j i j G R. A T. G R A V.
se servent les Serruriers , pour dresser & arrondirles anneaux des clés & autres pièces de relief. II y ena de plusieurs sortes, de rondes, de demi-rondes,de quarrées , de longues , & de diverses autres fi-gures , suivant le goût & le génie de l’Ouvrier,ou la diversité de l’ouvrage.
GRAVE, ou GREVE. Grand espace le longdes rivages de la mer, qui est couvert partie de fa-ble , & partie de ces caillons qu’on appelle duGallet. Le mot de Grave n’est g'uére en usage queparmi les Matelots qui vont a la pêche de la mo-rue, & qui la font sécher. C’est sur la Grave qu’ondresse les échaffauds propres a façonner le poisson.Voyez Morue seche.
GRAVELE'E, autrement CENDRE GRAVE-LE’E. Drogue propre a la teinture, du nombre decelles qu’on appelle non-colorantes; parce que fansdonner aucune couleur aux étoffes , elle ne fait queles préparer à en recevoir une, étant employéedans les bains ou bouillons.
La cendre Gravelée est de la lie de vin séchée &ensuite calcinée. Elle est corrosive. Pour être bonne,elle doit être en pierre, nouvelle faite, d’un blancverdâtre, & d’un goût salé & amer. Celle qu’onfait venir de Bourgogne est incomparablement meil-leure que celle que font les Vinaigriers de Paris,parce qu’elle n’est faite qu’avec de bonne lie. II envient aussi de Lyon, qui est fort estimée.
On apporte de Pologne, sur-tout de Dantzik, &quelquefois de Moscovie, une espèce de cendreGravelée, qu’on nomme Potaki ou Vedajse , dontles Teinturiers se servent aux mêmes usages que decelles de France : en effet Su nom près c’est préci-sément la même chose; a moins peut-être que l’é-loignement des Pays d’où elle vient, n’y ajoute quel-que prix, comme il n’est que trop ordinaire.
De la Gravelée préparée par la Chymie on fait unsel qui a les mêmes vertus que le sel de tartre, a laréserve qu’il est plus corrosif. On en compose auffiles pierres qu’on appelle Pierres a cautère, soit lescommunes, soit celles qu’on nomme Cautères develours, a cause qu’elles opèrent doucement. II s’enpeut encore tirer une huile dont les vertus font assezsemblables à celles de l’huile de tartre.
La Gravelée p aye en France les droits de sortie àraison de 40 s. le cent pesant , suivant le Tarif de1664.
Le s droits de la Douane de Lyon , font de 2 f. 6 d.du quintal.
GRAVELLE. Espèce de tartre qui se fait a Pa-ris &à Lyon. Voyez Tartre.
GRAVER. Tailler & inciser les pierres précieu-ses , les métaux, les marbres, le bois & autres sem-blables matières, & y représenter avec les ciseaux,les ciselets, les burins, l’eau-forte, &c. diversesfortes de desseins & de figures.
GRAVEUR. Celui qui grave. II y a des Gra-veurs fur pierres précieuses, des Graveurs fur acier,des Graveurs en taille-douce, des Graveurs en bois ,des Graveurs en métal, & des Graveurs & Doreurssurfer. On va parler de tous ces Graveurs dans cetArticle ; des uns très amplement , & des autres seu-lement pour indiquer les endroits de ce Dictionnai-re où l’on en traite, & les Communautés dont ilsfont Maîtres. __
Graveurs sur Pierres précieuses. CesGraveurs font ceux qui ont Fart de faire fur di-verses espèces de pierres précieuses des représenta-tions en creux & en relief. On les nomme auffiMaîtres Cristalliers , parce qu’ils gravent fur le cris-tal. Ils sont du Corps des Maîtres Lapidaires, & nefont qu’une même Communauté avec eux. VoyezLapidaire.
