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Ion & P. Alpin le témoignent. De plus, les fruits &les épines que l’on trouve dans les caisses de Gom-me Arabique, font des fruits des Acacias d’Egyp-te; d’où son peut conclurre que fi l'on ne retirepas cette Gomme de l’Acacia feulement, du moinson en retire la plus grande partie.
L'arbre d’où découle ce suc gommeux est grand& fort branchu; il vient de la grandeur du meurier ;le tronc est de la grosseur du prunier ; il a l’écorcenoire, rude & armée de fortes épines : Ses feuillesfont très menues, assez semblables a celles de la ta-naisie -. les fleurs font petites, dé couleur d’or auCaire, & blanches dans les montagnes d’Arabie, sem-blables a de petits floccons de laine. II porte desgousses longues d’environ cinq pouces, brunes ourouffâtres, applaties, épaisses d’une ligne dans leurmilieu, plus minces fur les bords , d’un demi-pou-ce dans leur plus grande largeur, semblables enquelque façon a celles du Lupin. Cet arbre est lemême qui donne le suc d’Acacia. Voyez Acacia.
Il découle des fentes de l’écorce du tronc & desrameaux de f Acacia une humeur visqueuse qui fedurcit avec le tems ; & c’est une Gomme qui n’estpas différente du suc gommeux qui découle de luimême des Pommiers, des Cerisiers, des Pruniers,ou d autres arbres de nôtre pays. II fe forme souventdes grumeaux de différente grandeur & de différen-te hgure, quelquefois même en gouttes longues,cymuiviques, recourbées, & de la figure des versou ues chenilles : c’est ce qu’on appelle Gomme ver-ni cul aire que les Anciens estimoient beaucoup,q, m.cui’elle ne diffère de l’autre que par la feulefigure.
a Gomme Arabique paye en France les droits (Pen-sée a r ai: on de 20 f du cent pcjant , conformémentau Tarif de l66q.
.Les droits qu!elle paye à la Douane de Lyon font dec y j. jjar quintal, tant pour P ancienne que pour la nou-velle taxation, Û encore i % f pour les anciens & nou-veaux quatre pour cent.
rj‘e est atijjt du nombre des drogues & marchandì -U : venant du Levant , de Barbarie & autres Etatsdu Grand Seigneur & d’Italie , fur lesquelles il doitêtre levé vingt pour cent de leur valeur, suivant l Ar-rêt du quinze Août l68y. dans les cas portés par le-dit Arrêt.
* Gomme Gutte , ou Gummi Gutta , GummiGotta, Gummi Gitta , Gummi Gamandra, Gummide Gamandra, Gummi de Go a , Gummi de Peru ,Gummi Peruanum, Gummi de Jemu, Gummi laxa-tivumi Gutta Gamandra, Gutta Garnit, Gutta Ge-nt an , Ghitta Jemou , Catta Gamma, Catta Gemou,Gutta ad Podagram , Scammonium Orientale , Chry-fopum , Cambodium & Cambogium. Est un suc con-cret , résineux & gommeux, inflammable, sec,compacte, dur, brillant, opaque ; d’une couleur desafran jaunâtre , formé* en masses rondes, ou enpetits bâtons cylindriques, fans odeur & presquesans goût : au moins quand on la retient dans labouche, elle n’a d’abord d’autre goût que celui dela Gomme Arabique ; mais peu de tems après ellelaisse dans le gosier une légére acrimonie avec unpeu de fécherefle. Elle fe dissout dans l’efprit devin comme dans l’eau, qu’elle rend laiteuse, ouplutôt trouble & jaunâtre.
On apporte la Gomme Gutte de Camboge, duRoyaume de Siàm, de la Chine, & même de quel-ques Provinces de P Amérique. Elle a reçu la quan-tité de noms qu’elle a, soit a cause de la goutte quel’on dit qu’elle guérit , soit k cause du pays deCambaye, Cambodje , ou Camboge, selon quedifférentes nations prononcent, soit â cause des dif-férens pays d’cù on l’apporte, soit k ca.uÇc de facouleur.
