ï oo i LAN. L A P.
Langue. Tabac a la Langue; c’est une des qua-tre sortes de tabac qu’on cultive dans l’Amérique.y oyez, ï Article dn Tabac.
LANGUETTE. Terme de Balancier. C’est cet-te aiguille élevée a plomb fur le fléau d’une balance ,dont la moindre inclination a droite ou a gauche, montre lequel des deux bassins panche & Pemporte
fur l’autre. Voyez. Balance.
Languette , en terme d’Orfévrerie. Est un pe-tit morceau d’argent que l’Ouvrier laisse en saillie ôzhors cfoeuvre a son ouvrage , & que l’Affineur re-tranche pour Réprouver ôz en connoître le titre avantde contremarquer la piéce du poinçon de la Villeoù elle a été fabriquée.
LANGUEYER. Villter un pourceau, pour voirs’il est ladre, ce qu’on reconnoit a la langue qu’onl’oblige de tirer au dehors avec un bâton. Voyez.Porc. Voyez aujfi Charcutier.
LANGUEYEUR. Officier établi dans les Foires& marchés, où il fe fait quelque commerce de porcs,truyes & cochons, pour les visiter ôz empêcher qu’ilne s’en vende de ladres. Voyez comme dejjìts.
LANGUIER. Langue de porc salée ôz fumée, oùle Boucher ou habilleur de porcs a laissé la gorge.Voyez plus haut Langue , à. la fin de r Article.
LANICE, LANISSE. Ce qui est fait de laine.11 n’est plus guéres d’ufage que pour signifier cetteefpéce de laine ou plutôt débourré que les Lai-neurs, Efplaigneurs & Couverturiers tirent de des-sus les draps, les couvertures & autres étoffes delaine avec le chardon. II est défendu aux Tapis-siers de mêler du laveton avec de la bourre-lanif-fe dans la fabrique de leurs matelas. Voyez Bourre-Lanisse.
LANTEAS. Grandes barques Chinoises dontles Portugais de Macao fe fervent pour faire le com-merce de Quanton.
Ces fortes de bâtimens font environ de 7 a 800tonneaux, ôz c’est où les Commissionnaires Portu-gais habitent tant que dure la Foire de Quanton,ne leur étant pas permis de coucher a terre , ôz Tail-leurs de plus grands vaisseaux Portugais n’ayant pasnon plus permission de monter plus haut dans la ri-vière. Voyez t Article général du Commerce de l’A-Jte , au paragraphe de Macao.
LANTERNE , qu’on nomme aussi PLIOIR. Ins-trument rond qui sert aux Gaziers a ôter la foie dedessus l’ourdissoir pour la mettre fur les deux ensa-bles du haut du métier a gaze. Voyez Gaze.
LAPDANUM. Voyez Laboanum.
LAPIDAIRE. Ouvrier qui taille les pierres pré-cieuses. II fe dit aussi des Marchands qui en fontcommerce , même des autres personnes qui en onttine parfaite connoissance, ôz des Auteurs qui ontécrit des pierres précieuses, comme Boot Berguen ,Ruteus , Gesner , Durondel , &c.
L’art de tailler les pierres précieuses est très an-cien ; mais il est certain qu’il a eu le fort de tous lesautres dont les commencemens ont été bien impar-faits.
Les François s’y font adonnés assez tard, & l’onpeut juger par quelques pierres qui restent encorede leur première taille , qu’ils n’y étoient pas d’a-bord fort habiles ; ils y ont néanmoins fait un grandprogrès, ôz les Lapidaires de Paris ont poussé cetart a un point de perfection, fur-tout pour les dia-mans qu’on appelle Bri Han s, qu’il n’y a pas d’apa-rence qu’on puisse déformais le porter plus loin.
On employé pour tailler les pierres précieusesdiverses machines suivant la qualité des pierres. Lediamant qui est extrêmement dur, fe taille fur unev roue de fer doux que fait tourner une efpéce demoulin. La poudre de diamant même délayée dansde l’huile d’olive sert ôz pour le tailler ôz pour lepolir.
