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Tome 2.
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tes, Tune plus pâle, & l’autre plus chargée, qu’ilsappellent la belle ; c’est vraisemblablement une espè-ce de l’Escarboucle des Anciens. Car leur Hyacin-the étoit certainement une pierre différente de lanôtre, & d’une couleur de pourpre tendant au bleu.

Les Hyacinthes qui viennent d’Orientse trouventdans les Royaumes de Calicut & de Cambaye. EnOccident on en trouve en Portugal, en Bohème, enSilésie, & d’autres endroits.

Ces pierres font faciles à graver; mais souvent lagravure coûte plus que la pierre elle-même.

Les Anciens en faisoient des amulettes, ou es-pèces de talismans, & les portoient ou pendues aucol, ou enchâssées dans un anneau contre la pes-te. Leur crédulité leur attribuoit encore quantité d’au-tres vertus que la raison & l’expérience démentent.

L’Hyacinthe dont on se sert en Médecine, & delaquelle la confection d’Hyacinthe prend son nom ,est une pierre précieuse, dont il y a de trois for-tes. La première est la Hyacinthe soupe de lait , quiest une petite pierre de la grosseur & figure d’unmoyen grain de sel assez tendre.

La seconde est une pierre rougeâtre dessus & de-dans, naturellement taillée en pointe de diamant.II s’en trouve en Pologne, en Bohême , en Silésie,& en quelques lieux d’Italie.

La troisième est blanche, mêlée de jaune & dequelques autres couleurs. Elle se tire des mêmes en-droits que la rouge. II n’y a proprement que la pre-mière forte qui soit propre a la confection de Hya-cinthe , quoique quelques Droguistes & Apoticairesy substituent assez souvent les autres. Voyez. Con-fection d’Hyacinthe.

II y a d’autres pierres de la grosseur de la tête d’u-ne épingle, d’un rouge brillant , qu’on veut fairepasser pour véritables Hyacinthes. Les MarchandsEpiciers-Droguistes les appellent Jargons par mé-pris. Elles se trouvent en France, & sur-tout enAuvergne.

Les Hyacinthes propres à la Médecine font misesdans les Tarifs de France au nombre des drogues, &en cette qualité payent les droits d’entrée dans le Royau-me à raison de 50 s. du cent pesant.

HYiENE. Voyez. Civette.

HYDE. Voyez. Hide.

HYDRARGIRE. Voyez Vif-argent.

HYDROMEL. Voyez Hidromel.

* HYPOCISTIS ou HYPOCISTE. C’est toutenseimble le nom d’un suc qui entre dans la compo-sition de la Thériaque , & de la plante de laquelleon le tire : il est desséché , noir, brillant, & d’ungoût austère.

Cette plante est une parasite qui ne vit & ne croîtque fur les racines de quelques plantes ligneuses despays chauds, mais sur-tout sur celles des espèces deCijìus. Mr. Tournefort a mal établi les caractères dece genre dans le Corollaire de ses Elémens de Bota-nique , ayant pris fa fleur pour un monopétale encloche, & rapportée à la I e chiffe de ses Institutions.II s’est trompé, car fa fleur est semblable à celle dugenre àdAfarum , qui est une fleur à étamines, la-quelle il a placé dans fa XV e clafle. La fleur d’Hy-pocistis n’a point de pétale ; elle n’est composéeque d’un calyce, épais, coriace & coloré ; ( c’estcette couleur qui a trompé les Botanistes qui 11el’ont pas examinée assez exactement ) de douze é-tamines, & d’un pistiie caché dans le fond du calyce.Ce calyce est divisé a moitié par le haut en 3 01x4 lo-bes pointus ; il ressembleroit tout-â-fait a celui de lafleur du grenadier, s’il eût été divisé en cinq pointes,ainsi que l’a cru Mr. Geoffroi. Cette fleur est suivie d’u-ne capsule coriace, ayant presque la forme d’unebaye, a laquelle le fond du calyce sert d’envelope,sans perdre fa couleur. Cette capsule est divisée ensix loges remplies de semences menues & envelo-

