mit COURROYEUR.
petit Bureau. Ce petit Bureau est celui des Ven-deurs de cuirs , dont il fera parlé a l’Article des Ven-deurs. Chaque cuir est marqué de trois coups demarteau; ce droit apaftenant également aux Tan-neurs , Courroyeurs 6t Cordonniers, qui tous ontleurs Jurés du marteau.
On peut encore compter au nombre des Officiersde la Communauté , les trois Lotiífeurs de la Halle,quoique nommés par les Cordonniers, qui ont foinde tout ce qui regarde le lotissage. Voyez Lotir, &Lotisseur.
Le reste de la discipline est assez semblable a cequi se pratique dans les autres Corps de Métiers ;comme de ne pouvoir obliger qu’un Aprentif ; d’êtretenu du chef-d’œuvre, a moins qu’on ne soit filsde Maître, & autres pareils usages. Les Patrons dela Communauté font, la Sainte Vierge , 6c S. Thi-baut , dont la Confrérie est établie dans l’Eglise de'S. Mé deric.
Outils & injìrumens dont se servent les Courroyeurs.
Le Chevalet, le Boutoir tranchant ; un autre Bou-toir émoussé, qu’on nomme aussi un Couteau sourd;un Couteau a revers ; les Estires de cuivre, de fertranchant , & de bois; la Table a estirer, celle àdresser, celle a faire le grain, & deux autres Ta-bles pour presser les cuirs lissés; diverses pomellesde bois & de liège; la Lunette ; le Paroir; la Te-naille & fa ceinture ; les Brosses & Décrotoires du-res & fines ; les Baguettes pour étendre 6c sécherles cuirs ; les Chevilles pour pendre les cuirs ache-vés ; divers Gipons de toile de lin, de paîne & deserge ; le Goupillon ; la Lisse de verre ; un balai debouleau , pour mouiller les cuirs ; la Drayoire , ouEfcharnoit ; la Chaudière a fondre les suifs ; d’au-tres plus petites, peur préparer les couleurs ; laCuilliére, ou petit Chauderon de cuivre , pour pui-ser le suif fondu dans la chaudière ; des Futaillespour mettre tremper les cuirs ; la Torche de crin ,pour charger les cuirs de bière ; le Valet ; enfin, leBluteau.
Tous ces outils & injìrumens font expliqués à leurs Ar~ticles. On peut voir auffi la préparation des cuirs aumot COURROYER.
Courroyeur. C’est auffile nom d’un Ouvrier,qui sert dans les Manusadures d’Amiens. Son em-ploi est de tendre, ou, suivant le terme du métier,de retendre sur un rouleau , qu’on nomme Courroi,les pièces d’étosse de laine, qui reviennent de lateinture , après qu’elles font sèches, de peur qu’ellesne se fripent, 6c ne prennent de mauvais plis ; 6c deles fauder avec une foie de couleur.
Ces Ouvriers ont des Statuts, font apprentissage ,font reçûs a Maîtrise après une espèce de chef-d’œu-vre , 6c ont des Efgards, ou Jurés.
Leurs Statuts font compris dans le Règlement gé-néral de la Sayetterie de 1666. 6c font au nombre dehuit.
Par le i, qui est le 201 e du Règlement, il leur estdéfendu de courroyer aucunes pièces de sayetterie,ou haute-lisse , fi elles n’ont été faites dans la Ville,6c si elles n’en ont les plombs.
Le 2 e leur ordonne de fauder 6c marquer les piècesqu’ils ont courroyées , d’un fil de foie d’une couleurqui leur soit propre, 6c qu’ils auront choisie , pouríè distinguer les uns des autres.
. Le z e régie le nombre de pièces qu’ils peuventmettre ensemble sur un même rouleau, ou courroi ;savoir, 5 serges a la Reine, ou 5 serges de haute-lisse , ou 5 camelots façon de Liste, ou 5 quignettes,ou ? autres pièces de pareille qualité ; 2 barracans de3 , 4 & ç fils, ou 2 serges façon de Seigneur , ou 2serges d’Arscot, ou 2 autres pièces de semblablesorte. •
Le 4 e leur enjoint de tendre fidèlement sur lesrouleaux & moulinets, les pièces en blanc ; 6c de
COURS. 1224
leur donner les tours nécessaires', fans leur rien faireperdre de leur largeur & longueur.
