Ï0 7 i COMPTE.
du Bois k brûler, dont chaque voie est composéed’un certain nombre de bûches d’une certaine gros-seur. Voyez. Bois a brûler.
Grand Compte , ou Compte Marchand. Ter-me dont on se sert dans le Commerce de la morue ,pour signifier un certain nombre de morues, ou ,comme on dit, de Poignées de morues.
A Orléans, & en Normandie, le cent de morues ,grand Compte, ou Compte Marchand, est composéde 132 morues, ou 66 poignées.
A Nantes, & dans plusieurs Ports de France , lecent de morues, grand Compte, ou Compte Mar-chand, n’est que de 124 morues, ou 62 poignées.
Petit Compte. Se dit dans le mcme Commer-ce des morues , du plus petit nombre de ce poisson,que les Marchands donnent au cent.
A Paris , le cent de morues n’est que de 108 pois-sons , ou 54 poignées ; ce qui s’appelle Petit Compte.Voyez. Morue.
Comptes faits. Se dit de certaines tables , ou•tarifs, dans lesquels on trouve des réductions toutesfaites, de poids, de mesures, de changes, d’escomptes,d’intérêts, demonnoies, &c. Tels font ceux queBarème , ce fameux Arithméticien, a donnés au Pu-blic, en deux petits volumes , intitulés ; l’un, LesTarifs & Comptes faits du grand Commerce j & l’au-tre , Livre des Comptes faits , ou le Tarif général desmonnaies. "
Ces sortes de Comptes faits, ou tarifs, font d’u-ne très grande commodité pour toutes sortes de Mar-chands & Négocians ; mais particulièrement pourceux qui ne font pas expérimentés en Arithmétique ;car par le moyen de la simple addition , ils peuventvenir a bout de toutes sortes de réductions.
Compte. Signifie encore, gain, profit, avan-tage , bon marché.
Voici les expressions les plus communes, où l’onse sert de ce terme en fait de marchandises & deCommerce. Les Marchands ont bien fait leur Com-pte fur les marchandises qu’ils ont achetées cetteannée de la Compagnie des Indes Orientales deFrance , a la vente de Nantes. II y a des Ouvriersqui travaillent k meilleur Compte que les autres. Ontrouve son Compte k acheter les marchandises de lapremière main dans les lieux de fabrique. Enfin, ondit , qu’un Marchand a fait son petit Compte, quandil a gagné raisonnablement de bien dans le négocedont il s’est mêlé.
Compte. Se dit encore des déboursés & fraix vo-lontaires, qui doivent tomber en pure perte, & qu’onne pourra pas faire passer en Compte. On dit : S’ildépense au-dela de íes ordres, ce fera fur son Com-pte : S’il se trompe dans son calcul, s’il se laisse vo-ler , ce sera pour son Compte ; c’est- k-dire, onne lui en tiendra pas compte ; ce fera en pure per-te pour lui.
Compte. Se dit aussi de plusieurs petites choses,qui se prennent a la main, ou qu’on jette ensemble,pour compter avec plus de promtitude. Les espècesd’or & d’argent se comptent, ou se jettent sur lecomptoir 2 a 2, 3a 3,4 h 4; & chaque jet se nom-me un Compte.
Le hareng blanc , le hareng sor, les oranges, lescitrons, les noix, les matons, les œufs , & plusieursautres semblables marchandises, ou menues denrées,qui se vendent au cent, se comptent par cinq , &chaque fois cinq s’appelle un Compte ; enforte quevingt de ces Comptes font un cent ; & il est de l’u-sage de donner quatre pour cent par-deifus ; ce quifait que chaque cent de l’une de ces fortes de cho-ies qu’on vend, ou qu’on achète , est toujours com-posé de cent quatre.
Compte. Recevoir k bon Compte, c’est recevoirk condition d’en faire déduction sur ce qui est dû.
Payer a bon Compte, c’est payer for & tant moinsde ce qu’on doit.
COMPTE. 1072
Compte. Se dit encore en plusieurs phrases mer-cantiles , ou proverbiales, mais dans différentes si-gnifications.
On dit : II en a pour son Compte ; pour dire , ilest trompé, il est pris pour dupe, il est attrapé.
II prend la chose sur son Compte ; pour faire en-tendre , qu’une personne se charge d’une chose, ôzqu’elle s’en rend garante.
Les bons Comptes font les bons amis; pour dire,qu’on ne peut être ami, fans se garder réciproque-ment la foi & la justice.
On dit encore -. A tout bon Compte revenir; pourfaire comprendre, qu’on ne doit point craindre derecompter une seconde fois, quand on n’a pointtrompé la première.
Compte borgne. Se dit en Arithmétique, lorf-qu’une somme est composée de nombres rompus, oufractions, qui ne viennent pas si souvent k la bou-che que les autres, comme 17 livres 13 fols j de-niers.
Comptes ronds. Ce font au contraire ceux donton se sert communément; comme dizaines; dou-zaines, quinzaines, centaines.
Une personne de bon Compte, est une personnejuste , avec laquelle il fait bon compter, qui ne faitpoint de mauvais incidens, qui ne chicane point fordes bagatelles.
Un homme qui ne tient ni Compte ni mesure,est celui qui n’a aucun soin de ses affaires, qui leslaisse aller en confusion, fans se mettre en peine d’yapporter aucun ordre.
On dit encore, que chacun veut avoir son Com-pte ; pour dire, que personne ne veut rien relâcherde ses intérêts.
Papier de Compte. Est une forte de grandpapier fin, connu fous ce titre dans les Papeteries ,& chez les Marchands Merciers, qui se mêlent defaire le Commerce de papier, sur lequel on écritcommunément les Comptes. Voyez Papier.
Compte, ou Goutte de Lait. Verroterie donton se sert sur la côte d’Afrique pour faire la traiteavec les Noirs. Voyez Verroterie.
Compte-brode', ou Contrebrode'. C’est uneautre Verroterie qui sert au même CoMperce; il yen a de bleu a fleurs blanches, & de rouge , les unsaussi a fleurs blanches, & d’autres a fleurs jaunes.Voyez comme dessus.
COMPTE'. Ce qui a été mis en compte. On ap-pelle Deniers comptés , & non reçus , íes sommesdont, dans les comptes en forme, on compose lechapitre de reprise. Voyez ci-devant l’Article desComptes.
Compte'. Tout compté, tout rabatu, c’est-a-dire , toute déduction faite , vous me devez encoretelle somme.
COMPTER. Supputer, calculer , nombrer parles régies d’Arithmétique. On dit : Compter auxjettons : Compter k la plume.
Compter. Se dit aussi des payemens qui se fonten espèces, òu monnoies courantes. Je vai vouscompter cette somme, vous faire ce payement, touten belles espèces ; vous n’aurez que de l’or & del’argent blanc, fans menue monnoie.
Compter. Se dit encore relativement a l’égardde ceux qui ont eu des sociétés, ou des affaires en-semble. Pour vivre en bonne intelligence, & bienfaire ses affaires, il faut souvent compter les uns avecles autres. Les Marchands doivent compter tous lessix mois, tous les ans, avec les personnes auxquel-les ils font crédit, asin d’éviter les fins de non-re-cevoir.
On dit d’un mauvais Payeur, qu’il ne veut’ni comp-ter , ni payer ; pour faire entendre, qu’on ne peuttirer raison de lui.
Compter par bref-etat. C’est compter som-mairement , & sur de simples mémoires, ou borde-reaux de compte. Compter