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Tome 2.
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L A B D.

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Onzième lettre de l’Alphabet.Cette lettre,soit majuscule ouinitiale, soit petite ou cou-rante, sert a plusieurs sortesd’abréviations pour la com-modité des personnes decommerce , qui font obli-gées de tenir des journaux,livres & registres. L. St." • signifie Livre sterling. L.

de G. ou LG. veut dire Livre de Gros. L, majusculeitalique se met pour Livres tournois , qui se mar-quent aussi par cette figure Çj£. Deux petites Id. liéesde la forte font Livres de poids.

* LABDANUM; c’est ainsi qu’il s’écrit par-tout& chez toutes les Nations ; mais les Commis desDouanes écrivent Laudanum.

C’est une espèce de suc gommeux qui se trouveattaché a la barbe des boucs & des chèvres, sur-tout de ceux de ces animaux qui broutent l’arbris-seau que les Botanistes appellent Cijhts Ladanifera ,plante qui a de longues feuilles vertes , étroites ,rudes ôc gluantes, ' 6c qui croît en quantité dans lesPays chauds.

11 y a de trois sortes de Labdanum ; le Labdanumnaturel, òu en barbe ; le Labdanum liquide , qu’onnomme baume noir ; 6c le Labdanum en tortfs ; ouplutôt il n’y en a qu’une à qui l’on donne ces diíFé-rens noms suivant ses qualités ou fa figure.

Le Labdanum en barbe est la graisse telle qu’elleest recueillie de la barbe des boucs , par le moyend’une forte de peigne de bois dont se servent lesPaysans qui en font trafic. On Pappelle Labdanumen barbe , non-seulement à cause de l’endroit de l’a-nimal d’où on la tire , mais encore parce que lespains composés de cette graisse qui font de différenspoids, se trouvent tout remplis de poils de la barbedes boucs. On ne voit plus guéres h Paris de ceLabdanum , qui étoit toujours plein de saletés ; ilfaut, quand il en vient, le choisir le plus net & leplus odorant qu’il fera possible.

Le Labdanum liquide ou baume noir , c’est cettemême.graisse liquéfiée, purifiée 6c mise dans de pe-tites vessies très minces : le bon doit être d’une con-fidence assez solide, rì’un noir de jayet, 6c d’uneodeur douce, agréable & approchante de celle del’ambre-gris ; aussi le vend-on quelquefois pour dePambre noir, ce nouveau titre en augmentant leprix.

Le Labdanum en tortis n’est que le marc du Lab-danum liquide dont on fait des rouleaux tortillés enforme de pains de bougie ; cette drogue a qui cet-te figure a donné le nom de Tertis, est le moindredes trois Labdanum ; cependant les Parfumeurs nelaissent pas de s'en servir pour les pastilles commu-nes 6c les pots-pourris. Celui qui est bien roulé &en petits pains séparés, vaut mieux que celui qui esten masse, & lui doit être préféré , quoiqu’k la véri-té, de quelle qualité que soit le Labdanum en tor-tis , c’est toujours une très mauvaise marchandise,ìes deux autres Labdanum entrent dans la composi-tion des plus excellens parfums.

Di&on, de Commerce. Tom. II.

L A B D.

Description du Labdanum , suivant la, Relation du

voyage de Mr. de Tournesort au Levant.

L’arbrisseau qui produit le Labdanum , croît enquantité dans l’Ifle de Candie ; il est fort tcufu, &s’éiéve a deux ou trois pies de terre; fa fleur, qui estd’un pouce & demi de diamètre , a cinq feuillescouleur de rose chifonnées, rondes 6c étroites, quel-quefois déchirées fur les bords , avec un onglet jau-ne. Du centre de ces fleurs fort une touffe d’éta-mines jaunes, chargée d’un petit sommet feuillemorte. Leur pistile est long de deux lignes, termi-né par un filet arrondi. Le cali.ce est a cinq feuil-les ovales, veinées & velues fur les bords. La fleurétant passée, le pistile devient un fruit, en maniéréde coque, partagée en cinq capsules remplies d’unegraine rouge.

La racine de cet arbrisseau est ligneuse, en grossesfibres chevelues , de 8 a 9 pouces de long. Le boisen est blanc, l’écorce rougeâtre au-dedans, brunean-dehors, ócgersée de même que celle de la tige.Ses feuilles, qui font opposées l’une a l’autre, deuxa deux, font oblongues , de verd brun, 6c ondées :toute la plante est un peu stiptique & d’un goûtd’herbe.

Le Labdanum que cette plante produit est une es-pèce de glu odoriférante, ou comme une sueurgrasse qui se trouve sur ses feuilles dans le tems desplus grandes chaleurs ; elle en soit en goûtes luisan-tes, qui ne font pas moins claires que la térében-t-ine.

Cette drogue se recueille avec des fouets d’uneconstruction extraordinaire. Au bout d’un manched’une longueur convenable , font attachées fur unetraverse à demi cintrée quantité de longues cop-royes de cuir. Lors que le tems de la recuite est ve-nu , c’est-a-dire , lors que la fève transpire & couvreles feuilles de Labdanum , plusieurs paysans en che-mise & en caleçon, vont rouler fur ces arbrisseaux lesfouets qu’ils cnt a la main, 6c ils y en enlèvent laglu qui s’y attache a mesure qu’elles en font char-gées. Chaque ouvrier en peut amasser environ troislivres deux onces par jour, qu’on vend ordinairementun écu fur le lieu. Cette récolté se fait toûjours pen-dant la plus grande chaleur, 6c durant le tems laplus calme.

Le Labdanum le plus pur est toûjours mêlé de quel-ques ordures, a cause que la viscosité de cette dro-gue arrête aisément la poussière qui s’éléve lors qu’ilfait du vent ; mais outre ce défaut naturel, les pay-sans qui la recueillent la sofistiquent assez ordinaire-ment en la paîtrissant avec un sablon noirâtre 6c trèsfin. On découvre la tromperie en mâchant le Lab-danum , celui qui est sofistiqué craquant sous lesdents ; on peut aussi le dissoudre 6c le filtrer.

La maniéré de ramasser cette drogue avec des fouetsest très ancienne ; mais outre cela on détachait aussiavec foin le Labdanum qui se prenoit à la barbe 6caux cuisses des boucs 6c des chèvres, lors qu’ellesbroutoient le ciste. Hérodote 6c Dioscoride parlent del’une 6c de l’autre.

On trouve aussi du Labdanum dans l’Ifle de Naxia,

S s 2 niais

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