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pées d’une matière visqueuse & transparente. Cessemences meures, font emportées par les ventsaprès être sorties de leur capsule, & ne germentjamais que fur les racines d’autres plantes propresà nourrir cette espèce de parasite. La glu qui lesentoure , ne sert pas peu a les attacher aux piedsdes Cistus qu’elles rencontrent lorsqu’elles font chas-sées par de grands vents ; celles qui tombent ail-leurs que fur ces racines, périssent toutes fans pro-duire. Cette manière de croître & de se nourrir del’Hypocistis, est tout a fait analogue â celle du Guy;on peut voir ce qu’on en a d*t dans son article.

Mr. Linnœus, le plus habile des Botanistes, quia mieux observé les caractères de cette espèce quel’on n’avoit fait , l’a rangée sous le genre à’Afa-rum, parce que les parties de la génération, quifont la fleur & le fruit dans les plantes, font toutessemblables a celles de ce genre, par conséquent elleest de la XV e classe de Tournefort , & non de sapremière, comme celui-ci l’avoit cru.

L’Hypocistis est fort commun en Provence & enLanguedoc, où l’on y en recueille & prépare le suc.C’est d’où les Marchands Epiciers-Droguistes deParis le font venir : il en vient aussi des pays O-rientaixx.

II faut le choisir cuit, en bonne consistence , c’est-a-dire , ferme, d’un noir luisant, le moins brûlé& le plus astringent au goût qu’il est possible.

-f- Pour faire ce suc, on pile les fruits récens, &l’on exprime le suc , que l’on fait ensuite sécher ausoleil, & que l’on épaissit jusqu’a la consistence d’ex-trait solide.

On substitue quelquefois cette drogue a l’acacia-vera.. Elle entre aussi dans la composition del’em-plâtre noir du Prieur de Cabriére, dont la recettea été rendue publique.

UHypociJïis paye en France les droits d!entrée àraison de 3 /. 10 f le cent pesant , conformément auTarif de 166 4 ; & suivant celui de la Douane de Lyon,où il efl appellé Ipoquiftidos , 5 f tant pour t ancienneque pour la nouvelle taxation.

HYPOCRAS. Voyez H’Pocras.

HYPOLAPATHUM. Espèce de rapontic ou derhubarbe. II y en a de deux fortes; l’un sauvagequi vient sans culture, l’autre qui se cultive dansles jardins. Voyez Rhubarbe.

HYPOTHEQUAIRE. On nomme CréancierHypothéquasse, celui dont ie contrat est passé par-devant Notaires, ou reconnu en Justice. Voyez lesArticles suivans.

HYPOTHEQUE. Privilège que des Créanciersont fur les immeubles de leurs Débiteurs, soit envertu de contrats, obligations , transactions ou au-tres actes passés ou reconnus par-devant Notaires,soit aussi en conséquence de Jugemens, Sentences ouArrêts.

Dans les faillites & banqueroutes les Créanciersfondés en Hypothèques font préférés aux Créancierschirographaires, c’est-a-dire, a ceux qui ne rapor-tent pour titres de leurs créances que des lettres oubillets de change , ou de simples promesses & autressemblables écritures fous signature privée, qui n’ontpoint été reconnues en Justice. Quelques Negociansse servent du mauvais terme Latin Hypotheca , pourdire , Hypothèque.

Hypothéqué. Donner de l’argent a Hypothè-que , est aussi un terme de négoce rapporté par Mr.Savary dans son Parfait Négociant , â la fin du Cha-pitre 3 du Livre y de la seconde Partie. Voici com-me il s’explique fur ce terme. .' M

33 Pour ne rien omettre de tout ce qui concerne le,3 commerce de Smirne, il faut savoir qu’il s’en fait33 encore un très avantageux , qui est de donner33 de l’argent a Hypothèque, fur lequel il y a â ga-33 gner iy , 16 & 17 pour cent ; c’est pourquoi les

33 Mar-,