Les rubis, saphirs ôz topafes d’Orient fe taillent
LAPIDAIRE. toot
Ôz fe forment fur une roue de cuivre, avec l’huiled’olive & la poudre de diamant ; leur poliment fefait fur une autre roue pareillement de cuivre, maisseulement avec du tripoli détrempé dans de seau.
Les rubis balais, émeraudes, hyacinthes, ametif-tes, gren ats , agathes ôz autres pierres moins dures,n’ont besoin pour la taille que d’une roue de plombavec de l’émail & de l’eau , ôz pour le poliment, d’u-ne roue d’étain ôz de tripoli.
La turquoise de vieille ôz de nouvelle roche, lelapis , le girafol, l’opale, ne fe polissent que furune roue de bois aussi avec le tripoli.
Le Corps des Maîtres Lapidaires de Paris necède en antiquité qu’a peu des autres Commu-nautés; il faut cependant avouer qu’avant Tan-née 1584. cette Communauté étoit encore assez in-forme.
Ses premiers Statuts font de 1290. donnés parle Roi S. Louis, ôz depuis confirmés par Philip-pe de Valois ; les Maîtres y font appelles Estail-liers ôz Pierriers de pierres naturelles. L’article on-zième de ces Statuts qui défend de travailler enpierres fausses, ou comme on parloit alors , de join-dre verre en couleur de crijlal par tainôlure, ne patpainôlure nulle , fut confirmé par Sentence du Chu-te let du 23 Janvier 1331. ôz par Tarticle 17 de l’Or-donnance de Henri II. donnée a Fontainebleau , lesMaîtres , Jurés ôz Gardes de l’Orfévrerie de Parisfurent maintenus dans le droit de visitation chez lesLapidaires.
Ce fut enfin en 1Ç84. qu’en conséquence de l’E-dit donné par Henri III. trois ans auparavant, pourériger en Corps de Jurande toutes les Communau-tés de Paris, les Maîtres Estailliers Pierriers eurentde nouveaux Statuts , ôz même un nouveau nom %mais ce ne fut proprement qu’en 1613. qu’ils fu-rent mis en l’entiére jouissance de leurs droits parl’Arrêt du Conseil qui intervint entre eux ôz lesMaîtres Orfèvres qui s’étoient opposés a leurs let-tres.
Ces lettres qui confirment leurs nouveaux Sta-tuts ôz les érigent en corps de nouvelle Jurande,les qualifient Maîtres de l’art & métier de Lapidai-res, Tailleurs de diamans , rubis, &c. Tailleursde camayeux, Graveurs ôz Cristalliers, ouvrans éspierres précieuses & naturelles de la Ville ôz Faux-bourgs de Paris.
Quatre Jurés gouvernent la Communauté , veil-lent fur la conservation de ses droits, font les vi-sites chez les Maîtres, donnent les chef-d’oeuvres &expédient les lettres d’apprentissage & de maîtrise.Ils font élus a la pluralité des voix deux par chaqueannée.
L’apprentissage est de sept ans : chaque Maîtrene peut obliger qu’un Apprentis a la fois, permisnéanmoins d’en prendre un second sur la fin de ladernière année du premier.
L’Apprentis au sortir d’apprentissage doit servirdeux ans de Compagnon chez les Maîtres.
Tout aspirant à la maîtrise, même par privilè-ge ôz par Lettres du Roi, est tenu de faire chef-d’œuvre.
Les Maîtres ne peuvent avoir plus de deux rouestournantes, ni plus de trois moulins.
Les Forains n’ont pas droit d’exposer en vente lespierres précieuses ôz naturelles tant brutes quetaillées, même les perles ; ni les Maîtres d’en a-cheter d’eux qu’elles n’ayent été visitées par lesjurés.
Ces mêmes marchandises ne peuvent être ven-dues que par les Maîtres Lapidaires, ôz les Jouailliers-Orfévres ] ôz il est défendu à quelque personne quece soit de les regrater ôz colporter.
Enfin les pauvres veuves des Maîtres & lespauvres Maîtres font enterrés aux fraix de la Com-munauté 3 ôz au convoi des autres font portées qua-tre