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Lorsque les peaux ont été alunées, on les metégouter fur ia torse jusqu’au lendemain, qu’on lesmet fur une autre torse pour en exprimer toute l’eauen ies tordant avec la bille ; & lorsqu’elies ont étéensuite bien détirées fur le chevalet, on les plie uni-ment de la tête à la queue , la chair en dedans. C’estalors qu’on leur donne la première teinture, en lespassant les unes après les autres dans un rouge pré-pare' avec de la lacque en bâtons, mêlée de quel-ques ingrédiens qui ne font bien connus que desseuls Maroquiniers ; ce qui se réitéré autant de foisqu’il est nécessaire , pour que les peaux puissent êtreparfaitement colorées.
Après que ies peaux ont reçCi leur teinture, ellesfont bien rincées dans l’eau claire, puis étendues delarge fur le chevalet où elles restent a égouter l’es-pace de 12 heures ; ensuite on les jette dans unecuve rempile d'eau, dans laquelle on a mis de la noixde galle blanche pulvérisée & passée par le tamis ,quatre hommes.avec de longs bâtons les y tournantfans cesse pendant un jour entier. Lorfqu’on les re-tire de la cuve , on les met en retraite, rouge con-tre rouge, & blanc contre blanc, fur une longue bar-re de bois posée sur le travers de la cuve, où ellespassent toute ia nuit. Le lendemain matin seau im-primée de galle, qui est dans ia cuve , étant bienbrouillée , on y remet les peaux, en forte qu’ellessoient entièrement couvertes d’eau óc de galle; cir-constance a laquelle ies Maroquiniers doivent êtresoigneux de s’attacher, s ils veulent que leurs Ma-roquins soient bien parfaits.
Les peaux ayant ainsi resté environ 24 heures danslacune, on les releve iur la barre, puis on ies rin-ce bien ies unes après ies autres dans une auge rem-plie d’eau claire , d’où ayant été tirées elles font tor-dues dc détirées fur le chevalet , puis étendues furaine table de bois fur laquelle 011 les frote du côtédu rouge les unes âpres ies autres avec une épongeimbibée d’huiie de lin. 0
Aorès leur avoir donné l’huile on les pend pafles jambes de derrière à des perches garnies de clousà crochets, où eiies restent jusques à ce qu’elíessoient entièrement sèches.
Les peaux bien léchées on les roule aux pies, lerouge en dedans ; ensuite on les pare pour ôter lereste de la chair & de la galle qui pourroit y être en-core attaché. Puis on prend une éponge imbibéed’eau pure dont on les mouille légèrement fur tou-te la funerficie du côté de ia couleur, & lorfqu’el-les font bien sèches on les étend Iur le chevalet oùelles font listées à deux différentes reprises du côtédu rouge avec un rouleau de bois bien poli, & aprèscette dernière façon elles fe trouvent parfaites, &en étatd’être vendues & employées.
Les Maroquins jaunes, bleus, violets & d’autressemblables couleurs fe manufacturent à peu près com-me les rouges, n’y ayant guéres que ia couleur quiy puisse faire quelque différence.
Les Cordouans font des espèces de Maroquins,avec cette différence que les Cordouans font apprê-tés avec le tan, & que les véritables Maroquins fontpassés en sumac ou en galle. Plusieurs veulent queles Cordouans ayent pris leur nom de Cordoue villed’Efpagne fur le Guadalquivir dans l’Andalousie ,où il s’en fabrique beaucoup. Voyez Cordouan.
II fe fait a Smyrne, ville & port fameux de la Na-tolie fur l’Archipel, de la dépendance du Grand Sei-gneur , un très grand négoce de Cordouans ou Ma-roquins de toutes les couleurs ,qui y font envoyésde Satalie , dont ceux d’Ouchat font estimés iesmeilleurs & des mieux colorés. Les blancs qui nefont guéres connus en France , le font beaucoupdans toute l’Italie, où il s’en fait des envois considé-rables du port de Smyrne.
Les Maroquins & Cordouans payent en France lesDiction, de Commerce. Tom. IL
MARR. MARS, 1278
droits d!entrée & de Jortiesuivant leur qualité ouïeslieux dé où on les tire.
