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Tome 2.
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gne, particulièrement de Nuremberg & de Ham-bourg. II est presque toujours dans de petits barilsde sapin, qui sont ordinairement de 500 feuilles deTer noir, & de 450 feuilles de blanc. Les naviresSuédois en apportent quantité par le Port de Rouen.

II s’en fait aussi en France, a Beaumont-la-Fer-riére près la Charité dans le Nivernois (a), qui nefont pas d’une moindre qualité que ceux d’Allema-gne. Les barils contiennent les mêmes quantités defeuilles de Fer blanc ou noir ; mais ils font de boisde hêtre ; ce qui peut les faire reconnoître d’avecles Fers en feuilles étrangers.

Toutes ces fortes de Fers fe vendent par les Mar-chands de Fer, qui font du Corps de la Mercerie,& qui s’apliquent particulièrement a ce négoce.

f Extrait csun Mémoire de Mr. de Réaumur sur le

Fer blanc, tiré de t Histoire de l’Acad. Royale des

Sciences A. 1725.

Les Recherches de cet habile Académicien fur leFer ( dont nous avons déja parlé ci-dessins ) & lesgrandes entreprises qu’il a faites fur ce sujet, l’ontconduit naturellement a l’Art de faire le Fer blanc.Cet Art est mystérieux , aussi-bien que celui de con-vertir le Fer en Acier. La France est réduite a ti-rer son Fer blanc d’Allemagne , & deux établisse-mens qui s’en font faits dans le Royaume , fonttombés, ou faute de connoissances suffisantes fur lefond de l’Art, ou faute de protection. M. Savaryne parle que de la fabrique de Beaumont - la-Ferriére en Nivernois. L’autre étoit a Chenefey enFranche-Comté. Elles ont subsisté pendant plusieursannées, & il y a apparence qu'elles tìeuriroient ac-tuellement si elles effilent été soutenues par une pro-tection pareille a celle a qui elles dévoient leur ori-gine , ( savoir a M. Colbert , ) car on a fait dans l’u-ne & dans f autre de beau &bon Fer blanc. Vers lafin.de la Régence il s’en établit une nouvelle auprèsde Strasbourg, dont nous ignorons la réussite. Enfindepuis quelques mois Q Avril 1-725.) deux Compa-gnies différentes & deux Particuliers ont sollicitédes Privilèges pour des établiffemens de Fer blanc.On les a accordés áux deux Compagnies, & a l’undes Particuliers. II n’y a pourtant eu que dans unede ces Compagnies, où il fe soit rencontré des gensbien au fait du travail. II est extrêmement a sou-haiter que ces fortes de Fabriques fe multiplient dansle Royaume ; mais elles ne fe multiplieront quequand elles seront conduites par gens suffisammentinstruits.

L’Art de faire le Fer blanc est regardé commepropre à l’Allemagne ; on veut que ce soit un secretqu’on y conserve avec soin. Mais M. de Réaumur ena dévoilé tous les mystères; & l’a rendu si facile,que les François peuvent tout au moins égaler leursvoisins, fans avoir même trop de besoin de puissan-tes protections.

Le travail du Fer blanc ne commence, a propre-ment parler , que lorfqu’il s’agit de préparer desfeuilles de Fera être étamées. II les suppose assez ap-platies, & coupées quarrément ; elles font alors cequ’on appelle du Fer noir. II n’est que certains Fersqui puissent être réduits en feuilles. Les plus proprespour cela font ceux qui a chaud fe laissent le mieuxétendre- & qui peuvent aussi être forgés a froid.Les Fers aigres font à rejettes ; les Fers les plusdoux, les Fers extrêmement flexibles à froid , ne se-rment pas pourtant les plus convenables ; les feuil-les- soit de Fer noir, soit de Fer blanc, quoique min-ces, doivent être fortes, avoir un certain degré deressort ; au lieu que des feuilles d’un Fer excessive-ment doux n’en auroient pas assez ; elles feroienttrop semblables a des feuilles de plomb.

