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Tome 2.
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lLlz MANNE*

tres, & de follicules qui en altèrent la couleur &peut-être auffi la vertu. II s’en faut bien que cetteManne Asiatique soit si belle que celle d’Italie.

On en vend de deux sortes en Perse ; la plus bel-le & la plus chère est par petits grains ; l’autre estsomme une pâte & contient plus de feuilles que deManne. /

Elle fe recueille autour de la Ville de Tauris ;mais il s’en trouve auffi dans les plaines de l’Armé-nie & de la Géorgie : on l’appelle en Perse Trun-gibin ou Teringabin.

Cette même Manne, auffi-bien que toutes les au-tres, n’est point une rosée du Ciel, mais le suc nour-riffier de la plante qui s’extravase & en ouvre lespores.

-j- Le P. Labat a souvent trouvé dans les hau-teurs aux Isles de la Guadeloupe & de la Martini-que , de la Manne qui étoit le matin très liqui-de avant le lever du Soleil, ne paroissant a l’œil,au goût & au toucher, que comme du miel blancdétrempé dans l’eau bien claire, mais qui faisoit uncorps assez dur, blanc, transparent, de plusieursfigures toutes approchantes de la ronde, d’un goûtmielleux, & d’une odeur de miel ou de sirop de su-cre blanc, dès que le Soleil avoit donné , deslus.Telles doivent être les qualités de la Manne pourêtre parfaite.

-J- C’est un très bon commerce que celui que lesCalabrois font de leur Manne. Elle leur coûte peude travail ; pourvû que le tems soit chaud & sec, ilsen recueillent beaucoup.

f On la met en caisse en Calabre telle qu’elletombe des arbres, a cela près que celle qui tombedes feuilles, ou de l’écorce fans incision, étant blan-che , & parfaite d’elle-même , ne se mêle pas aveccelle qui n’est sortie que par la violence des incisions.

st II y a bien des siécles que la Manne est en usa-ge, & qu’on la regarde comme un purgatif doux &excellent pour les humeurs bilieuses, & séreuses, &pour les maladies de la tête. L’uíage tout simple &modéré de la Manne tient le ventre libre, empêcheles vapeurs, & prévient l’amas des matières qui don-nent souvent tant de peine aux Médecins & de pro-fit aux Apoticaires.

On tire de la Manne par la distillation un espritacide, qu’on dit fort propre aux maux de poitrine.On en tire auffi une eau spiritueuse qui a toutes lesqualités de la Manne : mais pour le dissolvant, quequelques Artistes prétendent en pouvoiftirer , capa-ble de dissoudre l’or , c’est ce qui n’est pas si certain,ou plutôt ce qui ne lest point du tout.

Les Mannes de toutes sortes payoient en France lesdroits d?entrée à raison de 14 livres du cent pesants con-formément au Taris de 1664. mais par VArrêt du 15'Août 1685. elles ont été mises au nombre des marchan-dises du Levant , sujettes au droit de vingt pour cent deleur valeur.

Commerce de la Manne à Amsterdam.

La Manne se vend a Amsterdam à la livre, & fetare au poids : fa déduction pour le bon poids estde deux pour cent ; & celle pour le promt payementd’un pour cent. Son prix est depuis 26 íols jufqu’a6 S la livre.

Manne d’EnceNs. C’est de l’encens mâle choisien petits grains très nets & très ronds, ayant apeu près la couleur de la plus belle Manne. Ondonne auffi ce nom aux miettes farineuses d’encens

? [ui se trouvent dans le fond des sacs, & qui se fontáites par l’agitation causée par les voitures. VoyezEncens,

' Manne Masticine. Voyez Cedre.

Manne, qu’on nomme auffi Banne, & quelque-fois Mannette. Espèce de grand panier quarré-long, d’osler ou de châtaignier refendu, de lon-

MANisr. MANS. m4

gueúr & largeur a volonté, & de 12 à 18 pouces deprofondeur.

Plusieurs Marchands se servent de Mannes pourRemballage de certaines sortes de marchandises. LesMarchands Chapeliers entr’autres font les envois déleurs chapeaux dans des Mannes ou mannettes ; &les chapeaux de Caudebec en Normandie ne vien-nent que dans ces sortes de paniers.

st Cette forte de panier est appellée Mand pafles Hollandois , & Mande par les François qui ha-bitent chez les premiers. Mais la forme de ce panierest ordinairement différente du quarté long parmiceux-ci. Voyez Mand.

Manne. On appelle auffi Mannes ces petits pa-niers quarrés, dans lesquels de pauvres femmes por-tent dans les rues de Paris, des petits métiers, desmacarons, des biscuits & d’autres semblables frian-dises pour les enfans. Ce léger négo ce ne laissepas de faire vivre un assez grand nombre de cespauvres femmes.

Manne. Les Carriers nomment pareillement desMannes , les paniers ronds faits de fort osier , aveclesquels ils tirent les terres des trous des carrières ,loríqu’ils commencent a les ouvrir. Les anses deces Mannes font faites de cordages. On les appelledes Longes.

Mannes. Les Mannes des blanchisseurs de ciréfont d’osier blanc , longues de 4 piés, larges de 2 ,& profondes d’autant : elles fervent à transporterfur des brouettes à l’Herberie , les cires en feuilles jqui ont été grelouées a la fonderie.

MANNETTE. Panier d’osier qu’on nomme auffiManne & Banne. Voyez les Articles précédens.

MANOEUVRE. Celui qui dans les atteliers poufla construction ou réparation des bâtimens , sert aporter aux Maçons, Limosins & Couvreurs les ma-tériaux dont ils ont besoin, qui gâche le plâtre 4courroye le mortier, & fait tous les autres servicespour la maçonnerie, limosinerie & couverture.

0 Ces fortes d’Ouvriers subalternes n’ont besoind’aucun aprentissage pour ce service ; quoique néan-moins en servant ainsi ils apprennent leur métier ,& deviennent capables de travailler de leur chef.

On les appelle plus honorablement Aides a Ma-çons , à Limosins & a Couvreurs. Voyez ces troisArticles.

Manoeuvres-Carriers. Ce font des gens déjournée qui font tourner les roues dont on se sertà tirer les pierres du fond des carrières, en montantle long de l’échellier de ces roues, c’est-a-dire, deschevilles qu’elles ont des deux côtés. On appelleGarçons-Compagnons-Carriers, ceux qui travaillentdans la carrière a couper & fouschever les pierres,MANOEUVRIER, ou MANOUVRIER. Compa-gnon, Artisan, Homme de peine & de journée,qui gagne sa vie en travaillant de sa main, On lesconfond quelquefois avec les Crocheteurs , Forts &Gagne-deniers , quoiqu’il y ait quelque différence*

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y * MANOUF, ou MENUE. Espèce de lin quicroît en Egypte , & qui se vend au Caire ; son prixest de 7 a 8 piastres le quintal de xio rotolis*Voyez Lin.

Les toiles qu’on appelle Toiles de Menus, ont85 piés de longueur, & fe vendent 83 meidins lapièce, c’est-â-dire, un meidin le pic.

MANQUER. Signifie dans le Commerce , fairefaillite , faire banqueroute. Ce Négociant passoitpour riche, il vient pourtant de manquer. Le pluspuissant & le plus accrédité Banquier d’Amsterdama manqué, on se sent déja a Paris de fa faillite ;deux de ses Corréspondans ont auffi manqué. Voy.Faillite & Banqueroute.

MANSJA. Poids dont on se sert en quelqueslieux de la Perso , particulièrement dans le Sehirvan

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