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Outre l’Herbe a soie qui se trouve dans la Virgi-nie, ii y en a encore une autre espèce dans l’Améri-que Méridionale, sur-tout dans les montagnes dul'opayan & du Perou. La racine de cette plante estpleine de nœuds ; ses feuilles font comme la lamed’une épée, de l’épaisseur de la main dans le milieuprès de la racine, plus minces vers les bords & versle haut, où elles se terminent en pointe. Les In-diens & les Espagnols coupent ces feuilles, quandelles font a une certaine grandeur.
Après les avoir séchées au soleil, on les bat, Lcl'on en tire diverses fortes de fils qui fervent a dif-férens ouvrages suivant qu’ilssont gros ou fins; lesplus gros s'employent a faire des hamacs , des cor-dages, & ces espèces de demi-chemise, dont lesfemmes Indiennes se couvrent de la ceinture en bas.Les fils de la seconde sorte sont ordinairement em-ployés a faire de petites étoffes, des toiles de foie,
& des bas de foie. aussi lustrés que ceux qui se fonten Espagne. Enfin le fil le plus fin & le plus luisantsert k faire des dentelles dont les Mulâtres & les Nè-gres se parent dans ies grandes cérémonies.
C’est de toutes ces marchandises qu’il se fait ungrand commerce dans les principales Villes de la merdu Sud, & même bien avant dans les terres , ainsiqu’on peut voir aux Articles Quito , Arica, Li-ma , Panama , Coquimbo , & même jusqu’a Aca-pulco, dans le Volume du Commerce.
Herbes lâches. Etoffes des Indes Orientales,moitié herbe & moitié coton. L’Herbe dont on lesfabrique se rouît, se bat & se file, comme les ortiesdont on fait des toiles en France. Les pièces ontde portée 71 aunes de long fur | ou | de large.Taffetas d’Herbes. Voy. Taffetas d’Herbe.HERBE’. Terme de commerce de cheveux. Onappelle Cheveux herbés, des cheveux châtains qu’ona fait devenir blonds en les mettant fur l’herbe, &les y taillant long-tems exposés au soleil, après lesavoir fait passer plusieurs fois dans une lessive d’eaulimoneuse. Le blond de ces fortes de cheveux estsi beau & si fin , que les plus habiles Perruquiers yfont trompés, & n’en peuvent connoitre l’artificequ’au débouilli, qui leur fait prendre une couleurde feuille sèche de noyer.
Plusieurs Sentences & Arrêts ont défendu enFrance l’apprêt de ces fortes de cheveux. VqyezCheveux
HERBER DES CHEVEUX. C’est les mettrefur l’herbe, pour leur faire prendre une couleur au-tre que la naturelle. Voyez. I ’Article précédent.
HERBERIE. On nomme ainsi dans le blanchis-sage des cires, le lieu où font les toiles fur lesquel-les on les fait blanchir, en les exposant au soleil &à la rosée. Voyez, t Article de la Cl RE , ou il ejì parléde la manufatture <£ Antony.
HERBIERE. Vendeuse d’herbes potagères. Cefont les Marchandes Fruitières & celles qui prennentdes Lettres de Regrat, qui font a Paris ce négoce.Voyez. Fruitier.
HERBORISTE. Marchand ou Marchande quivend des plantes médicinales.
Ces fortes de Marchands composent k Paris uneespèce de petite Communauté, où son n’entre qu’a-près un examen fur la propriété & la nature des plan-tes & racines qui fervent a la Médecine ; a causedu danger qu’il y auroit de les substituer les unes auxAutres. II w,' ’eur est pas même permis d’en faire ladistribution, ni de toutes, ni a toutes fortes de per-sonnes ; & il y a des herbes dangereuses qu’ils nepeuvent vendre qu’aux Apoticaires, ou du moins ades personnes connues, k cause du mauvais usagequ’on en pourroit faire.