Le ? e veut, que chaque piéce qui fera courroyée,reste 24 heures fur lc courroi, ou rouleau ; avec dé-fenses aux Marchands de les faire lever avant ce tems-la, 6c aux Courroyeurs, de les leur délivrer.
Le 6 e les charge de mettre à part les pièces en blanctachées d’huile, ou de graisse, & d’en avertir le Mar-chand, afin qu’il y donne ordre, avant de les mettreh la teinture.
Le 7 e , qui est le 221 e du Règlement général, estcommunaux Courroyeurs 6c Teinturiers; 6c défendde courroyer des pièces de couleur fur un courroi quiait servi au noir.
Enfin, le 229 e , qui est le 8 e , où les Courroyeursayent part, fait défenses également aux Efgards des■métiers de Courroyeurs , Tondeurs & Teinturiers,de faire faire aucune dépense a leurs aprentifs, lors-qu’après leur aprenti stage, ils voudront se passer Maî-tres : lesquels aprentifs, s’ils font trouvés capables,seront .reçus a l’Hôtel de Ville, en prêtant le ser-ment requis, en se faisant enrégistrer au Greffe; 6cen y déclarant la qualité 6c couleur des fils de foie,ou enseigne, avec lesquelles ils prétendent faire lefaudage des pièces qu’ils auront courroyées.
On appelle une piéce d’étoffe courroyée, cellequi a reçu l’aprêt du courroi, & qui est restée fur lerouleau du Courroyeur le tems porté par les Régle-mens. Voyez, ci-dejjus.
COURS. Est un terme fort en usage parmi les Né-gocians , & qui a plusieurs différentes significationsdans le négoce.
Cours. Se dit des longs voyages qui se font surmer , pour le Commerce ainsi les voyages des In-des font appellés Voyages de long Cours. Voyez.Voyages de long Cours.
Cours. Signifie auffi quelquefois la mesure 6c dé-tendue d’une étoffe , d’une marchandise.
On dit, qu’une tenture de tapisserie a 20 aunes deCours; pour»dire , qu’elle a 20aunes d’étendue.
Cours , en terme de négoce de Banque. Veutdire ce qu’il en coute, pour faire des remises d’ar-gent d’une Ville a une autre , ou, comme on dit,de place en place.
Ainsi , en parlant du change des Places, on dit:Le Cours du change de telle Place est fur un tel pié.
Cours. S’employe souvent, en fait de monnoies,pour faire entendre, que certaines espèces font, ou nefont pas reçues dans le public, ou qu’elles y font re-çues pour plus ou moins de valeur.
Dans tous ces sens on dit: C’est une monnoiedécriée, qui n’a plus de Cours : ou, C’est une mon-noie nouvelle, qui n’a Cours que depuis peu : oubien, Toutes fortes de monnoies étrangères ontà présent Cours en France: ou encore, Les mon-noies de France ont Cours dans les Pais étran-gers fur un pié plus considérable que dans le Royau-me.
Cours. Signifie encore le crédit, ou discrédit,que les billets d’un Marchand , Négociant, ou Ban-quier , ont dans le négoce ; de forte que lorsqu’ondit, que les billets d’un Marchand, d’un Négo-ciant , n’ont plus de Cours fur la place ; c’est-a-di-re , que personne ne veut s’en charger, qu’on lestrouve mauvais. Au contraire, lorsqu’on dit, queles billets d’un Négociant, ou d’un Marchand, ontgrand Cours fur la place ; cela veut dire , que toutle monde s’en veut bien charger , qu on les trouvebons.
Cours. Se dit encore de la saveur que prennent,ou que perdent, soit par les Edits 6c Déclarationsdes Princes, soit par le goût, ou l’inconstance duPublic , qui les recherche , ou n’en veut plus rece-voir , les billets introduits dans le Commerce ; telsqu’ont été en France les Billets de l’Epargne , lesBillets de Monnoie, les Billets de l’Etat, & les Bil-lets