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Tome 2.
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IMPRIMERIE.

ceux propres aux in-folio, aux in-quarto, aux in-octavo &c. ayant leurs barres du haut en bas, &ceux destinés aux in-douze étant au contraire bar-rés dans leur largeur.

Pour garnir les pages, & les arrêter dans leurchâssis, on fe sert de morceaux de bois de différen-tes longueurs, à de 7 lignes environ d’épaisseur ,afin qo h s soient plus bas que les lettres. Ceux qui semettent au haut des pages s’aopellent Bois de tcre ;ceux qui partagent les pages pour la marge intérieu-re, Bois de fond‘1 & ceux des côtés & du bas, Bi~seaux■ Tous ces bois fe serrent avec d’autres pluspetits, coupés en forme de coins, qui se chassentavec un cognoir de buis.

' Le vuide des apostilles, des citations ct de toutce qui se met en marge , se remplit de quadrats ou,de morceaux de bois , qu’on nomme Quadrats , ouBois £ Addition , pour les distinguer des autres.

Avant que de serrer entièrement l’ouvrage , onpasse un bois plat fur les caractères pour les bienunir; & lorsqu’ii est serré, on le sonde en le sou-levant, pour voir si rien ne se lâche dr ne veuttomber.

L’ouvrage en Cet état s’appelle une Forme , quicontient plus ou moins de pages, suivant le for-mat : une seule, quand ce sont des rainettes ; 2 pourl'in-solio, 4 pour l’in-quarto, 8 pour l’in-octavo ,12 pour l’in-douze, & pour les autres formats a pro-portion. Comme il faut deux formes pour chaquefeuille, quand on l’imprime des deux côtés, il estnécessaire qu’eiîes soient exactement de la même hau-teur & largeur, c’est-à-dire, que les bois dont ongarnit les pages tant a la tête qu’au fond , ct quifervent à faire les différentes marges, doivent êtrede la même largeur dans la première & dans la se-conde forme; ensorte que les pages de raport étantd’une égale distance dans l’une & dans ì'autre, el-les se puissent bien rencontrer, quand on en fait lerégistre dans la retiration : ceci même doit être ob-servé exactement dans tes ouvrages qui n’ont qu’unefeule forme.

Voila proprement où finit la fonction du Com-positeur; ce qu’on nomme en termes de s Art, Com-position finie. La forme achevée se met entre lesmains de i’Imprimeur, pour en tirer les premièresépreuves : cependant ssétant pas possible qu’it nes’y trouve plusieurs fautes, ou échapées à la dili-gence de l’Ouvrier , ou causées par la transpositionde quelques lettres d’un caisetin à I’autre , loríquel’épreuve est corrigée on la porte au Compositeur,qui corrige pareillement sa forme avec une pointed’acier, en forme de poinçon emmanché de bois ,avec laquelle il retire les mauvaises lettres, ct enremet de convenables à la place. Quand il y a peuà reformer , cela s’appelle Corriger ; & quand il y abeaucoup à changer, cela se nomme Remanier.

Le reste de l’ouvrage appartient k l’Imprimeurqui l’achéve, comme ©n va le dire.

Pour imprimer & pour se servir de la forme pré-parée par le Compositeur, il faut du papier, del’encre & une presse.

Le papier, aprèsqu’ila été choisi tel qu’il con-vient pour les Editions qu’on veut entreprendre, femouille dans un baquet plusieurs fsuiiies k la fois ,qu’on ouvre ensuite pour mettre en tas les unes furles autres ; & afin qu’elles prennent Peau plus éga-lement , on descend sur le papier trempé ct couvert* d’unais, un poids de plusieurs livres suspendu audeílus, qui les pressant toutes les unes contre les au-tres, rend leur moiteur k peu près égale; ou bienon met de grosses pierres fur ces ais pour les char-ger.

Le papier se trempe plus ou moins, suivant saforce & sa qualité, ou suivant celle des caractères;’e papier pour l’impression des petits caractères de-vant être plus mouillé.

Diction, de Commerce. Tom. II.

