4 , GRO. GRU.
GAosse. Signifie aussi un certain compte de dou-z e douzaines, c’est-â-dire de douze fois douze , quifont 144 ? une demi-Grosse est íix douxaines ou iajnoitié d'une Grosse.
II y a quantité de marchandises que les MarchandsGroíhers, Manufacturiers 6 c Ouvriers vendent à iaGreffe , entr’autres les lai sets de foie & de fil , lesboutons de foie, de poil, de fil & de crin; les bou-des 6 c anneaux de fer pour les Selliers ; les couteauxde table & ceux a ressort, les ciseaux a Lingères&a Tailleurs , les limes de toutes fortes qui le fonten France, les vrilles d’Angleterre, les poires à pou-dre , les écritoires 6 c étuis de cuir, les dés a coudrede cuivre & de fer, les sangles & surfaix pour leschevaux de selle, les peignes de buis, de bois &de corne, les busqués de bois ét de baleine, lespeaux de veau passées en alun pour les Relieurs delivres, les peaux de chevreau, de mouton óc d’a-gneau passées en mégie, celles de porc & de truyetannées.
Le fil a marquer fe vend auíTÌ à la Grosse d’éche-veaux j les rubans de fil teints & lissés qui se fontà Rouen d auxquels on donne le nom de Padous sfe vendent pareillement a la Grosse: chaque Grossecomposée de 12 pièces de ruban de 12 aunes chacu-ne : Enfin il y a tant d’autres marchandises qui fevendent a la Grosse, qu’il seroit assez difficile de lespouvoir toutes expliquer ici.
Quoique le parchemin neuf ne fe vende ordi-nairement qu’à la botte de 36 peaux, cependantles droits d’entrée & de sortie du Royaume , sepayent sur le pié de la Grosse de 12 douzaines depeaux.
GROSSER 1 E, ou GROSSIERIE. ^ Ce font lesgros ouvrages que fabriquent les Maîtres Taillan-diers-Groffiers. Voyez, plus bas , Grossier, ou Tail-landier.
GROSSIER. Qui vend, qui fait commerce demarchandises en gros. Un Marchand Grossier <f épi-ceries , de draperies, de foiries , &c.
Grossier. Voyez, Detailleur.
Grossier , Grossière. Epais, qui a trop degrosseur. Ce drap est trop Grossier; cette toile estbien Grossière.
Grossiers. Les Taillandiers-Grossiers font ceuxdes quatres métiers qui composent la Communautédes Maîtres Taillandiers de Paris, qui fabriquentles plus gros ouvrages de taillanderie, comme cre-mailliers, hastiers, sommiers, chenets, Haussiers 6cautres utenciles de cuisine, testus, gréloirs, dessain-troirs, 6cc. Voyez, Taillandier.
Grossiers. Les Horlogers-Groffiers font Ceuxqui ne travaillent qu’en gros ouvrages , comme enhorloges d’Eglise, en tourne-broches, 6cc. VoyezHorloger.
GROUP. Se dit des paquets d’or ou d’argenten espèces, que les Marchands & Négocians s’en-voyent les uns aux autres par la Poste, par le Mes-sager , ou par quelqssautre commodité. Ainsi l’ondit en écrivant a son Correspondant ; Je vous en-voyé par une telle voye un Group de 1500 Louis,dont vous m’accuserez la réception ; c’est - a - di-re , un paquet où est contenu ce nombre de Louisd’or.
GRU. Fruit sauvage qui se trouve dans les fo-rêts & que mangent ou grugent les cochons 6c au-tres animaux qu’on y envoyé paître. Sous le nomde Gru on comprend le gland , ' la faine , les châ-taignes , les pommes & les poires sauvages. Voyez,Glande’e.
GRUAU. C’est la moindre de toutes les farinesde froment, de méteil ou de seigle, que les Boulan-gers employent pour faire du pain.
