soient toujours abondammentfournis.

II y a a Paris deux fortes de Courtiers pour lecommerce des Chevaux ; les uns pour faire vendre& acheter les Chevaux que les Marchands & Ma-quignons tiennent dans leurs écuries , ou ceux dontles Bourgeois veulent fe défaire fans les envoyer auMarché ; les autres ( qui ne manquent pas de fetrouver à ce Marché tous les jours qu’il fe tient )pour s’entremettre des ventes & des achats qui s’yfont.

Aucuns de ces Courtiers ne font en titré d’Office;aussi n’y a-t-il rien de fixe pour leur droit dé, courta-ge ; leur salaire dépend de la bonne volonté & de lalibéralité de ceux qui veulent bien s’en servir; & per-sonne n’est obligé d’employer leur entremise pourl’achat ou vente des Chevaux.

II est vrai que dans la création générale des Officesde Commissionnaires & de Courtiers, faite fous le Ré-gne de Henri III, & renouvéllée fous celui de HenriIV, les Courtiers Commissionnaires pour la marchan-dise de Chevaux ne furent pas oubliés; mais ils furentde ceux a l’égard defquels les créations n’eurent pasde lieu ; & le courtage des Chevaux, particulièrementpour Paris , est toujours demeure' libre, & s’en mê-le qui veut.

De ces deux fortes de Courtiers de Chevaux,dont on vient de parler, dont les uns font, pourainsi dire , pour la Ville , & les autres pour le Mar-ché, ceux de lâ Ville font des espèces de gens quife connoissent en Chevaux, Ou qui font du moinsaccroire qu’ils s’y connoissent, qui fréquentent lesEcuyers & les écuries des grands Seigneurs, ou mê-me les Cochers & les écuries des autres personnesde la robe & de la bourgeoisie qui ont équipage,qui leur indiquent ou il y a chez les Marchands, ouailleurs, des Chevaux qui leur conviennent, soit pourdes attelages entiers, soit pour les appareiller , lorf-qu’il leur en manque quelques-uns; &a qui, quandles marchés réussissent, le vendeur & l’acheteur fontquelque gratification convenable au service qu’ils ontrendu.

Les Maîtres Maréchaux fe mêlent auffi le plussouvent de ce courtage ; & leur droit ordinairementréglé par lissage, est d’un sol par livre du prix desChevaux, que leur paye le Marchand ou Maqui-gnon, sans compter ce que leur donne le Bour-geois , qui est rarement instruit de cette conventionfecrette.

A l’égard des Courtiers du Marché, ce ne fontque de jeunes gens qui y font assidus, & qui s’in-forment des vendeurs & des acheteurs qui y vien-nent , de la qualité des emplettes qu’ils veulent faire,ou des Chevaux qu’ils Veulent vendre ; tâchant def tire conclure quelque marché, afin de tirer des unsou des autres quelque salaire. Ce font auffi eux quimontent & essayent les Chevaux; & Ce petit com-merce, quand ils sont un peu accrédités, he laissepas de leur apporter des profits assez considérablespour s’y enrichir, & devenir ensuite Courtiers de laVille, qui est la plus grande fortune de ces fortesde gens,

Au reste, il est bort de remarquer que le Mar-ché aux Chevaux de Paris est entièrement franc , &que les Marchands n’y font teniis d’aucuii droit, quelqu’il puisse être.

Une seconde remarque est, qu’outre les droits vo-lontaires de Courtage, qui fe payent a ces deux sor-tes de Courtiers, il s’en est encore établi un autre ,auquel il n’est plus loisible de manquer, qu’on ap-pelle le Droit du Cocher, qui fe paye par CeluiDiElion. de Commerce . Tortn I»

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qui vend, au Cocher de celui qui achète ; & aucontraire par celui qui a acheté, au Cocher de celuiqui a vendu, lorsque ce sont des Chevaux bourgeoisdont le marché a été conclu.