L’encre des Imprimeurs est de deux fortes, lanoire ct la rouge. Cette derniere , qu’on nommevulgairement Rosette , sert a faire ce qu’op appelleles Rubriques , & on sempíoye principalement dansles Livres d’Egiiíe. On s’en iervoit aussi beaucoupautrefois dans Ceux de Droit. L’encre noire sert aimprimer ie. corps des Livres d’Egìiiè , & presquegénéralement & entièrement tous les autres, où l'ona perdu Pillage de la rosette, k moins que ce nesoit dans la première page , qui est comme ie fron-tispice des grands ouvrages , où elle. se conserve en-core, ct 11’y fait pas un effet désagréable. On lspique même de faire de beaux Titres rouges.

On donne ailleurs la composition de ces deux for-tes d’encres; l’on va seulement parler ici de la ma-nière de ies employer. Voyez Encre , & Rosette.

L’encre fe donne forte ou foible suivant la forceou la foibíessectu papier ; forte pour le papier fort,ct foible pour le papier foible ; ce qui dépend de lacuisson de ce qu’on nomme 1 q Vernis de l’encre , oude la quantité du noir.de fumée qu’on broyé ávec cevernis.

Ces deux matières fe broyettt ensemble fur uríencrier , qui est une planche avec des rebords , quife place fur le derrière de la preste. Ce qu’on ap-pelle le Brayoir ou Brayon p’est qti’nne simple mo-lette de bois , ou si l’on veut, d’une pierre dure &polie. La palette sert a ramasser les matières disper-sées par l’effort du broyement, ou l’encre lorsque lesballes de l’Imprimeur Pont aussi trop rejettée versles bords de l’encrier. Cette palette est de fer fortmince, en maniéré d’une large lame de couteauarrondie par le bout. Le manche est de bois.

Les balles font des eípéces d’entonnoirs de bois,qui ont une poignée , ct desquels le vuide est gar-ni de laine ( ou plutôt de crin) couverte de cuircloué au bois. L’imprimeur en prend une de cha-que main , & Payant appuyée fur l’encrier pour lacharger d’encre , il ies remue les deux l’une fur l’au-tre , pour leur distribuer également l’encre qssil aprise; après quoi il en noircit la forme en la tou-chant de plusieurs coups fur toute fa superficie, pourla mettre par-lk en.état de la passer sous la presse , 'avec le papier qu’on a mis dessus.

La Presse d'imprimerie est une machine extrême-ment composée. Les deux principales parties, quien ont chacune un grand nombre d’autres, font lecorps de la presse, & ie berceau de la presse ; lederrière de la presse, qui en est comme une troisiè-me partie étant peu important, & ne servant qu’asoutenir f encrier, & k donner de i’échapée au trainde ia presse.

Le corps de la machine est de bois , & consisteen deux fortes jumelles ôu pièces de bois quarrées ,dressées perpendiculairement & parallèles l’une kI’autre. Trois autres pièces ou traverses aussi de bois,qu’on appelle des Sommiers , joignent ensemble lesjumelles , qu’elles tiennent séparées de 2 a 3 piés ,qui est k peu près la largeur du train , qui doit pas-ser entre deux. Le sommier du milieu est mobile, &est soutenu ct comme dirigé par deux boulons quitraversent le sommier d’en-haut, qui est fixe auffi-bien que celui d’en-bas. C’est ce dernier qui sou-tient tout l’effort de la presse, quand on fait agir lebarreau.

C’est dans ce sommier du milieu que passe la vis ,& qu’est attaché son écrou. L’arbre est au dessous,enfermé dans une boete de bois ; ensorte que lors-que sOuvrier tire le barreau qui y tient, il fait bais-ser l’arbre , qui serrant sur la platine , lui donne laforce de comprimer & serrer elle-même la formecouverte de pápier blanc, des Manchets ct de ses tim-pans , qu’on a fait avancer fous cette platine.

Cette dernière pièce est ordinairement de fer,quelquefois de enivre, de forme quarrée, & de gran-deur convenable pour couvrir quelque forte de for-

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