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Tome 1.
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ouvrages , qui se faisoient avant ce tems-la, n’étantplus les mêmes que ceux qui se faisoient alors ; lesMaîtres Cordonniers ne furent pas des derniers aprésenter leurs nouveaux Statuts, & à en demanderla confirmation , à l’homologation.

Les Lettres Patentes de Charles IX données aFontainebleau au mois d’Avril 1Î73. P ar lesquellesleurs Statuts furent aprouvés, & eux gardés & main-tenus dans tous les privilèges, libertés, exemptions-,& franchises h eux accordées par les Rois ses prédéces-seurs , forent enregistrées en Parlement au mois deMai de l’année suivante.

Les mêmes Lettres , & les Statuts ayant été depuisconfirmés par Henri IV, ils le forent de nouveaupar Louis XIII en 1614. & enregistrés au Parlementle 23 Juillet de la même année , for Pavis du Pro-cureur du Roi au Châtelet, donné au mois de Marsprécédent.

Ces Statuts, pour la confirmation defquel; lesMaîtres Cordonniers obtinrent encore des Lettres aucommencement du Régne de Louis XIV, & quijusqu’en 1699. a voient toujours servi de régie, &de discipline a la Communauté, souffrirent des chan-gemens considérables cette année & les suivantes ,par les nouveaux Réglemens contenus en trois Dé-clarations du Roi, & en plus de 47 nouveaux articlesde discipline, qui forent ajoutés aux anciens, ouqui les changèrent, & interprétèrent.

La première Déclaration est du 29 Juin 1699. en-régistrée au Parlement le 10 Juillet de la même an-née. Elie fot donnée pour ^incorporation, & réu-nion des Jurés en titre d’office, créés en 1691. à la' Communauté des Cordonniers.

. La seconde datée de Versailles le 14 Aout 1703.& seulement enrégistrée le 4 Septembre 1705'. a cau-se de Imposition des Marchands Merciers, confirmela première réunion des Jurés, & celle des Audi-teurs ; & encore ordonne l’incorporation de l’Officede Trésorier de la bourse commune.

Enfin,par la troisième Déclaration du 13 Juin 1710.enrégistrée le 2 Aout suivant , il se fit a la mêmeCommunauté une nouvelle incorporation des Officesde Controlleur, & Visiteur des poids, & de celui deGreffier pour les insinuations des brevets d’aprentiffa-ge, Lettres de Maîtrise, & élections des Syndics &Jurés.

C’est donc également par les anciens Statuts de1574. & par les nouveaux articles des Déclarationsde 1699. de 1703. &de 1710. expliqués encore , &confirmés par plusieurs Arrêts, & Sentences renduesjusqu’en 1715. que la Communauté des Maîtres Cor-donniers-Sueurs de la Ville, &Fauxbourgs de Parisest gouvernée, ainsi qu on va Pexpliquer.

II n’y a point de Communauté a Paris, qui ait au-tant d’Officiers, ou de Maîtres en Charge, que cel-le des Cordonniers.

Outre le Syndic, le Doyen , & deux Maîtres desMaîtres, elle est gouvernée par 2 Jurés du cuir tanné,qu’on nomme aussi Jurés du marteau; 2 Jurés de laChambre, 4 Jurés de la Visitation Royale , & 12 pe-tits Jurés. II y a encore 3 Lotiffeurs , 3 Gardes de lahalle, & un Clerc.

Les Jurés du cuir tanné font ceux, qui avec lesJurés des Tanneurs, &des Courroyeurs, vont tousles jours a la halle au cuir, & au Bureau des ven-deurs , marquer les cuirs avec les marteaux, quifont propres a chacune de ces trois Communautés ,& qui font enfermés fous trois clés dans un coffredéposé a la halle au cuir. Voyez Jure' du Mar-teau.

Les Jurés de la Chambre, font ceux qui ont foindes affaires dé la Communauté , qui font la recettedes deniers provenant des brevets d’aprentissage,de la réception à la Maîtrise, des visites, &c. mêmedes droits, qui se payent pour la Confrairie.