Des Chevaux étrangers.

Les raisons rapportées ci-dessus empêchant quéles ChevaUx François ne soient présentement suffi-sans, soit pour la remonte de la Cavalerie de Fran-ce, soit pour les équipages de l’Artillerie & des Vi-vres ; ou pour ceux des Officiers Généraux & parti-culiers des armées du Roi, dans les temsde guerre;soit enfin pour les attelages des carrosses & charret-tes , ou pour la selle & la somme, en toutes sortesde tems ; on a souvent besoin d’avoir recours auxEtrangers, & de faire venir des Chevaux pour cesdifférais usages, de presque tous les Royaumes &Etats de l’ËUrope où l’on en éléve, & où les harassont communs.

Les lieux d’où l’on en tire davantage sont, l’EÍ-pagne , l’Angleterre, la Flandre, la Hollande, prin-cipalement la Nort-Hollande & la Province de Fri-se ; une partie de l’Allemagne , la Suisse, le Dan-nemarc, & l’Italie, sur-tout le Royaume de Naples.

On volt auffi en France des Chevaux Barbes ;Turcs, & Arabes , mais ceux-ci sont plus rares ; ladifficulté de 1’embarquement pour les uns, la lon-gueur du voyage pour les autres, les grands droitsqui se payent pour tous, lorsqu’ils sortent de l’Em-pire Ottoman, & les avanies où sont exposés ceuxqui entreprennent d’en faire venir des voitures, ymettent des obstacles presque insurmontables.

ss Les Chevaux d’Egypte sont naturellementbeaux & beaucoup plus gras que ceux de Barbarie.Les pâturages abondans de l’Egypte qu’ils ont pen-dant plusieurs mois de l’année , contribuent a cettedifférence.

f II y a en Egypte de deux fortes de Chevaux.Les uns sont Arabes, & s’appellent Chevaux Turcs ;les autres sont des Chevaux du pais. Les premierssont les moins beaux, & cependant les plus chers ,parce qu’ils ont plus de vitesse & de feu; qualitéque les Turcs estiment infiniment dans ces animaux.Les Chevaux d’Egypte au contraire ont beaucoupde mine, de taille & de fierté ; mais ils sont ordi-nairement mous, & fans feit ; défaut qui leur estcommun avec la plupárt des Chevaux élevés & nour-ris comme eux dans les plaines, & dans les payschauds. Ils peuvent passer pour de fort beaux Che-vaux de parade ; mais ils ne sont pas de servicedans les pays de boues ou de montagnes. Cepen-dant malgré cette mauvaise réputation qu’ils ont enTurquie, On ne laisse pas d’en envoyer beaucoup aConstantinople, où les Bachas en font passer detems ën tems.

-f Quoique les Cheváux soient très communs eiiEgypte, c’est peut-être cependant l’endroit du mon-de , où il est plus difficile d’en trouver de passables,dans l’âge où ils sont en état de rendre service. Décent Chevaux au dessus de 5 ans, il y en a plus dé90 brûlés ou estropiés. Les Chevaux ne sont pasplutôt entrés dans leur quatrième année, que lesTurcs les montent, & que les poussant a toute bri-de , suivant leur mauvaise coutume, ils les arrêtentpar des saccades. Tel est l’exercice de tous les Turcs,au moins deux fois la semaine. Ils ruinent ainsi unCheVal ën très peu de mois. Les jambes leur devien-nent enflées, foiblés, mêmes tortues & contrefai-tes. Le remède dont on use pour les guérir, ou lesfortifier, est de leur brûler les jambes en dedans &ën dehors ; en sorte qu’on volt de beaux Chevauxdéfigurés & estropiés de la plus cruelle maniéré dumonde.

-f Cependant ces Cheváux ainsi défigurés ne lais-sent pas d’être très chers. Lors qu’ils ont de l’appa-renee, & qu’ils conservent encore quelque vigueur,

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