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H A Q. H A R.
«eaux de vin & d’autres liqueurs, du fer, du plomb,&c. & des balles, ballots & caisses de toutes fortesde marchandises. Voyez Gagne-denier.
HAQUETIER. Celui qui conduit ou qui tire lebaquet.
HARAME. Nom que les Habitans de Mada-gascar donnent a l’arbre qui produit la gomme mé-dicinale , que les Droguistes nomment Tacama-ca, & quelquefois Tacamahaca. Voyez Tacama-haca.
HARAN, ouHARANG. Voyez Hareng,
HARAS. Lieu où l’on éléve des poulains, &où l’on entretient des étalons & des jumens pouren produire, & pour tirer race des meilleurs che-vaux. II fe dit aussi de tous les autres lieux desti-nés k élever les animaux propres à la monture del’homme, comme font les bêtes asines, les mulets& les chameaux.
Haras. Signifie encore les poulains mêmes Szles pouliches qui font élevés dans les Haras. Dans;ce sens on dit, Que les étalons Turcs & les cava-les de Naples font tes meilleurs Haras ; pour dire ,qu’ils produisent les meilleurs chevaux. Voyez Che-val.
Haras Royal, ou Haras du Roi. On nom-me aintì en France un Haras établi pour remonterde chevaux la grande & petite écurie du Roi, par-ticulièrement de ceux qui servent au manège & a lachasse.
Ce Haras étoit d’aborda 8. Leger en Yveline;mais depuis que vers le commencement du XVIII esiécle ce lieu a été uni au domaine de Rambouillet,,maison de plaisance du Comte de Toulouse, GrandAmiral de France, le Haras du Roi a été transféréen Normandie dans l’Election d’Argentan, qui estde la Généralité d’Alençon.
II y a ordinairement dans ce Haras 17 ou 20 éta-lons de 7 a six ans de tous poils & de tous pays »particulièrement des Barbes, des Turcs, des Ara-bes, des Espagnols, des Anglois & des Hollan-dois ; 6r plus de zoo jumens toutes différentes pourle poil & pour la grandeur , afin de les bien assor-tir , fans compter un grand nombre de pouliches ôzde poulains qui font nourris dans les pâturages des-tinés à ce Haras, & gardés par 8 k 10 grands Pas-teurs , outre les Palfreniers & Garçons d’écurie quiles montent quand ils font en âge, ou qui ont foinde panser les étalons & les jumens poulinières.
11 n’y a guère de Nation où l’ufage du chevalsoit connu, qui n’ait des Haras, & qui ne choi-sisse les chevaux entiers les plus beaux & les plusvigoureux, & les jumens les mieux faites & deplus belle venue, pour les assortir & en tirer dela race.
Les Haras des Nations de l’Europe qui font enplus grande réputation , font ceux de France, donton parlera dans la fuite plus amplement ; ceux duRoyaume de Naples & du reste de l’Italie ; ceuxd’Efpagne , & particulièrement de l’Andalousie ;ceux d’Angleterre , de Hollande & de Flandre ;enfin les Haras de Suisse, de Danemarc, & dequelques autres Etats de la haute & basse Alle-magne.
A l’égard des Haras du dehors, c’est-à-dire, lesHaras qu’entretiennent les Nations que nous nom-mons Barbares, ceux qui nous font les plus con-nus , & dont nous voyons le plus communémentdes chevaux en France, font les Haras Turcs, lesHaras Arabes & les Haras de Barbarie : c’est de cesderniers que sortent ces chevaux que de-la on nom-me Chevaux Barbes.
Deux remarques, l’une tirée de l’Histoire desTurcs, & l’autre d’une Rélation de l’Arabie, peu-vent faire connoître combien les peuples de l’O-rient, particulièrement les Turcs & les Arabes, ai-ment les Haras , ík quel foin ils ont d’en entretenir ,
HARAS.
& , pour ainsi dire, d’en perpétuer les races.
On lit dans l’Histoire des premiers, que sousl’Empire d’Achmet, Naífuf son Grand Visir avoitjufqu’k 1000 grands chevaux dans ses écuries, quitous lui étoient nés de 440 jumens Arabes qu’il en-tretenoit dans ses Haras. Et k l’égand des Arabes,un Voyageur a écrit de ces peuples , que non-seu-lement leurs Princes & les Chefs de leurs Hordessont si jaloux de la race de leurs plus excellenschevaux, qu’ils ne veulent point qu’il en forte au-cun de leurs Haras, mais encore qu’ils tiennent,pour ainsi dire, régisse de Leur généalogie , enquoi ils font imités de la plupart de leurs Sujets,qui, quoiqu^ très exacts a conserver la mémoire deleurs Defcendans & }a fuite de leurs Ancêtres, nele font pas moins k connoître quels font les pre-miers chevaux qui ont commencé la race de ceuxqu’ils estiment le plus.
Des Harts de France.
H y a îong-tems qu’on a dit que si la France sa-voir profiter de ses avantages, elle trouveroit chezelle de quoi fe passer du secours des Etrangers danstout ce qui est nécessaire pour le soutien & pour lacommodité de la vie.
Cette remarque, qui en général souffre quelqueexception, est certainement très véritable, en parti-culier , pour ce qui regarde le commerce des che-vaux , dont ses Voisins lui fournissent un si grandnombre , tandis qu’elle en pourroit élever dans sesHaras, & d’assez beaux pour ne point envier leschevaux des Etrangers, & en assez grande quantitépour qu’elle put faire fur ses propres chevaux lesprofits dont elle s’est accoutumée d’enrichir les au-tres Nations.
En effet rien ne manque a la France pour établirce commerce : elle a d’excellens & d’abondans pâ-turages; elle peut trouver chez soi des étalons gé-néreux & de bonne race : & a l’égard des jumens,le Sieur d’Of.... Inspecteur général des Haras fousles ordres du Marquis de Seignelay Ministre & 8e-cretaire d’Etat, & ensuite du Marquis de Louvois,assure dans son procès verbal de visite de 1690.qu’il y a eu en France plus de 200000 cavales ré-pandues dans toutes les Provinces du Royaume,propres a porter de beaux poulains de toutes lesespèces, soit pour le manège & la chasse, soit pourla Maison du Roi, la Cavalerie legére & les Dra-gons > soit enfin pour le carosse, le tirage & les voi-tures.
C’est donc manque de bien entretenir les HarasFrançois qu’on est si souvent obligé d’avoir recoursaux Haras du dehors.
Mr. Colbert, au vaste génie duquel il n’échapoitrien de ce qui pouvoit être utile ou glorieux auRoi & a l’Etat, étant entré dans le Ministère, &ayant trouvé les Haras dans son département,pensa d’abord a les rétablir.
Son premier foin fut de faire acheter aux dépensdu Roi plusieurs chevaux entiers en Frise, en Hol-lande, en Danemarc & en Barbarie, pour servird’étalons, & être distribués, tant dans les anciensHaras qui restoient encore en France, que dansles Provinces les plus propres a élever & a nourrirdes poulains.
Ce fut pour la distribution de ces étalons & ré-tablissement des nouveaux que fut rendu l’Arrêt duConseil du 17 Octobre 1667.
Par cet Arrêt le Sr. Garfault , l’un des Ecuyersde la grande écurie, fut commis pour les distribuer;savoir ceux qui étoient propres au carrosse , fur lescôtes de la mer, depuis la frontière de Bretagnejusques fur la Garonne ; & les Barbes dans les Pro-vinces de Poitou, Xaintonge & Auvergne, avecordre de les donner a à garde des particuliers qu ‘
choi-