La fabrique du Fer noir, ou le ‘travail de réduire

( a ) On verra dans C Extrait suivant cette Fabrique ne

’fiiVfìtie olur*

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en feuilles un Fer de bonne qualité , n’exige aucu-nes pratiques fecrettes. 11 feroit inutile d’expliquercomment on tire ces feuilles de Barres qui ont en-viron un pouce d’équarrissage ; comment après lesavoir un peu applaties, on les coupe en morceaux,qu’on appelle des Semelles ; comment on plie cesSemelles en deux, & enfin comment 011 en fait despaquets composés de 4c feuilles, qu’on bat toutesa la fois fous un marteau qui péíè 6 à 700 livres.

Nous fuppolerons donc les feuilles de Fer finies ,

& qu’il n’est question que de les blanchir, c’est-a-dire, de les étamer ; c’est-l'a l’objet de l’Art, & cequ’on fe propose fur-tout, c’est de les blanchir a peude sraix. Car s’il n’y avoit qu’à étamer un petitnombre de feuilles, fans s’embarrasser de ce qu’il encouteroit, rien ne feroit plus facile. Tout Fer biendécrassé & bien net ( & l’on peut toujours le rendre •tel en le limant) est en état d’être étamé fans nulledifficulté. Rien donc n’est plus simple qne d’étamerdes feuilles de Fer, si l’on en avoit peu à étamer; iln’y auroit qu’à bien nettoyer leur surface, qu’à lesbien décrasser avec la lime. Mais du Fer blanc faitpar cette méthode , fe trouveroit trop cher. Ce q utle renchériroit encore , feroit de l’étamer avec lesel Ammoniac. Ce n’est pas que la dépense de cesel allât loin, car il en faut peu; mais souvent il al-tère la blancheur de l’Etain qui s’est attaché au Fer ,il y fait des taches dont on ne /embarrasse pointpar rapport aux ouvrages qui doivent être limés oubrunis, après avoir été étamés; mais qui gâteroientles feuilles fur tfeíque iles les limes & les brunissoirsne doivent point passer. Cet Art a donc deux par-ties principales, l’une de rendre à peu de fraix lesfeuilles propres à être étamées, & l’autre de les bienétamer.

Pour mettre les feuilles en état de prendre l’Etain,au lieu de chercher à les décrasser à force de frote-mens de lime, on a imaginé, & c’est le principalesprit de l’Art, de les faire tremper dans des eauxacides pendant un certain tems. Ces eaux font peua peu, mais k moins de fraix, ce que la lime feroitfur le champ ; elles rongent la surface du Fer. D’ail-leurs comme on met tremper a la fois tel nombre defeuilles qu’on veut , l’effet des eaux équivaut à cha-que instant a celui de quelque nombre de limesqu’on voulut frire agir. Les feuilles ont - elles étérongées jufqu’k un certain point, on les retire deseaux, on les frotte, on les écure avec du fable ,pour emporter ce qui étoit resté fur leur surface ; unefemme écure alors plus de feuilles dans une heure,que l’ouvrier le plus expéditif n’en limeroit en plu-sieurs jours.

Le secret qui est la base du travail du Fer blancsse réduit donc a décrasser, ou en terme de l’Art, àdécaper le Fer dans des eaux acides ; & le fin du secretest de le décaper dans les eaux qui coûtent le moins,& incapables en même tems de lui donner aucunemauvaise qualité. Ces eaux font celles qui peuventnous venir de grains aigris. Tout le fond du se-cret pratiqué en Allemagne consiste dans des eauxfaites avec le seigle. M. de Réaumur dit qu’il enavoit été instruit long-tems avant d’avoir commen-cé ses expériences ; qu’ayant fait vers l’an 17x0. unvoyage en Nivernois, exprès pourvoir la Manufac-ture de Beaumont-la Ferrière , qui fubsistoit encore,mais qui étoit près de fa chute, on lui parla avecle mystère ordinaire ; mais qu’on ne put lui cacherque ces eaux s’y compofoient avec le seigle. Lespremiers ouvriers de cette Manufacture étoient Alle-mans ; ils avoient apporté cette pratique de leurpays. Tout ce qui nous revient des fabriques d’Alle-magne , ne permet pas de douter que ce ne soit en-core celle qui y est en usage. On fait cesser ces Ma-nufactures dans les années de disette de grains.

. O11 fait que le seigle est celui des grains qui a le. plus de disposition a s’aigrir. Dans des années où

il a

FER BLANC.