JOUR.
change. Les Lettres a Jour préfix ne jouissent pointdu bénéfice des dix jours de faveur. ^
Une Lettre de change a 2 , a 4 , a 6 Jours de vuepréfix, est celle qui doit êtrepayee 2 jours, 4 joinsou 6 jours après celui de son acceptation. Voyez. Let-tre DE CHANGE. , _ , ,
On appelle les Dix Jours de faveur , ou le Béné-fice des dix jours, ce nombre de jours que 1 usage& non le droit accorde a celui sur qui une Lettrede change est tirée, au-deik de déchéance marquéepour son payement. Ainsi une Lettre payable adeux Jours de vue, ne se paye que 12 jours âpresl’acceptation. Voyez. Faveur.
Les Ordonnances des Ay des & celles de la Villede Paris défendent de voiturer les vins & les autresmarchandises, autrement que de jour & entre deux
soleils. Voyez Voiturier.
Les premières défendent pareillement aux pral-feurs d’entonner la bière de chaque braffin, sinonde jour & en présence des Commis. Voyez Bras-seur. . .
On dit qu’un Marchand ne vit qu’au jour la jour-née , quand il ne fait pas grande provision de mar-chandises, & qu’ií ne s’en fournit qu’a mesure qu’tl en
débite. . ,
Un faux-Jour est celui qui vient obliquement dans
quelque lieu.. La plupart des magasins & des bouti-ques ont des faux-Jours, dont les Marchands laventbien profiter. Les Acheteurs doivent autant qu’nspeuvent voir les marchandises au grand jour. Voyez
Abajour. . , a
Jour de Planche. On nomme ainsi a Amlter-dam & dans les autres Villes maritimes des Pro-vinces-Unies, le séjour que le Maître ou Batelierd’un Bâtiment frété par des Marchands font obligesde faire dans le lieu de leur arrivée fans qu il leursoit rien dû au-delà du fret. On convient ordinai-rement de ces Jours de planches par la Charte-par-tie, à moins qu’ils ne soient fixés, ou par Binage ,ou par des réglemens. A Roterdam, par exemple , &aux environs, les Bateliers font obligés de donnertrois Jours de planches ; ceux de Brabant, de Flan-dre, de Zelande, & des autres Villes, égalementdistantes d’Amsterdam , en donnent cinq ou six,suivant la grandeur du Bâtiment. Mais , si après cesJours de planches , ou réglés , ou convenus, le Bâ-timent reste encore chargé , le Marchand paye tantpar jour, par proportion à ía grandeur ou au prixaccordé pour le fret.
-f Dans la Méditerranée les Jours de Planche fenomment Jours d’Estarie & même de Sur-rEítarie ,ensorte qu’un Vaisseau qu’on frète pour le Levantdonne 20, 30, ou 40 Jours d’estarie dans les portsoù il s’obiige d’aller charger ou décharger; & ou-tre ces Jours d’Estarie qu’on ne paye pas, étant com-pris dans le fret stipulé ; il donne 10 jours plus oumoins de sur-Estarie , qu’on paye tant par jour , sa-voir 10, 20 piastres , plus ou moins , suivant lagrandeur du Bâtiment.
JOURNAL. C’est le nom que les Marchands ,Négocians, Banquiers, & autres qui fe mêlent dequelque commerce , donnent k un certain Livre ouRegistre dont ils íe servent pour écrire jour par jourtoutes les affaires de leur commerce k mesure qu’ei-les se présentent.
Soit qu’on tienne ses écritures en parties simples,soit qu’on les tienne en parties doubles, il faut né-cessairement avoir un Livre Journal ; ce Livre étantcelui dont l’Ordonnance de 1673. entend parler,lorfqu’elle dit que les Négocians & Marchandstant en gros qu’en détail, auront un Livre qui con-tiendra toutes les affaires de leur négoce, leurs Let-tres de change , &c. outre que suivant la même Or-donnance , faute de la représentation de ce Livre, encas de faillite, on pourroit être réputé Banquerou-
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tier frauduleux , & comme tel poursuivi extraordi-nairement. Voyez Livres.