Les Anciens ne la connoissoient point du tout,& ce n’est que depuis peu d’années qu’elle est con-
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nue & employée beaucoup plus par les Peintresque par les Médecins. Elle fut envoyée a Cluji UsPan 1603. pour la première fois, & dans la fuiteelle commença k être employée peu k peu en Eu-rope. On estime celle qui est pure, qui n’est pointmêlée de fable ni souillée d’ordures, d’une couleurfauve ou de safran jaunâtre, qui s’enflamme fur lefeu, & qui donne la couleur jaune ou de fouphre kla salive & a Peau.
Les Auteurs ont été longtems incertains fur l’o-rigine de ce suc. Cluftus soupçonne que c’est le sucde l’Euphorbe. D’autres croyent que c’est le suc ex-primé & épaissi de la Rhubarbe récente : les autrespensent que c’est le suc de la plante appellée Bei-delfar de P. Alpin. Quelques-uns prétendent quec’est un certain composé de suc du Tithymale &de la Scammonée. 'C. Bauhin croit que c’est le sucexprimé du Ricin des Indes. Rofenberge assure quec’est une larme qui découle de la racine du Ricin,k laquelle on a fait une incision, que l’on teint en-suite avec du safran des Indes, & que l’on fait sé-cher. C. Hofman conjecture que c’est le suc de lagraine du Ricin teint du suc de la Rhubarbe. Bon-tius dit que cette larme jaune découle dans Cam-baye , pays voisin de la Chine, d’une plante sem-blable aune espèce de Tithymale, qui est si hautequ’elle égale & qu’elle surpasse même les plus grandsarbres, qu’elle embrasse comme le Lierre. MaisBontius paroît parler ici fur le rapport d’autrui ; ôcil n’a jamais vû la plante qui donne la Gomme Gut-te , puisqu’elle vient de deux arbres appelles Car->capulli.
Le premier s’appelle Carcapulli , Coddampulli,Ghoraka. C’est un grand arbre toufu, branchu ; sontronc est gros de xo ou 12 piés; son bois est blan-châtre ; son écorce est blanchâtre & un peu jaunâ-tre en dedans, rougeâtre en dehors, couverte d’unecroûte noirâtre. Ses feuilles font ovalaires, d’unetissure épaisse & solide, d’un verd foncé, & luisantesen dessus, d’un verd gai en dessus. Les fleurs fontde couleur de chair & jaunâtres , fans odeur , com-posées de quatre pétales : au milieu des fleurs fetrouve un globule vert canelé a huit pans. Les fruitsfont portés fur des pédicules d’un pouce de lon-gueur; ils font de la grosseur d’une orange, &à8, 9 ou 10 côtes saillantes; couronnés par une pe-tite tête canelée & a petites côtes. Ces fruits fontverds d’abord, ensuite jaunâtres, blanchâtres dansleur maturité, d’un goût doux acide. Au milieu dela pulpe de ces fruits font contenues des graines ob-longues , de la grosseur d’un doigt, applaties, decouleur bleue foncée.
L’autre espèce s’appelle Carcapulli, Kanna Glo-kaka, c’est-a-dire Ghokaka doux. Cet arbre diffèreseulement du précédent par là fleur & son fruit quiest doux, rond, & de la grosseur d’une cérise ; caril lui est semblable en tout le reste.
C. Bauhin renferme mal a propos ces deux ar-bres fous la même efpéce. Ces deux arbres , dit P.Herman , donnent la Gomme Gutte par l’inciíionque l’on fait k leur tronc; mais celle qui découledu Kanna Ghokaka vaut mieux, car elle est plusdouce. Ils croissent dans Cambaye, la Chine & lTílede Ceylan.
Mr. a observé dans quelques endroits de
l’Amérique, 6c fur-tout dans l’Ifle de Cayenne, unarbre aulsi grand que le Chêne , qui donnoit de laGomme Gutte. Mais je ne fai si c’est le même ar-bre que ceux dont nous venons de parler, ou s’ilen est différent.
P. Herman rapporte qu’il découle un suc laiteux& jaunâtre des incisions que l’on fait aux arbresdont nous venons de parler ; que ce íuc s’épaiflkd’abord k la chaleur du soleil, & que lorfqu’on peutle manier, on en fait des masses orbiculaires , oudes bâtons cylindriques, que l’on sèche ensuite par-