•s Les Herboristes de Paris, & des autres gran-des villes de l’Europe, font d’une très grande uti-lité aux Apoticaires & aux Chirurgiens pour se pro-curer promtement les feuilles, los racines, les fleurs ,
HERE. H ERIC $14
& les semences des plantes médicinales, dans des ca$pressans, où il faut aider les malades, soit avec des ti-sanes,ou des apozêmes, soit avec des fomentations oudes catapiâmes, & des lavemens ou clistéres: car tousces remèdes font composés de beaucoup d’herbes, oude parties d’herbes. Les particuliers d’une ville ontaussi commodément leur recours aux Herboristes „pour avoir les plantes qui entrent dans leurs petitsremèdes familiers. Ces espèces de Marchands ven-dent également des plantes sèches, ou de leurs par-ties, & des fraîches, suivant les besoins, ou les deman-des qu’on leur en fait. Cesont eux mêmes qui vontles chercher k la campagne, fur les montagnes, &dans des lieux quelquefois de difficile accès. Ils fontla plupart assez bien instruits de la vertu des plan-tes , parce qu’ils tournent leur étude de ce côté la ,pour en raisonner dans les occasions , & faire hon-neur k leur métier.
HERE, qu’on écrit quelquefois HAIRE. C’estune espèce de tissu ou étoffe très grossière, non croi-sée , faite de crin de cheval, quelquefois mêlée depoil de bœuf ou de vache, qui se fabrique sur unmétier a deux marches, de même que la toile ou lesétoffes qui n’ont point de croifure.
La plupart des Heres qui se voyent a Paris, sontenvoyées de Rouen ou de Montreuil fur mer , parpieces de 20 k 21 aunes de long fur enyiron demi-aune de large mesure de Paris j leur usagesordinaire est pour les Brasseurs , qui s’en ferventa mettre lécher les grains germés qu’ils font en-trer dans la composition de leurs bières j & ce sontces memes Artisans qui les tirent des lieux de leursfabriques, aucun Marchand ne tenant compte d’enfaire négoce.
On appelle encore Hère une autre forte de tissuou étoffe composée de crin de cheval & d’étoupe dechanvre travaillée de même que la précédente, maisplus étroite, plus fine 5 í plus ferrée , dont les Re-ligieux & personnes dévotes forment des espèces descapulaires, qu’ils appellent des Hères, qu’ils met-tent k nud fur leur peau pour se mortifier ; il s’en faitaussi toutes de crin : les unes & les autres se tirent or-dinairement de Rouen, & sont partie du négoce dequelques petits Marchands du Corps de la Mer-cerie,
HERMELINE. C’est un des noms que quelquesFoureurs donnent k la Martre - Zibeline. Voyez,Martre.
HERMINE. Espèce de petite belette fort com-mune dans les Pays du Nord , mais plus particuliè-rement dans la Province de Sibérie, qui fait partiedes Etats de l’Empire de Moscovie.
Ce petit animal dont le poil est très blanc, k1 exception de celui du bout de la queue qui est fortnoir, fournit une tres riche fourure , que les Pelle-tiers , pour en relever la blancheur, tavélent ou par-sèment de mouches faites de petites morceaux depeau d’agneau de Lombardie, qui sont très noirs& très luisons.
L’Hermine fertafourer les habillemensd’hiver ,particulièrement ceux des Dames de qualité, qui enornent les paremens de leurs robes & en font destours au bas de leurs jupes ; on en fait aussi des échar-pes , des manchons, des bonnets , des aumusses j &les premiers Magistrats de France en sourent leurs ro-bes de cérémonies.
C’est encore de peaux d’Hermines qu’est doublé lemanteau Royal des Rois de France, & que sontornés ceux des Princes & Princesses de leur maison,& des Ducs & Comtes & Pairs, lors qu’ils assis-tent a leur Sacre ou a quelques autres grandes céré-monies.
Les queues d’Hermines s’appliquent pour l’ordi-naire au bas des aumusses des Chanoines, ce qui for-me des espèces de pendeloques blanches & noiresqui en augmentent la beauté & Le prix.
Quel-