Journal. C’est ainsi qu’on nomme impropre-ment chez ía plus grande partie des Marchands dcBanquiers, un livre écrit k loisir & en beaux carac-tères , qui contient les articles extraits du brouil-lard , qui doivent être portés fur le grand livre.
Ce livre ainsi écrit après coup ne mérite aucu-ne foi en Justice. Le véritable Journal est l’hisloi-re de chaque jour, écrite dans le moment que cha-que affaire a été conclue, de la main du maître, dela maîtresse, des enfans de la maison, des garçons.C’est ici la nature qui s’explique, c’est la vérité quife manifeste, & qui instruit les Juges lorfqu’il feprésente des procès devant leur Tribunal pour rai-son de ces négociations. Ce n’est pas la beauté del’écriture ni la propreté du registre qui doivent con-stater un fait, c’est l’ingénuité & la simplicité ; aquoi les arbitres doivent particulièrement s’attacher.
Journal ou Journeau de terre. On nommeainsi en quelques endroits de la Guyenne, ce qu’auxenvirons de Paris on nomme demi-arpent ; quatrequartonnats font le Journal, & deux Journaux fontla ceterée ou l’arpent. Voyez ïArticle de I’Arpen-
TAGE.
JOURNALIER. Ouvrier qui travaille a la jour-née.
JOURNE’E. Durée du jour artificiel, c’est-k-di-re , tout le tems que le soleil éclaire sur l’horifon.
On appelle Gens de Journée, les Ouvriers qui felouent pour travailler le long d’un jour, c’est-k-di-re, depuis 5 heures du matin jufqu’a 7 heures dusoir.
Travaillera la Journée, fe dit parmi les Ouvriers& les Artisans, par opposition k Travailler k la tâ-che & k la piéce : le premier signifie travailler pourun certain prix, & a certaines conditions de nourri-ture ou autrement, depuis le matin jufqu’au soir,sans obligation de rendre l’ouvrage parfait : le se-cond s’entend du marché qu’on fait de finir un ou-vrage pour un certain prix, quelque tems qu’il failleemployer pour i’achever.
Les Statuts de la plupart des Communautés desArts & Métiers mettent auffi de la différence entreTravaillera la Journée & travailler a l’année; lesCompagnons qui travaillent k l’année ne pouvantquitter leurs Maîtres fans leur permission, que leurtems ne soit achevé ; & les Compagnons qui fontsimplement a la Journée, pouvant fe retirer a cha-que fin de jour.
A l’égard des Compagnons & Ouvriers k la tâ-che, il leur est défendu de quitter fans congé , quel’ouvrage entrepris ne soit livré.
JOUR-NOMME’. Bateau de diligence dont lemaître s’est obligé d’arriver k certain jour préfixdans le port de fa destination, k peine de dimi-nution de la moitié du prix porté par fa lettre devoiture.
JOYAU. II fe dit des bijoux & ornemens précieuxd’or, d’argent & de pierreries, qui fervent k la pa-rure & a l’ornement que font & que vendent les Or-fèvres & Jouailliers. Voyez Jouaillerie.
IPECÁCUANHA. Racine qui vient du Brésil,& qui est un souverain spécifique pour guérir lesdissenteries. Cette racine a quantité de noms peuconnus & peu en usage, comme Beguguella , Specet-,cuanha , Cagofanga , Becùlo, Beloculo, &c.
On distingue trois sortes dllpecacuanha , 1 q brunile gris & le blanc , dont les effets font plus ou moinsviolons; le brun agissant avec plus de violence,celle du gris étant moins grande, & le blanc opé-rant très doucement ; ce qui fait que les Espagnols& les Portugais ne donnent que le dernier aux fem-mes grosses & aux enfans.
Cette racine ne fe trouve qu’en un seul endroit
du