Les Maroquins de Levant payent à Ventrée cent folsde la douzaine conformément au Tarif de 166^.
Les Maroquins d!Espagne , Flandre & autres Paysétrangers , 4 liv. de la douzaine.
Et les Maroquins pajj'és en tan & en sumac , com-me aujjì les Maroquins & cordouans de toutes autressortes•> 40 fols pareillement de la douzaine.
Les droits qui fe payent à la Douane de Lyon font :
Four les Maroquins d!Espagne & autres Pays étran-gers 4 /. 17 f 6 d. la balle , & à. la douzaine 2 5 f tantd!ancienne taxation que de nouvelle rèaprèciation.
Pour les Maroquins de Dauphiné, Provence & au-tres semblables ,30 f de la balle , & à la douzaine 6f 'tant d!ancienne taxation , que de nouvelle réaprécia -tion.
Les Maroquins du Levant font du nombre des mar-chandises sujettes au droit de vingt pour cent ordonnépar VArrêt du 15 Août 168J.
A V égard des droits de sortie , les Maroquins du Le-vant payent 3 liv. de la douzaine ; & lés MaroquinsÛ cordouans de toutes autres fortes , passés & non passésen tan , sumac, Ûc. 25 f auffl de la douzaine.
MARROQUINER. Façonner des peaux de veau& de mouton à la maniéré du maroquin , pourqu’elles paroilTent de véritables peaux de maroquin.
MARROQUINERIE. Art de faire le maroquin.C’est aussi le lieu où fe fabriquent ces sortes de cuirs»On dit pourtant plus communément en ce derniersens, Une Manufacture de maroquin. Ce terme si-gnifie encore les cuirs passés en maroquin.
MARROQUINIER. Faiseur de maroquin. Cenom convient également au Maître Manufacturierqui conduit les ouvrages de maroquinerie, & a P Ar-tisan qui les fabrique.
MARS. On nomme ainsi les petits grains qui fesèment au mois de Mars , comme les avoines, pois,vesces & autres semblables. Voyez tous ces Articles.
MARSILL1E» C’est le nom que les Turcs don-nent a l’écu ou piastre d’Espagne ; parce que les Pro-vençaux , particulièrement les Marchands de Mar-seille , sont les premiers qui ont porté de grandessommes de piastres a Smyrne & dans les autres Echel-les du Levant. Voyez Piastre»
MARSOUIN. Grand poisson de mer fort gras,qu’on appelle au Ti Pourceau de mer. Quelques-unsle confondent avec ie dauphin ; mais i’Ordonnancëde la Marine du mois d’Août 1681. y met de ladifférence, comme il y en a en effet ; le dauphin yétant placé au nombre des poissons Royaux, & leMarsouin feulement au rang des poissons a lard.
La chair du Marsouin n’est guéres bonne a man-ger ; il s’en fait pourtant un assez grand usage susles Côtes du Royaume où l'on en pêche. 11 n’y aguéres que de fa graisse, qu’on nomme communé-ment Huile de Marsouin , dont on fasse quelque com-merce.
L’huile de Marsouin qu’on trouve chez les Mar-chands Epiciers Droguistes de Paris, est de deux sor-tes, l’une pure & l’autre aromatisée. Leur différen-ce ne consiste que dans quelques arómats qu’on ymêle, pour lui- ôter une partie de son odeur forte& dégoûtante. On attribue â cette graisse où huilela propriété de guérir les humeurs froides.
L’Ordonnance de la Marine dont on vient de pa-let ci-dessus, veut, que les Marsouins qui font trou-vés échoués fur les grèves , soient partagés commeefpaves ; & que ceux qui sont pris eh pleine mer *appartiennent a ceux qui les ont pêchés.
Les Marsouins payent en France les droits P entrée àraison de 10 fols le cent pesant conformément au Ta-rif de 1664. èf les droits de sortie fur le pìé de 18 f
A t égard de Vhuile-, elle paye les droits, tant en en-trant qu en sortant , comme huile de poison ; savoir pour
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