Les Jurés de la Visitation, font ceux qui font

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les visites ordinaires chez les Maîtres ; & qui ou-tre cela, font tous les ans six Visites Royales, con-jointement avec les Jurés des Courroyeurs. Ils peu-vent aussi visiter hors les tems réglés ; mais il ne leurest point dû de droits polir ces visites volontaires,non plus que des quatre visites par an , qu’ils ontdroit de faire chez les Cordonniers du fauxbourg 8.Antoine, & autres lieux , & endroits privilégiés.Voyez Visitation Royale.

'Enfin, les petits Jurés font ceux qui font leurs vi-sites chez les Savetiers, & qui deux fois la semainedoivent faire la recherche des colporteurs, & cham-berlans. Dans leurs visites, ils doivent toujours êtreaccompagnés par un Juré de la Visitation, fans queleurs saisies puissent être poursuivies que de Pavis duSyndic, & des Jurés de ladite Visitation Royale.

Pour ce qui est des Maîtres des Maîtres , qui fontaussi appellés Visiteurs des Visiteurs ; c’est h eux defaire raport en Justice, des fautes, abus, & entrepri-ses , qui font faites fur le métier. Ils doivent êtreappellés h toutes les assemblées, & toutes les affai-res leur doivent être communiquées.

Le Syndic est annuel, & ne se peut continuerqu’une seconde année. Les Maîtres des Maîtres, < 5 ctous les Jurés, font deux ans en charge, se faisantnéanmoins tous les.ans une élection de la moitié d’i-ceux ; savoir, de deux Jurés de la Visitation Roya-le, de six des petits Jurés, & a proportion des au-tres.

Ces élections ne fe peuvent faire que dans la hal-le aux cuirs, & en présence du Procureur du Roi,ou de son Substitut ; elle se font le lendemain de laSaint Louis.

Les Gardes de la halle font a vie , aussi-bien queles Lotiffeurs. Ces premiers, qui font qualifiés dePrudhommes, étoient obligés de donner caution;& avant rétablissement des Vendeurs de cuirs , fai-soient une partie de leur fonction. Voyez Vendeursde Cuirs.

Les Lotiffeurs font de pauvres Maîtres Cordon-niers choisis par les Maîtres des Maîtres , & par lesanciens Jurés, & Bacheliers, pour avoir foin duLotissage. On en parle ailleurs. Voyez Lotir , Lo-

TISSAGE , & LoTISSEUR.

Nul ne peut être reçu a la Maîtrise qu’il n’ait étéaprentif chez les Maîtres de la Ville, & qu’il n’aitfait le Chef-d’œuvre, a l’exception des fils de Maî-tres , qui n’y font point tenus.

Le Compagnon étranger, qui épouse la veuve,ou la fille d’un Maître, gagne la franchise par 5années de service, & peut être reçu au Chef-d’œuvre.

Chaque Maître ne peut avoir qu’un seul ouvroirou boutique dans la Ville & fauxbourgs, & ne peutobliger plus d’un aprentif a la fois, ni pour moinsde 4 années.

Le nombre des Garçons & Compagnons est libre.Il est néanmoins défendu aux Maîtres , de leur fairedes avances fur les ouvrages, ou de leur donner plusgrand prix que les autres, pour les attirer & débau-cher ; non plus que de les recevoir fans congé parécrit de leur premier Maître ; ni de s’en servir, s’ílsen font sortis par soupçon de larcin, ou autre mau-vaise action, jusqu’à ce qu’ils s’en soient purgés.

Les Veuves , restant en viduité , peuvent conti-nuer de tenir boutique, & jouissent des privilèges dela Maîtrise , même peuvent achever l’aprentifcom-mencé par leur mari, mais non en obliger un nou-veau.

II est défendu aux Maîtres ou Veuves de Maîtres ,de prêter leur nom aux Compagnons’, h peine d’êtredéchus de la Maîtrise.

Tous les Maîtres , même les Privilégiés, qui ven-dent leurs ouvrages aux Halliers , font tenus de lesmarquer des deux premières lettres de leur nom; lessouliers,fur le quartier en dedans; les bottes,en dedans

ds

CORDONNIER.