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Tome 2.
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& 80 brasses , sur-tout lorsque la raine est riche. Lefilon principal a aussi presque toujours des branchesauxquelles il semble avoir donné naiíSîice, dumoins elles sortept de cette espèce de tronc, dé-tendant au Nord & au- Sud : les Ouvriers donnentk nom de Contrays a ces branches. II se trouve desfilons principaux d’un pied de diamètre, d’autresde 2 a 3 pieds ; ce qui varie suivant la quantité dematières hétérogènes qui s’y joignent.

Quand les Ouvriers ont fouillé un peu avant,ils font obligés de se donner de L’air par des ven-touses ou canaux quartes perpendiculaires au ca-nal qu’ils ont creusé ; sans cela ils n’y pourroienttenir leurs lampes allumées, 6c courroient risquecl’ctre étouffés eux-mêmes par des vapeurs fuiphu-reufès & souvent arsenicales-, qui sortent subitementdes cavités naturelles qu on rencontre souvent dansles mines, & qui les surprennent. On trouve pres-que toujours voisine de la veine ou filon, une sor-te* de Fluor , qu’on nomme Sparr , & qui souventl’enveiope ; eiie est commune k la plupart desmines, & Beccher la regarde comme leur matrice.C’est dans ce Sparr qu’on rencontre des pierres assezgrosses pour y graver différens sujets, & assez durespour couper le verre ; on les nomme Diamant deCornouailles : estes font quelquefois d’un rouge trans-parent, 6c ont t’éclat des rubis. Sur ce Sparr ontrouve aussi une autre forte de substance semblableà une pierre blanche tendre que les Mineurs appel-lent Kellits , qui laisse une écume blanche, iorsqu’onla lave dans seau en sortant de la mine : il sembleque ce soit la même matière que le Sparr , 6c qu’ei-le n en diffère que par le degré de pétrification cris-talline.

La mine se détache par les moyens ordinaires é-erits par tous les Métallurgistes : les principaux ou-tils font un pic, une piocne de fer, faite en formede marteau, & un outil acéré d’acier, formé com-me un Perçoir de Maréchal, que les Ouvriers en-foncent avec un des bouts de leur pioche, pour é-clater le filon. C’est dans ce canal souterrain de lamine, que les Ouvriers commencent a réduire leminerai en moyens morceaux du poids d'une livreau plus; & c’est en le cassant,ainlì, qu’on y trouveune autre matière qu’on nomme Mondyck: on ladistingue aisément de l’Etain, quoique de couleurbrune sale, en ce qu’elle salit les doigts ; cette ma-tière, si elle reste avec i’Etain, le gâte , lui ôte sonéclat, & le rend très cassant. Le feu dissipe le Mon-dyck, il s’exhale tout en fumée, & l’odeur en estpernicieuse. Mr. Helliot , qui a examine cette matiè-re, l'a trouvée presque en tout semblable a unemine bi rameuse d"arsenic , qui fut envoyée l’année1737. de Sainte-Marie-aux-Mines, a Mr. le Con-trolleur-général.

On porte le minerai concassé Ib us des pilonsmus par une roue qu’un courant d’eau fait tourner ;on les jette par panerées dans une caisse quarréedécouverte, dans laquelle coule, fans interrup-tion, une chute d’eau de 3 a 4 pouces. L’un descotés de cette caisse est fermé par une plaque de ferpercée de petits trous comme un crible, par oùl’eau fort & entraîne avec elle la partie du mineraiqui est pilée assez menue pour passer par ces trous,aussi-bien que les matières hétérogènes : le tout estconduit par seau dans une longue goutiére ou augede bois. La terre 6c les autres matières hétérogè-nes , comme plus légères que le métal, ne font quepasser dans sauge sans s’arrêter, 6c vont tomberdans des vaisseaux ou dans une folle qu on appelleLoob : l’Etain, comme plus pesant, reste dans sau-ge; mais pour en perdre le moins qu’ií est possi-ble , on a la précaution de mettre a une distanceassez considérable des pilons, du gazon dans fan-ge pour arrêter l’Etain, 6c l’empêcher de passeroutre. On ôte ensuite cet Etain de sauge , 6c on le