L’art de graver fur les pierres précieuses est un.de ceux où les Anciens ont le plus excellé ; & l’onvoit encore quantité d’agathes, de cornalines & d’o-
GRAVEUR. fit
nix antiques , qui surpassent de beaucoup tout ceque les Modernes ont pû faire de meilleur en eegenre.
Pyrgoteles chez les Grecs , & Dioscoride fous lespremiers Empereurs Romains , font les plus célèbresGraveurs dont les noms soient passés jufqu’a nous.L’un fut tellement estimé d’Álexandre , que ce Prin-ce défendit que d’autres que lui gravassent sonportrait ; & la tête d’Auguste que l’autre avoit gra-vée étoit si belle , que les Successeurs de cet Empe-reur la choisirent par préférence pour leur servir decachet;
La plupart des beaux Arts ayant été ensevelisdans la ruine de l’Empire Romain , l’art de graverfur les pierres précieuses eut le fort commun. II re-parut néanmoins en Italie dans le commencement duXV e siécle ; & un Jean de Florence , & après lui Do-minique de Milan , y firent de ces fortes de gravuresqui n’étoient pas méprisables. Elles font depuis cetems devenues très communes en Europe ; & sur-tout il s’en fait une très grande quantité en Allema-gne, qui se répandent en France & ailleurs; mais el-les n’ont presque aucun goût, particulièrement cellesfur les pierres précieuses ; Car pour le cristal, les Alle-mans, & depuis peu les François, k leur imitation,y réussissent assez bien.
Pour graver fur les pierres précieuses on se sertdu diamant ou de l’émeril, & d’un tour semblablea celui des Potiers d’étain , si ce font de grands ou-vrages ; ou seulement du touret * si ce sont des ca-chets & de petites pierres.
Les instrumens qui usent les endroits de la pier-re qui doivent être en creux , & qui donnent lescontours aux autres qui doivent être en relief, sentdes Bouts, des Bouterolles , des Pointes, des Char-nières & des Scies, tous de fer ou de cuivre , quitournant avec vitesse en même tems que l’arbre dutour ou touret où ils font attachés, enlèvent ou usentles endroits de la pierre qui leur font présentés par leGraveur.
Les gravures en relief font les plus faciles, par-ce que l’Ouvrier voit son ouvrage, au lieu que danscelles en creux il faut qu’il ait continuellement re-cours a des empreintes , ou fur de la cire, ou fur dela pâte.
Lorsque les pierres font gravées , on les politavecdu tripoli fur des roues de brosses faites de poilde cochon.
On peut voir dans divers articles de ce Diction-naire , suivant Tordre alphabétique, la description ôcl’usage des machines , instrumens & outils qui fer-vent a ces sortes de gravures, dont on s’est con-tenté de donner ici seulement le nom.
II y a a Paris une manufacture de verre & cris-taux gravés , établie d’abord dans le Fauxbourg S;Antoine en Tannée 1709. & depuis transférée ail-leurs. Les Lettres Patentes accordées par le Roipour son établissement sont du mois de Novembre1699. mais quelques oppositions des Maîtres desCommunautés qui se mêlent de ce Commerce enayant reculé l’enregistrement jusqu’en 1708. les En-trepreneurs ne purelit faire valoir leur privilège qu’a-près T Arrêt du 5 Décembre de la même année , re-latif a un autre du 2i Juillet précédent, qui régloisles contestations entre les parties.
Le privilège de Cette Manufacture est exclusif, &donné tant a l’Impetrant ( le 8r. Launoy de Bour-mont ), qu’a ses Associés, héritiers & successeurs;
Les ouvrages permis aux nouveaux Privilégiésfont, toutes fortes de cristaux & verres travaillés engravure & ciselure en creux & en relief, & tou-tes figures maffives, bustes & bas-reliefs en sculptu-re ; avec faculté néanmoins & permission aux Ou-vriers tant de Paris que des autres Villes du Royau-me , de continuer le travail des cristaux & verres *soit unis, soit a facettes & k pans , & autres de cei-
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