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Tome 2.
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3Í7 ELE. ELL.

droits, privilèges & prérogatives que les Aurèntifsdes Maîtres Peintres, pour la réception a la Maîtri-se de cette Communauté. Voyez Peintre.

FLTNGUE. Grosse corde dont les deux boutsfont étroitement liés Pun avec l’autre avec une forteficelle, comme un cerceau ; & qu’on a ensuite rapro-clice & liée par le milieu avec une semblable ficelle ,pour en faire la figure d’un huit de chiffre qui estcomposé de deux boucles.

On fe sert fur mer de cette corde , pour embras-ser les plus gros tonneaux de marchandise , un boutpar une boucle, l’autre bout par l’autre boucle; puispasiant un crochet entre les deux boucles , on enlèveces tonneaux du fond de cale, a La faveur de la mou-fle, & on les met à port.

Les Marchands en gros, Plombiers , Voiturierspar eau, fe servent pareillement de l’Elingue , pourembrasser les saumons de plomb, & les transporteroù ils veulent, à la faveur de deux hommes.

ELITE. Ce qu’il y a de meilleur dans chaquechose. Je ne veux point de sa marchandise, a moinsqu’il ne m’en donne l’Elite. Ces foies font f Elite detoute ma boutique. Les marchandises d’Elite fontplus cheres que les autres.

ELITER. Prendre le meilleur d’une chose. Il nese dit guéres que par les petites Marchandes des Hal-les de Paris, des paniers de cerises, groseilles , pru-nes , & autres fruits quelles exposent en vente. Vousélitez ma marchandise.

ELÎZER une piéce de drap. Voyez LizeR.

* ELLEBORE. Plante médicinale. II y en a dedeux fortes, le blanc & le noir. On ne se sert plusde Pun ni de l’autre pour guérir la folie , h quoi lesAnciens le croyaient un remède spécifique ; maison compose feulement de la racine de l’Eiléboreblanc , une poudre sternutatoire pour décharger lecerveau ; & il semble que pour le reste il soit passé ,auíïï-bien que le noir, de la médecine des hommesà celle des chevaux, & autres animaux ; les Maré-chaux s’en servant pour guérir le farcin aux che-vaux , & les Bergers, la gaile des brebis.

L’Eilébore dont on fe sert a Paris, croît dansles montagnes du Dauphiné & de la Bourgogne.II en vient auífi de Suisse, & quelquefois par lavoie d’Angleíerre.

L’Eilébore blanc a fa racine blanchâtre en dedans,brune en dehors, remplie de longs filamens de lameme couleur, qui sortent d’une tête comme celledes oignons. Son goût est acre, un peu amer, un peuastringent, désagréable, & qui cause des nausées.Ses feuilles font larges , vertes d’abord, & ensuited’un rouge jaunâtre : du milieu des feuilles fort unetige chargée de petites fleurs en forme d’étoiles.

L’Eilébore noir a la racine brune, garnie aussi depetits filamens ; elle produit des tiges vertes, avecces feuilles pareillement vertes & dentelées, & desfleurs incarnates semblables k la rose.

On apporte seulement les racines de l’un & del’autre Ellébore, qu’il faut choisir grosses & belles,garnies de gros filamens : celles du blanc, de cou-leur tannée au dessus, & blanches en dedans : &celles du noir, noires au dehors, & grises en dedans,bien seches, bien nettes , d’un goût acre, amer , &désagréable.

Remarques extraites ct un Mémoire de Mr. Boulducfur ces racines , dans les Mémoires de C AcadémieRoyale des Sciences , année 1701. ;

E Ellébore blanc est fi violent qu’il excite de grandsvotniffemens, & cause des convulsions mortelles.Les Anciens en faisoient beaucoup d’usage, maisils ne le donnoient qu’avec bien des précautions,en préparant le corps du malade par des bains &par le régime, comme ledit Hippocrate. On repri-moit la violence de ce remède avec du miel & du vi-léiffion. de Commerce. Tom. II.