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porte au Buddle , qui est un vaisseau ou grandecaisse quarrée basse, dont le fond est un peu incli-né : seau qui y passe continuellement lave le sable6c la terre qui reste mêlée avec l’Etain, 6c des Ou-vriers y agitent fans discontinuer ce mélange, tantavec leurs pieds qu’avec des pèles, pour que leslotions s’en fassent plus exactement. L’Etain gros-sier , qu’ils nomment le Brut , fe précipite au fond,6c le fin reste au dessus : on porte celui-ci appelléBuddle , dans un autre vaisseau qu’on nomme Wreck ;on le remue de nouveau avec des rateaux de bois ,pour achever de le laver avec seau qui coule aussi dansces derniers vaisseaux. Dans le Wreck l’Etain fin fetrouve encore au-deísus ; il ne lui faut plus d’autrepréparation y on l’appelle alors Etain noir ; en effetil est réduit en une poudre aussi déliée que du fa-ble noir : on le porte a la fonderie.

On retire ensuite du Buddle , l’Etain grossierson le repasse au crible , avant que de le reporterIb us les pilons pour le broyer de nouveau; on lavedans un vaisseau qu’on tient 6c qu’on agite fousseau, la partie la plus fine de ce minerai nouvelle-ment battu.; celle qui est métallique prend cettefois-ci le dessous : le fable, la terre, & les autresmatières inutiles, s’en vont avec l’eau. On reprendcette partie métallique popr la passer avec de l’eaupar des tamis fins; 6c ce qui passe a travers est¥ Etain noir.

O11 refait les mêmes opérations fur sEtain grossierqui tombe 6c reste le dernier de tous dans le Buddle& dans le Wreck ; f c’est ce que les Ouvriers appel-lent la Queue ) comme auffi fur celui qui de la gou-tiére tombe dans le Loob ou fosse dont 11 a été parléci-dévant; on le lave, on le tamise, on reporte legrossier aux pilons, 6c le plus fin au Wreck.

On est toujours obligé de mêler de la mine nou-velle avec sEtain brut, qu’on rapporte aux pilons ,fans quoi l’on ne pourroit le broyer; les pilons, di-sent les Ouvriers, le rebuteroient, parce qu’il estdéja divisé en parties assez menues pour ne pas fai-re de résistance k ces pilons.

A l’égard de sEtain que le premier lavage en-traîne jusques dans le Loob ou fosse, Jes Ouvriersfy laissent pendant un tems assez considérable; ilsprétendent qu’il s’y perfectionne, 6c qu’il s’aug-mente pendant son séjour. Quant k la fonte de sE-tain noir, on la facilite par le contact immédiat ducharbon, c’est-a-dire, qu’on met dans le fourneauun lit de charbon, ensuite un lit d’Etain noir, puisun lit de charbon, 6c ainsi de fuite alternativementjufqu’k une assez grande hauteur. L’ouvroir de cefourneau, qui est de l’efpéce de ceux qu’on nom-me vulgairement Fourneaux à manche , est beau-coup plus large en haut qu’il n’est en bas ; les Ou-vriers l’appeílent la Maison r on y fait un feu trèsviolent, qu’on anime par le jeu de plusieurs grandssoufflets qu’un courant d’eau fait mouvoir commedans les fonderies des autres métaux. L’Etain quife fond coule avec l’écume ou les scories, par untrou pratiqué au fond de la Maison , dans une gran-de auge de pierre; la cendre & lès scories, qui res-semblent assez a celles de la gueuse de fer, nagentdessus & fe durcissent en un instant ; on enlèveces scories, 6c on les met k part. Autrefois on neles employois qua rétablir & ferrer les grands che-mins ; mais depuis 70 ans ou environ , on les rap-porte aux pilons, on les lave & son en retire en-core une bonne quantité d’Etain : on ramasse aussitoutes les terres que seau avoit enlevées de la mine ;011 les expose k l’air , au bout de 6 ou 7 ans on lestravaille, & l’on retire encore une quantité assezconsidérable de métal ; fans cette précaution ellesne vaudroienr rien du tout, au rapport des Ou-vriers.

On refond cet Etain en gâteau pour le coulerdans des moules quarrés & oblongs de pierre dite

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