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basses-cours de plusieurs maisons particulières. Sonbois sert a monter les outils h fuit des Menuisiers, &h faire des chevilles, des fuseaux pour rouets, ou deslanternes pour les moulins. Le bois destiné h ces der-niers ouvrages, doit fe débiter en petits morceauxde 3 a 4 pouces en quarré, fur 16 ou 18 pouces delongueur. Paris est le lieu du Royaume où il s’enfait le plus grand négoce. Voyez. Bois. Mr. Astrttca pris aussi cet Arbre pour l’ Alisier, en suivant desAuteurs qui se sont trompés , comme on le voitdans son Histoire naturelle du Languedoc, d’où l'ona tiré le Mémoire suivant sur les fourches.
Maniéré de tailler lAlisier , d?y faire croître des bran-ches fourchues , & de préparer ses branches en four-ches.
La Ville de Sauve, dans le Diocèse d’Alais , enLanguedoc , jouit d’un commerce de fourches quilui est particulier. On éléve ces fourches fur 1 "’A-lifter. Cet arbre n’est pas rare dans le reste du Lan-guedoc , non plus qu’en Provence, en Espagne,
& en Italie ; mais ce n’est qu’k Sauve qu’on a l’artde le tailler comme il faut, pour y élever des four-ches , & qu’on sçait façonner ensuite les fourchesqu’on y a élevées. Ainsi ce n’est qu’k Sauve qu’onsçait mettre à profit cet arbre, qui n’est d’aucun«sage dans les autres pays ; d’où vient aussi qu’aulieu de l’y négliger, comme on fait ailleurs , on s'yattache à le cultiver & à le multiplier. '
Ces arbres croissent le plus abondamment fur unemontagne appell ée^Coutach , au bas de laquelle laVille de Sauve est bâtie. Ils viennent entre desrochers d’une pierre très vive, souvent même dansdes fentes de rochers où il ne paroit point de ter-re au dehors.
Le tronc de ces arbres n’a guére que 2, ou z, ou qpieds de haut. On a foin de le tenir à cette hau-teur , pour pouvoir tailler plus commodément lesfourches qu’on y doit élever. Du haut de ce troncpartent un grand nombre de rameaux droits. Onlaisse croître ces rameaux fans en prendre aucunfoin , jusqu k-ce qu’ils soient d’une certaine gros-seur , &, ce qui est encore plus important, jusqu’k-cequ’ils ayent j k 6 pieds de long, ce qui fait la lon-gueur ordinaire des fourches. Ce n’est que vers la3 e année qu on taille ces rameaux , pour leur fai-re prendre la forme de fourche, parce que ce n’estguére que vers ce tems-la qu’ils peuvent avoir ac-quis la grosseur & la longueur nécessaire. Cette tail-le est fort simple & fort facile ; mais c est en celamême que consiste l’avantage & futilité de cettepratique , d’avoir sçu connoître la propriété de cetarbre, & d’avoir eu l’adresse de profiter de cetteconnoissance par un moyen fort aisé.
C’est une propriété constante de l’Alisier de pous-ser a faisselle de chaque feuille trois bourgeons,qui forment entr’eux comme une espèce de fleur delis. Quand on a donc déterminé la longueur qu’ilconvient de donner a la fourche, on choifit a peuprès k cette longueur les bourgeons qui paroissentles plus vigoureux, & l’on coupe le rameau en biai-sant , environ un demi-pouce au-dessus , avant lapousse du Printems.
Par-l'a la fève, qui ne peut plus aller en lignedroite, se trouve obligée de se détourner dans lesbourgeons les plus proches de l’endroit où soncours est arrêté. Par là les trois bourgeons, qu’onavoit choisis, croissent, & s’allongent bien vîte ,& en Rallongeant ils commencent de former lestrois fourchons de la fourche qu’on éléve. On afoin de couper toutes les pousses latérales, qui pour-roient préjudicier k celle qui est la feule utile. Onéfeuille en partie le fourchon qui croît trop , ou sicela ne paroit pas suffire, on en coupe le bout,mais d’une maniéré convenable, c’est-k-dire , a
18. où 20 pouces de longueur, ce qui est néces-saire pour en pouvoir former une fourche.