ELLEBORE. êi %

nàigre. On n’ose plus s’en servir présentement ; onn’est plus si téméraire dans i’usage des remèdes vio-lens comme étoient les Anciens.

L’Eilébore étoit employé comme un purgatif spé-cifique contre saliénation d’esprit, contre les ma-ladies les plus invétérées & les plus rebelles, & pro-pre k purger les parties les plus éloignées dans lessecondes voies du corps.

L’Eilébore noir est encore assez en usage de nosjours, & plusieurs s’en fervent avec sûreté en ne ledonnant point en substance, ni en extrait tiré avecl’Esprit devin, parce qu’étant fait de cette manié-ré , il ne contient qu’une résine, qui séparée par lade son sel, ne produit que des irritations en purgeantpeu.

L’extrait fait avec Peau simple, ou Peau de pluie,fans esprit de vin, purge bien , doucement & uti-lement. Mr. Boulduc croit de pouvoir mettre FEllé-bore noir au nombre des Médicamens doux & d’u-ne vertu purgative modérée. Les Anciens s’en fer-voient dans ce sens, puisqu’au lieu d’en réprimerla force par des précautions, ils tâchoient au con-traire de la réveiller par d’autres moyens.

Cet habile Académicien a reconnu que l’Ellébo-re noir, qui vient des montagnes de Suisse, c’est-a-dire, des Alpes, est le meilleur, & que celuiqu’on reçoit par la voie' d’Angleterre ne vaut rien.C’est fur celui-la qu’il a fait ses expériences & sesanalyses, qui font dans son Mémoire deja cité. CesPlantes naissent aussi dans les Pyrénées.

II y a un troisième Ellébore , qui est appellé puant ,a cause de l’odeur de ses feuilles & de ses fleurs.II est appellé encore noir ou sauvage , & enfin piíde Griffon , a cause de la disposition de ses feuilles.On le croit un poison pris intérieurement. Le fa-meux Rivière assure qu’il fait tomber les dents frô-lées avec de ses feuilles, mais l’expérience faite pard’habiles Botanistes encore vivans (17^1.) n’y adu tout point répondu. Les Allemands , cle mêmeque les Anglois, fe fervent de ses racines , qu’ilspassent dans un trou fait fur le champ au lobe del’oreille, ou dans quelque autre partie du corps,pour procurer l’écoulement des humeurs qui causentdes fluxions aux yeux, ou k d’autres parties de latête. Les mêmes s’en fervent fur les animaux do-mestiques qui fe trouvent indisposés de quelquesmaux. Ce remède fait de bons effets , servant, ainsiapliqué, comme d’une espèce de set on, ou cautère,parce qu’il entretient une petite inflammation k l’en-droit qu’il touche, par son acrimonie; ce qui donnelieu k une petite suppuration qui détourne i’humeurdes parties malades.

L’Ellebore blanc est appellé par Mr. de Tourne -sorti en Latin, Veratrum. C. Baubin l’a nommé Hel-leborus albus. C’est un genre de plante de la classedes Rosacées , c’est-a-dire, k fleurs en rose. La fleur dece genre est de six petales , qui entourent un Pistilea trois pointes, lequel devient un fruit composé detrois gaines membraneuses qui contiennent la se-mence.

L’Eilébore noir, appellé en Latin Hellchorus ni-ger , est un genre différent du blanc, c’est pour-quoi leurs noms différent en Latin. Il est de la mê-me classe, mais fa fleur est de cinq petales disposéesen rose , laquelle renferme un grand nombre d’éta-mines, au lieu que le blanc n’en a que six dans fafleur. L’Eilébore puant est proprement de ce genre ,& Mr. de Toumefort lui a même donné le premierrang entre plusieurs espèces, qui font au nombre detreize.

Une différence bien remarquable dans les fleurs deces deux genres, c’est que celle du Veratrum , ouEllébore blanc, n’â point de cornets au dedans,qui entourent le pistile ; au lieu que celle de VEllé-bore noir en a plusieurs. Les feuilles du premiergenre aprochent dans leur forme a celles de lagen-

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