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cfui sont sorties de la Mer, ont été des Bancs, comme-les couches de leurs rochers, & les coquillages quiy font ensevelis, le démontrent par-tout régulière-ment. Tout ce qu’on volt arriver de nos jours dansces changemens en petites portions, lesquels de-viennent considérables dans un grand nombre de-siécles, en font des preuves parlantes. Divers Sa-vans se préparent a en donner des Histoires bienopposées à celles qu’en ont donné les Burnets , lesJVoodic'ards , les Scheuchzers , &c.
Diverses observations faites de nos jours, démon-trent que la Mer se retire peu k peu des CôteS' del’Europe; c’est ce qu’on voit particulièrement par ladiminution de la Mer Baltique, du Pont Euxin,& de la Méditerranée, qui abandonnent du ter-rain très sensiblement chacune de son côté. Voyezï Article Montagnes. * Mém. de Mr. Garcin,
MADRURE. Ce sont les veines de couleurs & defigures différentes qui paroissent íur le bois.
On le dit auffi en termes de Pelleterie , des tachesqui font fur les peaux de quelques animaux, commedu Tigre , du Léopard , de la Pantér-e., du Chat &de quelques autres.
La moucheture des peaux d’hermine s’appellequelquefois de la Madrure, mais plus impropre-ment.
MAGALAISE , qu’on appelle auffi MEGA-NAÏSE , MAGNE , MAGNESE ou MANGANE-SE. Voyez ce dernier mot à son Article .
MAGASIN. Lieu où l’on ferre des marchandises,soit pour les y vendre par pièces, comme on dit,balles fous corde , ce que font les Marchands engros ; soit pour les y réserver & garder jusqu’k cequ’il se présente l’occasion de les porter a la boutique,comme font les Marchands en détail.
Magasin. C’est auffi chez les Détailleurs un ar-riére-boutique où l’on met les meilleures mar-chandises , & celles dont on ne veut pas faire demontre.
Magasin. Se dit encore de certains grands pa-niers d’ofier que l’on met ordinairement au devant &au derrière des carosses, des coches, cari oies & au-tres semblables voitures publiques z soit pour y met-tre les bardes , malles & cassettes des personnes quivont par ces voitures ; soit pour y serrer les médio-cres ballots, balles & caisses de marchandises que lesMarchands envoyent a leurs Correspondans parcette voie.
Pour la íûreté de ces marchandises, il faut avoirfoin d’en faire charger les Régistres du Commis éta-bli dans chaque Bureau de ces carosses ; & pour laíûreté des Cochers qui les conduisent, ils doiventavfi>ir des lettres de voiture auffi circonstanciées quecelles de tous les autres Voituriers par terre. VoyezVoiturier.
Magasin d’Entrepot. Voyez Entrepôt.
On appelle Marchand en magafin , celui qui netient point de boutique ouverte fur la rue, & quivend en gros ses étoffes & marchandises.
Garçon de magasin. Voyez Garçon.
Garde-magafin , est celui qui a le foin des marchan-dises qui font enfermées dans un magasin, soit pourles délivrer sur les ordres du Maître, ïoit pour en re-cevoir de nouvelles quand elles arrivent.
Garde-magafin , se dit auffi des marchandises quifont hors de mode, & qui n’ont plus de débit.C’est pour le gros ce qu’est un garde-boutique dansle détail.
MAGASINER. Mettre des marchandises en ma-gasin. L’Edit d’Affranchiffement du Port de Marseil-le de 1669. porte , Que les Marchands étrangers ypourront charger , décharger, magasiner ôt entre-poser leurs marchandises fans payer aucuns droits.Voyez Port franc.
MAGASINIER. Le Garçon ou le Commis quiest chargé du détail d’tin magasin. C’est la même
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chose que Garde-magafin. On s’en sert moins dansle Commerce que parmi les Entrepreneurs des vi-vres & munitions pour les armées & dans les arse-. naux du Roi.
