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Tome 2.
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DORURE

ioi DORURE.

de loup, ou de chien, ou bien un de ces cailloux ,qu 1 on appelle Pierre de sanguine, emmanches debois j ce qui lui donne un brillant & un éclat extra-ordinaire.

Matter Por. C’est passer légèrement de la colle,ou détrempe, dans laquelle on délaye quelquefoisun peu de vermillon fur les endroits qui n’ont pasété brunis ; on appelle aussi cela Repajjer , ou don-ner couleur a l’or. Cette façon le conserve, & I’em-pêche de s’écorcher, c’est-à-dire, de s’enlever, quandon le manie. On nomme Pinceaux à matter, ceuxqui fervent a donner cette efpéce de glacis de colle.

Enfin pour derniere façon, on couche le vermeildans tous les creux des ornemens de sculpture, &l’on ramende les petits défauts & gerfures avec del’or en coquille ; ce qui s’appelle Boucher dor moulu.

La composition, a laquelle on donne le nom deVermeil, est faite de gomme gutte, de vermillon ,& d’un peu de brun rouge broyé ensemble, avecle vernis de Venise & l’huilè de Térébentine. Quel-ques Doreurs fe contentent de laque fine , ou desang de dragon en détrempe, ou même à l’eau pu-re. C’est cette drogue qui donne du feu a l’ouvra-ge, & ce brillant qui approche de celui qu’on remar-que dans l’Orfèvrerie.

On appelle Dorer dor ver d , lorfqu’on brunit Pas-se tte avant que d’y poser l’or, & qu’ensuite sansbrunir de nouveau Por qu’on a appliqué, on fecontente de le repasser à la colle, comme on faitpour matter.

On fe sert ordinairement de cette maniéré de do-rer pour le visage, les mains, & les autres partiesnues des figures de relief. Cet or n’est pas ll bril-lant que for bruni ; mais il i’est beaucoup plus quel’or, qui n’est que simplement matté.

Quand on dore des ouvrages, où l’on conservedes fonds blancs , on a coutume de les récampir ,c’est-à-dire, de coucher du blanc de cerufe détrem-pé, avec une légére colle de poisson, dans tous lesendroits des fonds, fur lesquels le jaune, ou l’af-siette ont pû couler, ou bavocher, comme on par-le en terme de fart. Pour que ces fonds puissentêtre bien , il est mieux de les repasser tous k la ce-rufe.

Si c’est un ouvrage de stuc, qu’on veuille doreren détrempe, il faut d’abord le blanchir, pour lerendre uni ; puis "encoller deux fois avec la colle ,ou de gants, ou de parchemin toute pure ; & en-suite y coucher le jaune & l’assiette : le reste se faitcomme k la Dorure sur bois.

On dore aussi avec des feuilles d’argent, soit fi-nes , soit fausses , fur lesquelles on met un vernis,qui lui donne la couleur d’or. Cette maniéré n’estni de durée, ni de beaucoup d’éclat. Le vernis estfait de carabe, de sang de dragon, de gomme gut-te , & d’huile de térébentine.

II y a encore une autre forte de Dorure , qui fefait en mêlant du miel avec de Peau de colle, & unpeu de vinaigre, pour le rendre plus facile a em-ployer. On ne s’en sert guéres que pour donnerdes rehauts fur les ouvrages de peinture en détrem-pe, ou à fresque, ou il n’est guéres possible Rap-pliquer l’or avec l’huile ; ou pour faire des filés íurdu stuc. Cet or fe gerfe & fe fend fort aisément :on apnelle cette maniéré, Colle k miel, ou stature.

Enfin , si l’on veut représenter des espèces de re-liefs , comme des feuillages , & d’’autres ornemensfur des bordures, ou des vases de bois, qui fontunis, on n’aqu’à doubler, & même tripler les cou-ches du premier blanc des Doreurs ; & quand ilest sec, y dessiner, tracer & entailler les figures &feuillages qu’on y veut représenter, avec les outilsqui fervent a la sculpture ; & ensuite y mettre lejaune & l’assiéte pour les dorer. II faut être un peuSculpteur pour entreprendre ces fortes d’ouvrages.