II y a de deux sortes de Gruaux, de fins & de grosLes fins Gruaux font ceux qui tombent par la der-
GRUA. GRUE, 74â
niére division du bìuteau, soit dans les moulins *soit chez les Boulangers qui font bluter à la maison:les gros Gruaux font ceux que produit le son qu’onrefasse.
Lorsque ces Gruaux se repassent au moulin , onles appelle des recoupes ; òc la farine qui en pro-vient a encore les gruaux qu’on nomme des recou-pettes. Cette dernière forte de Gruaux ne sert qu’afaire ces manières de pâtés dans lesquels les Per-ruquiers font cuire les cheveux j il ell néanmoinsquelquefois permis de mêler les recoupettes dans lepain.
Lors qtfen 1*709. année si fatale a la France parla perte de toutes ses récoltés , le Parlement de Pa-ris réduisit tout le pain qui fe faifoit pour ia nour-riture des Habitans de cette ' Capitale, à deux espè-ces de pain, i’úne de pain blanc & i’autre de painbis ; il fut ordonné par l’Arrêt du 7 Juin qu’il en-treroit partie de fins Gruaux dans le pain bis-blanc ,
& partie de fins & de gros Gruaux & de recoupet-tes dans le pain bis. Voyez Boulanger , Pain ó*Farine.
Gruau. C’est aussi une avoine féchée au four Ôèmise en grosse farine grenue,par le moyen d’une for-te de moulin, qui en la moulant la coupe & la net-toyé de fa peau.
A Paris ce font les Marchands Epiciers & Grai-niers qui font négoce de Gruau : ils le tirent ordi-nairement de Bretagne 6c de Touraine ; celui deBretagne est le plus estimé. Le Gruau sert a fairéune bouillie excellente en la faisant cuire un peu len-tement dans du lait ; on prétend qu’il est très boitpour engraisser 6c pour rafraîchir : on en fait aussides eaux rafraîchissantes.
Le Gruau d’orge est proprement ce qu’on appellede l’Orge mondé. Voyez Orge.
Les Gruaux davoine & d’orge , que le Tarif dë1664. appelle Gril , payent en France les droits d’en-trée à raison de 13 livres le muid mesure de Faris j sa-voir , une livre pour lancien droit , & 12 liv. pour l(ttraite domaniale .
Gruau. C’est encore une machine propre à éle-ver des fardeaux d’un grand poids, comme font lesbois de charpente, les pierres de taille , les moilons6c autres matériaux qui s’employent à la construc^tion des bâtimens considérables.
Le Gruau tient le milieu entre F engin & la grue,ayant un long col, mais moindre que cette dernière $
6c ayant plus que I’engin un fauconneau fort allongé,posé fur le poinçon d’enhaut, 6c garni de ses chevil-les comme le rancher de ia grue.
Lors qu’on veut que le fauconneau du Gruau aitplus de portée , on y ajoute avec des liens de ferce qu’on appelle une Efcoperche, c’est-â-dire, unepiéce de bois de même force que le fauconneau «qui a une poulie au bout, & des chevilles pourcontinuer l’échellier. Voyez Engin 6c Escoper-
CHE.
GRUE, C’est le plus composé , le plus grand &le plus fort de tous les engins inventés pour éleverde pefans fardeaux. On ne s’en sert guéres que dansla construction des plus grands édifices , tels quSfont les Eglises, les Basiliques, les Palais , les arcsde triomphe 6c autres semblables bâtimens 6c monu-mens publics.
La principale piéce de la Grue est un long & grosarbre équarri jusqu’á la première moise, 6c façonnéen rond au-desa jusqu’a sa pointe, qui est garnie d’unpivot de fer ; cet arbre s’appelìe aussi un poinçon 6cquelquefois une flèche : c’est fur la pointe de cet ar-bre qui est élevé perpendiculairement fur l’horifon*que tourne 6c qu’est soutenue toute la Grue ; il por-te par le pié sur le milieu de l’empatement, Sc estsoutenu de ses quatre faces par huit bras ou liesis a- coutre-fiches, emboë'tés, chacun d’un bout dans un