MAGDALEON. Les Epiciers appellent un Mag-daléon de souphre , ces pains de souphre en formede cylindre qui font partie de leur commerce. CesMagdaléons ont ordinairement 6 pouces de long fur18 lignes de diamètre. Voyez Souphre.
-j- MAGNESIE. II y a trois sortes de Droguesminérales qui portent ce même nom. La premièrese nomme Magnésié blanche. La seconde, Magnésiénoire , qu’on nomme plus ordinairement Manganè-se. Voyez Manganèse. La troisième est appeiiéeMagnésié Opaline. Ces trois drogues différent en na-ture & en couleur.
Magnésié elanche. C’est une matière en pou-dre, entièrement insipide, d’une couleur blanche,:& très alcaline, que l'on tire des ingrédiens du ni-tre, ou salpêtre, qui restent dans la lessive aprèsles cristallisations de ce sel. Le résidu de cette les-sive se nomme f Eau-mére de nitre. On extrait cet-te poudre de deux différentes manières, ou parprécipitation des matières contenues dans cette eaumère, soit avec l’acide de vitriol, soit avec la lessivede potasse, soit avec l’huilede tartre par défaillance;ou par évaporation totale de cette lessive, & unexiésiccation parfaite de la matière qui reste après cesopérations. On observe ensuite de la laver avec del’eau-claire de rivière, & de la faire sécher. Alors ona cette Magnésié que les Droguistes vendent au-jourd’hui avec beaucoup de vogue & de profit , àcause de sa qualité purgative, qui opère commo-dément , & sans donner aucun dégoût, quand onen use. On n’en connoît pas bien l’inventeur, qu’oncroît pourtant Allemand. Ce n’est que depuis lecommencement de ce siécle , qu’on a apris k la con-noître peu à peu dans le public. C’est a Rome qu’onen a vû commencer Tissage , fous ce nom de Ma-gnésie blanche. Depuis on lui a adapté le nom deBanacée , mot dérivé du Grec, dont on s’est serviplusieurs fois auparavant, fur divers remèdes esti-més universels: car ce terme signifie Remède uni-versel. On croît cette Magnésié blanche, ou plutôtnitreui'e, une Panacée qui surpasse les autres dans• ses effets, & bonne à toutes sortes de maladies. Maisordinairement le crédit d’un tel remède ne durequ’un tems. L’expérience réitérée le faisant mieuxconnoître, on borne ensuite son usage a des cas plusparticuliers.
Son usage présentement, ( année 1749. ) s'étenddans tous pays, comme un nouveau remède pur-gatif, doux, & meilleur que les autres. La dose estdepuis demi-dragme jusques k deux dragmes, seulen bolus, ou mêlé avec d’autres drogues purgati-ves , dans des liqueurs convenables.
Quoique la Magnésié nitreuse soit douce, oud’un goût fade, elle devient un sel neutre , acre &amer, lorsqu’elíe est mêlée avec des acides un peuforts. II y a des Praticiens qui en donnent jusqu’ademi-once , pour purger un peu fortement. II estsurprenant que Mr. Geoffroy n’ait pas parlé de ce mi-nerai , tiré de la même matière que le sel de nitre,Le fameux Mr. Hecquet , Médecin de la Faculté deParis, s’en est servi dans fa pratique du vivant deMr. Geoffroy.
Magnésié Opaline. C’est le Foie d’Antimoine,fait avec le sel nitre , & le sel marin décrépite, quedes Droguistes Chymistes vendent en Hollande.Cette Magnésié est moins émétique , que le foied’Antimoine ordinaire , c’est-k-dire, celui qui n’estfait qu’avec le nitre seul. On Ta nommée Opaline ,k cause de sa couleur légèrement rubine & purpu-rine , qui approche de celle de la pierre opale. Elleest sudorisique, prise avec des aromates, en petitequantité , de telle forte qu’elle ne cause point denausées. MA-r