DiSlion. de Commerce. Tom. II.

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Maniéré de dorer aú feu.

On dore au feu de trois manières ; savoir, edor moulu, en or simplement en feuille, & en orhache. On expliquera ces trois espèces de Dorures ;après qu’on aura dit un mot des outils & instru-mens, dont les Doreurs fur métaux fe fervent.

Les principaux de ces Outils font le Grateau,lePolissoir de ter, le Polissoir de pierre de sanguine ,que les Ouvriers nomment plus communément Pier-re k dorer ; l’Avivoir, les Grate-boèsses , le Cou-teau à hacher, le Crochet, la Grille, ou le Panier kdorer, le Creuset, & le Brasselet.

Le Grateau est un fer acéré à quatre carres tran-chans semblables au fer d’un dard ; il a 2 a 3 pou-ces de long, & tient k un manche de 12 ou 1 y pou-ces aussi de longueur. On en prépare le cuivre, oule fer pour le dorer, en les gratant & unissant, d’oùlui vient son nom de Grateau.

Le Poli soir de fer est un Outil d’acier, ou de ferbien acéré , en forme de lame de canif, mais plusépais, & plus long, dont le tranchant est émousté.II est emmanché dans un morceau, ou poignée débois , de près d’un pié de lotig, que l’Ouvrier tientk deux mains, lorfqu’il s’en sert ; son usage estpour polir le fer & Purgent, avant de le dorer.

Le Polijfoir de pierre dè sanguine est emmanchéde même que celui de fer. Cette pierre qui vientd Espagne, mais asséz souvent par la voie d’Angle-terre , ou de Hollande, prend son nom de sa cou-leur : elle est fort douce & fort polie, & taillée or-dinairement de la figure d’une dent de loup ; ellésert a polir l’or & Purgent, quand ils ont été ap-pliqués fur les métaux. Voyez. Sanguine.

\P Avìvoir sert au lieu de Grate-boësse, a étendrel’or moulu amalgamé avec le vif-argent, fur le mé-tal qu’on veut dorer ; il est de cuivre applati & ar-rondi par le bout, avec un assez long manche dèbois; la partie, qui est de cuivre, est de 3 ou 4pouces de longueur, & de 3 ou 4 lignes d’épais-seur.

Les Grate-boéjfes font des Brosses faites de petitsfils de leton ; on en parle ailleurs. Voyez. Grate-Boesse. Les Doreurs en ont de fines, & de mé-diocres ; les unes pour aviver & étendre Por mou-lu ; les autres pour le grate-boësser ex finir, avantde le mettre en couleur.

Le Couteau à hacher est un petit couteau à lamécourte & large , emmanché de bois ou de corne ,qui sert à faire les hachures fur les métaux , avantque d’y appliquer Por, que de ces hachures on nom-me Or haché, quoique ces hachures ne paroissentpoint au dehors.

Le Crochet est un morceau de fer rond , au boutduquel est un bouton aussi de fer ; il a un manchede bois ; son nom marque fa figure. A l’égard déson usage, il sert a mêler, ou k amalgamer l’ormoulu avec le vif-argent, quand on les a mis en-semble sur le feu dans un creuset.

Le Creuset des Doreurs est petit & peu épais, entout de 2 ou 3 pouces de haut, d’un pouce & de-mi de diamètre , & de 2 ou 3 lignes d’épaif-feur ; il approche plus de la figure triangulaire quëde la sphérique par son ouverture. On y met amal-gamer sur le feu l’or & le vif-argent, quand on sèprépare à dorer d’or moulu. Voyez Creuset.

La Grille à dorer est Un petit treillis de fil d’ar-chal, dont on couvre la poêle pleine de feu , dontles Doreurs fe servent pour appliquer les feuilles d’orou d’argent fur les métaux. On y met seulementles ouvrages qu’on dore, ceux qu’on argente n’ayantpas besoin d’une si grande propreté , comme on lédira. Le Panier est aussi de fil de fer, mais conca-ve & enfoncé de quelques pouces il sert au mê-

me usage.

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