C’est la tout l’art que la culture de ces arbresdemande. On les visite deux fois f année, quelquetems avant la pousse du Printems, & avant celle del’Automne.
Ce n’est guére qu’k la 6 e ou 7 e année, & mêmequelquefois a la 9 e , que les fourches font en étatd’être coupées. On les coupe quelquefois dès la 6 eannée , mais cela est rare. On détache lés fourchesen les sciant au pied, ou bien en les coupant aveeun ciseau & un maillet : mais de quelque maniéréqu’on les coupe, on doit prendre garde de les cou-per fort près du tronc, fans pourtant l’endommager.
Pour façonner ces fourches brutes , on couped’abord les trois fourchons , de même que le man-che ou la queue de la fourche, a peu près de lalongueur qu’il faut. On les met ensuite dans unfour, qu’on a fait chauler a un médiocre degré dechaleur. Lk les fibres ligneuses s’amollissent bien-tôt ôt deviennent si flexibles , qu’on peut, en re-tirant les fourches du four, les plier, & pour ainsidire les mouler au point qu’on yeut , dans une ma-chine de bois, faite en forme de grille , a troistraverses. On arrête d’abord les bouts des troisfourchons , contre la traverse. On plie ensuite lesfourchons contre l’autre traverse , en appuyant surle bout de la queue de la fourche , & quand on lesa assez pliés, on passe dans des trous faits exprèsdans les deux branches latérales de la grille, latroisième traverse, qui achève de fixer la fourchedans cette situation.
Que s’il arrive que les fourchons soient inégale-ment serrés , ou qu’ils ne soient pas assez droits, onremédie a ces défauts par des étrésiaons qu’on en-gage a force dans l’entre-deux , jusqu’a ce qu’onait rendu les fourchons égaux ■, droits & uniformes.On redresse par le même moyen la queue de lafourche, quand elle est courbée, en rappliquant ausortir du four, tandis qu’ehe est chaude & pliante ,dans un canal creusé exprès en ligne droite , dansune pièce de bois fixe & scâìée.
On comprend aisément que pour venir a bout detoutes ces opérations , il faut remettre la fourcheplus d’une fois dans le four, sur-toùt quand elleest mal formée j mais il est indispensable de ré-péter cette opération jusqu’k-ce que la fourche soitfaçonnée. Alors on la laisse refroidir dans cet état;& les fibres en se durcissant se moulent k Cette nou-velle figure , & la conservent ensuite constamment.C’est-lk le principal de la préparation. 11 ne resteplus qu’a polir la fourche & les fourchons avec lerabot ou la doloire , & qu’a rendre tes fourchonspointus parle bout, à plats par les côtés.
On emballe les fourches ainsi préparées paf dou-zaines ; & pour les assortir on y en met de troisespèces , de grandes , dont les fourchons font plusgros & plus écartes , & dont on fe sert pour remuerles bottes de foin, les gerbes de bled , & les gros-ses pailles ; de petites , dont les fourchons fontplus serrés à moins gros , & dont on fe sertpour enlever la paille menue & la sépares d’avec laballe, quand le bled A été battu ; & de moyennes ,qu’on peut employer au besoin à ces deux disserensusages.
Le débit de ces fourches fe fait principalementdans le bas Languedoc & dans la Provence. Oncommençoit :auffi de n vendre a la foire de Beau-caire pour la rivière de Gènes. * Mémoires pourt Histoire Naturelle de Languedoc * par M, Aftruc ,in 4. Paris 1737.
-f- Les Botanistes nomment le Micocoulier en La-tin , Celtis , nom que les Anciens avoient donné àl’arbre de Lotus , qui ne croît que dans l’Afrique.Voyez. VArticle Lotus.
+ Nog
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